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28/08/2013

En 2007, Guillaume Soro promettait de trahir Laurent Gbagbo

Voici un article publié le 16 mai 2007 qui contient les références attestant la promesse de Guillaume Soro de trahir Laurent Gbagbo. Un article prémonitoire publié sur le blog "Lectures, analyses et réflexions de Raphaël".

Sarkozy, Bolloré et Gbagbo

Sarkozy vient d’être officiellement installé à l’Elysée. Chirac est parti sans avoir triomphé de Laurent Gbagbo. Nombreux sont les Ivoiriens qui attendaient cette petite victoire du dernier sur le premier. Mais la voie est-elle pour autant suffisamment dégagée pour que le président ivoirien et ses compatriotes aient le temps de mener à bien la paix qu’ils ont initiée ?

D’abord, la récente rencontre entre Nicolas Sarkozy et le président gabonais Omar Bongo lors d’un séjour privé à Paris m’avait enlevé l’espoir de voir progressivement la Françafrique perdre un peu de sa superbe avec le départ de Chirac. En effet, j’ai vu dans cette rencontre entre les deux hommes le passage du témoin pour la poursuite du système français d’exploitation de ses anciennes colonies aujourd’hui très décrié sur le continent africain. Ensuite, c’est l’escapade à Malte de Nicolas Sarkozy au lendemain de son élection qui m’a plongé dans une profonde inquiétude qui devient peu à peu une véritable peur du lendemain pour la Côte d’Ivoire. Et pourquoi donc ? me direz-vous.

Tout d’abord parce que si la collusion entre Nicolas Sarkozy et le monde des finances est connue, la découverte de son amitié avec le milliardaire Bolloré me renvoie à la Côte d’Ivoire et la crise qui la secoue depuis cinq ans. En effet Bolloré est le milliardaire français dont le tiers de la fortune est réalisé en Côte d’Ivoire (in la revue Challenges n° 237 du 16 décembre 2004 au 5 janvier 2005, p. 29). Inutile de rappeler que désormais tout le monde, en Europe et en Afrique, est d’avis que la revendication essentielle des loyalistes ivoiriens est l’indépendance économique de leur pays. Une question se pose donc. Comment Sarkozy s’y prendra-t-il pour ne pas décevoir son ami ? Tout porte à croire, qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir de Président des Français pour défendre les intérêts de ses compatriotes en aidant la venue au pouvoir en Côte d’Ivoire des hommes qui leur sont favorables.

D’autre part, n’oublions pas que Sarkozy est le parrain de mariage de Alassane Ouattara et qu’il ne cache pas son amitié pour ce dernier. C’était bien pour Ouattara - par l’intermédiaire de Soro Guillaume - que Chirac a voulu dépouiller Gbagbo de ses fonctions essentielles en vue de le faire chuter. Et aujourd’hui Soro se croit bien placé pour mener ce dessein à bien. Il le confiait au journal Le Monde dans son édition du 19 mars 2007 en des termes très explicites en parlant de Laurent Gbagbo au moment même où celui-ci venait de lui proposer le poste de Premier Ministre : Je vais « le feinter, le dribbler ».

Les éléments d’un scénario explosif semblent donc réunis. Le sentiment national sera-t-il assez fort chez Soro pour qu’il poursuive l’entreprise de paix commencée avec Laurent Gbagbo ou cédera-t-il à l’appel de ses amis qui ont fait sa fortune et lui ont permis de vivre jusque là comme un prince alors qu’il n’avait jamais exercé de fonction rémunérée ? En tout cas, des nuages bien sombres s’amassent sur la Côte d’Ivoire.

Raphaël ADJOBI

Première publication : 4978412.html

24/08/2013

Nicole Guihaumé : comment j'ai été prise pour cible d'un harcèlement visant à casser Bill Gates

Vous ne comprendrez pas tout. Le récit touche une sphère que nous ne maîtrisons pas tous. J'espère qu'un jour Nicole Guihaumé me donnera l'occasion de creuser davantage pour vous le problème qu'elle soumet à notre attention.

