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22/03/2012

Comme par hasard...

(Une contribution de Jérôme Ancel)

On croit rêver : voilà un président de la peau duquel, hier encore, personne ne donnait bien cher –électoralement parlant bien sûr, encore que... – ; un président en chute libre, enseveli sous une avalanche d'affaires toutes plus nauséabondes les unes que les autres ; voilà donc un président "fini", sans avenir, propulsé du jour au lendemain sur la scène hollywoodienne des grand héros de sagas à l'ancienne, chevalier blanc des justes causes, sauveur des opprimés, justicier au grand cœur, arborant soudain la cape chatoyante des grands hommes providentiels. Du jour au lendemain, voilà Sarkozy redevenu l'homme de la situation, candidat idéal à sa propre succession à la tête d'une France menacée par l'hydre du fanatisme sanguinaire.

Le simple exposé des termes de ce paradoxal retournement médiatique devrait suffire à susciter quelques questions dont on espère qu'une fois dissipée la passion émotive, tout le monde en France va se les poser. D'abord, celle de la rapidité de l'enquête. La police française, généralement connue pour la lenteur des investigations aboutissant à ses rares succès, vient en l'occurrence de rivaliser en promptitude avec Superman. A la vitesse de l'éclair, on a :
-identifié et répertorié les projectiles – inaugurant au passage une nouveauté : celle de "l'expertise balistique en temps réel" – ;
-identifié et repéré le scooter, puis son conducteur ;
-localisé l'assassin présumé et lancé l'assaut pour sa capture.
-fait coïncider cette dernière avec l'arrivée sur les lieux du Président urgentiste.
Quel timing !
Un tel déploiement de prouesses policières, une telle débauche de performances hors du commun laissent évidemment songeur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que de a à z, cette affaire de vague d'attentats ressemble fort à un mécanisme d'horlogerie minutieusement réglé.

Autre question, celle du vocabulaire : le mot "tuerie" a-t-il été employé par les médias à propos de l'assassinat de seize Afghans par un marine américain il y a une dizaine de jours ? Ou à propos de l'élimination de la famille du fils de Mouammar Kadhafi, et des massacres sans nombre et sans nom qui ont émaillé cette guerre du fric contre l'un des derniers bastions africains de la résistance aux démons de l'Occident ? Monsieur Sarkozy se souvient-il encore de son rôle de traiteur en chef dans cette boucherie de 100 000 morts aux portes de l'Europe? Et la communauté juive de France a-t-elle gardé la mémoire de la complicité effroyablement lucide et cyniquement volontaire de l'un de ses représentants les plus illustres et, dit-on, les plus intelligents, dans la perpétration de cette monstruosité ? Je veux parler de Monsieur Bernard Henri Lévy, probablement moins digne de porter le nom de Juif que ne l'aurait été l'ennemi désigné - Mouammar Kadhafi, supplicié, abattu, incinéré, privé de sépulture, "effacé" comme les victimes juives de la barbarie nazie…

Autre question : lorsque les autorités françaises, il y a un an, ont pris l'initiative de superviser et d'encadrer sur le terrain le déferlement de violence qui a ensanglanté la Côte d'Ivoire, en approuvant l'ouverture des portes des prisons ivoiriennes et burkinabées, et la mise en liberté de 12 000 détenus de droit commun qui à ce jour continuent à faire la loi, pensaient-elles vraiment que leur crime resterait impuni ? Sans parler de Douékoué, Bloléquin, Toulepleu, combien de bourgades en Côte-d'Ivoire n'ont-elles pas été le cadre de tueries durant l'année écoulée ? Et combien se passe-il de jours, en Côte d'Ivoire et en Lybie, sans que l'on ait à déplorer la mort de nouvelles victimes, au fil de massacres voués à l'anonymat par l'indifférence des médias sous tutelle sarkozienne ?

Toutes ces questions, Nicolas Sarkozy est le premier à se les poser. Si nous voulons l'aider à y répondre, encore faut-il ne pas perdre de vue cette évidence : Nicolas Sarkozy est un homme aux abois ; hanté par le spectre de ses innombrables victimes ; épouvanté par le nombre et la nature de ses innombrables mensonges ; terrifié à l'idée de se retrouver, au lendemain des élections, dans l'incapacité de se soustraire aux non moins innombrables accusations dont la liste, sous forme de plaintes en bonne et due forme, l'attend à la Haye, au siège de cette cour Pénale dont tous les juristes ne sont pas corrompus, et où le Président légitimement élu Laurent Gbagbo lui-même lui aura chauffé la place.

