topblog Ivoire blogs

28/03/2016

La nausée, version 2016, par Nicolas Sarkozy

A force de trop vite tourner les pages de l'Histoire africaine, de se mêler de tout et de raconter des bêtises sans aucun scrupule, l'homme finit par nous faire vomir sur sa personne. Un billet de Shlomit Abel.

021215-sarkozy.jpg

Les journaux ivoiriens ont relevé quelques perles égrainées par Nicolas Sarkozy lors de son passage express en Côte d'Ivoire à la suite de l’attaque “djihadiste” à Grand-Bassam. Je viens de les relire, et j'en ai la nausée. En 2010, en Côte d'Ivoire, « la France n'avait pas de candidat. C'est à la demande des nations unies que la France est intervenues pour détruire les armes » (...) « La France n'a pas vocation à s'ingérer dans les affaires intérieures des autres » (...) D'ailleurs le chef de file des Républicains pense que la Côte d'Ivoire a été attaquée parce que c'est un symbole de démocratie et de développement. (...) « C'est le succès de l'Afrique qui fera reculer le cancer djihadiste ». « l'Afrique et l'Europe vont relever ce défi ensemble » (...) Celui qui en mars/avril 2011 a fait bombarder l'usine de la Sotra pour obliger la Côte d'Ivoire d'importer ses bus, ose dire à Abidjan: « ça ne suffit pas d'avoir 8 à 10 % de taux de croissance, il faut faire en sorte que le développement soit moins dépendant de l'exportation » !!!

Quelques phrases assassines encore, de quoi vous écœurer durablement, tellement c'est abject :« Il faut tourner la page du compassionnel pour aller vers d'autres stratégies. Nous devons changer d'ambition et de stratégie. Le secteur privé doit générer des emplois (…) je souhaite que la politique française en Afrique soit le développement » (...) « nous, la France, nous avons fait de grandes choses, mais nous avons commis des erreurs. Le passé, c'est du passé. Ce qui compte, c'est l'avenir »
Et pourtant, je devrais me réjouir, parce que depuis ce matin, Nicolas Sarkozy, alias Paul Bismuth est de nouveau replongé dans une affaire qui risque de mettre à mal son avenir politique. En effet, la Cour de cassation vient de valider les écoutes de Nicolas Sarkozy en marge de l'affaire Bettencourt : il est de nouveau redevenu justiciable. Mais cet homme est d'un cynisme effrayant. Comme beaucoup d'hommes politiques, il est avocat d'affaire, il sait bien comment contourner la justice et gagner du temps en ralentissant les procédures. Dans notre monde corrompu, il est presque impératif que les hommes politiques pour percer et s'imposer soient avocats. Ils pourront être encore plus retord que les retords qui les ennuient ! « Nous, la France, nous avons fait de grandes choses, mais nous avons commis des erreurs. Le passé, c'est du passé. Ce qui compte, c'est l'avenir ». Les victimes passées, présentes et à l'avenir compromis en Côte d'Ivoire seront heureuses de ce "nous la France" qui avons juste commis des erreurs; pas des fautes, pas des crimes, des erreurs ! C'est "nous, les Français", pas lui tout seul ! Comme s'il s'était soucié d'expliquer à ses concitoyens les vrais enjeux de la Françafrique et de l'assassinat de Khadhafi! Que nenni, son discours n'a pas dépassé le stade infantile de l'évocation des méchants dictateurs qui s'accrochent à leur siège, qu'il faut éradiquer afin de voler à coup de bombes au secours de leurs citoyens !
Mais ne nous attardons pas sur les 200 victimes jamais retrouvées du chef libyen, et qu'il a si bien vengées en offrant à Moloch deux cent mille victimes. Comme il l'a dit, "tournons la page du compassionnel ". Parce que Sarkozy aime tourner les pages. Il marche sur des ruines fumantes, sans état d'âme, persuadé que d'elles sortiront des royaumes émergents où la justice de la CPI fleurira comme un jardin d'Eden. Encore un de ces "grands du monde" à l'humanité rétrécie, qui ne sent même plus son cœur battre au dedans de lui, tellement il est pétrifié. Quelques heures après les attentats de Bruxelles, il écrivait "Face à l’effroi des attentats terroristes meurtriers qui viennent de frapper la Belgique, sa capitale et le peuple belge, je veux exprimer ma solidarité et rappeler tout mon soutien aux autorités gouvernementales belges qui font face à une attaque coordonnée d’une grande ampleur. Mes pensées vont aux victimes, à leurs proches et à leurs familles. Après la France, la Belgique est directement ciblée. Nos démocraties doivent faire face à une menace intérieure et extérieure qui n’a jamais été si élevée. Dans ces circonstances tragiques, nos dispositifs de sécurité doivent être adaptés et nos partenariats de renseignement renforcés. C’est un impératif absolu. -NS "