Dès lors, n'importe qui me lit superficiellement peut être saisi d'effroi, là où tout virtuel qu'est le lien que je décris [1][2][3], il est totalement spécifique, et résulte d'années d'épreuves terribles.

Seulement le résumer demande une attention soutenue pour ne rien manquer qui permette une bonne lisibilité. La chronologie est peut-être la meilleure solution, en commençant par la fin, ma situation actuelle : je multiplie actes et démarches pour voir juridiquement exposé et condamné un harcèlement qui me concerne en même temps qu'il concerne Bill Gates et qui a commencé à la suite d'un appel téléphonique le 28 octobre 1997.

Ce jour-là, Michel Lacombe, que j'ai connu en 1989 Directeur Général de Microsoft où j'étais à la hot-line word, me rappelait suite à un message laissé la veille à son assistante. Il était alors CEO de Microsoft EMEA (Europe, Middle East, Afrique). J'étais, moi, épuisée par des années de maladie non encore diagnostiquée. J'ai su six mois plus tard que j'avais une tuberculose de la lymphe. Lorsque lui m'a rappelée, je pensais mon épuisement dû à une dépression réactionnelle, comme me le disaient les médecins consultés.

Je l'avais appelé dans un moment d'inquiétude, sans calcul, plutôt portée par la mémoire d'une qualité d'échange rare que j'avais avec lui. Je n'avais plus de droits ni d'argent, il me fallait retravailler, au minimum jusqu'à réouverture de droits. Mon appel était décalé, passé dans un moment d'inquiétude, sans mesurer l'importance de sa situation sociale, de celle où peu nombreux sont les appels qui ne font pas l'objet d'écoutes enregistrées, sans véritablement espérer sans doute qu'il me rappelle.

A la suite de son rappel, dont j'ai mis des années à réaliser qu'il était advenu à la date anniversaire de Bill Gates et avait été enregistré, ma vie a basculé dans ce qui ressemble plus à un cauchemar qu'à tout autre chose. Il se produisait sur mon ordinateur mil facéties qui me faisaient rire, mais aussi mil plantages qui m'exaspéraient. Et peu à peu, dans tous les secteurs de ma vie se sont produites des anomalies impossibles à énumérer, mais qui nécessitaient un pouvoir énorme. La même alternance existait entre anomalies plutôt agréables comme un double remboursement imprévu, et anomalies violentes comme une lettre d'huissier injustifiée.

Je rappelais Michel Lacombe en vain. Je ne voyais pas qui d'autre pouvait être à l'origine de ce qui m'arrivait, et ne comprenais rien. S'il avait quelque chose à me dire, j'étais ouverte à l'entendre directement. Ce que je vivais m'usait les nerfs.

Il ne m'a jamais rappelée, est décédé le 21 janvier 2003, ce que j'ai su parce que le mode que j'avais appris à identifier sur mon ordinateur a changé. J'ai alors appelé une nouvelle fois, après des années de silence et ai appris son décès. Mais si le mode avait changé, les faits continuaient. Je m'enfonçais dans une incompréhension qui me minait. L'alternance était si violente que je me croyais la proie d'un bipolaire et ne trouvais aucun moyen de me soustraire à ses agressions, d'autant que dans les instants où s'exprimait une chaleur humaine, je la percevais très réelle. Jusqu'à comprendre, dix ans plus tard, en 2008 que l'alternance était due au fait que les anomalies avaient deux sources, l'une totalement nocive quand la seconde mettait tout en œuvre pour m'en protéger, me donner les moyens de comprendre.

