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28/09/2012

Les manoeuvres de Ouattara autour de la guerre au Mali dévoilées


Voici un article du journal La Croix qui nous dévoile la bataille autour de la constitution de l'armée devant reconquérir le nord du Mali. Lisez-le attentivement pour découvrir que les Maliens ne sont pas dupes des manœuvres d'Alassane Ouattara. Mes réflexions sont en italiques et entre les parenthèses. L'article est de Laurent Larcher.

Ouattara et la guerre au Mali, Les rebelles de Ouattara au Mali Alors que le Nord du Mali est contrôlé depuis six mois par des troupes islamistes, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et le gouvernement malien ont trouvé dimanche (23 septembre) un accord sur les conditions de déploiement d'une force africaine au Mali.

Quelle est la nature de cet accord ?
Début septembre, le président par intérim du Mali, Diacounda Traoré, avait demandé l'aide la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour chasser les islamistes du nord du pays. Mais il s'était montré opposé au déploiement de "forces militaires combattantes" à Bamako, réclamé par la CEDEAO.
(On peut se demander pourquoi c'est à Bamako que doivent se retrouver les forces combattantes africaines et non à la frontière avec l'actuel Azawad. On peut aussi se demander pourquoi le président malien refuse que la force africaine qu'il a sollicitée ne s'assemble pas à Bamako. Cette exigence est suspecte. La suspicion est justifiée plus loin dans l'article).
Finalement, les autorités maliennes ont accepté que le PC militaire, la base logistique de l'opération et un détachement de force policière et d'experts soient installés dans la périphérie de Bamako. Le site sera choisi par une équipe conjointe CEDEAO-Mali.
Ouattara et la guerre au Mali, Les rebelles de Ouattara au Mali L'accord a aussi abordé la question du déploiement des forces combattantes : elles seront engagées auprès de l'armée malienne. Elles ne pourront pas opérer seules sur le terrain. En contrepartie, les autorités maliennes ont obtenu la levée du blocage de leurs armes, dont les blindés, immobilisés à Conakry (Guinée) depuis deux mois.
(Questions : Veut-on nous faire croire que c'est la CEDEAO qui tient à ce qu'aucun de ses soldats ne fasse un pas ou ne tire un coup de fusil sans la présence d'un soldat malien ? Un tel accord est-il applicable sur le champ de batail ? N'est-ce pas le Mali qui a exigé avoir la direction des opérations ? Que faisaient les blindés maliens en Guinée depuis deux mois ? Ces blindés sont-elles de nouvelles acquisitions ? Si oui, pourquoi ces achats passent par Conakry et non par Abidjan, via Dramane Ouattara, le patron de la Cédéao, qui a décidé de voler au secours du Mali ?)

Comment comprendre cet accord ?
Le négociateur envoyé à Bamako par la CEDEAO, l'Ivoirien Paul Koffi Koffi, estime que « le Mali et la CEDEAO sont en phase pour des opérations de troupes sur le territoire malien ». Mais le négociateur malien, le colonel-major Yamoussa Camara, est beaucoup plus prudent. Il a expliqué que le dispositif militaire, en périphérie de la capitale malienne, devra être discret, suffisant pour la coordination des actions entre la CEDEAO et le Mali.
Pour les putschistes qui ont renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 Mars, la présence d'une force militaire étrangère à Bamako menace leur pouvoir dans la capitale malienne. Pour le négociateur malien, il n'est donc pas question que la CEDEAO déploie des unités combattantes dans la capitale. D'autant que la présence de troupes pourrait heurter le sentiment national des Maliens.
(Il est très surprenant de voir que ce sont les Ivoiriens qui n'ont pas été capables de s'entendre pour régler leur conflit qui se sont érigés en négociateurs pour régler le conflit des autres ! Les militaires Maliens auraient-ils peur d'un coup d'état de Ouattara via la CEDEAO pour refuser la présence des forces africaines dans leur capitale ? Si la présence de cette force étrangère heurte le sentiment national des maliens, c'est qu'on la leur impose. Ce n'est sûrement pas ce qu'ils ont souhaité ! On ne peut pas demander de l'aide et dire que l'on ne voudrait pas la voir !) [...]