Cet impératif de l'actualité vient à point nommé pour appliquer une voile d'ombre rafraichissante sur son passé de délinquant en col blanc avéré. Grâce à la tragédie belge, il ne fera pas la une du journal télévisé ce soir !

Pour finir, je vous avouerai que j'ai un gros problème avec sa signature "NS". Dans le catholicisme, ce sigle bien souvent, -et c'est comme cela que je le lis à chaque fois que je le rencontre-, désigne "Notre Seigneur". Cette appellation accolée au nom de l’ancien président, m'insupporte au plus haut point. C'est subjectif, me direz vous; moi je ne peux m'y soustraire. Mon livre de chevet a été pendant de longues années "l'Imitation de Jésus-Christ", ce petit chef d’œuvre de piété du Moyen-Age où justement NS est à l'honneur, le vrai, le droit, le juste, le compatissant, le dévoué, l'ami, le consolateur. Pas celui qui a repris les même initiales et qui ressemble d'avantage à son sosie d’en-bas, sa copie/version dévoyée, celle du mal, de celui qui divise, déchire et qui semble avoir définitivement accroché son âme au vestiaire. Mais il est vrai que Seigneur et Satan commencent aussi par la même lettre...

Shlomit Abel, 22 mars 2016

15/03/2016

La Côte d'Ivoire appelait Ben Laden ; il est venu à Bassam sans tarder !

12814407_866512643457438_7668362914774814750_n.jpg


Les Ivoiriens auraient-ils la mémoire courte ? Ne se souviennent-ils plus des cris rageurs des rebelles nordistes dans les rues d'Abidjan au cri de El Akhbar en 2000 ? Cris aussitôt relayés en France dans les colonnes du journal La Croix qui clamait la scission entre le Nord musulman et le Sud catholique ? Les Ivoiriens auraient-ils oublié ces rebelles nordistes qui, à l'imitation de Ben Laden et des djihadistes, se laissaient pousser une barbe hirsute ? Les Ivoiriens ont-ils oubliés qu'un des chefs rebelles a choisi de se surnommer Ben Laden en hommage à l'épouvantail que cet homme représentait dans la conscience collective ? Auraient-ils oublié les rebelles portant des T-shirts avec le portrait de Ben Laden ? Les Ivoiriens auraient-ils oublié que ceux qui gouvernent leur pays ont exécuté froidement des milliers d'Ivoiriens non-armés dans tous les coins du pays ?

Quand on appelle Ben Laden, il vient sans tarder. C'est dans les foyers de l'extrémisme musulman qu'a été nourrie la rébellion ivoirienne au Burkina Faso ! C'est là que tous les musulmans djihadistes se sont donné la main pour dépecer la Côte d'Ivoire. C'est au dernier moment que la France leur a conseillé de couper les barbes et d'abandonner les slogans islamistes pour se fabriquer une étiquette républicaine. Elle leur avait même fourni des habits neufs pour leur donner un semblant de respectabilité.

C'est donc sous ce vernis républicain que la horde de voyous de tous les horizons musulmans de l'Afrique de l'ouest se fondit sur la Côte d'Ivoire dans les pas d'une France sûre de tirer un grand profit du triomphe de cette invasion. Les rebelles ont gaiement tué à Bouaké des gendarmes ivoiriens. Il ont exécuté avec le même sang froid les populations de l'ouest avant de s'emparer d'Abidjan. Pour une si belle opération, tous les supplétifs étrangers ne cessent depuis 2011 de demander leur salaire.