J'ai ouvert un blog fin 2008. J'avais besoin de vérifier la validité des hypothèses que je formulais, de les tester, ce que je faisais par le biais des billets que je publiais, en observant les réactions. L'affrontement se précisait, avec un nombre de plantages invraisemblable. J'observais le moment de leur survenue, notais sur des cahiers au papier. Puis j'ai appris à me défendre par le blog, à rendre publiques par des billets les agressions que je subissais. Ce fut très efficace au niveau de ma connexion internet : depuis, je n'ai plus de coupure. Mon fournisseur d'accès a commencé par me répondre par le contact de mon blog, manifestant m'avoir lue, et aujourd'hui, j'ai le service que je paie sans plus de problème.

Ce fut aussi très efficace pour vérifier qui était derrière ce que je vivais. A partir de 2010, j'ai écrit à Bill Gates directement, en précisant que je posterai mon courriel sur mon blog, et l'enlèverai à sa seule demande. Le contexte était précis. J'étais à nouveau plantée, ordinateur complètement bloqué, et la hot line se moquait une nouvelle fois de moi. Exaspérée, je suis descendue au cyber café et j'ai adressé à Steve Ballmer un courriel d'accusation de mise en danger de la vie des personnes et des états, dénonçant la place qu'il avait prise chez Microsoft et sa détermination à imposer des systèmes d'exploitation poreux sans lesquels je n'aurais pu être exposée à ces intrusions. J'ai ensuite transféré ce mail à la CPI où j'ai une requête enregistrée depuis janvier 2009, puis à Bill Gates. Ces courriels n'ont fait l'objet d'aucune plainte et sont toujours sur mon blog.

Depuis 2010, j'ai multiplié les procédures juridiques en vain. Pas une n'a abouti à ce jour, et je suis allée jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l'Homme, me défendant seule, certes, mais avec un nombre conséquent de preuves accumulées.

Parmi celles-ci, les copies d'écran de mes nombreux passages en google news quand j'ai ouvert un blog nouvel obs en 2011 -ils avaient alors la possibilité de paraître en actualité- puis mediapart, en juillet 2013.

Le 18 février 2013, n'ayant plus le moindre doute, j'ai adressé un courriel joint à la CPI et à Bill Gates par lequel je demandais qu'il m'assiste dans le cadre de la requête déposée, et expliquant les raisons pour lesquelles je le pensais concerné.

Depuis, je constate une chose : il fait l'objet de papiers péjoratifs dans trois domaines différents, ce qui a commencé précisément le 6 juin avec l'affaire Prism. S'en est suivi une salve avec la reprise d'un hoax qui circule depuis 2010 selon lequel Monsanto dans lequel sa Fondation a des parts aurait racheté Blackwater. Et depuis le 7 juillet un billet de Henri Makow citant un témoignage selon lequel il aurait été porn addict dans les années 1990 circule.

C'est trop pour ne pas révéler une stratégie de défense. C'est qu'après mil vérifications et observations -telles que le fait que le livre de John Reeves « the financial rulers of the world » a été scanné pour Microsoft en 2007- j'en suis arrivé à la question centrale au delà de « à qui ça profite ? » : « qui en avait le pouvoir ? », et la seule réponse valide indique la famille Rothschild, ce que j'ai signalé dans mon courriel du 18 février à la CPI.

Reste la question de savoir pourquoi ça m'est arrivé à moi. Le 12 juin 1990, alors que je n'étais plus chez Microsoft, mais chez son plus gros client, je suis allée à une présentation de produits où était Bill Gates. J'étais dans un moment de vie particulier où le désir de me mettre en valeur se faisait plus fort, et le nombre de compliments reçus ce soir là m'avait un peu déstabilisée quand, alors que je parlais avec un collègue, en pleine conversation, il a tourné la tête et m'a plantée là, manifestant une profonde gêne. Je me suis éclipsée. Le lendemain, j'apprenais que la gêne de mon collègue avait été provoquée par Bill Gates et Michel Lacombe qui se dirigeaient vers nous.

Il semble bien que cet intérêt manifesté ne soit pas passé inaperçu puisque étaient présents tous les dirigeants de Sociétés informatiques et que Bill Gates était l'objet de tous les regards.