Qui va intervenir ?
Depuis des mois, la CEDEAO évoque l'envoi d'une force de 3 300 soldats au Mali. Mais peu d'Etats membres ont promis de mobiliser des unités combattantes. Pour l'heure, seuls le Niger et le Burkina Faso ont décidé d'engager des soldats. Lors de son voyage en France en juillet, le président sénégalais Macky Sall avait déclaré ne pas pouvoir engager de soldats au Mali.
"Le pays qui pousse depuis le début de la crise à une intervention militaire de la CEDEAO est la Côte d'Ivoire. Son président, Alassane Ouattara, y voit une bonne occasion pour y engager les soldats les plus turbulents de son camp, qui l'empêchent de conduire sa politique de réconciliation", note Roland Marchal, du Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI).
Parmi les puissances extra-africaines, les Etats-Unis s'engagent à apporter un soutien logistique et en information. La France, depuis le début de la crise malienne, prend le même engagement. Cependant, des forces spéciales françaises sont déjà déployées au Mali. Par ailleurs, la diplomatie française évoque l'idée d'un engagement des soldats tchadiens dans la reconquête du nord du Mali : des militaires qui ont une longue expérience de la guerre dans le désert.

Laurent Larcher (La Croix du mardi 25 septembre 2012)
Commentaires de Raphaël ADJOBI

24/09/2012

Tombouctou, mon amour

L'Azawad et nous, Les Maliens et l'Azawad, Tomouctou et l'Azawad, Sidiki Kaba. De toutes les anciennes villes noires de l’ère moderne, Tombouctou, cité sahélienne, située en plein cœur de l’Afrique occidentale, est certainement la plus connue à travers le monde. Tombouctou rime avec commerce caravanier, Tombouctou est synonyme de jonction entre l’Afrique noire et le monde arabe, Tombouctou évoque aussi l’Afrique des intellectuels et des échanges culturels avec l’Afrique du Nord. Dans l’esprit des Français d’une certaine époque, Tombouctou était un nom mythique grâce à René Caillé.

Que reste-t-il aujourd’hui de Tombouctou ? Presque rien ! Mais ce qui nous reste est sans doute l’essentiel : nos rêves, notre amour ! Couchée sous le soleil accablant à la lisière du désert, il ne reste de vie à cette ville que les palpitations de son cœur savamment entretenue : sa mosquée ! De temps à autre, comme pour entretenir le faible amour qui dort encore en nous pour cette cité, une main poussiéreuse brandissait devant nos yeux une pile de manuscrits sans grand intérêt parce que ne renfermant que des comptes de marchands, de charlatans et de trafiquants de tous horizons. Avec sa mosquée et ses manuscrits en lambeaux, Tombouctou n’était plus depuis très longtemps en effet que la seule marque vivante et visible d’un passé à jamais révolu de l’immense Afrique occidentale. Et c’est justement pour cette unique raison que les récents événements qui ont touché le pays qui l’abrite ont fait taire les querelles entre Africains et Européens et poussé les uns et les autres à ne penser qu’à sauver la petite flamme que nous avons encore dans notre cœur pour elle.

L'Azawad et nous, Les Maliens et l'Azawad, Tomouctou et l'Azawad, Sidiki Kaba.



Le Mali qui a envoyé des centaines de bandits guerroyer en Côte d’Ivoire* et couper ce pays en deux trouve anormal d’être coupé en deux ! En Côte d’Ivoire, la ligne qui pendant un temps a partagé le pays était le fait de la guerre et non pas le résultat d’une revendication territoriale. De ce fait, une grande partie du territoire des sudistes était restée sous les armes nordistes au point que les populations prisonnières demandaient à être rattachées à leurs semblables. Au Mali, les Touaregs disent se contenter de leur territoire habituel et n’ont jamais montré leur intention d’en revendiquer d’autres. Les Maliens du sud n’ont d’ailleurs à aucun moment crié à un partage inadéquat. Dès lors, je me demande pourquoi les peuples du sud de ce pays veulent absolument vivre avec les Touaregs qui refusent leur compagnie ?