Alors, pour conjurer cette menace, tous les coups sont permis. Renonçant à la méthode douce, celle des sourires enjôleurs – discours des Cévennes à l'intention des Protestants, parrainage de la libération de Gilad Shalit à l'intention des Juifs, tournée arménienne –, méthode restée désespérément inefficace, le candidat Sarkozy tire aujourd'hui ses dernières cartouches : celles du mythe de la France assiégée, de nos libertés en péril, de la barbarie terroriste. Le comble, pour le chef d'un gouvernement qui aura terrorisé en un an plus d'innocents que ne l'ont fait ceux de ses prédécesseurs en vingt. Le délinquant, c'est lui, le fanatique, c'est lui ; la terreur, c'est celle qu'au nom de la France, lui-même impose à la Côte d'Ivoire, à la Lybie, à la Syrie : délinquance, fanatisme et terrorisme de ces sphères de la haute finance dont il a toujours été le servile domestique, intérêt oblige.

Une expression résume le coup de théâtre de ce spectaculaire – et espérons-le éphémère – sauvetage du prédateur Sarkozy : "comme par hasard". On y pensait déjà lors de la libération de Gilad Shalit. Aujourd'hui, l'évidence s'impose. La ficelle est trop grosse. Et cela d'autant plus que l'on sait les inestimables services que le personnage vient de rendre à la mouvance islamique radicale, en livrant au chaos la Lybie, et dans son sillage le Mali – grâce au largage intempestif de dizaines de tonnes d'armes sophistiquées –, ainsi qu'en s'employant à appliquer le même traitement à la Syrie. Nicolas Sarkozy a vitalement besoin d'un sursis présidentiel, non seulement pour gérer, depuis l'Élysée, les conséquences incalculables autant qu'imprévisibles de son aventurisme forcené ; mais aussi pour consolider et engranger les dividendes, pour l'heure encore mouvants, de sa cupidité. Le temps qu'il faut en somme au malfaiteur pour effacer ses traces, et peaufiner le déguisement qui lui permettra de se mêler à la foule en passant inaperçu.

Reste le plus inquiétant : à supposer que le stratagème sécuritaire de Toulouse et Montauban ne produise pas l'effet escompté sur la courbe des sondages, le souverain déchu pourrait, en désespoir de cause, chercher à obtenir ce sursis par d'autres moyens. Car il lui reste toujours deux jokers :
-celui de l'état d'urgence, et du report sine die des élections. Mais cela supposerait la réalisation d'un scénario de déstabilisation simulée vraisemblablement trop coûteux pour figurer parmi les accessoires de sa mégalomanie.
-Celui du déclenchement d'une nouvelle guerre, une vraie, qui, cette fois, souderait la France autour de son chef. On pense à l'Iran, évoqué durant l'enquête comme un commanditaire potentiel des derniers attentats. On appréciera à cet égard l'indécente obséquiosité du premier ministre israélien Netanyahou envers un homme auquel – en dépit des circonstances, aussi douloureuses soient-elles –, il ne doit rien. A moins que ce qui les lie relève d'un accord dont les tenants et aboutissants nous échappent, mais dont la réélection de Sarkozy serait l'un des enjeux.

Une dernière question : ne serait-il pas plus que jamais temps pour le peuple de France de se réveiller, en se débarrassant au plus vite de celui qui pourrait, en cas de réélection – ce qu'à Dieu ne plaise –, condamner le pays à l'enfer – un enfer cette fois non électoralement contrôlé –, lorsqu'il s'agira pour nous tous, tôt ou tard, de régler la facture des violences inouïes perpétrées par nos autorités contre des peuples souverains, pour l’heure humiliés et asservis, mais, soyons-en certains, bientôt libérés ?

Jérôme Ancel

13/03/2012

Un deuil national de "purification" en Côte d'Ivoire pour quoi faire ?