On a donc choisi d'attaquer sur un plan très personnel cet homme qu'on était déterminé à voir céder sa place, profitant de la situation de retrait social dans laquelle la longue maladie m'avait plongée. Tout fut utilisé, dès lors que j'avais demandé un travail à faire chez moi, ma fatigue me rendant les déplacements quotidiens difficiles. Je ne pouvais sortir ? Qu'à cela ne tienne, on allait mettre à sa disposition tous les moyens de contact extérieurs.

J'imagine qu'on a dû lui faire quelque proposition sournoise qu'il a validée pour me témoigner à distance un soutien, et l'engrenage a été lancé. Les informations obtenues sur moi et mon histoire, allaient être restituées par des biais volontiers publics qu'il soit bien clair qu'une certaine coterie ne bouderait pas le plaisir de se moquer de cet homme dérangeant. J'ai revu ainsi par bribes pendant des années, tantôt par des pubs, tantôt par des films (oui, oui, jusque là) des éclats de vie choisis pour leur spécificité rare. Inutile de dire que j'étais déstabilisée, que le but visé a été atteint, que j'ai multiplié les tentatives de suicide. Il se trouve que j'ai échoué. Sans quoi, il était totalement discrédité, ayant à l'origine donné son accord.

Je suis donc bien vivante, et très dérangeante. Il y aurait bien un biais qui consisterait à me donner une image exécrable de cet homme qui a des engagements à l'opposé de ce que je valorise, moi qui me soigne en homéopathie et autres approches naturelles, privilégie le bio. Faute à pas de chance, les années d'épreuve m'ont aguerrie, et j'ai appris à lire cette histoire dans ses pleins et dans ses creux, au point de penser très clairement aujourd'hui que Bill Gates n'est pas libre de ses choix, mais qu'on le fait chanter comme tant d'hommes de pouvoir qui n'accèdent à leur position que parce qu'on les tient par quelque fragilité.

Quand j'ai vu le papier d'Henri Makow, je me suis dit qu'on n'avait rien dû lui épargner, qu'il devait faire partie de ces hommes auxquels on envoie une charmante dévergondée connaisseuse en potions aphrodisiaques et maîtresse es kama sutra, n'omettant jamais de déclencher l'enregistrement de ses prouesses. La méthode est basse, éculée.

Reste que le lien est là, entre cet homme et moi que tout sépare. Il est dans le même temps le plus loin et le plus proche de moi, et la situation imprévue à laquelle se trouvent confrontés ses détracteurs est une solidarité totalement désintéressée. Je vis une totale identification aux pièges qui lui sont tendus, et une empathie profonde pour l'homme qu'il est, quand bien même je ne le connais pas.

Ce lien est totalement virtuel. J'ai posté de multiples billets dans lequel je l'ai décrit. M'en sont revenus différents commentaires dont certains moqueurs. Mais non, je n'attends rien d'autre que la mise à plat de cette histoire. Que la justice passe et mette un terme à ces pratiques immorales.

Nicole Guihaumé

Voir :
Charge diffamatoire contre Bill Gates
Sexe et pouvoir : "Bill Clinton his life", ou combien Monica Lewinsky était dérisoire par rapport au reste...
Galipettes sur la toile
Rappel sur les deux enregistrements d'appels téléphoniques qui prouvent le harcèlement signalé
Tous sur Bill Gates !
Dossier PRISM : Se défendre face à un harcèlement, donc face au harceleur, et à ses complices
Le web, cette « place publique »

20/08/2013

Quand la police française s'amuse avec sa population noire

http://news.fr.msn.com/m6-actualite/france/video-choc-tours-police

Une interpellation d'un groupe de Noirs à Tours mérite quelques remarques. Soyez très attentifs au nombre de claquements de portières des voitures de police. On se croirait dans l'un des clips des "Inconnus" qui remonte à vingt ans ou plus.