Que l’on ne cherche nullement dans cette question une quelconque malignité. Ma démarche a pour but de comprendre comment et pourquoi les hommes se fabriquent des raisons pour se faire la guerre quand ils ont des solutions pour l’éviter. S’il n’est question que d’un désaccord quant au partage du territoire tel qu’il est dessiné par les Touaregs, je pense qu’il y a moyen de discuter et parvenir à un accord. On peut aussi se battre jusqu’à récupérer la partie que l’on estime sienne. Dans ce cas, nul besoin d’ameuter le monde entier. C’est aux Maliens d’assumer leur guerre civile. S’il n’y a pas de désaccord sur le partage du territoire, je juge tout à fait criminel de forcer l’autre à vivre avec vous alors qu’il ne le désire pas et ne le souhaite pas.

Que peuvent raisonnablement avancer les Maliens du sud pour obliger les Touaregs à former une seule nation avec eux ? Est-ce parce que le colon a donné des limites à ce pays qu’il leur faut s’y accrocher comme à la prunelle de leurs yeux ? Est-ce parce qu’en cinquante ans ils ont le sentiment qu’ils sont devenus un peuple indivisible ? Si ceux du sud estiment éprouver ce sentiment, croient-ils raisonnable d’obliger les autres à le partager ? Que l’on m’explique - comme on le ferait pour l’intelligence d’un garçon de dix ans – ce qui pousse un camp à refuser le divorce que l’autre lui impose si le contrat de séparation ne contient pas de vice territorial.

Quant aux raisons pour l’heure invoquées et reprises à travers le monde entier pour susciter la compassion de l’ancien colonisateur et de l’ONU, elles ne me semblent pas peser plus lourd qu’une poignée de sable fin du désert. Appeler tous les peuples puissants à aller combattre les Touaregs parce qu’ils ont instauré la charia est-elle une raison suffisante ? N’a-t-on plus le droit de vivre comme on le veut chez soi ? Est-ce seulement les Touaregs qui pratiquent la charia dans le monde ? Combat-on tous les pays qui ont inscrit cette pratique dans leur constitution ? Combat-on les pays qui pratiquent la peine de mort ? Tous les pays qui pratiquent ces barbaries ont des raisons pour cela. Bien sûr que leurs pratiques choquent notre entendement ; mais ils se moquent bien de notre avis. Et de ce point de vue, ils ont raison. Il ne nous appartient pas de choisir sous quelles lois ils doivent vivre.

Pour ce qui est des vestiges du passé qui ont été saccagés, il convient d’aller au-delà de la grande émotion qui s’est emparé de nous pour analyser plus calmement l’évènement. Rares sont les révolutions qui n’ont pas abattu les vestiges qui rappelaient les anciens maîtres. Presque tous les édifices religieux de France – cathédrales et églises – portent aujourd’hui encore les stigmates des saccages des révoltés : statues de saints décapitées ou estropiées, anges aux ailes brisées, et parfois même des façades totalement privées de leurs multiples bas-reliefs. Aujourd’hui, ces traces de la colère des révoltés font même partie du patrimoine national que personne n’envisage d’effacer.

Dans le même ordre d’idée, on peut citer le cas de certains pays africains qui ont délibérément choisi de remplacer les édifices coloniaux par des constructions nationales pour ne pas avoir des mauvais souvenirs constamment devant leurs yeux. C’est le cas de la Côte d’Ivoire où les maisons coloniales ont disparu d’Abidjan ou ont été laissées en ruines à Grand-Bassam, la première capitale. Ailleurs, comme en Afghanistan, des immenses statues millénaires sont parties en poussière ; en Centrafrique comme en Iran, on a pillé ou brûlé tout ce qui rappelait l’ancien régime. Ces agissements choquent toujours et suscitent naturellement beaucoup d’émotion. Mais ne font-ils pas partie de la vie ordinaire des peuples et des nations ? Allons-nous déclarer la guerre à ces pays parce qu’ils détruisent ou laissent se détruire des pans entiers du patrimoine de l’humanité ?

