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23/04/2013

Elections municipales et régionales 2013 : le FPI sauve sa peau !


Eections ivoiriennes de 2013, le FPI et les élections de 2013, Violences postélectorales, Ouattara est-il un dictateur ? Le FPI évite la mort politique Ce que l’on peut retenir des violences qui ont accompagné les élections municipales et régionales de cette année 2013 - les premières sous la dictature ouattariste – c’est qu’elles blanchissent le FPI des troubles postélectoraux de 2010. Désormais, tout le monde sait qu’en l’absence de ce parti, les meilleurs amis – le RDR et le PDCI – sont capables de se battre comme des chiens enragés parce qu’incapables de respecter les règles d’une élection qu’ils ont organisée à deux pour se partager la gestion du pays.

La décision de ne pas participer à ces deux élections conjointes n’a pas été facile à prendre au sein du FPI. Nombreux étaient ses membres qui regardaient le manque à gagner plutôt que l’idéal démocratique cher à Laurent Gbagbo. Ils ont, un moment, voulu tourner le dos au combat dans lequel est résolument engagée la grande majorité des ivoiriens à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ; à savoir, d’une part, la dénonciation de l’injustice faite aux Ivoiriens emprisonnés, exilés, expropriés, et d’autre part, l’exigence de la création des conditions nécessaires à une véritable réconciliation et à des élections réellement démocratiques.

Le FPI a donc évité un deuxième engagement dans une course électorale n’ayant pas réuni les conditions démocratiques attendues. Il a évité de se salir pour donner bonne conscience au pouvoir en place. Il n’a pas accordé au RDR et au PDCI le sceau de la légitimité nationale qu’ils espéraient depuis deux ans. Effectivement, si tous les partis avaient participé au jeu de ces dernières élections, cela aurait signifié qu’ils étaient tous d’accord avec les règles et les conditions. Or, ni en 2010, ni en 2013, les conditions d’une élection démocratique n’avaient été réunies. Hier, pressés par la communauté internationale voulant satisfaire les intentions inavouées du RDR, le FPI et Laurent Gbagbo avaient fait un faux pas suicidaire. Aujourd’hui, libre de toute pression, la réflexion a évité à ce parti l’engrenage du ridicule. Et cadeau inattendu, il a évité d’être à nouveau impliqué dans des troubles postélectoraux.

Bravo donc au FPI. Maintenant, il faudra gagner le combat de la création des conditions nécessaires à la fois au débat démocratique et aux élections de la même étoffe. Pour ce faire, le parti ne devra pas négliger la campagne de communication à l’intérieure et surtout à l’extérieur du pays. Il faudra tout mettre en œuvre pour que ce qui n’a pas été fait avant 2010 soit fait aujourd’hui. Il s’agira de convaincre, de pousser ceux qui ont donné leur bénédiction au pouvoir actuel à ouvrir les yeux sur les plaies du pays. Si la dictature ouattariste se poursuit, au moins plus personne ici ou ailleurs ne pourra dire « je ne savais pas ». L’urgence, ce n’est pas l’économique ; dans ce domaine les Ivoiriens n'attendent rien de particulier puisque Ouattara ne s’est pas révélé meilleur que Laurent Gbagbo l’historien. L’urgence ce sont le politique et le social. Il faut donc - avec l’aide de ceux qui l’ont installé au pouvoir et qui semblent désormais entrés dans le doute - obliger Ouattara à aller vers la table de la vraie réconciliation et de la vraie démocratie dont sa venue a interrompu la marche.

Raphaël ADJOBI

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