Remarquez aussi la gêne des policiers, obligés de boire de l'eau après avoir eux-mêmes fait usage d'un certain type de gaz. Ce qui veut dire que les personnes gazées en ont encore plus besoin qu'eux qui ont utilisé ce gaz. Si eux sont intoxiqués par les produits qu'ils utilisent, combien encore sont plus intoxiqués les personnes qui en sont les victimes !

Troisième remarque : le nombre de véhicules et de personnes nécessaires pour maîtriser le nombre de personnes interpellées ! Cela fait réfléchir quant à l'usage de l'argent public, de l'argent du contribuable.

Quand des personnes armées sont habilitées à user de la violence - comme on le voit sur les images - pour calmer un ou deux individus non armés, combien en faut-il de non-armées pour calmer une trentaine d'élèves dans une classe d'un établissement scolaire français, américain, où tout est permis par les parents ?
Voir la vidéo avec ce lien :
http://news.fr.msn.com/m6-actualite/france/video-choc-tours-police

17/08/2013

Bernard Houdin salue Jacques Vergès en regardant la France droit dans les yeux


Salut de Bernard Houdin à Jacques Vergès, Les vérités de Bernarsd Houdin à la FranceComme tout le monde, j'ai souvent entendu parler de Jacques Vergès. Sa silhouette ne m'est pas inconnue ; ses prises de position pour la vérité non plus. Mais j'avoue ne l'avoir jamais lu, ne l'avoir jamais longuement écouté parler de lui ou plaider les causes d'avance perdues. Cependant, je l'estimais, je l'admirais. Il me fascinait. Depuis qu'il nous a quittés, je cherchais les mots pour l'honorer à ma manière. Puis, je me suis dit "inutile de te forcer ; laisse faire ceux qui le connaissent mieux que toi". Et voilà que je tombe sur le texte de Bernard Houdin, le Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo. Je le propose à ceux qui ne l'ont pas encore lu. Outre le brillant hommage rendu à l'homme, vous trouverez dans ce texte des franches vérités lancées à la face de la France. Des vérités qui devraient aussi faire réfléchir les Ivoiriens... les Africains ! A lire et à relire !

SALUT JACQUES !

Jeudi 15 août 2013, 23 heures, je reçois un SMS de la journaliste Leslie Varenne, que j’avais rencontré la première fois chez lui alors qu’elle préparait son livre « Abobo-la-Guerre » : « Vergès est parti »…

Non, Vergès n’est pas parti. Le « Diable Noir » entre au Panthéon des hommes et des femmes qui, par leurs actes et leurs combats, nous empêchent de douter définitivement de l’Humanité.
Depuis ce matin je lis, j’écoute, je regarde le « microcosme », cette « Cour des Miracles » des Temps Modernes et tout ce que je lis, j’écoute et regarde, dans l’immense majorité des cas, me conforte pour l’Eternité : Jacques Vergès est un Grand Homme et aucun de ses « censeurs » ne mérite de rivaliser avec lui.

J’ai connu Jacques Vergès au début de ce que le magma « bien-pensant » a appelé la « crise postélectorale » ivoirienne, présentée, dans la Doxa « officielle » ( ?!) comme l’affrontement entre le Bien (le démocrate « élu », Alassane Ouattara) et le Mal (le dictateur « déchu », accroché au pouvoir, Laurent Gbagbo).

Dès les premières heures de cette « crise », Jacques Vergès a « senti » la réalité du dossier, en fait un nouveau mauvais coup porté au Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en violation des principes fondateurs de la Charte des Nations-Unies, et au nom, comble de la perversité, de ces mêmes Nations-Unies, sous le couvert de la fameuse « Communauté Internationale » à propos de laquelle l’éditorialiste Jean Claude Guillebaud se demandait récemment si elle existait réellement et si quelqu’un l’avait une fois rencontrée…

Rien, dans nos parcours personnels, n’aurait dû nous faire nous rencontrer jusqu’à cet évènement africain où, en ma qualité de Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo, j’ai été précipité dans ce moment d’Histoire. Notre première rencontre, en présence de son ami, au sens le plus noble du terme, Roland Dumas, que je salue et dont l’émotion doit être intense en ces circonstances douloureuses, fut pour moi un choc « tellurique ». Au-delà des portraits haineux, des diatribes des petits esprits qui ne respirent que l’ « air du temps », Jacques Vergès, né quelque part dans le Monde, à la croisée des civilisations, restera le symbole de la lutte pour la Vérité.

