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05/12/2011

Laurent Gbagbo, la CPI* et les organisations nègres

Il y a des Noirs qui acceptent de se placer sous la coupe des ONG européennes pour servir de sentinelles et d’espions à des officines occultes mais qui ne sont pas assez intelligents pour se regrouper en ONG et crier leur indignation face aux injustices que les puissances étrangères infligent aux peuples africains.

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Quand les Noirs mettront-ils leurs biens, leurs forces et leur notoriété au service de cette cause ? Aujourd’hui, dans toute l’Afrique noire, qui serait capable de lancer quelque mouvement de protestation susceptible de se propager de nation à nation contre l’injustice infligée à Laurent Gbagbo ; injustice que la très grande majorité des Africains désapprouvent dans leur for intérieur ?

Depuis les années soixante, dans toute l’Afrique noire, seuls deux pays ont été capables de braver - par l’organisation de manifestations de grande envergure - l’injustice blanche : l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire. Seuls l’ANC et les Patriotes Ivoiriens ont été capables de manifestations grandioses. Pour les deux mouvements, le prix payé pour cette audace fut la mort. Mais si la victoire a été longue pour L’ANC et incertaine pour les Patriotes Ivoiriens, c’est parce qu’en entendant leurs cris et leurs gémissements, les autres Africains se sont bouché les oreilles et ont fermé les yeux. Hier, aucun mouvement populaire n’a été organisé dans les différents pays africains pour témoigner notre solidarité à Patrice Lumumba ou à Nelson Mandela. Cette expérience ne nous a pas servi de leçon ! Plusieurs décennies après, nous sommes toujours incapables d’infléchir une décision blanche par la protestation parce que nous n’avons jamais pensé à créer des associations pour cela. Quelle tristesse !

Noirs d’Afrique et d’Europe, il est temps que nous sachions aussi provoquer des manifestations spontanées pour exprimer publiquement notre indignation ! Si aucun mouvement n’est initié en Afrique ou en Europe pour dire aux gouvernements européens le caractère inique de leur décision à l’égard de Laurent Gbagbo, si nous n’avons pas le courage de crier NON aujourd’hui, alors nous nous condamnons à vivre demain ce que nous vivons aujourd’hui. Dans dix ans, dans trente ans, serez-vous capables de faire ce que vous n’avez pas osé faire aujourd’hui ? Dans dix ans, dans trente ans, quel crime abominable subira l’un d’entre nous pour qu’enfin notre colère s’épanche au-delà de nos demeures ? Dans dix ans, dans trente ans, ceux qui nous suivront n’auront que notre silence complice ou notre peur comme modèle à suivre.

*CPI : Cour Pénale Internationale

Raphaël ADJOBI