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28/02/2013

A La Haye, la CPI fait le procès du silence criminel des médias français sur la Côte d'Ivoire

Les journalistes français et la Côte d'Ivoire, Les médias français et la Côte d'Ivoire, Le procès de Laurent Gbagbo, Le crime des médias français, La propagande française contre la Côte d'Ivoire Les Ivoiriens qui ont accueilli comme une humiliation l’envoi du président Laurent Gbagbo à la prison internationale de La Haye se sentent quelque peu réconfortés depuis que s'étalent devant la face du monde - à la Cour Pénale Internationale - tous les aspects et tous les visages des artisans des malheurs de la Côte d'Ivoire qui durèrent dix ans. Mais les plus fiers aujourd'hui, ce sont certainement tous ceux qui ont pris, d'une manière ou d'une autre, une part active dans la dénonciation publique de l'injustice faite à Laurent Gbagbo et à ses partisans après sa chute.

Quel réconfort et quelle fierté en effet, pour ces simples citoyens Ivoiriens, Africains et amis du respect des institutions africaines qui, secondant quelques journalistes soucieux de la vérité, n'ont cessé de dénoncer par leurs écrits et par le partage d'images sur Internet la dure et implacable loi des vainqueurs que le régime d'Alassane Ouattara inflige, depuis bientôt deux ans, à une partie de la population de la Côte d’Ivoire ! Faisant corps avec les rares journalistes qui avaient vu dès le départ la main impérialiste de la France, ils ont permis de rendre public tous les éléments qui sont aujourd'hui copieusement exploités par la défense de Laurent Gbagbo. Tous ces écrits, toutes ces images - qui, hier encore, semblaient pour l'opinion publique favorable au pouvoir actuel des outils visant à discréditer Alassane Ouattara et rien d'autres, - reçoivent aujourd'hui, à la face du monde, à la Cour Pénale Internationale à la Haye, le sceau sacré de La Vérité d'une page sombre de l'Histoire de la Côte d'Ivoire. Patriotes ivoiriens, militants panafricains, amis de la Vérité, dénonciateurs de la Françafrique et de la recolonisation de l’Afrique, bravo !

De la Propagande au silence complice et criminel

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« La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures », disait Noam Chomsky. Durant les dix années qu'a duré le conflit ivoirien et les presque deux années du pouvoir d'Alassane Ouattara, cette réflexion du linguiste américain a trouvé tout son sens dans l'esprit de tous ceux qui se sont montrés quelque peu attentifs aux événements qui ont bousculé puis troublé la Côte d'ivoire avant de la jeter dans l'incroyable théâtre de la justice des vainqueurs et du rattrapage ethnique.

Si de nombreuses personnes sont d’avis que le procès de Laurent Gbagbo qui a pris une dimension plus passionnante depuis février 2013 ne fait que nous découvrir le visage hideux de la France, des organisations internationales et de leurs armées (l’ONUCI et la Force Licorne), il n’est pas inutile de s’arrêter sur leur outil de communication ; à savoir les médias, et surtout les médias français. Oui, les médias français ont été à la fois les outils de propagande des mensonges préparés dans les cellules de l’Elysée et l’éteignoir devant empêcher la réalité des faits et donc la Vérité de filtrer dans les milieux européens et francophones après l’installation officielle d’Alassane Ouattara et la mise en marche de son inique et cynique programme de rattrapage ethnique.