Si vraiment le Mali estime être partiellement occupé par une force étrangère, qu’il active les contrats qui le lient aux armées étrangères chargées de sa protection ou demande une condamnation puis une aide de l’ONU pour retrouver son intégrité. Cependant, nous savons tous que les Touaregs séparatistes sont des Maliens ; par conséquent, leur décision de constituer une nation indépendante n’est nullement condamnable et n’autorise aucune puissance étrangère à les condamner à vivre avec les autres Maliens.

La seule chose qui rendrait les Touaregs condamnables, ce serait d’obliger les populations qui aimeraient vivre sous le régime du Sud à demeurer dans le Nord. Eux non plus n’ont pas le droit de condamner d’autres à vivre sous leur pouvoir. Seule une demande de certaines populations désireuses de quitter les Touaregs pourrait donc justifier un regard compatissant. Mais quand M. SIDIKI Kaba, l’ancien Président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, clame avec le régime malien actuel qu’il faut « organiser la reconquête militaire pour que le Mali retrouve son intégrité territoriale (parce que) les groupes armés y appliquent un islam médiéval qui s’inscrit contre le droit des gens, (que) les djihadistes sont les ennemis des droits de l’homme » (La Croix, 12/09/2012), il me semble tenir un discours creux parce qu’inapplicable dans toutes les contrées du monde où le droit de l’homme n’est pas respecté. D’autre part, on peut prendre des mesures pour obliger un pays à respecter les droits de l’homme sans forcément aller lui faire la guerre. Que l’on applique donc à l’Azawad la même politique qu’à la Chine et l’on parlera de justice équitable concernant l’ONU.

Il faudra trouver d’autres arguments que ceux qu’avancent depuis quelques années les grandes puissances pour s’emparer des biens des peuples africains. Que Monsieur SIDIKI Kaba nous dise si ce qui se passe en Côte d’Ivoire se fait dans le respect des droits de l’homme. Si vous voulez vous battre, battez-vous ; mais de grâce ne cherchez pas à inventer de fausses raisons. Ne cherchez pas à caresser l’amour que nous avons pour Tombouctou afin de nous entraîner dans une guerre qui n’a pas lieu d’être.

*La chanteuse malienne Rokia Traoré estime que "la recrudescence du banditisme armé avec le retour des mercenaires de Côte d'Ivoire" a contribué à la crise au Mali (Télérama du 4/04/12)° 1ère photo : La mosquée de Djinguereber fondée à Tombouctou au XIVe siècle.
° 2e photo : La grande mosquée de Djenné, 1907.

Raphaël ADJOBI

10/09/2012

La grande déprime des médias français


Les médias français et François Hollande, Pourqoui les édias français critiquent Hollande ? Les journalistes français n'en peuvent plus avec ce temps politique maussade ou trop "normal". Comment peut-on vendre par un temps pareil ? Plus précisément, que peut-on vendre par un temps pareil ? Qui achèterait de l'ordinaire en matière d'information ? Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, force est de constater que les médias s'ennuient à mourir, au point qu'ils commencent à trépigner sérieusement. La grande déprime quoi !

Avec le précédent locataire du palais de l'Elysée, au moins il y avait du mouvement, de l'action, des tempêtes ! Les journalistes avaient-ils à peine le temps de boucler un article qu'ils étaient appelés à d'autres affaires. Et les grands titres faisaient entrer l'argent dans les caisses. C'était la belle époque !

Avec François Hollande, ils avaient vainement espéré tirer profit de l'action de la diplomatie française dans le conflit syrien pour garder le rythme pris avec Nicolas Sarkozy et ses déclarations tapageuses. Quotidiennement, ils nous avaient servi du "Bachar le dictateur" et du "martyr du peuple syrien" sans entraîner François Hollande dans un conflit ouvert avec ce pays. Une bonne guerre comme en Côte d'Ivoire et en Libye : voilà ce qu'ils espéraient. Quand les bombes éclatent et que ça saigne, c'est bon pour le moral des journalistes et leur portefeuille. Mais avec ce calme plat, le métier n'est plus ce qu'il était. Il devient franchement déprimant avec un président trop normal !