Une contribution de Shlomit Abel
Dans la Côte d'Ivoire "restaurée", Un deuil national de "purification" annoncé pour le 17 mars

Nous savons ce qu’est un deuil, ce qu’est marquer le deuil ; nous savons aussi, spirituellement, ce que signifie la purification, mais dans le jargon pseudo religieux du nouveau gouvernement qui veut instaurer un deuil national de purification le 17 mars prochain, on découvre une spiritualité de ténèbres, une spiritualité de vaudou, toute imprégnée de magie, à laquelle manque l’essentiel : en effet, comment passer directement au stade de la purification, si on n’a pas constaté que l’on est sale, que l’on est coupable ? Pourquoi se laver quand on n’est pas sale ? Ou alors est-ce encore toujours le même discours, celui du gouvernement, blanc comme neige, propre et pur, qui n’a pas besoin de purification ; et c’est donc lui qui va, encore et encore, demander un Nième mea culpa aux sympathisants du Président Gbagbo, en leur imposant de reconnaitre des fautes imputables aux seuls rebelles et associés… Enfin cette commission réconciliation et vérité, que fait-elle ? Très concrètement on nous parle d’échéances, fin juillet, fin août, dernier trimestre ; c’est se moquer des ivoiriens ! J’imagine que le Président Banny, même s’il a la volonté d’orienter positivement sa commission, manque totalement de moyens, et ne rencontre personne, dans son camp, prêt à dire, « nous avons fauté gravement, nous avons du sang plein les mains, nous avons renversé l’état et nous sommes en pleine illégitimité ! »

Rappelons encore, que cette date s’inscrit presque jour pour jour, un an après le grand rassemblement des 15-16 mars 2011,qui a mobilisé 2 millions de personnes à Abidjan, à l’appel de la Galaxie patriotique et de son Leader, Charles Blé Goudé .J’ai pu suivre tous les discours, toutes les interventions, car en Israël, la RTI n’était pas censurée comme en France. Je me souviens du discours impressionnant de cet imam dont je ne connais pas le nom, citant les Écritures, et qui a dit sept fois, « Écoute Côte d’Ivoire, notre Seigneur est Un ! » et trois fois « Le peuple périt, faute de connaissance ! »

Enfin, cette année la portion d'Ecritures pour le Shabbat du 17 mars est justement la parachah de la « vache rousse », (Nombres 19 1 –22, avec en parallèle, Ézéchiel 36 16-36 ), la purification, quand il y a eu contact avec un mort ! Étrange coïncidence encore ! Mais voilà, les milieux maçonniques jouent et surfent sur les évènements, empruntant ce qu’ils veulent, rejetant ce qui ne leur convient pas, embrouillant tout le monde …mais Dieu saura en son temps les rétribuer comme il convient ! Et honorer le petit peuple qui est resté fidèle, n’en doutons pas ! Pâque est proche : Les esclaves seront libérés et le Préfet-Pharaon et ses cavaliers s’embourberont fatalement et définitivement !

Shlomit Abel, ce 8 mars 2012

04/03/2012

Henri Konan Bédié, nous irons pisser sur votre tombe à la queue leu leu !


Le dernier grand événement que la Côte d'Ivoire a connu - à savoir sa défaite en finale de la Coupe d'Afrique des Nations - a révélé, à tous les observateurs locaux et sans doute aussi du monde extérieur, qu'il y a un rejet clair et net par les Ivoiriens du président que la France, les Etats-Unis et l'ONU ont choisi pour eux. Ils se sont réjoui de la défaite des Eléphants (l'équipe nationale) parce qu'ils ne voulaient pas que des actions d'envergure nationale viennent conforter ou saluer l'autorité d'Alassane Ouattara sur le pays ! Ils ne voulaient en aucune façon montrer de la sympathie pour son régime en festoyant de quelque manière avec lui !

La forme de l’expression de ce sentiment n’est pas anodine. Elle traduit une situation très grave : la claire séparation entre le président et le peuple ivoirien par un abîme insondable ! Oui, force est de constater que le fossé qui s'est creusé entre le nouveau régime et la population a fini par isoler complètement Alassane Ouattara au point que tout ce qu'il entreprend la laisse tout à fait indifférente.

En effet, voir l'autorité de l'état ivoirien ouvertement partagée avec les Français comme aux premières heures des indépendances où le pouvoir colonial s'est mué en une multitude de conseillers techniques grassement payés sur les deniers publics est assurément humiliant et inadmissible. Il n'y a qu'un étranger, un homme pas assez pétri des valeurs nationales ivoiriennes pour replacer notre chère Eburnie sous la tutelle de la France, militairement, administrativement et économiquement. Les Ivoiriens et beaucoup d’Africains regardent cette situation comme une véritable catastrophe !

