topblog Ivoire blogs

12/06/2013

L'ONU tourne un film à Douékoué contre Laurent Gbagbo

La vie quotidienne en Côte d'Ivoire ne varie pas depuis que ce pays a revêtu les habits d'un département français : d'un côté, le préfet Ouattara vend café, cacao, brade les terres et le sous-sol et fait la chasse à tout ce qui ressemble à un pro-Gbagbo, et de l'autre la France et l'Onu montent la garde et fabriquent des preuves qui innocentent leur protégé aux yeux du reste du monde.

Douékoué, L'ONU à Douékoué, L'onu fait du cinéma à Douékoué, Koua Justin, la fabrication des preuves contre Laurent Gbagbo.



Koua Justin, le leader de la section jeunesse du FPI vient d'être jeté en prison comme son camarade Blé Goudé. Il occupe le 704e rang parmi les prisonniers politiques officiels de la dictature ouattariste. Pendant ce temps, déçu de voir les juges de la Cour pénale internationale qualifier d'insuffisantes les preuves de l'accusation remises au procureur Bensouda pour condamner Laurent Gbagba, l'ONU s'emploie à remuer terre et ciel pour en fabriquer d'autres. Puisque non seulement Ouattara et ses FRCI sont incapables de fournir des preuves convaincantes, l'illustre institution a décidé de réaliser un film en béton. Après avoir enterré puis effacé les traces des habitants de Douékoué tués par les Dozos, Elle revient dans cette ville, deux ans après, faire une reconstitution des événements qui condamnerait définitivement Laurent Gbagbo.

Le scénario est le suivant : un avion de l'armée de Laurent Gbagbo aurait bombardé Douékoué, tué des milliers de personnes, avant d'être abattu par l'armée française ou par des hélicoptères de l'ONUCI. C'est pourquoi, le samedi 8 juin 2013, des soldat des Nations-Unis ont mis le feu à un amas d'épaves d'avion, puis ont demandé à quelques personnes de s'allonger par terre pour jouer les victimes. C'est simple, mais il fallait y penser.

Tout le monde le sait : Ouattara est incompétent en politique et par conséquent incapable de diriger un pays. Mais le voir également incapable de faire travailler ses propres hommes est presque révoltant pour ses parrains français et onusiens. Non seulement il a fallu - après les élections contestées de 2010 - aller lancer des bombes dans l'ouest du pays pour couvrir le massacre des Wê par ses dozos, bombarder le palais présidentiel pour en extraire son ennemi, mais il a fallu encore - en 2012 - protéger le siège du FPI contre ses FRCI dits "incontrôlés", et, récemment, aller sortir le burkinabé Ouérémi des forêts de l'ouest. Comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que maintenant, en juin 2013, La France et l'ONU sont obligées de tourner un film pour maintenir Laurent Gbagbo à La Haye !

Mon Dieu, que tout cela est bien laborieux ! Mais, que ne feraient pas la France et l'ONU pour Alassane Ouattara ! L'homme est si obéissant, si soucieux de faire plaisir aux Européens qu'il serait difficile de trouver son équivalent en Afrique de l'ouest. Un homme rare qu'il faut protéger, maintenir au pouvoir en Côte d'Ivoire, même s'il faut tout faire à sa place.

Quelle chance il a, ce Ouattara ! Lui seul a le droit d'emprisonner, de tuer, de ne pas s'occuper de la politique intérieure de son pays, et d'être reçu et fêté par tous les Européens parce que sa femme blanche se charge de soigner son image auprès de ses semblables Blancs. Il paraît même que certains Européens le trouvent de plus en plus blanc. Bientôt, il sera blond !

Raphaël ADJOBI

Les commentaires sont fermés.