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28/08/2014

Quand Mamadou Koulibaly et le LIDER me rejoignent sur le problème FRCI !

Mamadou Koulibaly 0004.jpg Je viens de lire, avec surprise, qu'enfin le président du LIDER, Mamadou Koulibaly, me rejoint dans ma conviction d'une issue démocratique impossible avec les élections de 2015 (Le Nouveau Courrier du 28/08/2014). Pour savoir que je dis vrai, je vous renvoie à mon article du 24 mars 2014, intitulé "Les conditions sont-elles réunies pour des élections justes et équitables en 2015 ?". Sachant que vous ne vous donnerez pas cette peine, je reprends ici, pour vous, le chapitre ("Le rêve insensé de l'opposition") dans lequel j'affirme que le dernier ennemi du retour à la démocratie est l'existence d'une armée prétorienne, donc privée, en Côte d'Ivoire : les FRCI.

Déjà, le 27 novembre 2010 - bientôt quatre ans - au regard du comportement des rebelles tenant des meeting publics pour expliquer à la population qu'elle doit voter pour celui qui leur a acheté des armes, dans un article intitulé "Elections présidentielles en Côte d'Ivoire : qui désarmera les rebelles ?", j'écrivais que je ne croyais pas au miracle d'une issue démocratique aux élections en ces termes : "La question du deuxième volet du miracle ivoirien n'est pas de savoir qui va remporter la victoire mais que vont faire les rebelles après les élections". Dans un autre article datant du 27 octobre 2010 - un mois plus tôt- j'écrivais ces lignes : "rien ne nous dit qu'après des élections convenables, les rebelles joueront la carte de la loyauté en cessant toute action et tout propos belliqueux susceptibles d'enlever tout espoir de paix aux Ivoiriens. [...] Rien ne nous dit que les roitelets installés dans le Nord du pays voudront descendre de leur trône et fouler de nouveau la poussière d'où les a tirés la guerre."

Vous voyez bien que je suis resté fidèle à cette conviction. Aujourd'hui où le président d'un parti reconnaît, comme moi, que les FRCI - l'armée personnelle d'Alassane Ouattara est la barrière essentielle au retour de la démocratie, je ne peux qu'être heureux que l'on me comprenne enfin ! D'autre part, je lis çà et là, qu'après moi, certains parlent d'une nécessaire révolution pour sortir de l'impasse. Réjouissons-nous de cette convergence de nos idées. Voici donc le chapitre de mon dernier article sur cette question.

Le rêve insensé de l’opposition

"L’opposition peut bien compter sur l’impopularité d’Alassane Ouattara qui n’a jamais su se faire aimer des Ivoiriens depuis son installation au pouvoir pour aller aux élections en passant outre les quatre flagrantes iniquités ci-dessus. Contre mauvaise fortune, disons qu’elle est contrainte de faire bon cœur. Supposons que son candidat parvienne à triompher des urnes malgré le remplacement d’une bonne partie des Ivoiriens par la population étrangère et le tri des électeurs à l’entrée des bureaux de vote par les FRCI ; comment pourra-t-elle faire valoir sa victoire ? Y avez-vous pensé ?

Tout d’abord, la composition déséquilibrée de la CEI ne plaide pas en sa faveur : sur les 13 membres, elle dispose de 3 voix contre 6 pour le pouvoir ! Les autres voix revenant à la société civile sont censées être neutres. Cependant, il suffira qu’une seule voix de cette dernière penche du côté du pouvoir pour que la CEI déclare Alassane Ouattara vainqueur. Facile !

Ensuite, comme nous savons tous que la communauté internationale a cautionné outrageusement l’avènement du régime de Ouattara, comment peut-on imaginer qu’elle désapprouve la décision de la CEI ? Impensable ! La suite du jeu est claire : il suffira au Conseil Constitutionnel d’entériner les propositions de la CEI et à l’opposition de s’incliner devant la loi pour que la communauté internationale et la France pavoisent. Tout est donc prévu pour que tout aille bien dans le meilleur des mondes !

Mais imaginons que le Conseil constitutionnel décide de tenir compte des réclamations de l’opposition pour invalider les votes litigieux et déclarer le candidat de l’opposition vainqueur. Rêvons que la probité des hommes de cette institution triomphe des circonstances qui les ont placés là. Devant cette décision qui ira à l’opposé de la décision de la CEI et des vœux de la communauté internationale, croyez-vous que les FRCI défendront les Institutions ivoiriennes comme l’ont fait les Forces républicaines en 2000 et en 2010 ?

N’oublions jamais que, par deux fois, l’armée républicaine a défendu les Institutions ivoiriennes : en 2000, contre le général Robert Guéi, et en 2011, contre la communauté internationale (l’Onuci), la France (la force Licorne) et les FRCI – l’armée prétorienne de Ouattara appuyée par les anciens chasseurs d’esclaves dozos. Cette fidélité de l’armée aux institutions du pays ne se reproduira pas en 2015 si le Conseil Constitutionnel déclare le candidat de l’opposition vainqueur. Tout simplement parce que cette institution est d’avance condamnée à reconduire Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Oui, la partialité de l’Onuci, de la force Licorne, des FRCI et des dozos la condamne à être injuste.

Que croyiez-vous donc ? Pensiez-vous qu’en cas de contestation des résultats des élections en 2015, les FRCI lâcheraient Dramane Ouattara pour se ranger du côté de l’adversaire que le Conseil Constitutionnel aura déclaré vainqueur ? Reposez-vous la question et laissez les images d’une nouvelle crise postélectorale défiler dans votre esprit. Je suis convaincu que vous allez peu à peu vous persuader que la Côte d’Ivoire est condamnée à plusieurs années de dictature sous les bottes des FRCI et des dozos avec la bénédiction des forces étrangères".

Raphaël ADJOBI

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