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07/01/2012

Les surdiplômés "clandestins" et le gouvernement Sarkozy


La presse française vient encore, en ce début du mois de janvier, rappeler que la manifestation des surdiplômés étrangers se poursuit en même temps que l'inquiétude des patrons français qui sont sommés par le gouvernement Sarkozy de ne pas les embaucher. L'intransigeance du gouvernement répond-il simplement à un besoin de protéger le pain des Français ? A lire le billet de Erwan Desplanques, on peut croire que non. La peur de l'étranger et les visées électoralistes semblent apparaître en filigrane sous les actes du gouvernement.

Surdiplômés 0002.jpg

"Le ministre Claude Guéant vient de créer une nouvelle caste d'indignés : les surdiplômés clandestins. Des cerveaux d'acier venus de toute la planète pour se former à Sciences-Po, la Sorbonne ou HEC et qui, en obtenant leur diplôme, ont surtout gagné le droit de rentrer chez eux. Tant pis si de grandes sociétés françaises leur ont proposé des postes en or... La circulaire du 31 mai cosignée par Claude Guéant et Xavier Bertrand, visant à réduire l'immigration légale de 10%, a demandé aux préfets de durcir la délivrance des permis de travails. Résultat : des centaines de jeunes diplômés étrangers sont devenus sans-papiers, alors qu'on leur offrait un CDI en France ! "Une aberration économique, juge Christophe Girard, adjoint au maire de Paris. Si nos entreprises les ont choisis, ce n'est pas par charité, mais parce qu'elles en ont besoin." Parmi ces "interdits de travail", Nabil, 25 ans, Marocain diplômé de HEC. Ou Maria, 29 ans, Libanaise, titulaire d'un master de création numérique à Paris, qui n'a pas le droit de bosser dans la start-up qui l'a embauchée cet été : "C'est humiliant, cette entreprise a crée le poste pour moi et me juge indispensable pour son développement international. Or, je n'ai toujours pas obtenu de réponse de la sous-préfecture, qui m'a reçue comme une mendiante, comme si je voulais profiter du système".

Depuis trois semaine, l'inquiétude gagne aussi bien les patrons français que la presse étrangère (le New York Times s'est fendu d'un billet sur la circulaire Guéant). François Fillon a voulu rassurer les présidents d'université - faut-il rappeler que 40% des doctorants sont étrangers - , et des situations ont été régularisées, mais au cas par cas, sans convaincre les associations. Etonnant paradoxe : la France s'enorgueillit d'être le troisième pays le plus attractif pour les étudiants étrangers (derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni), mais les dissuade de venir en leur bloquant l'accès à l'emploi. En période de crise (et pour piquer quelques voix au FN), le pays privilégie donc les ressortissants européens : les échanges Erasmus entre les étudiants ou les stagiaires vont même doubler en Europe dès 2014. Encore faut-il que chaque pays membre garde ses frontières ouvertes. Le repli nationaliste gagne à l'intérieur de l'Europe : la Hongrie, par exemple, a déjà prévu d'interdire à ses diplômés de partir travailler à l'étranger. Les étudiants devront en prendre l'engagement par écrit et, en cas de départ, se verront obligés de rembourser à l'Etat le coût total de leur scolarité !"

Remarquons que l'engagement de servir leur pays que devront prendre les diplômés hongrois, n'est pas une pratique nouvelle. Nous dirons même qu'il est propre à tous les pays sous-développés ou en développement. La France l'avait appliqué quand elle avait besoin d'agents dans des secteurs précis comme l'enseignement. Mais on ne peut nier que dans l'Europe actuelle, cette pratique apparaît évidemment comme du protectionnisme. Mais quel gouvernement européen ne parle pas de protéger les emplois de ses citoyens ?

Erwan DESPLANQUES (Télérama n° 3220 du 10 au 16 décembre 2011)

Commentaires

Bonsoir,

Cette affaire honteuse est tout simplement symptomatique de l’état de désespérance dans lequel se trouve l’actuelle majorité pour tenter de redresser la France que j’appellerai plutôt L’Afrance, comme le réalisateur sénégalais Alain Gomis. Ces hommes au pouvoir ne savent plus quoi inventer. L. Wauquiez, ministre au sein de ce gouvernement a publiquement dit devant de smillions de téléspectateurs qu’il n’était pas d’accord avec cette circulaire (retirée, modifiée, remise etc. depuis lors, on ne sait plus trop !) Et encore, sur son visage, on sentait bien qu’il ne disait pas tout le mal qu’il en pensait… Et pour cause, mal lui aurait sans doute pris de s’en prendre publiquement à un homme dont les milieux les mieux informés de ce microcosme disent que son patron lui aurait demandé d’être le plus méchant possible afin qu’il soit le plus détesté.
Ils savent au fond d’eux-mêmes que même si les frontières estudiantines » étaient du jour au lendemain fermées, cela ne réglerait pas les questions de fond. Quand on n’a pas d’idées, on fait n’importe quoi et les résultats sont là…
Demain, ce sera qui ?

@+ , O.G.

Écrit par : Obambé GAKOSSO | 18/01/2012

Je vois que tu as entendu parler de ce problème. Il faut reconnaître que c'est du clientelisme politique que de refuser aux entreprises françaises l'embaucher d'étudiants étrangers pour combler ses besoins en attendant que des Français soient formés. Il ne faut pas s'étonner que la France soit une destination moins désirée par les étudiants étrangers. La politique est souvent aveugle !

Écrit par : St-Ralph | 19/01/2012

Je viens d'apprendre ce matin l'affaire concerant une violonniste coréenne en Maine-et-Loire. lle est en France en qualité d'étudiante. Mais elle a séduit tout le monde durant sa participation à des concerts dans l'orchestre de la région. Du coup, l'orchestre a décidé de la garder. Le préfet à réagit disant que cela était contraire aux règles de l'immigration en France. Il demande à ce qu'un Français soit embauché.

Ce que le préfet oublie, c'est qu'en matière d'art, il ne suffit pas d'être Français pour être la personne qu'il faut pour le besoin d'un orchestre ou d'une quelconque prestation artistique.

Écrit par : St-Ralph | 20/01/2012

En effet,

J'en ai entendu parler et je trouve que les concepteurs de ces textes et certains préfets qui les appliquent aveuglément agissent sans la moindre intelligence.

Pour la violoniste venue du pays du Matin calme, j'ai entendu le père Patrice Gourier, sur RMC en parler. J'ai failli tomber de mon siège. Comment, mais comment peut-on agir ainsi?

@+, O.G.

Écrit par : Obambé GAKOSSO | 20/01/2012

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