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11/07/2016

La pétition pour la libération de Laurent Gbagbo : un défi à l'Afrique !

Honte à tous les Noirs qui réfléchissent longuement avant de donner leur accord de principe à une cause africaine qu'ils savent juste !

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Des Africains défient les Africains ! Sur le continent noir, on se plaît à user du terme "doyen" ou "aîné" pour montrer son respect pour les plus âgés. Ceux-ci représentent généralement la caution morale galvanisante pour les plus jeunes générations. Conscients de cette morale, l'écrivain ivoirien Bernard Dadié - centenaire - et l'ancien premier ministre togolais, Joseph Koffigoh, ont lancé une pétition en juin denier pour la libération du président Laurent Gbagbo renversé en Côte d'Ivoire par la France au profit d'Alassane Ouattara en avril 2011.

Force est de constater que cette pétition piétine à gagner des signataires à travers le monde et singulièrement dans le milieu des Noirs. Quatre semaines après son lancement, moins de 2 millions de personnes ont donné leur approbation pour la libération de Laurent Gbagbo qui symbolise, en ce XXIe siècle, la lutte contre l'impérialisme français et le respect des institutions africaines.

Les Noirs devraient avoir honte

Quelle tristesse ! Quelle honte pour l'Afrique et pour les Noirs à travers le monde ! Suite au référendum de juin 2016 ayant consacré le retrait de la Grande Bretagne de l'Union européenne sous le nom de Brexit, un mouvement anti-Brexit demandant un contre-référendum a recueilli 3 millions de signatures en 3 jours ! C'est dire qu'une île de 64 millions d'habitants est capable de faire en trois jours ce que le continent noir, ses amis, et toute sa diaspora à travers le monde sont incapables d'accomplir en quatre semaines !

Il y a dans cette foule d'Africains apathiques devant l'appel des "doyens" Bernard Dadié et Joseph Koffigoh des leaders politiques prétendument panafricains ou panafricanistes, des Noirs experts en dissertation sur la liberté de l'Afrique et particulièrement de l'indépendance de leur pays qui ont entendu parler de cette pétition mais sont demeurés jusqu'ici muets et inactifs. On les voit chaque jour leur téléphone collé à l'oreille, vociférant sur leur conviction pour la libération de l'Afrique mais incapables de faire le moindre geste quand on leur demande de passer à l'acte. Si vous les interrompez dans leur dissertation ils vous diront tout simplement : "A quoi sert tout cela ? Les blancs sont trop forts".

Si un Sénégalais, un Malien, un Togolais, un Camerounais, Un Guinéen-Equatorien, un Congolais (des deux rives), un Sud-Africain, Un Ethiopien, un Zimbabwéen, un Ghanéen.... bref, si un Africain et un ami d'un de ces pays de l'Afrique et de son combat pour sa pleine souveraineté entendent parler de cette pétition sans se donner la peine de la signer, qu'ils se taisent à jamais sur tout ce qui touche l'Afrique !

Honte à vous nègres de l'Afrique, de la diaspora et d'ailleurs dont la simple signature pour la liberté d'un Noir enlevé du pouvoir en Afrique par des Blancs et emprisonné en Europe vous demande beaucoup de réflexion ! Honte à tous les Noirs qui réfléchissent avant de reconnaître que le combat de Laurent Gbagbo, de Patrice Lumumba, de Sankara, de Sékou Touré, de Nelson Mandela, de Cheick Antah Diop, de Kuamé N'Krumah... est un combat juste. Honte et malédiction à tous ceux qui mettent dans la balance l'idéal de ces hommes et les inventions européennes tendant à les discréditer avant de signer la pétition pour la libération de Laurent Gbagbo. C'est un vrai défi que "les doyens" Bernard Dadié et Joseph Koffigoh nous lancent.

Le fait de ne pas disposer d'un ordinateur ne justifie pas le silence. Dans tous les coins d'Afrique, tous ceux qui disposent d'un ordinateur doivent ouvrir un compte à une quinzaine, une vingtaine de connaissances pour leur permettre de signer cette pétition, confirmer leur signature et fermer le compte après. Les partis politiques africains doivent s'organiser ainsi pour que leurs membres signent massivement cette pétition. Leur crédibilité à soutenir la souveraineté des pays africains en dépend.

° Signez la pétition

Raphaël ADJOBI

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