Mais, ce qui est encore plus insupportable et pousse les Ivoiriens à baisser davantage la tête comme dans l'attente religieuse d'une intervention qu'ils n'osent qualifier de divine, ce sont les pratiques qu'ils observent quotidiennement dans leur pays. Ils ont cru que les tueries de Douékoué qui les ont ébranlés, les humiliations infligées aux anciennes autorités du pays à l’Hôtel du Golf qui les ont médusés, le rabaissement des militaires et des civils rassemblés dans des camps de redressement forcés de chanter des hymnes à la gloire du nouveau maître qui les a estomaqués laisseraient la place à une ère de reconstruction générale et équitable après l'investiture officielle de Ouattara accomplie avec l’onction française par l’auguste main de Nicolas Sarkozy.

Ce que les Ivoiriens constatent et qui nourrit cet extrême et singulier ressentiment jamais vu sous d’autres cieux, c’est le spectacle d’insécurité, d’injustice et de brutalités de toutes sortes qu’offre le paysage ivoirien. Les Forces Nouvelles (l’armée des rebelles de Soro au service de Ouattara), trop vite pompeusement rebaptisée Force républicaine de Côte d’Ivoire n’a pas permis une véritable réunification des armées dans le pays. Sous l’étiquette FRCI, les populations reconnaissent aisément les pratiques brutales et iniques des rebelles des Forces Nouvelles. Avec les dozos, ils sont les véritables maîtres du pays : ils troublent les meetings et tuent impunément ; ils incendient des villages et donnent la chasse aux populations ; ils détroussent les paysans quand l’envie leur prend ; ils règlent leur compte à tous ceux qui les regardent d’un œil qu’ils jugent mauvais ; ils règlent et dérèglent les élections. Bref : ils font la pluie et le beau temps !. Taï, Gnagbodougnoa, Bonoua, Divo, Vavoua, Alépé, Issia, Saïoua, Sikensi, Bonon, Arrah, Séguéla, etc…, ont subi la colère et la terreur des FRCI et des dozos, sans qu’aucune voix des alliés du pouvoir ne s’élève pour s’indigner ou pour réclamer que cela cesse. Surtout pas celle d’Henri Konan Bédié, le désormais fidèle parmi les fidèles d'Alassane Ouattara !. Bien au contraire, on vous dit clairement que « celui qui ne veut pas voir les FRCI doit quitter le pays ». On croit rêver !

Résultat : Les rebelles gèrent encore le Nord du pays comme aux heures de sa partition avec la bénédiction de l’Onu et de l’armée française. Pendant ce temps, au lieu de construire le reste du pays que l'on pourrait croire sous son pouvoir et celui de la France, Alassane Ouattara se soucie essentiellement de faire la chasse aux pro-Gbagbo : gel des comptes bancaires pour mieux les asphyxier, encouragement de la chasse à l’homme dans l’ouest afin de libérer des terres et des maisons pour le compte des populations nordistes et burkinabé, licenciement massif au sein des institutions du pays et dans la fonction publique pour placer des agents et fonctionnaires issus du nord. Si à l’extérieur, Alassane Ouattara a pris la ferme résolution de contenter la France afin de s’assurer son indéfectible soutien, à l’intérieur, il semble faire tout son possible pour séduire les populations du nord afin qu’elles l’acceptent comme l’un des leurs en donnant quartier libre aux dozos et aux FRCI pour faire ce que bon leur semble. Mais même certaines populations du nord commencent à ne plus se reconnaître dans toutes ces pratiques venues d'un autre monde.

Quand, par moments, Les Ivoiriens relèvent la tête, que voient-ils ? Nullement la figure de Mamadou Koulibaly qui les a abandonnés, mais celle presque satanique d'Henri Konan Bédié qu'ils voudraient vouer aux enfers. La figure de leur espoir a cédé la place à celle de leur ressentiment parce qu'ils ont enfin compris que c'est le manque de constance de cet homme qui est la source de tous leurs maux.

