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26/12/2013

Appel à la rébellion des catholiques contre leurs autorités religieuses !


Où sont-elles les autorités religieuses catholiques ? Ont-elles vu les larmes du peuple ivoirien ? Entendent-elles les cris de souffrance qui montent des villes et des villages ? Ô ciel, mais pourquoi donc restent-elles insensibles à nos appels ? Ô Dieu du ciel et de la terre, as-tu cessé de les visiter depuis le 11 avril 2011 ?

Appel à la rébellion des catholique, les évêques et Ouattara


Les catholiques ne peuvent comprendre que de toute cette foule de mitres et de calottes, il n’y ait que la voix de Monseigneur Marcellin Kouadio, évêque de Yamoussokro, pour dire qu’en Côte d’Ivoire il est inadmissible que les enfants de Dieu subissent indéfiniment la loi des bourreaux se faisant passer pour les victimes. Les catholiques de Côte d’Ivoire doivent-ils accepter sans réagir que leurs autorités religieuses se soient effacés pour laisser Alassane Ouattara entrer au Vatican et recevoir l’onction papale malgré tous les crimes commis dans le pays ?

Mais où sont-ils donc les ambassadeurs des catholiques de Côte d’Ivoire ? Pourquoi n’ont-ils pas porté les pleurs des chrétiens et du reste du peuple devant le Saint-Père ? C’est avec horreur que nous les avons vus assemblés devant Ouattara écoutant ses recommandations plutôt que celles du Saint-Siège. De toute évidence, l’église catholique fornique avec le pouvoir ; et cela nous soulève le cœur !

La fornication 0009.jpg


Et les catholiques ivres de l’opium qu’ils fument dans les églises à longueur des dimanches, à quoi rêvent-ils ? s’imaginent-ils dans leur soumission devenir des anges volant dans le firmament ? Qu’ils abandonnent un moment l’opium et qu’ils regardent leurs prêtres, évêques, archevêques et autres cardinaux droit dans les yeux et qu’ils leur demandent ce que pense le Vatican de leur sort. Qu’ils demandent à toutes les têtes mitrées pourquoi Ouattara a été reçu par le Pape et pas eux. Est-ce parce que Ouattara est meilleur ambassadeur de Jésus par rapport à eux ?

Pauvres catholiques ivoiriens, désertez un moment vos églises et vos cités mariales et vous verrez que prêtres, évêques, archevêques et cardinaux se mettront à parler de vous, à courir au Vatican pour prier le Saint-Siège de jeter un regard favorable à vos prières. Désertez pour un temps les églises et vos cités mariales et vous verrez que le Pape regrettera d’avoir serré la main d’un dictateur dont il ignorait les crimes parce que vos autorités religieuses sont de très mauvais ambassadeurs de votre cause.

Catholiques de Côte d’Ivoire, comment se fait-il qu’aucune église française, italienne, espagnole ou portugaise (pour ne citer que celles-là) n’ont jamais témoigné de la compassion à votre égard ? Sachez que là-bas, les églises sont vides. Tous les chrétiens sont dans les supermarchés, même le dimanche. Là-bas, l’économie est roi. Et pour remplir les supermarchés, on compte sur votre passivité, votre amour de l’opium qui vous endort.

Catholique de Côte d’Ivoire, faites la grève de la messe ! Désertez les églises. C’est la seule façon qui vous reste pour faire entendre votre souffrance et aider votre pays à renouer avec l’amour du Seigneur Jésus. N’oubliez pas que même un imam a été obligé de s’exiler parce qu’il a fait entendre la voix de Dieu.

Réunissez-vous à domicile pour prier en famille. Laissez les églises vides et vous verrez que subitement vos autorités religieuses entendront la voix du Seigneur et non pas celle de Dramane Ouattara devenu leur ambassadeur auprès du Pape.

Raphaël ADJOBI

20/12/2013

Un nouveau gouvernement de cohabitation en Côte d'Ivoire ? Non, merci !

La cohabitation en Côte d'Ivoire, gouvenement d'union nationale, Que propose Ouattara, ce que veut Ouattara, Le FPI et les propositions de Ouattara


Depuis un an, depuis l'arrestation de Blé Goudé que beaucoup avaient d'abord interprétée comme un retour « volontaire » pour une éventuelle collaboration avec le régime de Ouattara, l'idée d'un gouvernement d'union nationale ou de cohabitation s'était répandue dans la population. Cette idée était apparue encore plus précise lorsque le FPI a apporté son soutien à Ouattara au moment où celui-ci engageait la Côte d'Ivoire dans le combat pour la reconquête du Nord-Mali. Et quand Modeste Lago, membre du comité central du parti du célèbre prisonnier de La Haye, a affirmé que les « militants [...] sont au FPI, non pas pour un homme, fut-il Laurent Gbagbo, mais bien plus pour son idéologie et sa vision d'avenir » (Le Nouveau Courrier du mardi 22 janvier 2013) - et cela au moment même où son parti engageait un dialogue direct avec le pouvoir - tout le monde à commencé à se demander sérieusement si les socialistes ivoiriens ne finiraient pas par entrer dans le gouvernement pour une nouvelle cohabitation.

