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21/10/2015

Elections 2015 : les Ivoiriens sont-ils abonnés aux rêves insensés ?

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A l'approche de la date officielle des élections présidentielles en Côte d'Ivoire – 25 octobre 2015 – tous les regards sont fixés sur les irréductibles candidats qui pensent remporter la victoire dans une compétition aux contours anti-démocratiques spécialement préparée pour reconduire Alassane Ouattara à la tête du pays. Heureusement, les discours enjôleurs de ces candidats encore en lice, qui tentent de donner l'impression de pouvoir gagner des élections dont ils n'ont pas les moyens de contrôler les différentes étapes de leur déroulement, sont loin de tromper les Ivoiriens. Fou est celui qui, les yeux ouverts, fait deux fois le même rêve dont il sait l'issue lui être défavorable ! 2010 ne leur a pas suffi.

A la lecture du livre de Bernard Houdin – Les Ouattara, une imposture ivoirienne – il apparaît une chose claire dans le parcours de M. Alassane Dramane Ouattara depuis qu'il est entré dans la vie politique ivoirienne : tout ce qu'il cède, il le vend ! En d'autres termes, si quelqu'un l'approche pour obtenir quelque chose, cette personne doit lui donner quelque chose en échange. Avec lui, tout s'achète et tout se vend. Rien n'est gratuit. Il met l'argent de l'Etat à votre service à la seule condition que les actions que vous mènerez lui soient profitables. C'est son premier principe qui a fait de la corruption la gangrène qui mine la Côte d'Ivoire depuis son arrivée au pouvoir.

Par ailleurs, mentir sans scrupule ne lui fait pas peur parce que cela ne lui coûte rien. Il soutient qu'Essy Amara l'avait prévenu longtemps à l'avance qu'il ne serait pas candidat contre lui. Chose que l'intéressé réfute. En 2010, lors du débat face à Laurent Gbagbo, il a affirmé qu'ils avaient été élèves ensemble. A Sindou ou à Mama ? Faussaire, il détient deux actes de naissance - l'un à Sindou et l'autre à Dimbokro – et deux cartes d'identités ivoiriennes établies dans deux lieux différents d'Abidjan (pages 240-242 du livre de Bernard Houdin). On se souvient des 19,3 tonnes de meubles et marchandises diverses qui devaient meubler la villa qu'Houphouët a offerte au couple et que Ouattara a tenté d'exonérer des droits de douane en faisant valoir sa position au sein du gouvernement. Sans la campagne de dénonciation, la tricherie avec la douane aurait été parfaite. Et c'est toujours Alassane Ouattara qui, en 1992, alors Premier ministre, avait obtenu par des circuits non officiels l'octroi à sa compagne Dominique d'un million de dollars de la Fondation Endaya International dont Madame Marie-Thérèse Houphouët-Boigny était la présidente. Une escroquerie dont lui seul connaît les secrets (p. 288).

Il convient donc de rappeler - après ce détour par la personnalité et les pratiques de l'homme au pouvoir en Côte d'Ivoire - que tous les candidats qui participeront à cette élection sont indubitablement des personnes achetées par M. Ouattara pour lui servir de faire-valoir, pour lui donner l'occasion d'affirmer à la face du monde qu'il y a en Côte d'Ivoire des personnes et des partis qui reconnaissent le caractère démocratique des élections de 2015. Souvenez-vous de l'argent offert aux différents candidats en échange de la signature d'une charte de bonne conduite hors de toute légalité constitutionnelle. « Je vous offre de l'argent contre votre silence quand je serai déclaré vainqueur », semble-t-il leur dire.

Devant cette mascarade officielle, il importe que chaque Ivoirien prenne ses dispositions pour avoir de quoi manger et boire chez lui pour ne pas sortir dans les rues le 25 octobre. Car aller voter signifierait :
- qu'il est normal qu'il y ait des prisonniers politiques en Côte d'Ivoire ;
- qu'il est normal que tous ceux qui ne sont pas d'accord avec Ouattara et qui le font savoir soient emprisonnés puis condamnés par les tribunaux du pays ;
- qu'il est normal que les exilés ivoiriens demeurent définitivement dans les pays voisins et leurs terres définitivement occupés par les nouveaux venus ;
- qu'il est normal que la France décide à notre place qui doit diriger notre pays et que par conséquent il est tout à fait inutile de vérifier la véracité des votes exprimés dans les urnes.

Si un candidat doit affronter Ouattara, il doit être désigné par un consensus de l'ensemble de l'opposition afin de mettre toute la population ivoirienne de son côté. Une population qui serait alors prête à risquer sa vie pour le défendre en cas de fraude avérée. Tout candidat qui n'aura pas la bénédiction du peuple et des autres partis et qui s'aventurerait dans ce guêpier se retrouvera sans secours populaire en cas de contestation des résultats ! Que les irréductibles candidats le sachent : sans consensus préalable, ils ne seront défendus par personne en cas de contestation !

Que tout le monde retienne ceci : sans candidat contre Ouattara, toute élection devient irréalisable. Le pouvoir sera alors contraint de chercher les moyens de reconsidérer les structures des élections. Le peuple aura alors réalisé une révolution passive. Si cela ne suffisait pas, elle pourra s'autoriser une révolution violente. Mais derrière qui ? Et pour instaurer quoi ?

Raphaël ADJOBI

Commentaires

Merci raphaël, je suis d'accord avec toi et j'ai beaucoup apprécié cette partie:

Devant cette mascarade officielle, il importe que chaque Ivoirien prenne ses dispositions pour avoir de quoi manger et boire chez lui pour ne pas sortir dans les rues le 25 octobre. Car aller voter signifierait :
- qu'il est normal qu'il y ait des prisonniers politiques en Côte d'Ivoire ;
- qu'il est normal que tous ceux qui ne sont pas d'accord avec Ouattara et qui le font savoir soient emprisonnés puis condamnés par les tribunaux du pays ;
- qu'il est normal que les exilés ivoiriens demeurent définitivement dans les pays voisins et leurs terres définitivement occupés par les nouveaux venus ;
- qu'il est normal que la France décide à notre place qui doit diriger notre pays et que par conséquent il est tout à fait inutile de vérifier la véracité des votes exprimés dans les urnes.

bon courage et à bientôt, on est ensemble

Écrit par : Adou | 01/11/2015

Merci, cher ami pour ce mot d'encouragement. Il est à remarquer que si chaque opposant avait tenu ce discours dans les villages et auprès de ses amis et connaissances, cela aurait fait réfléchir un peu plus ceux qui ont tenu à concourir. Merci !

Écrit par : Raphaël | 02/11/2015

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