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30/03/2015

Le silence complice des hommes politiques du Nord dans le drame ivoirien

Laurent Dona Fologo, Mamadou Koulibaly. Les Nordistes ivoiriens et Alassane Ouattara


Hier comme aujourd’hui, la permanence du comportement des Ivoiriens originaires du Nord vis-à-vis d’Alassane Ouattara étonne. Avant les élections présidentielles de 2010, pendant plus d’une décennie, si l’idée que les ressortissants du Nord du pays étaient rejetés par le reste des Ivoiriens avait prospéré en Afrique et dans le reste du monde – particulièrement en France – c’est absolument parce que la très grande majorité des hommes politiques issus de cette zone ont gardé un silence complice sur le discours démagogique et ethnicisé d’Alassane Ouattara. Et aujourd’hui encore, ils sont très nombreux, sans doute trop nombreux, à se garder de dénoncer l’inhumanité des mesures politiques qui déchirent le tissu social ivoirien.

Des voix trop rares contre l’imposture

Quand on consulte les images d’archives, on constate qu’il n’y a guère que des individus n’occupant aucune fonction importante sur l’échiquier politique qui osèrent affirmer haut et fort que la prétendue exclusion des dioula de la vie politique et sociale – fonds de commerce de Ouattara – était en réalité un tissu de mensonges et donc une déformation de la réalité.

Et pourtant, les occasions étaient belles pour mettre en garde les ressortissants du Nord contre l’instrumentalisation de la division ethnique qui a conduit le pays dans une guerre fratricide. Mamadou Ben Soumahoro, ancien journaliste et député au moment où Alassane Ouattara était le premier ministre d’Houphouët-Boigny, fut le premier à flairer le danger et à le dénoncer vivement. C’est devant l’assemblée nationale qu’il appela alors à une levée de boucliers contre l’imposture qui se préparait. S’il est encore vivant, c’est parce qu’il a publiquement affirmé que s’il venait à mourir, l’on ne devra accuser que Ouattara dont il fut l’ancien partisan au sein du RDR.

Au nombre des voix rares qui s’élevèrent contre l’imposture, il faut compter celles des responsables d’une association musulmane chargée des voyages annuels à la Mecque qui dénoncèrent les propos démagogiques du patron du RDR en soulignant le soutien financier et technique que le pouvoir de Laurent Gbagbo apportait au monde musulman ivoirien, comme le faisait en son temps Félix Houphouët-Boigny. Dans le même document d’archives, l’un des intervenants reprit à son compte la célèbre phrase de Sékou Touré clamant « Nous préférons la pauvreté dans la liberté plutôt que l’esclavage dans l’opulence ». C’est dire combien certains étaient conscients de la recolonisation de la Côte d’Ivoire par le biais d’un nègre de maison choisi par la France.

Au-delà des mises en garde et des dénonciations, il faut surtout retenir les propos d’une dame originaire du Nord qui a peint avec une extrême justesse la réalité sociale et économique du pays, afin de mieux souligner le caractère mensonger du discours démagogique de Ouattara se situant très loin de la réalité du pays. D’une part, elle a relevé que le commerce et les transports sont presqu’exclusivement entre les mains des ressortissants du Nord ; c’est-à-dire qu’ils sont les détenteurs des seuls secteurs de l’économie où les Ivoiriens sont encore miraculeusement majoritaires. D’autre part, elle a mis le doigt sur une réalité comportementale qui explique en très grande partie le retard du Nord du pays en matière de développement urbain.

Quand les hommes du Nord font fortune dans le commerce et les transports, où construisent-ils leurs belles demeures ? C’est dans le Sud, convient-elle. Où les hommes politiques construisent-ils et établissent-ils leurs résidences ? Toujours dans le Sud ! Cela veut dire, conclut-elle, que les Nordistes s’acharnent à concurrencer leurs compatriotes dans leurs régions et négligent le Nord d’où ils viennent. Ils ne peuvent par conséquent accuser le reste de la Côte d’Ivoire d’être contre le développement de leur région, et pire d’opérer à leur égard une ségrégation ethnique.

