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21/01/2014

Maureen Grisot et RFI présentent leurs voeux à Ouattara puis tentent de se racheter au Mont-Péko


A l’orée de 2014, la radio française internationale en terre africaine, RFI, a présenté ses vœux à Alassane Ouattara par l’intermédiaire de Maureen Grisot. Depuis l’assassinat de deux journalistes français au Nord-Mali, l'homme fort d'Abidjan avait en effet étalé publiquement ses affinités avec les journalistes français. C’est dire que désormais, tout le monde doit voir dans les vœux officiels des représentants de la voix de la France sur les ondes africaines et ivoiriennes à Dramane Ouattara comme une chose ordinaire. Mais ce sont des choses ordinaires qu’un citoyen démocrate ne peut accepter.

Maureen Grisot, Maureen Grisot et Alassane Ouattara, Maureen Grisot et la Côte d'Ivoire, RFI et la Côte d'Ivoire, RFI en Afrique.


Quand on exerce le métier de journaliste, il n’est certes pas interdit d’avoir des liens d’amitié avec telle ou telle personnalité exerçant une fonction politique ou non. Mais quand on voit une jeune journaliste de RFI – que l’on ne peut en aucune façon imaginer avoir été une camarade d’études ou être une relation familiale du chef de l’état – venir à une cérémonie officielle à la présidence de la république en qualité d’invitée, on se dit que Ouattara et la France nous prennent pour des C… Qu’elle y vienne pour travailler, cela se comprend ; mais pour faire la courbette, NON !

De toute évidence, les journalistes français passent trop de temps dans les salons et les hôtels luxueux d’Abidjan. De ce fait, de la Côte d’Ivoire, ils ne connaissent que notre capitale économique. Depuis 2002 que ce pays a été coupé en deux selon la volonté de la France pour permettre aux rebelles de mieux s’organiser, c’est en janvier 2014 que, pour la deuxième fois, un journaliste français ose rendre compte et confirmer la réalité du terrain que la population accusée de soutenir Laurent Gbagbo n’a cessé et ne cesse de dénoncer.

Le premier article, datant de février 2012, montrait clairement que les rebelles étaient les responsables du blocage du rétablissement des conditions administratives et de vie politique démocratique nécessaires aux élections. Publié dans Le Monde et signé de Christophe Châtelot, l’article intitulé « A Bouaké, les Com-zones règnent en seigneurs » faisait un constat indéniable : « enrichis, les ex-rebelles bloquent la réunification d’un pays coupé en deux depuis 2002 ». Malgré ce témoignage accablant, l’ONU, la France et les autres journalistes ne cesseront d’accuser Laurent Gbagbo de ne pas vouloir aller aux élections pour confisquer le pouvoir.

Depuis combien de temps la population ivoirienne se plaint-elle de l’occupation illégale des terres et du saccage des domiciles de ceux qui ont fui le nord et l'ouest ? Depuis combien de temps les Ivoiriens voyaient les tôles et les équipements sanitaires des résidences inoccupées transportés au Burkina ? Réponse : depuis 2002 ! Depuis que la Côte d’Ivoire a été coupée en deux ! Et après la prise du pouvoir par Ouattara en 2011, n’a-t-on pas, çà et là, dénoncé avec force l’invasion de l’ouest du pays par les Burkinabés ? N’a-t-on pas, avec force, dénoncé l’occupation et l’exploitation illégale du Mont-Péko et des autres forêts classées ?

Maureen Grisot, Maureen Grisot et Alassane Ouattara, Maureen Grisot et la Côte d'Ivoire, RFI et la Côte d'Ivoire, RFI en Afrique.


Maureen Grisot avoue qu’un Burkinabé a confirmé que depuis dix ans qu’il est installé dans l’ouest ivoirien, c’était la première fois qu’il voyait une peau blanche. C’est dire qu’il a fallu attendre 2014 pour qu’enfin, pour la deuxième fois, un journaliste français rapporte dans son pays ce que la population accusée par la France et l’ONU d’être pro-Gbagbo – donc forcément pas digne de foi – dénonçait depuis 2002. Voilà qu’enfin, une Française – une seule, comme en 2010 Christophe Châtelot était seul – rejoint l’opinion commune ivoirienne sur « le scandale humain et écologique » que constituent les forêts de l’ouest envahis par des milliers de Burkinabés. Venus du sahel et ignorant tout des pratiques agricoles en zone forestière, ils se croient obligés de tout brûler, tout réduire en poussière pour trouver leur subsistance.

Pendant ce temps, les hommes politiques d’aujourd’hui qui avaient promis monts et merveilles aux Burkinabés pour obtenir leur contribution dans la conquête du pouvoir ferment les yeux. Comment peuvent-ils entreprendre de chasser ceux qui les ont aidés et à qui ils avaient précisément promis des terres agricoles ? Jamais aucune volonté politique ne viendra de Ouattara pour résoudre le problème de l’occupation de l’ouest du pays. Et cela parce qu'il sait que l’ouest est le butin de guerre promis aux Bukinabés !

Que les journalistes français qui couvrent de leur silence complice les crimes commis en Côte d’Ivoire par les rebelles de Ouattara – baptisés "forces républicaines" – sachent qu’aucun Ivoirien n’ignore que « le scandale humain et écologique » causé par les Burkinabés est une vérité irréfutable. Tous savent aussi qu’elle est le résultat de l’œuvre de Ouattara. Les deux articles cités plus haut résument à eux seuls la réalité de la Côte d’Ivoire entre 2002 et 2013 et situent clairement la responsabilité de celui à qui a profité les crimes. Que les journalistes français soient donc persuadés que la récupération des forêts classées de l’ouest comme celles des terres des exilés ne se fera que par la violence. C’est par la violence que le chef de guerre burkinabé Ouréni a été expulsé du Mont-Péko. Et ce sera forcément par la violence que tous les autres Burkinabés seront chassés de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Cette volonté politique ne viendra pas de Ouattara ; mais elle viendra !

Raphaël ADJOBI

Commentaires

Mon cher St-Ralph,

Je tombe des nues.
Je suis sans voix!

@+, O.G.

Écrit par : Obambe GAKOSSO | 22/01/2014

Mon cher Obambé, c'est désormais à visage découvert que l'on s'approprie les terres des Ivoiriens. Le mutisme des médias est la manifestation d'une volonté politique ! La côte d'Ivoire est perdue !

Écrit par : St-Ralph | 22/01/2014

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