Les journalistes français ont été d’une promptitude suspecte dans la rapide diffusion des images de l’attaque de la Côte d’Ivoire par les rebelles en septembre 2002 et dans la forte négation de l’implication du Burkina Faso dans cette rébellion. L’hebdomadaire Paris Match avait à l'époque semblé avoir fait le voyage avec les assaillants dont il avait publié des photos magnifiques montrant parfois de jolies filles en armes ; une rébellion charmante et séduisante en quelque sorte. Les journalistes français n’ont pas cessé de montrer Laurent Gbagbo du doigt après la mort de 9 soldats français suite au bombardement de Bouaké et n’ont pas trouvé surprenante la rapide destruction des avions au sol de l’armée ivoirienne sans aucune enquête préalable et malgré les négations du président ivoirien. Même lorsque les pilotes biolorusses impliqués dans ce bombardement ont été arrêtés deux fois et deux fois relâchés sur ordre du gouvernement de Chirac, les médias français n’ont pas jugé utile d’engager des investigations ni même avancer des interrogations. Par ailleurs, ce sont eux qui ont propagé, sans aucune vérification préalable, les accusations selon lesquelles l’armée loyaliste était à l'origine du miraculeux charnier de Yopougon. Ce sont encore eux, qui ont repris allègrement le joli nom des « escadrons de la mort » inventé par l’Elysée et placé dans la bouche d’Alassane Ouattara. Et quand ce dernier a affirmé qu’on ne voulait pas qu’il fût candidat parce qu’il était musulman et du Nord, ils n’ont pas trouvé dans ses propos l'étincelle qui mettait le feu aux poudres ; mais bien au contraire, ils ont applaudi sans jamais s’assurer du fait que l’homme était Burkinabé et qu’il ne sera ivoirien qu’en 2010 avec la dérogation spéciale que lui accordera son adversaire Laurent Gbagbo. Enfin, ce sont les médias français qui avaient complaisamment servi de tribune à Madame Sogona Bamba - conseillère en communication d'Alassane Ouattara - pour brandir à la face du monde la photo d'un sud-africain en flammes comme le symbole des exactions du pouvoir de Laurent Gbagbo pour émouvoir la communauté internationale et justifier son soutien à la rébellion qui ensanglantait déjà le pays. Quand la preuve du mensonge a été faite, aucun journaliste français n'a été choqué par la grotesque manipulation !

Tous ces faits sont aujourd’hui présentés à La Haye comme dignes d’être de la plus haute considération pour laver Laurent Gbagbo des multiples crimes dont on l’accuse. Aussi sa défense ne manque pas de souligner que du Nord au sud, la rébellion n’a cessé d’endeuiller le pays : les civils dans les conteneurs à Korhogo, les gendarmes et leurs familles assassinés à Bouaké, les crimes des Dozos à Douékoué, les assassinats à Abobo et à Yopougon, les attaques de camps de refugiés, sont l'œuvre des rebelles et non pas celle de l’armée nationale restée fidèle à Laurent Gbagbo. Au moment de mettre ce dernier sur le plateau de la balance de la justice et prononcer son arrêt, on ne peut que se réjouir de voir la Cour Pénale Internationale accepter que sur l’autre plateau de la balance soient déposés les crimes réels constatés par tous et qui sont loin d’être imputables à l’illustre prisonnier.

Bien sûr, les médias français n’ont jamais fait grand bruit de tous ces crimes. Et pour cause ? Ils sont tous le fait de l'armée de Soro Guillaume financée par Alassane Ouattara. Bien sûr le film de la reconnaissance officielle du financement des rebelles par Ouattara n’a jamais été exploité par les médias français pour montrer qu’il est le père de cette rébellion depuis 2002. Et pour cause ? La France soutenait cette rébellion. Bien sûr, les médias français n’ont jamais dénoncé le fait que l’ONUCI transportait les rebelles dans la ville d’Abidjan et à l’intérieur du pays leur permettant ainsi de rejoindre leur base où ils pouvaient impunément attaquer les civils et les commissariats. Bien sûr que les médias français n'ont pas trouvé étrange le refus de la France et de l'ONU opposé à l'appel au recomptage des voix lancé par Laurent Gbagbo. Et pour cause ? La France et l'ONU avaient depuis toujours choisi leur camp et lui apportaient soutien et conseils militaires. Bien sûr, les médias français ont fermé les yeux sur les images qui montrent les civils servant de boucliers humains aux rebelles lors de leur attaque d’Abidjan. Bien sûr, les médias français n’ont jamais fait cas des images montrant les rebelles humiliant les partisans de Laurent Gbagbo en leur faisant chanter en chœur une chanson d’adieu à leur président. Et pour cause ? Il ne fallait pas salir le choix de la France : Ouattara !

On comprend donc que depuis l’installation du préfet de la France à la tête de la Côte d’Ivoire, les médias français aient totalement déserté ce pays ; que les rares articles consacrés à la Côte d'Ivoire ne parlent que du bancal outil de réconciliation mis en place par Ouattara et jamais des milliers d’exilés au Ghana et au Libéria souvent traqués, des dizaines de dirigeants de l’opposition emprisonnés, des centaines de soldats également emprisonnés parce que leur fidélité au nouveau régime ne serait pas certaine. Bientôt deux ans de pouvoir ne sont pas suffisants pour nécessiter un bilan partiel aux yeux de ces journalistes qui ont applaudi l’installation du successeur de Laurent Gbagbo ! C’est un silence qui est de toute évidence criminel. Oui, après avoir servi d’outil de propagande de la France pour installer Alassane Ouattara, les médias français couvrent de leur silence les crimes de ce dernier. Et le fait que ces crimes soient aujourd’hui exposés à la face du monde via la CPI est déjà la victoire de la vérité sur ces journalistes qui croyaient dicter le sens de l’histoire aux Ivoiriens et aux Africains.