L'idéal djihadiste ne dort jamais quand on a pactisé avec lui. Un pouvoir musulman, entièrement musulman, voilà ce que l'on attendait des rebelles qui avaient entonné le El Akhbar de 2000. Les djihadistes de l'Afrique de l'ouest et du reste du monde n'acceptent pas que leurs amis les trahissent en allant forniquer avec les Français. On leur avait promis une république musulmane. Et voilà que les rebelles ivoiriens qui ont été à leur école leur font des infidélités. Il est donc normal que la leçon tombe un jour. Et ce fut Grand-Bassam !

Quel est l'ivoirien qui aurait l'indécence de qualifier l'attaque de l'ancienne capitale d'acte barbare ? Ce qui vient de se passer est très loin d'atteindre les crimes de Bouaké, du Nord, de l'ouest et même ceux qui se déroulent encore aujourd'hui dans les prisons ivoiriennes. Y a-t-il une différence entre mourir assassiné par un djihadiste ivoirien et mourir assassiné par un djihadiste de l'Afrique de l'ouest ? Quand on introduit la violence des armes dans un pays, il faut s'attendre à ce que les conflits se règlent à coup de fusils ou de canons. Les rebelles du gouvernement en place savent très bien que les morts de Grand-Bassam sont si peu de chose au regard de leurs mémorables prouesses dont ils se vantent dans les vidéos qui circulent sur Internet. Ils sont tous risibles en prêtant un visage attristé devant les caméras. Les Ivoiriens devraient avoir la sagesse de ne pas partager leur peine avec les rebelles qui assassinent leurs parents dans les prisons.

La diaspora ivoirienne qui a été prompte a clamer qu'elle est plus ivoirienne que jamais devrait avoir honte de se retrouver à l'unisson avec les bourreaux de leur pays qui le dirigent depuis que la France le leur a offert sur un plateau.

Raphaël ADJOBI


02/03/2016

Quand les témoignages tournent à la farce à la CPI* (Un joili texte moqueur de notre amie Shlomit ABEL)


L'intérêt du texte que je vous propose ici n'est pas dans son contenu - par ailleurs très simple - mais dans sa forme qui lui confère une portée encore plus grande. Faisons simple pour mes lecteurs Européens souvent ignorants des affaires africaines (de la France) : nous savons qu'à grand renfort de messages médiatiques, la France a fait de Laurent Gbagbo - dont presqu'aucun Français ne saurait reconnaître la tête - un dictateur qu'il lui a fallu destituer à coups de canons. Figurez-vous que depuis que la France et le préfet nègre qu'elle a installé en Côte d'ivoire ont chargé la Cour pénale internationale sise à la Haye (Pays-Bas) de punir ce président - ce qui n'est pas la tasse de thé des Français - ils ont toutes les peines du monde à démontrer son caractère dictatorial. Depuis bientôt cinq ans, la puissante France cherche vainement des preuves pour faire condamner Laurent Gbagbo et en finir définitivement avec lui. Par le passé, en 2004 - les pauvres Français à la mémoire courte ne s'en souviennent plus - les autorités françaises avaient fait assassiner 9 militaires français à Bouaké pour se fabriquer une preuve convaincante leur permettant de le destituer et plus tard le faire condamner. Malheureusement, les familles des victimes ont vu la supercherie et ont porté plainte, lavant ainsi Laurent Gbagbo de tout soupçon. Alors, la douce France décide en janvier 2016 d'aider le gouvernement franco-ivoirien - parce qu'il y a un ministre Français blanc dans le gouvernement de ce pays - de tenter le tout pour le tout : convoyer des témoins à La Haye avec dans leurs bagages des promesses et l'assurance de l'anonymat total. J'avoue ignorer s'il est usuel en Europe et ailleurs de témoigner sous l'anonymat.
Pauvre France, le stratagème n'a pas fonctionné parce que quatre des témoins ont voulu profiter de l'occasion pour rompre avec leur pays et leur gouvernants imposés par la France.
Si je vous propose le récit de notre amie Shlomit Abel, c'est qu'il est tout simplement savoureux. L'écriture, c'est aussi du plaisir. Un texte amusant à déguster ! Maintenant que personne ne croit que justice peut être rendue à La Haye, amusons-nous du ridicule des hommes.
Bonne lecture.

