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09/10/2013

Konan Bédié, le PDCI et le dernier clou du cercueil de la République

H. Konan Bédié 0001.jpg Quand on ignore la honte, on devient criminel. Houphouët-Boigny est resté au pouvoir jusqu'à sa mort et n'a donc pu avec sérénité regarder le chemin qu'il a parcouru avec la Côte d'Ivoire. Comme un mauvais artiste, il est demeuré le nez collé à sa toile plutôt que de prendre de la distance pour apprécier l'oeuvre accomplie. Incapable de tirer profit de cette expérience qui a été fatale au pays, comme le cycliste fou pédalant les yeux fermés ne sachant où il va et où il en est, Henry Konan Bédié veut à son tour mourir à la tête du PDCI-RDA.

Le vieil homme dont la respiration devient désormais un râle à chacun de ses pas s'imagine-t-il encore que les militants de son parti ont besoin de lui ? Existerait-il encore en Côte d'Ivoire des Ivoiriens susceptibles de lui offrir l'occasion de prendre sa revanche aux prochaines élections présidentielles ? J'espère que personne n'y pense ! Même pas des Baoulés ! On peut tout au plus imaginer que, sans cesse flatté par Ouattara qui assure le gîte et le couvert aux différents membres de sa famille, Bédié a la ferme intention de travailler à le maintenir dans ses fonctions actuelles. Mais ne me dites pas que cet homme qui a son avenir derrière lui porte un semblant de projet pour l'avenir de la Côte d'Ivoire. Non, ne nous conduisez pas à un deuxième naufrage après celui que nous avons connu avec "le père de la nation" !

En se maintenant à la tête du pays jusqu'à sa mort, Houphouët-Boigny avait empêché la Côte d'Ivoire de renouveler ses forces et élaborer de nouvelles perspectives. Vieil homme presque sénile, il avait été incapable de distinguer un loup d'un chien de berger et a laissé l'animal carnassier entrer dans la bergerie, l'a nourri, puis l'a élevé au rang de plus beau gardien de son enclos. Bien sûr, la mort l'a empêché de voir la suite, de voir le carnage perpétré par son bel animal avec lequel il a condamné les Ivoiriens à vivre. Comme disent les Espagnols, quand on élève des corbeaux, ils finissent par vous crever un oeil. Mais cette fois, l'oeil était bien les pauvres Ivoiriens.

Bon sang, chers militants du PDCI, vous n'allez pas nous refaire le numéro du guide éternel ! N'est-il pas clair qu'en refusant de céder la direction du parti à des hommes plus jeunes que lui, en voulant absolument suivre la voie de l'étroite collaboration avec le RDR, Henri Konan Bédié continue à entretenir l'appétit du loup ? Il ne voit pas l'intérêt de s'allier avec les chiens de la maison pour donner la chasse à l'imposteur. Selon lui, l'animal des bois a pris quelques habitudes du logis et mérite que l'on s'en accommode vu que lui est capable d'en tirer un bon profit. Pourquoi donc les autres n'en feraient-ils pas autant ? Et outre l'intérêt, Konan Bédié a deux raisons supplémentaires de rester attaché à Alassane Ouattara : celle de se venger des Ivoiriens pour n'être pas descendus dans les rues pour le rappeler au pouvoir quand Robert Guéï l'a renversé, et celle d'avoir vu Laurent Gbagbo triompher dans les urnes. En d'autres termes, Konan Bédié a une dent contre les Ivoiriens et contre Laurent Gbagbo.