Sur le plan intérieur, malgré les règlements de compte à Marseille et les tueries çà et là, aucune déclaration fracassante - avec des lois inédites - ne vient dynamiser l'horizon politique et médiatique. C'est à croire que François Hollande fait exprès de pourrir la vie des journalistes. Il n'a absolument pas l'air de se rendre compte de la crise économique que sa présidence trop "normale" pourrait générer en France. Bientôt, les buralistes vont fermer boutique pour manque à gagner ; les imprimeries vont cesser de tourner. Tout un pan de l'économie française est donc sérieusement menacé. Pour éviter les grèves que cette menace fait peser sur le pays, les journalistes demandent au président de se réveiller. "Hollande secoue-toi, il y a le feu" clame l'un, "Et si Sarkozy avait raison ?" clame l'autre. Et un troisième de se demander "s'ils sont tous nuls" dans ce gouvernement. Et tout cela parce que le climat politique est calme et aussi parce que sur le plan social on ne voit aucune grève de grande ampleur poindre à l'horizon.

Si les journalistes veulent nous faire croire que François Hollande et son gouvernement ne font pas l'affaire, le commun des Français se rend compte que ce jugement ne correspond pas à un climat social en ébullition. Ils espèrent de l'action pour ne pas voir leur métier courir à la catastrophe. C'est tout ! Avant, ils étaient dirigés, commandés ; il y avait quelqu'un pour leur dire ce qu'il fallait écrire et ce qu'il ne fallait pas dire. Nicolas Sarkozy reprenait fermement ceux qui ne lui obéissaient pas. Quelques rares insolents profitaient même de sa grande agitation pour se moquer de ses pitreries. Une chose était sûre : dans l'ensemble, tout le monde trouvait son compte.

Mais maintenant, que faire d'un président normal ? Habitués à attendre les consignes de l'Elysée avant de se mettre en branle, les journalistes s'ennuient avec le nouveau président. Il ne savent plus quel sujet traiter pour égayer la population française. Ils ne savent plus s'il faut aller voir ce qu'est devenue la démocratie que Nicolas Sarkozy a installée à grands coups de canons suivis de fanfares et trompettes en Côte d'Ivoire et en Libye. Ils ne savent plus s'il faut parler ou non des disparitions quotidiennes des civils, des tortures des jeunes, des arrestations des opposants, des camps de refugiés brûlés en Côte d'Ivoire. On ne trouve plus trace de Simone Gbagbo, dit-on. Les médias français semblent de toute évidence attendre que François Hollande parle publiquement de ces questions-là pour le suivre. En effet, les paroles d'un président confèrent aux événements plus de gravité. Sans elles, l'enfer quotidien des Ivoiriens ou des Libyens n'est qu'un fait divers sans aucune importance. Qui cela peut-il intéresser en France. Que le président en parle et cela devient important pour le peuple français.

Vivement une guerre donc ! Mais sous d'autres cieux, bien sûr. Et si Hollande décidait de renverser Ouattara ? De toutes les façons, ce dernier est plus souvent en France que dans le pays qu'il est supposé gouverner. Pire, en Côte d'Ivoire, c'est l'armée française qui joue tous les rôles jusqu'à celui de la police, tout simplement parce le peuple a peur de l'armée de Ouattara dite "Force Républicaine". Un coup d'état rendrait la situation plus claire et pourrait être l'occasion pour François Hollande de se faire remarquer sur le plan international et permettrait aux médias français de sortir enfin le grand jeu de l'informateur du peuple avec des débats et des interventions de grands spécialistes. Les plaisirs du métier quoi !