* Cour pénale internationale à La Haye (Pays-Bas).
°°°°°°°°°

Témoin, t'es moins faux qu'un vrai proc : c'est pis

2688946781.jpg«Vous allez entendre des chercheurs, des cinéastes. Vous allez entendre des témoins de l’entourage immédiat des accusés, notamment des hommes politiques, des membres des Fds, des membres des jeunes pro-Gbagbo, des milices et des groupes de mercenaires ».
Non ce n'est pas le discours inaugural d'un festival du cinéma, d'un gala de bienfaisance. C'est notre procureure gambienne qui dévoilait, lors de la reprise du procès à la Haye, la diversité des 138 témoins à charge attendus à la barre. Nous en aurons eu quatre, en "perpétuel danger de mort", avec leur voix totalement déformée, au point que l'on ne distingue pas un homme d'une femme. Mesure de protection supplémentaire : ils pourront s'exprimer en dioula, un interprète se chargeant de traduire leurs propos. Mille précautions donc, visant à préserver l'anonymat des témoins : mille précautions plus que suffisantes, mais virant manifestement au superflu lorsque certains, de dioula, se mettent, – ô miracle – à parler français, alors qu'ils sont censés ignorer la langue des troubadours et des fous du roi de France !

Témoignages, contre-interrogatoires, le temps s'étire, l'écoute s'avère fastidieuse... Et là, coup de théâtre, les membres de la Cour sont invités à ramasser leurs cartables deux jours plus tôt que prévu, non pour cause de défection de tel ou tel juriste, mais parce qu'il n'y a plus rien à tirer de ces témoins, selon maître Altit. La défense de Blé Goudé a même préféré s'abstenir de se fatiguer à les fatiguer davantage, en renonçant à les interroger plus avant.
Nous savions déjà que les dossiers d'inscription des victimes voulant témoigner à la Haye se retiraient au siège du RDR; mieux, que les dossiers étaient remplis avec l'aide d'assistants-sociaux un peu particuliers, ayant en réalité pour tâche de "peaufiner" le témoignage en fonction du but recherché : noircir le Président Gbagbo par tous les moyens, fût-ce au prix de scénarios peu crédibles et mal ficelés. Selon un ami, ces témoins auraient été recrutés pour la plupart dans le quartier Wassakara, un nom qui ne m'a pas frappée lors de la période de la dite crise post-électorale.

Au départ, les travailleurs sociaux étaient français, leur cabinet se trouvant à l'ambassade de France. Quoi de plus normal que de vérifier si les personnes candidates à l'obtention de ce précieux visa-sésame pour la France de Hollande et la Hollande de la CPI, étaient des personnes dignes de foi : celle qui consiste à être doté de l'aplomb nécessaire à enfoncer LG ! Par la suite, c'est le siège du RDR, via le téléphone dioula, qui est devenu une sorte de "pôle-emploi" spécialisé pour l'étranger, une agence de recrutement provisoire pour intérimaires disposés à convoler en justes émigrations. Les témoins qui ont eu la chance d'arriver à La Haye avant la reprise du procès, après avoir goûté aux joies des musées et canaux hollandais, ont appelé leurs proches à Paris, lesquels leur ont conseillé de voir plus grand – la mère patrie de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ! –, et de ne viser désormais rien moins que le Louvre, et les bateaux mouche sur la Seine! Et ceux qui avaient entendu parler du conseiller franco-bété de Ouattara avec rang de ministre, Ser(e)y-Eiffel, ont bien entendu tenu à voir l'ouvrage de son aïeul !