La Vérité ne se divise pas et il a toujours voulu montrer que, dès que l’on entrait dans la dialectique « du vainqueur et du vaincu », le sens commun et le libre-arbitre étaient broyés au bénéfice des uns et au détriment des autres.

Ainsi, en Côte d’Ivoire, il a vite compris le fond de l’affaire, remugle des pires heures de la « Françafrique », et dont la Vérité commence à émerger, « tchoco-tchoco »*, comme l’on dit au pays. Et la fin, non pas de l’Histoire, mais de l’épisode actuel qui est un soubresaut dans la fondation de la Nation Ivoirienne, pourra se résumer ainsi : « le vrai dictateur des deux n’est pas celui qu’on croit » !
* « sûrement, sûrement »

Entre le combattant infatigable et jamais découragé de la démocratie, défenseur du multipartisme, clé de voute de la liberté d’expression et du respect du Droit, Laurent Gbagbo, et un homme aux convictions vacillantes et mû par le seul appât du pouvoir, qui a un jour déclaré : « je prendrai ce pays ou je le mélangerai… » Jacques Vergès a vite compris dans quel traquenard la Côte d’Ivoire allait être entrainée. (Et que l’on ne me parle pas de ses « honoraires »…l’indécence des milliards déversés par Ouattara sur ses « défenseurs » devrait rappeler à certains que toutes les vilenies ont leurs limites).

Aujourd’hui la crise ivoirienne passe au révélateur de l’Histoire et la Vérité, chère à Jacques Vergès, commence à se faire jour telle qu’il l’avait pressentie lui qui, dès 2005, était venu en Côte d’Ivoire pour enquêter sur le terrain après des massacres perpétrés, déjà, dans l’Ouest du pays par les bandes armées que, hélas, les dirigeants français de l’époque, mettront au pouvoir, en avril 2011, dans un assourdissant concert de bombes et de contre-vérités.

Le Monde ne se résume pas à l’horizon fini et cupide d’une poignée de nantis qui pensent le « diriger », mais le « bien commun » de milliards d’hommes et de femmes qui n’accepteront plus longtemps la dialectique « du cavalier et de sa monture », alpha et oméga de ces nantis. Pour eux Jacques Vergès est tout à la fois héros et héraut : les héros ne meurent jamais et leur voix porte pour toujours. Aujourd’hui, des rizières de l’Orient aux brousses africaines en passant par les jungles sud-américaines, une foule immense se souvient et sait, désormais, que cette dialectique asservissante voit ses jours comptés.

Jacques Vergès l’avait très bien compris et sa « défense » de l’ « indéfendable », Klaus Barbie, en est l’illustration la plus parfaite. Il a simplement rappelé à tous que l’on ne peut juger définitivement les pires criminels que si l’on est soit même exempt de tout reproche. Il faut se rappeler qu’avant de « défendre » Barbie, Jacques Vergès avait acquis, dans cette problématique contre les dirigeants Nazis, une légitimité insoupçonnable : il avait lui-même pris les armes, à 17 ans, contre ces nazis, quittant une adolescence paisible au cœur de l’Océan Indien, pour une mère-patrie en feu, prêt à donner sa vie pour que vive la Justice et la Liberté. En cette heure tragique, quelques planqués des buvettes et des gazettes devraient avoir l’humilité de s’en souvenir.

