topblog Ivoire blogs

16/06/2012

La bible, Laurent Gbagbo et le 18 juin 2012


Dans son calendrier liturgique de cette année 2012, l’Eglise catholique propose pour la date du 18 juin la lecture d’un passage de la bible qui ne laissera pas indifférents tous ceux qui dénoncent le sort injuste réservé au président Laurent Gbagbo, qui doit comparaître devant la Cour Pénale Internationale à la Haye. Que le procès soit reporté ou pas, le 18 juin est retenu par tous - Ivoiriens, Africains, Afro-descendants d’Europe et d’Amérique du Nord et même les amis Européens qui ont pris la défense de Laurent Gbagbo – comme la date qui doit voir se conclure leurs actions. De toute évidence, le texte biblique proposé semble montrer que le Ciel a choisi cette date pour rappeler cette injustice à la face du monde. Vous y reconnaîtrez la France qui a épousé la cause de Ouattara - venu du Burkina - au point de susciter les faux témoignages de l’O.N.U et de l’U.A contre Laurent Gbagbo dans la crise post-électorale ivoirienne.

Lecture du premier livre des Rois, ch.21, v.1 à 16 : Voici ce qui arriva après ces événements : Nabot de Yizréel possédait une vigne à côté du palais d'Achab, roi de Samarie, et Achab parla ainsi à Nabot : « Cède-moi ta vigne pour qu'elle me serve de jardin potager, car elle est tout près de ma maison ; je te donnerai en échange une vigne meilleure, ou, si tu préfères, je te donnerai l'argent qu'elle vaut. » Mais Nabot dit à Achab : « Yahvé me garde de te céder l'héritage de mes pères ! » Achab s'en alla chez lui sombre et irrité à cause de cette parole que Nabot de Yizréel lui avait dite : « Je ne te céderai pas l'héritage de mes pères. » Il se coucha sur son lit, détourna son visage et ne voulut pas manger.
Sa femme Jézabel vint à lui et lui dit : « Pourquoi ton esprit est-il chagrin et ne manges-tu pas ? » Il lui répondit : « J'ai parlé à Nabot de Yizréel et je lui ai dit : "Cède-moi ta vigne pour de l'argent, ou, si tu aimes mieux, je te donnerai une autre vigne en échange. " Mais il a dit : "Je ne te céderai pas ma vigne" ». Alors sa femme Jézabel lui dit : « Vraiment, tu fais un joli roi sur Israël ! Lève-toi et mange, et que ton cœur soit content, moi je vais te donner la vigne de Nabot. » Elle écrivit au nom d'Achab des lettres qu'elle scella du sceau royal, et elle adressa les lettres aux anciens et aux notables de la ville où habitait Nabot. Elle avait écrit dans ces lettres : « Proclamez un jeûne et faites asseoir Nabot devant le peuple. Faites asseoir en face de lui deux individus sans scrupule qui l'accuseront ainsi : Tu as maudit Dieu et le roi ! Ensuite, faites-le sortir de la ville, lapidez-le et qu'il meure ! »
Les hommes de la ville de Nabot, les anciens et les notables qui habitaient sa ville, firent comme Jézabel leur avait mandé, comme il était écrit dans les lettres qu'elle leur avait envoyées.
Ils proclamèrent un jeûne et firent comparaître Nabot devant le peuple.
Alors arrivèrent les deux vauriens, qui s'assirent en face de lui, et les vauriens témoignèrent contre Nabot devant le peuple en disant : « Nabot a maudit Dieu et le roi. » On le fit sortir de la ville, on le lapida et il mourut. Puis on envoya dire à Jézabel : « Nabot a été lapidé et il est mort. » Lorsque Jézabel eut appris que Nabot avait été lapidé et qu'il était mort, elle dit à Achab : « Lève-toi et prends possession de la vigne de Nabot de Yizréel, qu'il n'a pas voulu te céder pour de l'argent, car Nabot n'est plus en vie, il est mort. »
Quand Achab apprit que Nabot était mort, il se leva pour descendre à la vigne de Nabot de Yizréel et en prit possession.

Lecture proposée par

Raphaël ADJOBI

09/06/2012

Alassane Ouattara cherche désespérément une opposition pour redorer son image


Sur Afrik.com, l'internaute Macaire Dagry clame que « la Côte d'Ivoire cherche désespérément une opposition à Alassane Ouattara ». Selon lui, le président Laurent Gbagbo « a fermé les yeux sur les nombreux abus et détournements de fonds publics (...) autour de lui pour mieux renforcer la dépendance (de ses collaborateurs et alliés politiques) à sa personne, de manière à être toujours incontournable politiquement ». C'est pourquoi, ajoute-t-il, « un an après la chute du président Laurent Gbagbo, l’ex majorité présidentielle (LMP) est toujours inexistante de la scène politique ivoirienne, en dépit des nombreuses sollicitations du nouveau pouvoir ».