Raphaël ADJOBI

09/09/2012

Alassane Ouattara souhaite que la Banque Mondiale soit plus généreuse

(Une contribution de Shlomit Abel)

Ouattara et la Banque Mondiale Dans le cadre d’une tournée africaine débutée à Abidjan, le président de la Banque mondiale, Jim Youg Kim a été reçu en audience ce mardi soir (4 septembre), par le président ivoirien Alassane Ouattara. C’est l’article du journal en ligne Koaci.com qui m’a interpelée ; car son titre va au-delà du texte qui se borne à décrire la situation sans empathie : « Alassane Ouattara souhaite que la Banque Mondiale soit plus généreuse » … Effectivement, si on s’en tient au contenu de l’article, rien ne va changer pour l’Ivoirien : plus de 60 pour cent de chômage, une armée qui se comporte en horde sauvage qui déferle la nuit , terrorise de pauvres populations démunies ; une armée à la recherche de caches d’armes qui sont des prétextes pour cambrioler impunément les populations qu’elle est sensée protéger ; une armée qui s'emploie à arrêter la jeunesse qui pourrait se ranger derrière ce coup d’état à venir, coup d'état aux nombreuses têtes, allant du simple caporal aux joueurs de pétanque, en passant par le manœuvre père de 7 enfants et maintenant tous les responsables du FPI ! « J’ai de l’espoir pour la Côte d’Ivoire. J’ai confiance en ce pays, » dit encore Jim Youg Kim, le président de la Banque mondiale ; faut-il remarquer que le président de la banque mondiale ne nomme pas le président Ouattara ? Après tout n’est-ce pas lui qui est au gouvernail ? Curieux tout de même ; la suite de l’article également ne met pas en avant le grand économiste, PhD ! Dans les discours prononcés lors de la réouverture des universités, chaque phrase des orateurs et du bien aimé dictateur himself mettaient en avant la personne et le charisme de saint Dramane !
« J’ai été très heureux de rencontrer des jeunes pleins d’espoir et des femmes dynamiques » dit encore le coréen Jim Youg Kim. Préfet, ne les faites pas tous enfermer, déporter et massacrer, il en faudra pour vous remplacer, remplacer votre équipe et surtout redynamiser le pays dans l’armée loyaliste à retrouver, les universités, ces hommes, ces femmes, cette jeunesse fougueuse qui veut absolument cette Côte d’Ivoire réellement indépendante et auto gérée !
Lors de la conférence de presse commune, Ouattara nous a ressorti son couplet de la croissance de 8% ; alors que les experts internationaux ont cité le chiffre de – 7 ,5% pour l’année 2011, et qu’au vu du chômage endémique, la non-création d’emplois, la balance commerciale totalement déréglée, nous sauterions pieds joint dans une croissance digne des pays les plus développés ! Que l’on se rassure: « la Banque Mondiale peut compter sur la Côte d’Ivoire vu les performances de sa croissance d’ici à 2015 ».C’est notre expert qui parle, il se doit de « rassurer » son invité ! « Nous ferons tout pour mériter cette confiance ». Etouffer à tout prix les grognements et les contestations des syndicats, faire disparaitre les chômeurs et autres mécontents, l’argent dégagé pour atteindre plus vite la paix, c’est celui qui servira à l’achat des armes parce que la paix ivoirienne de Ouattara s’impose par les bombardements, les arrestations arbitraires et les crimes. Rappelons ces propos ô combien édifiants prêtés à l’ancien ambassadeur d’Israël en Côte d’Ivoire, lorsque le couple Ouattara "a pèleriné" en Terre Sainte il y a quelques mois et a quémandé un soutien logistique et militaire … « Si on donne des armes à Ouattara, il tuera tout le monde »
La banque mondiale qui s’est engagée en 2008 envers la Côte d’ivoire, l’a fait en ayant pour partenaire le président Gbagbo et son équipe. « J’ai de l’espoir pour la Côte d’Ivoire. J’ai confiance en ce pays, » s'est exprimé le nouveau président de la banque mondiale ; mais ces propos ne sont pas des garanties, de l’argent comptant pour Ouattara : le pays a besoin de stabilité, et comme un corps qui a ingurgité un aliment indigeste, la Côte d’Ivoire peut vomir son dictateur et aller vers une bonne convalescence quand l’indigestion sera passée.