Chose étrange, sous la présidence de Laurent Gbagbo, ce discours réfutant les thèses ségrégationnistes d’Alassane Dramane Ouattara n’a jamais été soutenu ou repris par les hommes politiques jouissant d’une notoriété certaine afin de lui conférer une portée plus grande. Ni Mamadou Coulibaly, alors président de l’Assemblée nationale, ni Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social et plusieurs fois ministre sous Félix Houphouët-Boigny, n’ont daigné mettre leur notoriété au service de la cohésion nationale en relayant ce discours. A aucun moment, ces deux hommes – qui sont aujourd’hui chefs de partis politiques – n’ont dénoncé ouvertement l’entreprise de diabolisation du reste des Ivoiriens orchestrée en Afrique et en Europe par Alassane Ouattara avec le concours des médias français.

Quand la Charte du Nord fut rendue publique et que plus tard, suivant son esprit, la carte de la Côte d’Ivoire déchirée étala une ligne de démarcation entre le Nord et le reste du pays, quels furent les ressortissants nordistes à s’être offusqués publiquement de cette atteinte à l’unité nationale ? Aucun ! Quand une personnalité politique nordiste osa, dans une langue régionale, exposer le plan machiavélique de conquête du pouvoir par les dioula tout en diabolisant le reste des Ivoiriens, quel homme politique issu du Nord du pays dénonça-t-il la grave atteinte à l’intégrité et à la cohésion nationale ? Aucun ! On pouvait aisément comprendre la grande réticence des partisans de Laurent Gbagbo originaires du Nord à se lancer dans la dénonciation de cette entreprise. Ils étaient sûrs que leurs paroles seraient jugées partiales. Mais ceux qui remplissaient une haute fonction au sommet de l’Etat sans appartenir au parti de Laurent Gbagbo pouvaient aisément mener le combat de la dénonciation de l’imposture. Malheureusement, tout le monde garda le silence.

Depuis 2011, devant la politique dite de rattrapage ethnique lancée par Ouattara qui a placé à toutes les hautes fonctions de l’Etat des personnes originaires du Nord, on ne voit pas des hommes politiques dioula se réunir pour dénoncer en bloc cet agissement qui prépare des lendemains faits de vengeances ethniques. On constate que depuis 2011, le parti politique de Laurent Dona Fologo et celui de Mamadou Coulibaly n’ont jamais dénoncé de manière claire et nette l’emprisonnement arbitraire des partisans de Laurent Gbagbo ; ils n’ont jamais dénoncé le maintien en exil de milliers d’Ivoiriens au Ghana, au Togo et ailleurs dans le monde. A aucun moment, Laurent Dona Fologo et Mamadou Coulibaly n’ont dénoncé ouvertement le repeuplement de l’Ouest ivoirien par des populations étrangères venues du Burkina Faso. Ni l’un ni l’autre n’a cherché à faire comprendre aux populations du Nord que c’est en leur nom que Ouattara inflige des injustices au reste des Ivoiriens et laisse impunis ses miliciens.

Des calculs politiciens sans idéal politique

Pendant trop longtemps, quand Mamadou Coulibaly se permettait un peu de liberté de parole, c’était pour critiquer la politique économique d’Alassane Ouattara ; comme si les souffrances humaines dues à la chasse aux exilés dans les pays limitrophes, aux emprisonnements sans preuve et sans jugement, aux comptes bancaires des pro-Gbagbo bloqués, comme si ces souffrances n’avaient aucune importance à ses yeux. Comme par miracle, à l’approche des élections présidentielles, le parti de Laurent Dona Fologo a retrouvé la voix pour dresser un bilan négatif de la gestion économique du pouvoir actuel et critiquer les atteintes aux structures devant préparer ces élections. Jamais des mots pour consoler la veuve et l’orphelin frappés par la justice des vainqueurs appliquée avec rigueur à l’encontre d’une partie de la population !

En agissant de la sorte, les leaders politiques du Nord ne font que s’associer au mutisme des hommes politiques et des médias français sur le drame que constitue le pouvoir d’Alassane Ouattara pour la Côte d’ivoire. Aujourd’hui, ces hommes politiques issus du Nord qui ont flirté avec le pouvoir d’Alassane Ouattara recherchent une union avec les partis de l’opposition parce que l’électorat de Laurent Gbagbo demeure pour eux la seule valeur sûre pour arracher le pouvoir à Alassane Dramane Ouattara. Des calculs politiciens mais point d’idéal politique pour l'ensemble des Ivoiriens au nombre desquels il faut compter les prisonniers politiques, les exilés, ceux de l'Ouest dépossédés de leur terre !

