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13/03/2013

Hugo Chavez, héros des actualités en Europe

Hugo Chavez, actualités en Erope, Chavez vu d'Europe, Le Venezuela et les Etats-Unis, Chavez et les Etats-Unis La personnalité politique ayant occupé le devant de la scène en France et ailleurs en Europe au début de ce mois de Mars 2013 est incontestablement Hugo Chavez. Pourquoi la mort a-t-elle fait de lui, subitement, l'objet de toutes les attentions des pays occidentaux ? La pluie d'informations sur Chavez et le Venezuela qui tombe sur l'Europe finit par susciter des interrogations.

Tout le monde retient du président vénézuélien sa farouche opposition à la politique des Etats-Unis en Amérique du sud. Cela a suffi pour faire de lui un antidémocrate dans les milieux européens et un dictateur aux yeux de leurs journalistes. Même si Hugo Chavez était un président démocratiquement élu, sa ferme opposition à la politique du géant américains sur ses voisins du sud a obligé tous les méfias français à se demander si Hugo Chavez était un démocrate. Question bien troublante, avouons-le, car elle laisse croire qu'un démocrate ne peut être ennemi d'un pays démocratique.

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Si tous les commentateurs sont d'accord pour assurer que, grâce à sa politique, Hugo Chavez a éradiqué l'analphabétisme et favorisé l'accès à l'enseignement supérieur au plus grand nombre de ses jeunes concitoyens, qu'il a donné confiance aux plus démunis par un programme social et sanitaire sans équivalent dans un pays sous-développé, personne ne lui épargne les critiques sur la gestion de l'argent du pétrole dont son pays est l'un des grands producteurs mondiaux. Heureusement, on ne manque pas de souligner qu'il est aimé, voire adoré par son peuple ; mais on lui reproche d'être trop dirigiste et trop populiste. Toutes ces critiques qui accompagnent ces éloges sont-elles vraiment suffisantes pour faire de l'homme un dictateur, un antidémocrate ?

L'animosité des européens à son égard semble ailleurs que dans le "bilan mitigé" qu'ils dressent du pouvoir d'Hugo Chavez. En France, quand le général de Gaulle jouissait d'une incontestable popularité, n'en avait-t-il pas profité pour s'octroyer les pleins pouvoirs dans bien des domaines, notamment dans la politique étrangère de son pays ? N'était-il pas dirigiste, laissant peu de place à ses amis et à ses opposants ? N'était-il pas alors un dictateur et un antidémocrate ? Certaines personnalités françaises le considéraient d'ailleurs comme tel. Souvenons-nous du "coup d'état permanent" de François Mitterrand qualifiant son régime ; souvenons-nous de Pierre Mendès France le traitant de "monarchie non héréditaire". Aujourd'hui, certaines voix - trop faibles certes, mais qui existent quand même - n'hésitent pas à dire que le pouvoir, en France, - héritage de ce qui a été dessiné par Charles de Gaulle - s'apparente beaucoup à une oligarchie, un pouvoir limité à une élite formée dans les mêmes cercles, fréquentant les mêmes milieux. Victorin Lurel, le ministre français des Outre-Mer de François Hollande, a donc vu juste quand, répondant à toutes ces critiques, il a rapproché le pouvoir de Chavez à celui du général de Gaulle.

A vrai dire, si Hugo Chavez n'est pas assez démocrate pour les démocraties européennes, c'est parce qu'il a réussi à préserver le pétrole de son pays de toute emprise étrangère. Il le gère mal peut-être. Mais est-ce une raison pour le laisser en des mains étrangères ? N'oublions pas que ELF, l'outil françafricain de la France a subi un cuisant échec dans sa tentative de corrompre les vénézuéliens pour s'introduire dans l'exploitation et la gestion de leur pétrole (1). De toute évidence, l'indépendance de ce pays par rapport aux grandes sociétés occidentales ne plaît guère. Forcément, ce souci d'indépendance ne faisait pas d'Hugo Chavez un ami parce qu'il n'était pas leur allié mais celui des Russes et des Chinois et aussi parce qu'on lui prêtait une entente cordiale avec Kadhafi et le syrien Bachar el Assad. C'est bien connu : l'ami de mes adversaires et de mes ennemis est toujours suspect ou carrément un ennemi.

Hugo Chavez quitte la scène politique de son pays et du monde la tête haute et le coeur tranquille. Il a réussi ce que peu de dirigeants des pays sous-développés ont été capables de réaliser : il a redonné à son peuple sa fierté, son identité face au géant américain qui, dans le passé, exerçait son autorité sur le Venezuela. Chavez est un Indien et non un fils de colon espagnol. Il est la victoire des opprimés, des anciens esclaves sur les colons. Cela, il le savait et son peuple le sait. Et cela expliquait clairement son attachement à l'émancipation économique des pays africains. Mais parce que les Européens voient, avec sa mort, l'opportunité de tenter une nouvelle incursion au Venezuela, ils minimisent cette victoire de l'homme pour mieux souligner ses insuffisances.

(1) : Nicolas Lambert qui s'est passionné pour le procès Elf en a fait un spectacle qui tourne avec succès depuis 2003 ("Elf, la pompe Afrique").

Raphaël ADJOBI

Commentaires

Mon cher St-Ralph,

Tu dis: "Toutes ces critiques qui accompagnent ces éloges sont-elles vraiment suffisantes pour faire de l'homme un dictateur, un antidémocrate ?"

Par définition, un dictateur concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Comment pouvait-il concentrer tous les pouvoirs s'il n'a cessé d'organiser (et de gagner) des élections que tout le monde reconnaît comme libres?

Ces gens ne savent plus quoi dire.
C'en est risible.

@+, O.G.

Écrit par : Obambé GAKOSSO | 20/03/2013

Les médias européens ne sont pas crédibles chaque fois qu'il s'agit de sujet étranger ; plus précisément quand il s'agit des pays sous-dévellopés ou émergents. L'animosité de leur propre nation contre le pays étranger suffit pour expliquer leurs propos. C'est efectivement risible.

Écrit par : St-Ralph | 24/03/2013

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