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28/03/2013

La France empoisonne les Antilles au sucre


numérisation0009.jpg Le mercredi 27 mars, les radios françaises annoncent que les boissons rafraîchissantes et les produits laitiers destinés aux départements d'Outre-mer contiennent deux fois plus de sucre. Elles expliquent que c'est, pour les industriels, une manière habile de rendre les Antillais dépendants de leurs produits sans se soucier de l'obésité que cet état de chose provoque chez cette population. Quant à l'industrie agroalimentaire, elle prétend qu'elle s'est tout simplement adaptée au goût des Antillais qui, selon elle, aiment manger et boire très sucré.

Après les plats cuisinés à la viande de cheval à la place de la viande de boeuf, voilà donc l'empoissonnement de consommateurs français au sucre. Dans le premier cas, il s'agissait d'une simple tromperie sur la marchandise, donc un délit, et dans le deuxième cas une atteinte à la santé d'autrui, donc un crime. Et puisque ce crime vise une catégorie de la population, on peut même parler d'acte raciste ; même si dans l'affaire, quelques Blancs ont certainement consommé ces produits. Quelques sacrifiés.

Durant de nombreuses années, en France métropolitaine, les associations n'ont cessé de dénoncer l'ajout d'alcool et de produits spéciaux aux boissons qui ont la préférence des jeunes. Elles savaient que les fabricants rusaient ainsi afin de les rendre progressivement dépendants des boissons hautement alcoolisées quand ils seront adultes. Une campagne a vite été menée pour prévenir les familles ; et l'état a tiré l'oreille aux industriels. Les distributeurs automatiques de sodas et de barres chocolatées ont donc disparu des collèges et de bon nombre de lycées en prévention de l'obésité et de l'addiction à l'alcool.

De toute évidence cette campagne de santé auprès des familles et les lois imposées aux établissements scolaires et à l'industrie agroalimentaire n'ont pas été jugées applicables aux Antilles. Pire, devant l'impunité, les industriels ont choisi le sucre plutôt que l'alcool - trop perceptible - pour poursuivre leur sale besogne là-bas. Et pendant que les Antillais, perfusés au sucre, grossissaient comme des immenses ballons - multipliant les maladies cardiovasculaires et le diabète - de nombreux métropolitains cherchaient l'explication de ce phénomène dans la proximité de leurs moeurs alimentaires avec celles des Américains.

A vrai dire, les causes profondes de cette propension à l'obésité des Antillais - surtout des Antillaises - étaient connues depuis 2011. Des particuliers avaient révélé la teneur excessive de sucre dans le pain et les croissants et avaient jeté un doute sur la formation des boulangers. A quel crime les poussait-on ? Très vite, on s'était rendu compte que les produits alimentaires venus de France avaient une teneur en sucre deux fois supérieure à ceux consommés en métropole. Le député de la Guadeloupe, Victorin Lurel - aujourd'hui ministre - avait alors proposé une loi pour ramener ce taux au même niveau que dans l'hexagone. Mais comme à Paris rien n'est urgent quand il s'agit des Antilles, il a fallu attendre la crise de la viande de cheval à la place de la viande de boeuf pour qu'en mars 2013 les chaînes nationales reconnaissent enfin que les criminels ne sont point les Américains mais bien les industriels français.

Raphaël ADJOBI

Commentaires

Très édifiant! Il n'y a pas de limites au cynisme, malheureusement...

Écrit par : Shlomit | 30/03/2013

L'amour de l'argent peut faire de l'homme un ennemi de l'humanité. Le sucre pour les Antilles et le tabac avec des produits qui entretiennent l'addiction pour l'Afrique. C'est aussi connu. Pauvre monde !

Écrit par : St-Ralph | 01/04/2013

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