Raphaël ADJOBI

27/03/2015

Ta main blanche sur mon épaule ou la prière du nègre Banania

Soro Guillaume à Marcoussis, la prière du nègre Banania


Pose ta main blanche sur mon épaule
Et de ma mémoire efface Aimé Césaire
Pour qu’à jamais je ne songe
Au Discours sur le colonialisme.

Pose ta main blanche sur mon épaule
Et de ma face noire fais un masque blanc
Pour que, fier, je puisse braver Fanon !

A ton ombre tutélaire, je veux marcher.
Offre-moi ton bras séculier pour que brille
Dans mes yeux la flamme insolente
Capable d’écarter de mon chemin la foule nègre.

Pose ta main blanche sur mon épaule
Et fais de moi un nègre de maison
Contre les nègres marrons de ce nouveau siècle !

Demain, contre ta face je m’inclinerai
Les bras chargés des chaînes d’antan
Liant les cortèges des chants plaintifs
De ceux que j’aurai pour toi arrachés à la terre d’Afrique.

Pose ta main blanche sur mon épaule
Et scelle indéfiniment le pacte
Cher à mon cœur de nègre de maison.

Raphaël ADJOBI
(Le 28 février 2015)

06/03/2015

L'AIRD-France dénonce l'existence d'une association des victimes "outtaristes" de la crise postélectorale


Association des victimes de la crise ostélectorale ivoirienne, les Nordistes ivoiriens et la Côte d'Ivoire, Ouattara joue avec le feu L’existence en Côte d’Ivoire d’une « association des victimes de la crise postélectorale » de 2010-2011 désireuse d’obtenir réparation est tout à fait louable. Toutefois, son caractère évidemment ethnique et « ouattariste » est choquant, écœurant et même dangereux. Aussi, l’AIRD-France condamne et appelle tous les partis politiques à dénoncer son objectif affiché de faire payer Laurent Gbagbo et les autorités politiques qui lui sont restées fidèles.

L’AIRD-France ne peut accepter qu’une association des victimes d’un conflit national choisisse de demander justice et réparation à l’une des parties ; démarche absolument dangereuse quant à la recherche des moyens de parvenir à une meilleure cohésion nationale. L’AIRD-France voit dans cette attitude une façon de jeter de l’huile sur le feu, d’entretenir un antagonisme que l’on voudrait permanent entre les populations ; un moyen d’assurer des vengeances futures.

Cette association des victimes des ressortissants originaires du Nord de la Côte d’Ivoire est régulièrement entendue à La Haye au procès du père de la démocratie ivoirienne. On constate aussi que lors des différentes audiences du procès des anciens dirigeants du pays, à Abidjan, elle a été régulièrement présente pour les conspuer. Le but de ces présences, de ces prises de paroles et de ces manifestations est donc clairement de montrer que les populations du Nord ont été les victimes du pouvoir déchu et que par conséquent ceux que cette association montre du doigt doivent être condamnés aussi bien par le tribunal national que par le tribunal international de La Haye. En d’autres termes, cette association veut obtenir de manière officielle la culpabilité des autorités de l’ancien pouvoir. Elle tient à établir, de manière paradoxale, que c’est l’armée ayant fait de nombreux morts qui a perdu la guerre et celle n’ayant pas fait de victime qui l’a gagnée. Une conclusion aberrante mais tout à fait logique dans l’esprit des nouveaux maîtres et de tous ceux qui les soutiennent.

En raisonnant et en agissant de la sorte, il est clair que l'on encourage la naissance d’une association des victimes non-nordistes d’Abidjan, de Bouaké, de l’ouest – particulièrement de Nahibly, de Douékoué et de Guitrozon. Ce n’est pas le fait qu’aujourd’hui personne ne leur prête la moindre attention que les victimes de ces différentes régions n’auront pas un jour le droit de demander à leur tour justice et réparation et entretenir aussi l’antagonisme social, le clivage entre elles et les Nordistes qui vont bénéficier des milliards promis par le pouvoir actuel. Oui, les oubliés d’aujourd’hui voudront aussi étudier, analyser les moyens utilisés par M. Ouattara, ses rebelles et ses milices dozos pour parvenir au pouvoir, et évaluer les dégâts humains qu’ils ont occasionnés. Qui pourrait alors leur en vouloir quand ils se mettront à scander des slogans réclamant la condamnation des gouvernants d’aujourd’hui ?