A mon premier retour de Côte d’Ivoire, au milieu des années soixante, je fus élève au Lycée Carnot, à Paris. Chaque jour je pouvais voir la plaque dédiée à Guy Moquet sous l’immense verrière de la cour intérieure. En France on perpétue la mémoire de ce garçon, tombé sous les balles nazies à l’âge où Jacques Vergès s’engageait dans le même combat. Mais a-t-on le même souci pour tous les « Guy Moquet » des luttes pour la souveraineté des peuples et qui sont, parfois, tombés sous les coups de ceux qui honorent, chez eux, « leurs Guy Moquet »? Combien de Guy Moquet palestiniens, ivoiriens, congolais, vietnamiens, boliviens et autres ? Même Nicolas Sarkozy, dont la décence est inversement proportionnelle à la « volonté de pouvoir » a eu l’audace d’appeler le souvenir de Guy Moquet au secours de sa politique de domination, à l’opposé des vraies valeurs qui fondent l’humanisme et la cohésion sociale. Dans une tribune au souffle épique, Sarkozy sous BHL, Jacques Vergès l’avait pourfendu, lui rappelant que n’est pas Napoléon qui veut !

Au cours des nombreux entretiens, dans son bureau envahi par les effluves de ses havanes, où, au-delà du dossier ivoirien, nous échangions ou, plutôt, je revivais l’Histoire à l’aune de son immense savoir, j’ai appris à connaître un personnage exceptionnel, au Destin unique. Il me revient aujourd’hui, une anecdote qui m’avait beaucoup marqué, à l’époque, et qu’il a, depuis, révélée dans ses Mémoires (De mon propre aveu-Souvenirs et rêveries) : après l’indépendance algérienne, installé en Algérie, un officier algérien lui donne la mission d’aller « récupérer » une personne à la frontière marocaine. L’officier s’appelle Aziz Bouteflika, la personne est Nelson Mandela….

Ces dernières années, marque de sa formidable vitalité il s’était produit au théâtre où sa performance physique et intellectuelle ont impressionné tous ceux et celles qui l’on vu sur scène. Jacques Vergès aura été acteur de sa vie et témoin du Monde. Les hommes passent, les idées ne meurent jamais.

Salut Jacques et où que tu sois, Bonne Arrivée !

Le 16 août 2013

Salut de Bernard Houdin à Jacques Vergès, Les vérités de Bernarsd Houdin à la FranceBernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

13/08/2013

Déclaration de l'AIRD relative à la liberté provisoire accordée à des prisonniers politiques en Côte d'Ivoire

À la suite de certains journaux ivoiriens et de certains blogueurs, je viens à mon tour proposer la lecture de la déclaration de l'AIRD relative à l'événement mentionné ci-dessus à mes visiteurs. J'invite ceux qui n'ont pas encore lu ce document à y prêter la plus grande attention. Pour ma part, je l'ai trouvé plein de bon sens ; les termes justes et clairs en font une véritable feuille de route pour sortir de l'impasse dans laquelle nous a plongés Ouattara avec sa politique de justice des vainqueurs et de rattrapage ethnique. Bonne lecture !