Shlomit Abel, 5 septembre 2012

01/09/2012

L'armée française assure l'intérim du président des Ivoiriens


l'armée française en côte d'ivoire,la côte d'ivoire est perdue,les frci et les ivoiriens,attaque du siège du fpi La terreur que les rebelles du Nord - pompeusement rebaptisés Force Républicaine de Côte d’Ivoire (FRCI) - exercent dans des zones qui n’ont pas voté pour Ouattara aux dernières élections présidentielles a fini par obliger les populations à se terrer chez elles, à raser les murs, ou à ne jamais ouvrir la bouche une fois dans les rues. Et comme il a été poliment demandé à ceux qui ont peur de cette nouvelle armée de quitter la Côte d’Ivoire, les exilés au Libéria et au Ghana sont aujourd’hui légions. Depuis un an, chaque jour qui se lève est accompagné de son crime accompli par les FRCI et leurs complices dozos. La pratique est devenue si ordinaire que certains journaux locaux ont fini par perdre le compte de leurs forfaits. Voilà l'incroyable tableau qu'offre la Côte d'Ivoire !

Même les populations nordistes qui vivent dans le sud se demandent pourquoi Monsieur le préfet continue de soigner son image auprès des Blancs en Europe plutôt que de s'occuper du pays. Un camp de refugiés attaqués par son armée ? Pas d’inquiétude ! Ce n’est que de la routine. Un camp militaire dévalisé par des inconnus. Pas d’inquiétude ! Il n’y a que les chefs d’Etat peu sûrs de leur pouvoir et devant soigner leur avenir politique – comme le président sud-africain - qui courent consoler leur peuple en pareille circonstance. Intouchable, notre homme reste toujours absent, indifférent aux maux des Ivoiriens.

Mais voilà : non seulement les attaques armées se multiplient, mais en plus les civiles pro-Ouattara s'en prennent aux biens des populations et des partis de l'opposition en toute impunité. Dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, dans une ambiance de carnaval, les Frci et les dozos organisent l'immigration et l'installation des Burkinabés sur les terres abandonnées par les autochtones en fuite. Leur vacarme, la vue de leurs tenues et de leurs armes font trembler les populations de frayeur.

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Paradoxalement, devant ce chaos généralisé, c'est la présence de l'armée française qui donne au commun des ivoiriens un semblant de protection. Du moins cette armée étrangère ne l'effraie pas ; même s'il ne sait pas vraiment pourquoi elle est là. Il lui semble tout simplement que c'est elle qui tient la situation en main pour ne pas donner le sentiment qu'il n'y a personne au volant de la voiture Côte d'ivoire.

En effet, si les FRCI attaquent les partisans de Gbagbo et les jettent en prison, qui peut protéger ces derniers quand des civils les poursuivent jusque dans leur siège officiel à Abidjan ? De toute évidence, aucune autorité locale - ni le président toujours en voyage, ni son armée, ni sa justice - n'est en mesure d'assurer la sécurité des biens et des personnes en Côte d'Ivoire. Finis les temps bénis où les gens pouvaient descendre dans les rues pour crier leur peine et réclamer quelque chose à leurs gouvernants. On affronte une démocratie les mains nues ; pas une dictature ! Alors tout le monde vit la peur au ventre. C'est pourquoi l'armée française est intervenue à Dabou et aux abords de la maison du FPI, assurant ainsi l'intérim du président de la république absent. A vrai dire, tout porte à croire que celui-ci s'absente pour cacher son incapacité à maîtriser la situation qui prévaut dans le pays.

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Bonne gouvernance donc à l'armée française ! Mais pour combien de temps ? Cette "démocratie" sarkozienne qu'on l'a obligée à installer va-t-elle lui rester indéfiniment sur les bras ? Si la population se cache dans les hautes herbes à la vue des FRCI, alors qu'elle ose se montrer quand elle voit l'armée française, c'est que la Côte d'Ivoire est perdue ! Elle est perdue parce que les ivoiriens vivent dans la peur de tous les signes qui représentent l'autorité de Ouattara. Elle est perdue parce que l'armée française est obligée de protéger les populations contre l'armée de Ouattara. Elle est perdue parce que les Ivoiriens ont peur de Ouattara !

* La légende n'est pas de l'artiste

Raphaël ADJOBI