Appel à la dénonciation des réparations partisanes

Il serait bon que les jeunes de chaque parti politique – y compris ceux du PDCI-RDA – dénoncent l’utilisation de la douleur des Ivoiriens à des fins partisanes. Les réparations des maux et préjudices subis par les populations ivoiriennes doivent êtres étudiées dans un cadre national afin qu’elles soient bien appropriées et satisfaisantes pour tous. S’il est établi que les forces en présence au moment du conflit, plutôt que de combattre l’ennemi armé, s’en sont prises aux civils pour la simple raison qu’ils étaient jugés partisans du camp adverse, alors il convient de dénoncer leurs crimes et les punir. Mais il est malsain que les partisans du pouvoir actuel s’érigent en victimes officielles d’une crise nationale pour, d’une part, bénéficier des milliards promis en guise de réparation et, d’autre part, servir de caisse de résonnance à l’animosité du pouvoir actuel contre le précédent. Tous les partis doivent avoir le courage de dénoncer cette mascarade de réparation sachant qu’aucun exilé de l’ouest ayant sa maison brûlée et ses parents tués par les dozos ne sera pris en compte dans cette réparation financière promise par le pouvoir en décembre 2014.

L’AIRD-France dénonce donc cette promesse de distribution de milliards qui vise à acheter les voix des nordistes lors des prochaines élections présidentielles. Une chose est certaine : les preuves filmées de simulacres de mort dans le camp de M. Ouattara existent ; les preuves de scènes de sacrifices humains pratiqués par les partisans de M. Ouattara existent ; les preuves d’humiliation publique opérée par les partisans de M. Ouattara existent ; les preuves filmées de massacres de population de villages ayant largement voté pour Laurent Gbagbo existent. Par contre, jamais le camp de M. Ouattara n’a pu apporter une preuve en image d’un crime perpétré par l’armée loyaliste ou par des prétendus miliciens pro-Gbagbo. Alors que le pouvoir actuel a clamé haut et fort, durant des années, posséder des preuves en béton pour faire condamner Laurent Gbagbo, nous venons d’apprendre que ces preuves destinées au procureur Bensouda ont purement et simplement disparu d’Abidjan. En d’autres termes, de même que la France n’a jamais trouvé les preuves tangibles rendant Laurent Gbagbo responsable du bombardement de son cantonnement militaire à Bouaké en 2004, de même Ouattara ne dispose pas d’éléments prouvant que les milliers de victimes de la guerre postélectorale sont tous ses partisans, et tous issus du nord du pays. Bien au contraire, dans un cas comme dans l’autre, les preuves condamnant les accusateurs abondent et pourraient les discréditer définitivement.

L’autre élément prouvant que cette association de « victimes » a une coloration absolument partisane est à noter dans ce qui s’est passé au tribunal d’Abidjan dans le cadre du procès dénommé « procès des pro-Gbagbo ». Tous les témoins appelés à la barre pour faire pencher la balance judiciaire du côté condamnant les dirigeants et les partisans de l’ancien pouvoir sont originaires du nord du pays ! C’est à croire qu’en Côte d’Ivoire, il n’y a que les Nordistes qui sont mortels et qui possèdent des biens. Ce défilé des ressortissants nordistes était d’ailleurs risible quant au contenu de leurs dépositions. Certainement recrutés sur les trottoirs d’Abidjan et payés quelques CFA pour avoir l’honneur d’admirer les robes des magistrats en une occasion aussi solennelle, ils avaient complètement oublié les leçons apprises et s’étaient donc couverts de ridicule en tenant des propos indignes d’un enfant de cinq ans. Pire, le juge chargé de les entendre a été contraint de faire remarquer qu’ils sont trop nombreux à ne pas figurer sur la liste des témoins devant déposer devant la cour. Tout le monde avait bien ri ; y compris les juges dans leur robe noire. Mais l’essentiel était ailleurs. Il s’agissait de condamner coûte que coûte les perdants d’avril 2011.

Si en plus de cette mascarade de justice, des individus se disant représentants de la population ivoirienne et victimes de la guerre postélectorale se mettent à scander des slogans hostiles à l’une des parties du conflit qui a déchiré la cohésion nationale, alors on est tout simplement dans la manipulation de la douleur nationale. L’AIRD-France appelle donc tous les Ivoiriens à dénoncer l’existence de cette association partisane destinée à salir une catégorie de la population et à percevoir des indemnisations de complaisance.