AIRD, l'association du ministre Eric Kahé, libération de 14 prisonniers politiques en Côte d'IvoireLe lundi 5 Août 2013, la justice ivoirienne a accordé la liberté provisoire à 13 personnalités ivoiriennes proches du président Laurent Gbagbo, portant ainsi à près de 46 le nombre de compatriotes bénéficiant de cette décision depuis le 11 avril 2011, si l’on tient compte des 25 cas de novembre 2011 et des 8 cas du 20 décembre 2012.
Malgré le caractère injuste de ces longues détentions dans des conditions difficiles, pour des personnalités majoritairement sexagénaires, nous nous en réjouissons non seulement pour ceux qui recouvrent leur liberté mais pour leur famille et la nation en raison des chances de cohésion et de normalisation à elle ainsi offertes.
L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) :
• prend acte de cette décision de libération conditionnelle présentée comme essentiellement judiciaire, à la demande de la chambre d’accusation;
• se réjouit de ce que les magistrats en viennent enfin à privilégier la présomption d’innocence qui veut, dans ce cas, que l’emprisonnement soit l’exception ;
• félicite les camarades qui bénéficient de cette libération pour l’exceptionnel courage dont ils ont fait preuve en gardant les liens constants avec la dignité et leurs convictions dans leur aspiration à une Côte d'Ivoire démocratique, républicaine et débarrassée de toute politique de haine ;
• remercie les Ivoiriens de tous bords politiques pour leurs efforts en faveur de la décrispation, condition incontournable pour le développement de la Côte d'Ivoire.
Rappelant qu’en plus du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, des centaines d’autres compatriotes croupissent encore en prison pour des fautes que la plupart n’ont jamais commises, la direction et les militants de l’AIRD leur assurent de leur solidarité fraternelle et militante, notamment à l’ex-première dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo, au camarade Charles Blé Goudé, ainsi qu’à tous les membres des ex-FDS qui ont cru, de bonne foi, répondre à l’appel du devoir républicain à travers le respect de la Constitution et aux nombreux prisonniers politiques anonymes de cette crise sans précédent en Côte d’Ivoire.
À l’aube du 53ème anniversaire de la proclamation de notre indépendance et plus de deux ans après les horribles évènements de la crise dite postélectorale qui a parachevé en réalité une décennie de douleurs et de drames, l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) exprime sa compassion à toutes les victimes de ces turbulences tragiques et à leurs parents.
L’AIRD invite la Communauté internationale à un devoir de «rattrapage moral» envers la Côte d'Ivoire, en raison de sa part de responsabilités dans la situation de ce pays. Elle doit continuer à rester vigilante sur les questions élémentaires, préalables à la normalisation de la vie politique dans tout pays, questions que l’opposition est pourtant obligée de continuer à négocier avec les autorités ivoiriennes, notamment :
le retour sécurisé de tous les exilés qui passe par la levée des mandats d’arrêt visant des personnalités politiques pour délit d’opinions ou de convictions, dans le seul but de les faire taire ;
les questions sécuritaires, pourtant banales et régaliennes, comme le désarmement des FRCI et l’encasernement des militaires; la démobilisation des Dozos; la réhabilitation des policiers et gendarmes dans leurs missions ; la libération des domiciles et des biens confisqués ainsi que du dédommagement des victimes; la protection des personnes et des biens ; l’arrêt des persécutions, des arrestations arbitraires, des enlèvements et des tueries, et la protection des personnalités de l’opposition ; l’arrêt des expropriations foncières dans les zones forestières;
l’adoption d’une loi de réconciliation nationale déclinée en trois volets:
a) une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous,
b) la reconstruction,
c) la réparation des préjudices.
le retour à un jeu démocratique républicain, aux droits des syndicats et partis politiques de se réunir et d’exercer librement toutes leurs activités sur l’ensemble du territoire national avec un accès équitable de tous aux medias d’État;
le respect, par le Gouvernement ivoirien, des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et de la feuille de route de l’Union Africaine ;
la définition d’un statut de l’Opposition ainsi qu’une nouvelle loi sur le financement des partis politiques et des candidats à l’élection présidentielle ;
le respect de l’état de droit et du fonctionnement des institutions en vue de la bonne gouvernance afin de lutter ensemble contre la corruption qui gangrène plus que jamais le pays ;
le respect des dispositions pertinentes de la Constitution avec un accent particulier sur l’interdiction de contraindre un Ivoirien à l’exil ;
A l’heure où, la justice, traditionnellement rendue au nom du peuple, commence - quoiqu’encore timidement - à assurer sa partition en direction du droit et de la réconciliation, il ne reste au politique qu’à s’engager dans la voie de la normalisation.
Pour que la Côte d'Ivoire se revêtisse des habits de la démocratie au regard du minimum de normes universellement admises. Juste ce minimum.
Fait le 06 Août 2013.
Le comité de Direction (CODIR)