Le mutisme criminel d'Henri K. Bédié

Etait-il nécessaire qu'Henri K. Bédié parlât si fort de l'Ivoirité alors que les institutions du pays étaient là pour vérifier dans les faits administratifs, et rien que dans les faits administratifs, la véritable nationalité d'Alassane Ouattara ? Celui-ci n'est devenu ivoirien qu'en 2010 ; un an avant que la direction du pays ne lui soit complaisamment remise. Le manque de sagesse du patron du PDCI ne lui a pas permis de comprendre que quand on est sûr d'avoir raison, on laisse faire la loi plutôt que de régler le litige sur la place publique. Nous savons tous désormais que pour éteindre le feu qu’il a allumé par son manque de diplomatie, Laurent Gbagbo a dû plier sur les suppliques des instances étrangères et tordre le cou à la loi républicaine, permettant ainsi à Alassane Ouattara de devenir ivoirien et par voie de conséquence candidat aux élections présidentielles.

Monsieur Henri Konan Bédié, malgré ce que vous saviez sur l'identité et les intentions réelles d'Alassane Ouattara, qu'avez vous fait quand il s'est officiellement porté candidat ? Vous êtes allé l'embrasser et vous avez signé un pacte avec lui. Etiez-vous poussé par le diable ou par la France ? Supposons que la France ait joué le rôle du diable. Etiez-vous obligé d'embrasser la cause de votre ennemi d'hier en le rejoignant dans son QG électoral au moment de la crise postélectorale due à l'incertitude des résultats ? Comme diraient les Ivoiriens, vous vous êtes montré "petit", à ce moment-là ! Un tel suivisme irréfléchi est indigne d'un homme qui a connu tous les honneurs dans son pays. Oui, à ce moment-là, vous étiez devenu insignifiant, réduit à la dimension d'un enfant suivant les pas de son protecteur qui le tient en otage pour servir de bouclier honorable aux yeux de l'extérieur.

Pour vous remercier, que vous a-t-on promis ? Votre nom en lettres d'or sur le troisième pont que Laurent Gbagbo était sur le point de jeter sur la lagune Ebrié ! Quelle plénitude ! Mais savez-vous que déjà des millions d'Ivoiriens sont certains que votre nom n'y demeurera pas très longtemps parce que le pont sera vite débaptisé ? Savez-vous qu'au regard de votre inconstance et de ses conséquences criminelles et humiliantes qui sont le lot quotidien des ivoiriens, nous rêvons tous d'aller pisser sur votre tombe à la queue leu leu ? Nous nous bousculerons gaiement au cri de « pousse-toi, que je l'arrose abondamment ! » Il ne faut finalement pas grand chose pour soulager nos peines, vous savez ?

Car quoi ? Peut-on être Ivoirien, une ancienne éminente autorité du pays et rester muet devant tant d'injustices, tant de crimes impunis, tant de souffrances quotidiennes de vos compatriotes ? Leurs pleurs et leurs cris qui montent des villes et des villages brûlés et meurtris ne parviennent-ils pas jusqu'à vous ? Mon Dieu, peut-on être sourd à ce point alors que vous prétendiez, il n'y a pas si longtemps, pouvoir diriger ce pays ? Pourquoi ne faites-vous pas entendre votre voix ? Vous n’en avez pas de personnelle, sinon de fabrication étrangère ! Un vendu, voilà ce que vous êtes !

Que d'occasions manquées, M. Henri Konan Bédié, pour dire "assez !" à votre allié et à votre donneur d'ordre et organisateur étranger ! Que d'occasions manquées pour vous désolidariser des crimes et des injustices et vous réconcilier avec les Ivoiriens qui attendent qu’un leader reconnaisse leurs peines et les aide à panser leurs plaies. Il aurait suffi que devant les excès de la dictature d’Alassane Ouattara vous disiez « assez ! » pour que vos frères vous tendent les bras et se réconcilient avec vous. Est-ce l'espoir d'un poste de Premier Ministre pour l'un des membres de votre parti qui vous contraint au silence ? Est-ce le prix de tant de morts, de tant de souffrances ? Quelle maigre pitance ! Non, nous ne mangeons pas de ce pain !

Visiblement, vous avez perdu tout sens de l’orgueil et de l'honneur, et nous tout espoir de vous revoir parmi nous. Vous voilà un étranger à nos yeux au même titre que celui qui dirige la Côte d'Ivoire. Il ne nous reste qu'à vous dire : Vade retro satanas !


Raphaël ADJOBI