Cela fait donc un an que cette idée agite les consciences sans soulever des débats. En effet, moins de douze mois après le 11 avril 2011, parler d’une réunion du FPI et de la coalition RDR-PDCI au sein d'un gouvernement paraissait totalement incongru, irréel, voire insultant. Imaginer les socialistes ivoiriens oubliant leurs camarades prisonniers et leur familles exilées dans les pays voisins se mettre à travailler avec leurs bourreaux était tout simplement inconcevable ! La leçon du peuple ivoirien à Mamadou Coulibaly qui a voulu trop vite pactiser avec le pouvoir était encore trop fraîche dans les mémoires. Aujourd'hui, avec la libération de quelques prisonniers – parmi lesquels les grandes figures du FPI – certains Ivoiriens se demandent ouvertement si le partage du pouvoir avec les coalisés - RDR et PDCI- ne serait pas une voie qui conduirait à la fois à la normalisation de la vie politique et à la paix.

Flairant la belle occasion, Ouattara a vite fait d’abandonner le mouvement de normalisation qu’il avait entamé : la libération de tous les prisonniers politiques et la facilitation du retour des exilés sur leurs terres comme l’exigeait l’opposition et le recommandaient certaines ONG. De toute évidence, il a décidé de changer de méthode et préfère désormais faire du chantage à ses adversaires : « entrez dans mon gouvernement, et tout le reste suivra », semble-t-il leur dire. Aussi, s'adressant récemment à eux, il disait : « Nous ne [vous] considérons pas comme des opposants. Nous [vous] considérons comme des frères qui vont nous rejoindre bientôt. » (Discours du mercredi 11 décembre à Didiévi).

Puis, voyant que le FPI ne l’entend pas de cette oreille, le chef du RDR se montre moins péremptoire. Toutefois, s’il change de ton, l’intention reste ferme. Un gouvernement d’union nationale demeure désormais la seule solution qu'il propose à ses adversaires politiques et présente comme la voie de sortie de crise à ses parrains français et onusiens des mains desquels il tient son pouvoir. Il se dit que tout ce qui lui reste à faire c’est convaincre Affi N'Guessan et ses camarades. Si les socialistes s’obstinent à refuser la cohabitation, il pourra clamer sous tous les cieux que les amis de Laurent Gbagbo bloquent la réconciliation et l’organisation des élections présidentielles de 2015.

Partager le pouvoir pour quoi faire ?

Sûr de son stratagème, il se permet même des insolences à l’adresse de l’ONU en clamant ouvertement pour la première fois qu’il n’est pas content de son représentant en Côte d’Ivoire et des manières de ses experts dont le dernier rapport ne lui est pas favorable. L’élève se rebellerait-il subitement contre les leçons du maître ? L’élève aurait-il oublié au nom de quel idéal l’ONU a autorisé la France à bombarder le palais présidentiel ivoirien pour en extraire Laurent Gbagbo et à faucher des centaines de jeunes gens qui couraient le protéger de leur corps comme ils l’avaient fait en 2004 ?

Nous voudrions ici rappeler à Alassane Ouattara la belle promesse faite devant les gouvernants et les médias français en février 2012 quand il affirmait être « déterminé à faire en sorte que la démocratie devienne irréversible en Côte d’Ivoire » (Le Monde du samedi 4 février 2012). Les Ivoiriens attendent que cette promesse qui rejoint les intentions clairement affichées par la France et l’ONU soit enfin mise en application devant la terre entière. Nous pensons d’ailleurs que la France et l’ONU devraient faire de la poursuite de cet objectif et de sa réalisation le critère de crédibilité à accorder à Alassane Ouattara. Car c’est exactement le rétablissement des conditions de la réalisation d’une vie démocratique claire et irréversible que tous les Ivoiriens attendent. Pour l’heure la détermination clamée ressemble plutôt à de la mollesse et à de la duperie.

Nous disons donc clairement à Alassane Ouattara qu’il n’est pas question d’accepter une nouvelle cohabitation comme moyen de régler les problèmes du pays. Nous refusons une nouvelle cohabitation qui serait de toute évidence une façon de cacher ou de partager l’incompétence de son régime. Nous avons tiré les leçons de cette manière de diriger qui n’est rien d’autre qu’une foire aux voleurs conduisant au gel du programme de gouvernement puisque par principe c’est l’antagonisme qui y prévaut.