Rancunier comme un vieux bouc qui ne pense plus - en a-t-il encore la force cérébrale ? - et qui sait qu'il n'a plus d'avenir, il s'accroche à ses éternelles récriminations contre les Ivoiriens, contre Laurent Gbagbo qui forma le Front républicain avec le RDR pour boycotter les élections de 1995 qu'il avait organisées pour garder le pouvoir. Parce que Laurent Gbagbo s'est allié avec le RDR pour s'opposer à son régime, il a juré de perpétuer son alliance avec Ouattara pour se venger du fondateur du FPI et pour faire souffrir la Côte d'Ivoire entière. Dans sa vengeance, vendre son âme au diable est devenu une véritable jouissance qu'il ne voudrait pas voir se terminer tant que le ciel lui accordera des jours. Quel plaisir de voir les Ivoiriens souffrir ! Quel plaisir de voir les Ivoiriens contraints de vivre sous le joug de "l'étranger" dont il avait publiquement et vainement dénoncé l'imposture ! Ô quel plaisir de s'allier à l'ennemi d'hier, que dis-je, au diable, contre ses propres frères pour déverser les feux de l'enfer sur la Côte d'Ivoire ! Quelle plénitude ! Et voir tous ces idiots marcher gaiement dans sa stratégie vengeresse lui procure chaque nuit, sous son pagne kita, des fous rires qui ne cessent qu'au petit matin. Ah, qu'est-ce que ça fait du bien de voir à feu et à sang le pays qui n'a pas voulu de vous comme président ! Ô Néron, tu croyais n'avoir point d'égal ? Tu incendiais une ville. Moi, Henri Konan Bédié, c'est un pays que je livre aux armes des dozos et aux Burkinabés pour toujours !

Ne délirons pas ! Sachons raison garder et disons tout simplement que de tout ce qui précède, une chose est à retenir : si Houphouët-Boigny a péché par naïveté - et par sénilité aussi - Henri Konan Bédié pèche par pure sottise, par pur délire de vengeance ! Sa volonté de garder la direction du PDCI relève d'un calcul intéressé qui n'a rien à voir avec le bonheur du pays et du peuple ivoirien.

Devant l'égoïsme de Bédié, le sursaut populaire des militants du PDCI s'impose. Il leur appartient de s'éloigner massivement de ses ambitions personnelles et donner ainsi une chance au pays de vivre l'alternance démocratique au sein des mouvements politiques et espérer voir la même pratique s'établir au sommet de l'Etat. C'est au sein des mouvements politiques que s'apprend la démocratie. Quand on corrompt l'appareil d'un parti politique pour pouvoir en garder la direction, tout laisse croire que l'on est capable de faire la même chose avec le pays. Il vous appartient, militants du PDCI, d'arracher des mains de cet homme le marteau et le dernier clou qu'il s'apprête, aux prochaines élections, à planter dans le cercueil de la République au moment où la Résistance entamera la résurrection de l'âme de la Côte d'Ivoire. Retenez donc son bras ! Sachez bien que, demain, donner vos voix à Bédié, c'est enterrer la Côte d'Ivoire ou la livrer à jamais à l'oeuvre satanique de celui qui a juré de rendre ce pays ingouvernable par un Ivoirien.

Raphaël ADJOBI

Commentaires

"Konan Bédié, le PDCI et le dernier clou du cercueil de la République" Cela devrait tout résumer mais je ne me priverai pas et du plaisir et de mon désarroi d'ajouter mon son de cloche.

HKB est, à mon humble avis, ce qui se fait de pire dans le milieu politique ivoirien. Mais au-delà de lui, de sa personne, c'est le militant ou plutôt les militants de ce vieux parti qu'est le PDCI-RDA que je ne comprends guère et que j'aimerais interpeller: que leur arrive-t-il? Pourquoi maintiennent-ils ce vestige moyenâgeux aux manettes de leur parti?

Je ne comprends pas.

@+, O.G.

Écrit par : Obambe GAKOSSO | 21/10/2013

Difficile de comprendre les militants du PDCI, mon cher Obambé. Difficile. L'argent que Bédié agite devant leurs yeux les rend fous à tel point qu'ils ne sont plus capables d'autre réaction ? Si Konan Bédié fait pitié et triste à voir, ses suiveurs le sont aussi. Et moi non plus je ne les comprends pas, mon cher Obambé.

Écrit par : St-Ralph | 21/10/2013

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