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12/04/2017

Jean-Luc Mélenchon et l'autosuffisance culturelle

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En France, nous aimons à affirmer avec beaucoup de fierté que la culture rapporte davantage aux caisses de l’Etat que notre industrie automobile. Malheureusement, ce secteur économique si juteux laisse au bord du chemin ceux que nous appelons communément « les intermittents du spectacle » et qui œuvrent à sa bonne santé, ces techniciens, organisateurs et animateurs de la culture populaire.

La retentissante histoire des intermittents du spectacle qui ressurgit périodiquement (lors des remises des distinctions), comme un écho sans fin, montre bien que si notre culture est riche, ses enfants sont pauvres et vivent avec un avenir incertain. Pour eux, il n’est pas prévu de subvention en cas de disette, comme certains corps de métier. Pour eux, il n’y a point de rente permettant d’assurer demain une vie sans travail à leur progéniture car il leur faut déjà apprendre à vivre honorablement.

Pour la première fois, un homme politique propose une mesure géniale qui ressemble à une autorégulation du monde de la culture et du spectacle, une espèce de programme d’autosuffisance alimentaire culturelle.

Nous savons tous que selon les lois de la France et de la communauté européenne, certaines œuvres artistiques tombent dans le domaine public au bout d’un certain nombre d’années ; c’est-à-dire que leur auteur – qui ont souvent disparu – ou leurs ayants droit ne perçoivent plus de rémunération grâce à la taxe réglementaire lorsqu’elles sont exploitées par d’autres personnes. Jean-Luc Mélenchon propose qu’au moment où l’œuvre tombe dans le domaine public, elle puisse subir durant quelques années encore – deux, trois ou cinq ans – une taxe légère destinée à une caisse spéciale. Cette taxe serait – dit-il – largement suffisante pour faire vivre décemment et dignement les intermittents du spectacle, ces mains généreuses qui, par leurs ouvrages techniques ou par leur qualité particulière contribuent au bon déroulement des spectacles ou à l’animation des espaces culturels.

Avec beaucoup d’élégance, il ne s’est pas attribué cette belle idée. Rendant à César ce qui appartient à César, il demanda au public de Marseille de quel esprit pouvait avoir germé cette proposition. « Karl Marx ! » avait-on entendu crier dans le public. « Non ! l’idée est de Victor Hugo », rectifia Jean-Luc Mélenchon. La classe ! Il fallait y penser.

Qui propose mieux ?

Raphaël ADJOBI

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