La première cohabitation ne devait-elle pas mettre fin à la ligne de séparation entre le nord et le sud ? Ne devait-elle pas aboutir au désarmement des rebelles et de leurs supplétifs dozos ? Ne devait-elle pas œuvrer au rétablissement du pouvoir de l’Etat et de son administration sur l’ensemble du territoire ? Cette première cohabitation, malgré ce beau programme de sortie de crise, avait échoué. Et pourquoi donc ? Parce que vous, M. Ouattara et vos amis, l’aviez voulu ainsi. Et les années de cohabitation avaient fini par ruiner le pays. Celui-ci n’était plus qu’un navire en perdition qu’un courageux capitaine avait sauvé du naufrage avant les élections de 2010.

Vous nous proposez la cohabitation pour que tout le monde se mette à faire du trafic illicite et empêche l’argent des matières premières vendues d’arriver dans les caisses de l’Etat ? Non, merci ! Serait-ce pour aider à la chasse aux opposants et au maintien des exilés dans les pays voisins ? Non, merci ! Serait-ce pour travailler avec les dozos et les FRCI à l’organisation des élections dans un environnement chaotique où ils seront les maîtres des bureaux de vote ? Non, merci ! Prenez vos responsabilités, dirigez le pays et étalez votre incompétence aux yeux de tous afin d’être jugé par tous à votre juste valeur !

Ce que nous exigeons de vous, c’est ce que vous avez promis à la suite de la France et de l’ONU : les conditions idéales pour une démocratie irréversible ! Vous avez le pouvoir politique, le pouvoir économique, le pouvoir militaire, le pouvoir des miliciens dozos, vous avez le silence des Ivoiriens. Dans le pays, personne ne manifeste contre vous. Aucune assemblée ne contient d’opposants pour vous gêner dans votre tâche. Vous avez bloqué les comptes bancaires de tous vos adversaires et les avez réduits à la misère et au silence. Tout est entre vos mains. Si avec tout cela vous êtes incapable de réaliser la paix et la démocratie, alors vous pouvez vous poser de sérieuses questions sur vos réels talents d’homme politique. Les Ivoiriens exigent donc des conditions d'élections justes pour vous juger valablement.

La tâche qui revient au FPI

Cet objectif devenant pressant, nous demandons à tous les démocrates ivoiriens de se joindre au FPI et à son président Affi N'Guessan pour une véritable campagne de sensibilisation des gouvernants européens et des institutions internationales autour du rétablissement des conditions équitables nécessaires à des élections transparentes et satisfaisantes pour tous les partis et pour tous les Ivoiriens. Ceux-ci ne veulent pas être condamnés au partage du pouvoir. Nous sommes des démocrates. Nous estimons donc que la seule façon d'être valablement jugés par notre peuple est l'exercice du pouvoir avec un programme qui lui aura été auparavant proposé. Nous n'entendons nullement le pouvoir comme un droit ou un gâteau à partager entre coalisés. La démocratie exige de nous que nous placions les problèmes du pays au centre de nos préoccupations et non point nos intérêts personnels.

Libre au RDR de refuser les états généraux que proposent Affi N'Guessan et ses camarades. Libre à Ouattara de refuser que les Ivoiriens s'expriment pour dire clairement ce qui les a réellement opposés les uns aux autres au point de les avoir conduits dans l'impasse où ils sont. Libre à lui de refuser que les Ivoiriens se réconcilient avant les débats politiques et les joutes électorales. Mais en aucune façon, Alassane Dramane Ouattara ne peut se permettre de proposer des élections présidentielles dans l'état actuel de la Côte d'Ivoire qui ressemble à tout sauf à un état de droit, à un pays respectable. Faire cohabiter tous les partis politiques pour aller aux élections dans des conditions aussi catastrophiques, c'est comme faire la fête en se tenant le nez autour d'un gâteau pourri.

Raphaël ADJOBI

12/12/2013

Qu'avez-vous fait quand Nelson Mandela était en Prison ?


Hommage à Nelson Mandela, Qui étaient les amis de Mandela ? Les Français et Mandela, qui étaient les défenseurs de Mandela ? Voilà la seule question à laquelle devraient répondre tous les gouvernants qui se sont pressés en Afrique du Sud pour rendre hommage à l’ancien prisonnier du régime racial de ce pays. C’est également la question à laquelle devraient répondre tous les hommes politiques africains ainsi que les journalistes européens qui ont oublié la ligne éditoriale de leurs maisons alors ouvertement contre la lutte du parti politique de Nelson Mandela avant sa sortie de prison en 1990.

