topblog Ivoire blogs

29/05/2014

Le péage de l'autoroute ivoirienne : œuvre d'un Etat bandit de grand chemin

Depuis fort longtemps, nous avons tous compris qu'Alassane Ouattara est l'exacte incarnation de Monsieur Thôgô-gnini de Bernard Dadié. Il n'est pas nécessaire d'être un économiste estampillé Harvard, Grande Ecole française ou autre illustre établissement d'économie pour avoir remarqué que l'usurpateur s'applique à condamner les Ivoiriens à vivre pour payer des dettes selon la belle formule du personnage principal de la pièce du dramaturge ivoirien.

Autoroute Côte d'Iv.  0003.jpg


Il est donc inutile d'entrer ici dans des comptes d'apothicaire concernant l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro. Les Ivoiriens ont-ils vraiment besoin de savoir que cet ouvrage qui se veut d'utilité publique a été moins coûteux qu'une autoroute française et que par conséquent son accès doit être d'un coût moins élevé ? Devons-nous forcément calculer le prix d'accès aux réalisations publiques ivoiriennes à l'aune du coût des mêmes travaux en France ? Devons-nous fixer les tarifs de nos soins médicaux et de notre enseignement par rapport aux prix pratiqués en France ou en Europe ? NON ! … Passons donc à l'essentiel.

Quand Félix Houphouët-Boigny avait fait réaliser les 140 kilomètres de sa prétendue autoroute sans les facturer aux usagers Ivoiriens, s'il est vrai qu'il n’avait pas fait preuve d'une bonne connaissance des besoins de la nation, il a au moins tenu compte de la situation sociale de ses compatriotes. Ce qui revient à dire qu'Alassane Ouattara fait des réalisations en dépit du bon sens dans le seul but de satisfaire les entrepreneurs français qui condamnent par la même occasion la Côte d'Ivoire à leur être redevable pendant des décennies. Disons que si Houphouët-Boigny dilapidait nos finances, Ouattara hypothèque notre avenir ; et ce sont les financiers et entrepreneurs français qui se frottent les mains. Voilà la première chose qu'il faut retenir.

A force de toujours parler d'économie et de réalisations grandioses, on oublie l'essentiel : l'humain et les moyens dont il dispose. Compte tenu du parc automobile ivoirien hors de l'agglomération abidjanaise et du trafic routier entre la capitale économique et le Nord du pays, une voie rapide non payante – intermédiaire entre une route nationale et une autoroute – n'était-elle pas pour l'heure préférable à une autoroute ? C'est déjà, de toute évidence, une folie des grandeurs que de s'offrir une autoroute là où elle n'est pas nécessaire ; mais cette folie devient criminelle quand elle condamne un pays à vivre pour payer des dettes. Par ailleurs, non content de nous obliger à vivre à crédit, Ouattara nous fait payer une taxe supplémentaire dont nous ignorons la destination.

Mais ce qui est absolument inadmissible, scandaleux, c'est que l'autoroute qui vient d'être réalisée ne laisse pas intact le tracé de l'ancienne route nationale ! Jamais en France, ou ailleurs en Europe, aucune autoroute n'a pris la place de la route nationale enlevant aux usagers le choix entre les deux modes de circulation ! Nulle part, l'autoroute – dont la fonction première est de permettre d'aller vite et par conséquent de gagner du temps – n’a pris la place des routes existantes. L'autoroute a toujours été en Europe un service supplémentaire pour ceux qui le veulent et non une voie obligatoire d'un point à un autre. Une route payante qui prend la place d'une route qui ne l'était pas est donc assurément un crime d'Etat ! C'est du vol organisé. Tous ceux qui parlent de racket ont donc tout à fait raison.

L'Etat a l’obligation d'entretenir toutes les voies de communication du pays, quelle qu'en soit la catégorie. En Europe, ce manquement le conduit devant les tribunaux en cas d'accident. La publicité ivoirienne invitant les usagers à emprunter l'autoroute au bitume correct - parce que neuf ! - plutôt que les routes défoncées du pays n'est donc rien d'autre qu'un aveu d'irresponsabilité du gouvernement, la fière proclamation d'un Etat ayant fait du banditisme son mode de fonctionnement.

Autoroute C. Iv. 0004.jpg


Quelle honte, mais alors quelle honte ! Les membres du gouvernement – et en particulier le ministre des transports – savent-ils les commodités et les multiples installations de sécurité attachées à une autoroute digne de ce nom ? L'absence de certaines précautions ou de certains services élémentaires comme les aires de repos, les stations à essence, les barrières de protection contre l'irruption des animaux sauvages - pour ne citer que ceux-là - relèguent l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro au rang d'une simple voie rapide comme il en existe un peu partout dans le monde.

Il faut le dire haut et fort : l'ouvrage réalisé n'est absolument pas une autoroute ! Quand on veut copier le Blanc, il faut le faire correctement ou mieux que lui. Notre honte est encore plus grande en constatant que des nègres forment une association de bandits avec les Européens pour transformer une route gratuite en route payante alors que la raison conseille toujours de laisser la voie existante intacte en cas de construction d'une autoroute payante. Un Etat n'a pas le droit de se montrer ouvertement et effrontément voyou de la sorte !

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France

Les commentaires sont fermés.