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19/02/2015

Sale temps pour les enfants d'Eburnie

Disparition des enfants en Côte d'Ivoire, Crimes d'enfants, mutilation des enfants, poème sur les enfants ivoiriens, les crimes de Ouattara


Depuis que de la savane profonde
La terreur s'est répandue sur Eburnie,
S'exhale de nos terres un parfum de mort.
Dans les champs, les récoltes sont tachées de sang.

Des plaines sèches, chaque jour,
L'épouvante enfle, moutonne et vient
Au sein de l'Ebrié déverser sa macabre moisson
De corps d'enfants affreusement mutilés.

Comme un souffle de l'harmattan,
Les égorgeurs ont prospéré dans les bois du sud ;
Et l'art de verser le sang a fait d'eux d'excellents maîtres.
Les statues de leurs criminels enseignements font foi.

Ce matin encore, on frappa à la porte. On ouvrit.
Sur le seuil, un fossoyeur qui sourit.
- Je ne suis pas encore prêt, dit l'enfant.
- Il est déjà temps de partir, déclara l'ange moissonneur.

Le garçon fit son rot en souvenir de son dernier repas ;
L'intérêt de l'autre ne pouvait attendre.
Les autels ont besoin de sang, on le crie.
Il faut à la préférence ethnique cinq ans de garantie.

Combien d'enfants encore faudra-t-il sacrifier ?
Ici, un père veille son fils sans tête ni main.
Là, une mère pleure une tête sans corps.
Et nos sanglots interrogent le ciel et les palais muets.

Parfois, du fond de nos cœurs, un espoir s'éveille ;
Puis, de sa marche lente et pesante
S'en va mourir dans l'Ebrié comme
Accompagnant le voyage funèbre de nos tendres enfants.

Raphaël ADJOBI
(15 février 2015)

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