Que le sieur Macaire Dagry se rassure : la Côte d'Ivoire ne cherche pas à avoir sur l'échiquier politique une opposition à Alassane Ouattara. Fourbir ses armes politiques sans entrer dans l'arène est pour l'heure la stratégie que doit poursuivre le FPI. C'est d'ailleurs ce que le peuple semble recommander aux leaders de ce parti au regard de l'échec cuisant de Mamadou Koulibaly qui s'est précipité, tête baissée, dans les dernières élections pour un poste à l'assemblée nationale. Le FPI et une très grande partie du peuple ivoirien ont compris que leur participation à la vie politique du pays serait la claire légitimation du pouvoir d'Alassane Ouattara. C'est d'ailleurs le but que celui-ci veut atteindre par ses « nombreuses sollicitations ». Alassane Ouattara cherche désespérément par tous les moyens à donner l'impression aux investisseurs étrangers et à l'opinion internationale qu'il y a une vie démocratique en Côte d'Ivoire en mettant en selle une opposition boiteuse privée de l'essentiel de ses hommes. Or, son pouvoir ne mérite en aucune façon l'onction du FPI parce que sa légitimité n'a pas été prouvée et aussi parce qu'il est dans son expression une dictature.

En effet, après son installation officielle au pouvoir grâce à la France, Alassane Ouattara n'a pas donné au peuple ivoirien la preuve qu'il a gagné les élections. Nous n'avons pas la preuve qu'il a accédé au pouvoir par le verdict des urnes, par la voie démocratique. Jusqu'à la démonstration de sa légitimité, il reste un usurpateur ! Par ailleurs, dans la réalité des faits, son pouvoir n'a aucune assise nationale réelle puisqu'il ne tient que grâce au soutien de l'armée française et à l'engagement à ses côtés d'administrateurs français. Même son armée, les FRCI, ne constitue pas pour lui une force sûre pouvant devenir une armée nationale capable de gagner la confiance des Ivoiriens. Il se retrouve subitement bien seul avec "ses Français" dans une Côte d'Ivoire bien trop grande ; surtout depuis le départ de l’Elysée de son ami Sarkozy. Dans ces conditions, il risque de devenir bientôt trop encombrant pour la France.

Avez-vous réellement, M. Macaire Dagry et vos amis, le désir de voir une opposition à Alassane Ouattara ? Alors commencez par libérer du goulag nordiste les partisans de Laurent Gbagbo ainsi que les militaires qui lui étaient restés fidèles. Cessez de les traquer jusque dans les pays voisins d’où vous les ramenez dans vos geôles mains et pieds liés. C’est aussi simple que cela !

Vous voulez voir une opposition à Alassane Ouattara ? Cessez donc de battre jusqu'au sang, sinon à la mort, ceux qui osent exprimer publiquement leur joie quand celui-ci pleure pour un match de football perdu.

Vous voulez voir une opposition au pouvoir en place ? Cessez donc d'assassiner ceux qui osent sortir de l'ombre pour tenir des réunions publiques.

Vous voulez voir une opposition en Côte d'Ivoire ? Il suffit de créer les conditions d'un retour d'exil pour tous ceux dont les maisons et les plantations sont occupées par des nordistes ivoiriens, des Burkinabé et des Maliens dans l'ouest du pays. Faites en sorte que chaque Ivoirien retrouve son toit !

En clair, si vous voulez une opposition démocratique en Côte d'Ivoire, il vous faut créer les conditions d'une vie démocratique : pas de prisonniers politiques, pas de chasse à l'homme obligeant à un exil forcé, liberté d'opinion et de presse, liberté de manifester et de tenir des meetings publics, institution d'une armée nationale et non point tribale ; enfin pas d'armée étrangère garante de la légitimité du pouvoir en place.

Si après avoir rempli ces conditions, Alassane Ouattara est capable de soutenir assez longtemps le regard et la volonté des Ivoiriens, alors son pouvoir aura l'apparence d'une certaine légitimité. En effet, le vrai gouvernant démocrate est celui qui n'a pas peur d'offrir au peuple l'occasion de lui dire ce qu'il pense.

Enfin, que Macaire Dagry se dise que le combat que mènent les Ivoiriens, les Africains et leurs amis Européens pour la libération de Laurent Gbagbo n'est nullement motivé par une quelconque reconnaissance des avantages ou bienfaits reçus. Il s'agit tout simplement d'une question de justice. Si lui estime que Laurent Gbagbo mérite le goulag européen pour avoir exigé que les bulletins électoraux soient recomptés, qu'il se dise que nous sommes nombreux à refuser de vivre sous des règles aussi iniques.

Finissons par ceci : tant que le pouvoir actuel ne libèrera pas les prisonniers politiques, tant qu'il n'assurera pas aux citoyens une plus grande sécurité au point de placer leur confiance en une armée nationale, tant que les milices dozos continueront à faire la loi sur l'ensemble du territoire et particulièrement dans l'ouest, Alassane Ouattara se condamne à un statut de dictateur. Dans ces conditions, il passera ses jours à se demander comment il finira et donc quels moyens encore plus iniques mettre en place pour survivre.

Raphaël ADJOBI