De gratuit au départ, pour quelques élus dorlotés par la France, les élus du RDR ont imaginé un témoignage/permis de sortie payant – qu'est-ce que 1,5 million de francs CFA quand un visa normal peut coûter, au bas mot, entre 2 et 4 millions pour un séjour prolongé à l'étranger ! – "Officiellement, tu témoignes; officieusement, tu te fais la malle!" C'est la consigne que les faux travailleurs sociaux-fonctionnaires véreux ont vendue à leur clientèle RDR, certifiant même aux candidats à l'immigration qu'ils avaient la bénédiction de la CPI ! Aux dires de certains, on a même pu voir des agents de l'Onuci apporter leur concours au fonctionnement de cette filière de (faux)-témoins, perpétuant quant à eux la lignée des braconniers chercheurs d'ivoire ou de bois précieux, des soldats braqueurs d'agences de la BCAO. Ici, leur mission consistait à favoriser la candidature de non Ivoiriens : Maliens, Guinéens Burkinabés, étrangers comme eux, et de prouver que ces étrangers naturalisés aux vies multiples – vie passée dans un pays de la sous-région, vie présente en Côte d'Ivoire –, peuvent sereinement envisager leur troisième vie à venir en Europe, grâce à leurs noms et prénoms à consonances "nordiques".

Déjà, lors de l'ouverture du procès, quelques témoins avaient disparu dans la nature. Partis plus tôt en "permission", juste pour embrasser la famille, ils n'ont pas pu s'arracher à de si douces retrouvailles ! Fatou Ben Souda aurait bien aimé un réaménagement du temps de passage de ses protégés restant, le temps de retrouver les premiers, mais le juge austro-italien avait dit niet. Le premier lot servi – quatre témoins – a été surveillé de près, afin que, malgré la proximité de la mer, nos témoins restent sourds à l'appel du large, et s'abstiennent d'aller grossir le nombre des témoins déjà en cavale. Après leur prestation, et leur supplice devant les questions du contre interrogatoire, ce voyage, qui devait être l'aventure de leur vie, s'est terminé à l'aéroport, direction Abidjan, encadré par la police. Brandissant leur contrat de séjour signé avec les cadres RDR, ils ont dû déchanter et comprendre qu'une fois de plus la parole d'un RDR ne vaut de loin pas la parole d'un scout ! Que vont-ils faire, une fois rentrés au pays ? Certaines oreilles indiscrètes qui ont pu entendre l'avis de la belle sœur du voisin de l'oncle de l'un de ces témoins aigris affirmer qu'ils ne vont pas se gêner et déballer sur la place publique et dans les médias la manière dont le RDR les a grugés ! Ceux qui sont encore en liberté, auraient menacé de témoigner pour Gbagbo si on voulait leur réserver le même sort que celui des rapatriés de force.

Il semblerait en bref que la CPI, avec son appareil à couper les têtes de dirigeants africains encombrants, soit prise au piège de sa façon trop carrée d'analyser la situation. Comment concilier bâton et carotte dans cette affaire de témoin ? Comment maintenir la crédibilité d'une cour occidentale visiblement aux prises avec les subtilités de la culture dioula et la corruption endémique prévalant aujourd'hui en Côte d'Ivoire ? Notre gambienne, spécialiste du droit maritime, ne risque pas de trouver dans ses livres et corrigés de cours la solution à ces problèmes. Maître Altit, quant à lui, viendrait aussi d'entrer en résistance, en refusant d'abandonner le titre de Président conféré de droit à SEM Laurent Gbagbo. Voilà l'honneur du juge mis à mal, mais ne fallait-il pas s'y attendre ? A force de déclarer noir ce qui est blanc et vice-versa, comment cette Cour n'en viendrait-elle pas à perdre tous ses repères ?

Merci donc aux témoins – corrompus, certes – mais pas au point d'endosser une fois de plus le rôle de dindons d'une farce françafricaine à bout de souffle. Merci à l'équipe de la défense, qui, en dépit de son impuissance à faire prévaloir le droit du faible innocent sur la loi du plus fort – ce Moloch insatiable dévoreur de justice –, ridiculise brillamment la "cour", et en balaye soigneusement les dernières traces de fausse dignité.

Shlomit Abel, le 24 février 2016