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France

05/03/2015

Le PDCI, un instrument de honte avec H. Konan Bédié

Le PDCI, un instrument de honte avec H. Konan Bédié

Congrès du PDCI 2015, Konan Bédié la honte de la Côte d'ivoire, Qui est Henti Konan Bédié, le PDCI et Alassane Ouyattara


Que l’on se souvienne du ton de mon article de mars 2012 intitulé « Henri konan Bédié, nous irons tous pisser sur ta tombe à la queue leu leu ». Que l’on se souvienne de la peinture que j’avais faite de l’esprit de cet homme qui affectionne régler ses pas sur ceux de Dramane Ouattara au point de l’avoir rejoint dans son QG de l’Hôtel du Golf, à Abidjan, lors de la crise postélectorale de 2010-2011. J’écrivais alors qu’un tel « suivisme irréfléchi est indigne d'un homme qui a connu tous les honneurs dans son pays. Oui, à ce moment-là, vous étiez devenu insignifiant, réduit à la dimension d'un enfant suivant les pas de son protecteur qui le tient en otage pour lui servir de bouclier honorable aux yeux de l'extérieur. » Le dernier congrès du PDCI vient non seulement de confirmer mes propos de 2012 mais aussi de montrer que tous ceux qui le suivent sont la honte du PDCI et aussi de la Côte d’Ivoire tout entière.

Maureen Grisot, la correspondante de RFI – la Radio d’intoxication de la France – ne s’est pas trompée de constater un peuple de PDCI sans aucune consistance. En effet, il est difficile de comprendre comment des milliers de personnes ayant fait des études et accomplissant des tâches administratives ou politiques dans l’intérêt d’un pays peuvent manquer de jugement au point de signer un pacte oral d’alternance à la tête d’un pays avec leur allier politique. Plus je réfléchis, plus je me dis que le PDCI est une assemblée de moutons : s’il y en a un qui traverse la route, tout le reste du troupeau en fait de même sans aucune considération du danger qu’il court. A l’aveuglette !

N’importe quel imbécile sur terre sait que toute promesse orale n’engage que celui qui la croit. Voir tous ces anciens universitaires, bardés de diplômes, dodeliner de la tête et voter sans soumettre ce qui leur est proposé à l’analyse de leur raison est tout à fait honteux pour la Côte d’Ivoire. Toutes les mères et tous les pères de Côte d’Ivoire qui ont payé et paient des études à leurs enfants doivent les maudire si un seul instant ils doivent considérer que c’est à ce suivisme moutonnier auquel leur progéniture est destinée. Aucune mère, aucun père ne doit éprouver de la fierté à savoir son enfant réduit à l’imbécilité, c’est-à-dire à regarder le doigt qui montre le chemin plutôt que le chemin.

Personne ne peut avoir de la considération pour toutes les personnalités qui étaient présentes à cette manifestation et qui ont applaudi, comme un seul homme, à l’inconcevable. Mon Dieu, nous ne sommes plus à l’heure du parti unique où régnait la peur de s’écarter du chemin tracé par Houphouët-Boigny ! La liberté d’expression serait-elle aujourd’hui encore interdite au sein du PDCI ? Si tel est le cas, on peut parier que même dans l’isoloir, toutes les personnalités bardées de diplômes ont peur de donner un autre avis que celui du chef. Je suis prêt à mettre ma main au feu que dans un isoloir, tous les cadres qui critiquent Konan Bédié loin de leur appareil politique ont peur de glisser un autre bulletin que celui de Bédié dans l’enveloppe au moment de voter. C’est dire que même loin du regard de Bédié, ils ont le sentiment qu’ils sont épiés. Ils vivent constamment dans la peur. Et ces peureux-là ne sont pas des paysans mais des cadres cravatés roulant dans de belles voitures et se disant instruits et parfois même cultivés. Des êtres risibles quoi ! Leur mère et leur père auraient mieux fait de les noyer dans la rivière la plus proche plutôt que de dépenser leurs maigres ressources pour les envoyer faire des études à une fin aussi catastrophique pour la Côte d’Ivoire.

Endimanchées et emperruquées pour la circonstance mais la tête vide comme une vieille coquille d’escargot, telles étaient les personnalités politiques du PDCI au dernier congrès de ce parti. Pas du tout réjouissant pour l’image de la Côte d’ivoire. A gémir de honte !

Raphaël ADJOBI