La publication du dernier rapport d'Amnesty International qualifiant le régime de Ouattara de « loi des vainqueurs » - en d'autres termes un pouvoir dictatorial - ne fait que souligner davantage le caractère assassin du mutisme des médias français pour ne pas dire leur cécité ou leur refus d'ouvrir les yeux. Quand ils se réveilleront, ce sera dans la honte ! Les articles qu'ils produiront contre le pouvoir actuel seront la preuve de la reconnaissance de leur silence criminel dont ils ont couvert les forfaits d'Alassane Ouattara.

Raphaël ADJOBI

20/02/2013

La manifestation à La Haye du 19 février 2013 : les panafricanistes fidèles à Laurent Gbagbo


Il suffit de participer, à La Haye, à l'une des nombreuses manifestations de soutien au président Laurent Gbagbo pour se rendre compte de la dimension prise par cet homme dans la conscience populaire de la diaspora africaine. Il était émouvant de voir rassemblés, le 19 février dernier, des Camerounais, des Togolais, des Congolais et d'autres nationalités africaines moins nombreuses certes mais non moins dynamiques autour des Ivoiriens.

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Pour montrer leur attachement au symbole que représente pour eux le président Laurent Gbagbo, de nombreux panafricanistes venus de toute l'Europe n’ont pas voulu manquer l’occasion de crier leur indignation durant l'audience de ce 19 février 2013. Ils se sont d'abord retrouvés dès 8 h dans l'immense parc du centre ville que beaucoup connaissent très bien désormais. A 13 h, pris en charge par la police montée, la police motorisée et celle à vélo, les manifestants ont rejoint, à leur grande joie, au cri de "Freedom Gbagbo" ("Liberté pour Gbagbo"), le siège de la CPI où ils sont demeurés sur la place qui leur a été réservée jusqu'à 17 h.

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La plus grande joie de tous les participants à cette manifestation est d'avoir pu traverser la ville en chantant et en scandant le nom du président Laurent Gbagbo. Sur leur passage, certains Hollandais brandissaient un poing levé ou arboraient un large sourire pour leur témoigner leur solidarité. Certains applaudissaient ou levaient le pouce pour signifier leur approbation. Tous avaient cessé leur activité ou leur promenade pour montrer leur curiosité au passage du cortège.

Assurément, les Hollandais savent qu'en touchant à Laurent Gbagbo, les organisations internationales ont fait quelque chose de nauséabond. Depuis que l'initiateur de la lutte pour la démocratie en Côte d'Ivoire est devenu l'un des locataires de la prison de l'institution qu'abrite La Haye, ils ont le sentiment d'avoir hérité d'un cadeau empoisonné. Les médias français ont beau couvrir le crime de leur pays en Côte d’Ivoire en ne relayant jamais les manifestations de soutien à Laurent Gbagbo – quand ils ne les minimisent pas -, de toute évidence l'histoire ne manquera pas de souligner que le procès de cet homme aura été le premier au cours duquel des Africains se seront levés pour dire NON à l'Europe avant même que le verdict ne soit prononcé ! Aussi, ceux qui font le voyage à La Haye pour soutenir Laurent Gbagbo ont le réel sentiment d'écrire une page de l'Histoire de l'Afrique digne ; celle que les petits Africains de demain liront avec fierté et peut-être avec une larme à l'œil et l'indignation chevillée au cœur.

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Huit cars de soixante places* et quelques dizaines de personnes qui ont fait le déplacement en voiture - au total donc 500 personnes environ - ont permis la réussite de cette belle manifestation qui doit encourager les Ivoiriens et les Panafricains à ne jamais perdre espoir. Laurent Gbagbo a fait ce qu'il devait faire ; ce que nous semblons faire pour lui aujourd’hui, c'est pour nous et pour l'avenir que nous le faisons. Nous agissons pour dire à l'Europe et à ses négriers africains que leurs crimes ne seront plus jamais commis dans le silence des Africains.


*N.B : Le correspondant de l’AFP - comme tous les jeunes français d’une vingtaine d’années qui ont du mal à compter - parle de 200 à 300 manifestants, malgré la présence de 8 cars. Il lui aurait suffi de s'adresser aux chauffeurs pour être très proche du bon chiffre. Les Français blancs ne sont pas forcément menteurs ; ils sont souvent ignorants.

Raphaël ADJOBI