Pour ma part, c’est en France, vers la fin des années 70, que j’ai découvert les mouvements de soutien au célèbre prisonnier politique devenu aujourd’hui un héros planétaire. Dans les années 70 et 80, en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique, les hommes politiques francophones se gardaient bien de lui témoigner leur solidarité, laissant ainsi leur population dans l’ignorance de la souffrance des Sud-Africains et de la solidarité dont ils avaient besoin. Et comme la jeunesse francophone n’était absolument pas politisée, nulle part on n’a vu des manifestations publiques soutenant la lutte de l’ANC.

Aussi, au moment où Nelson Mandela nous quitte sous les hommages enflammés des chefs d’Etat européens et africains, c’est aux jeunes communistes français que va toute ma reconnaissance. C’est grâce à eux que je peux dire que j’ai soutenu son combat à une époque où pour les hommes politiques français – particulièrement pour Jacques Chirac et tous les leaders de la droite – il n’était rien d’autre qu’un terroriste. Rares sont les dirigeants français d’aujourd’hui qui peuvent affirmer sans mentir qu’ils avaient dans leur jeunesse activement milité pour la libération de Nelson Mandela. Avant 1990, seul le parti communiste brandissait dans ses différentes manifestations son portrait pour populariser son combat. Seule la jeunesse communiste placardait les photos du prisonnier de l’apartheid dans les universités françaises.

Aujourd’hui, les socialistes français, les mouvements politiques de droite, les journalistes de tous bords volent la vedette aux vrais amis de Nelson Mandela en France. Nicolas Sarkozy a-t-il signé une seule pétition demandant sa libération quand il était prisonnier ? Hollande a-t-il signé les pétitions que les communistes lui tendaient alors ? La France politique d’avant la libération de Mandela avait à l’égard de l’ANC et de son leader la même attitude et la même vision des choses que le pouvoir français d’aujourd’hui à l’égard de l’opposition ivoirienne et de ses prisonniers. Hier comme aujourd’hui, toute opposition à un pouvoir ami est considérée comme un acte terroriste. Et quand il ne soutient pas ouvertement un ami, le pouvoir français fait mine de ne pas voir ses crimes.

Depuis sa libération, c’est l’Europe qui a fait de Mandela un héros de la paix. Et les journalistes européens ont fini par nous faire oublier que l’homme partage son prix Nobel avec son ancien geôlier Frederick Declerk. Comme il fallait s’y attendre, à leur tour, les Africains reprennent les formules et les slogans européens sans même y ajouter leur perception personnelle de l’homme. Mais cette fois, ce mimétisme s’explique par le fait que bon nombre d’entre eux n’ont jamais connu l’action militante en faveur de Mandela ou de tout autre prisonnier politique noir.

Je me souviens qu’à l’université de Dijon, les Ivoiriens refusaient de lire les journaux et les tracts communistes que leur tendaient leurs camarades Français ; tout simplement parce qu’ils estimaient que bénéficier d’une bourse d’Houphouët-Boigny – c’était leurs propres termes – ne les autorisait pas à se mêler de politique. Mis à part quelques étudiants maliens et bukinabés très politisés, les Africains n’osaient même pas s’arrêter pour signer une pétition. Aujourd’hui, ces anciens étudiants devenus des dirigeants politiques ou de hauts fonctionnaires de l’Etat rendent hommage à Nelson Mandela alors qu’ils n’acceptent pas d’opposition au régime qu’ils ont installé dans leur pays.

La disparition de Nelson Mandela apparaît donc comme une belle occasion de rappeler à la jeunesse africaine qu’elle doit se garder de suivre les pas de cette génération qui rend bruyamment hommage à un homme dont elle n’a pas soutenu le combat. Qu’elle sache que nombreux parmi ceux qui se prosternent devant sa dépouille qualifiaient sa lutte de terroriste.

Oui, c'est à vous, jeunes africains de vous inspirer de la solidarité des jeunes communistes français pour ne pas laisser dans l’indifférence et l’oubli vos leaders qui défendent une Afrique libre de disposer d’elle-même.

Si les Européens ont oublié que l’apartheid a été le fruit de leur colonisation, vous ne devez pas manquer l’occasion de faire du combat de Nelson Mandela un bel exemple d’émancipation et de prise en main de la destinée de chaque pays du continent noir. Ce n'est pas l'icône aujourd'hui couverte d'encens qu'il faut regarder, mais le résistant au racisme érigé en système d'état que la colonisation avait rendu possible en terre africaine. N'oubliez surtout pas qu'en Afrique francophone, sous le couvert de gens qui vous ressemblent, le colonialisme continue de rendre encore possible d'autres formes d'humiliation. Que l'image de Nelson Mandela soit donc pour vous un repère sûr qui vous indique le chemin de la conquête de la dignité de chaque Africain. Quel bel héritage !

Raphaël ADJOBI