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22/04/2017

Le parti socialiste, les Noirs Français et Jean-Luc Mélenchon

Les Français noirs dans campagne présidentielle, pour qui votent les Noirs Français ?


Le parti socialiste est mort depuis longtemps mais ses dirigeants l’ignorent. La maison socialiste a d’abord été désertée par ceux qui faisaient sa force, c’est-à-dire ses partisans et ses sympathisants qui sont ses électeurs ; puis le temps a fait le reste, comme il convient à toute maison abandonnée : sa ruine était devenue visible et inéluctable.

La seule question qui mérite d’être posée est donc celle-ci : pourquoi cette belle maison a-t-elle été désertée ? Cette question permet d’aller à l’essentiel qui se résume à ce constat : le parti socialiste n’a plus d’idéal ! Il n’a plus cet élément galvaniseur permettant à tous les partisans et sympathisants d’un mouvement politique de regarder dans la même direction, cet idéal vers lequel on tend ses forces et ses désirs en toute circonstance. Et un parti politique sans idéal est comme un navire sans boussole et sans cap à viser.

A vrai dire, le parti socialiste a renoncé à son idéal en vendant son âme au capital, aux financiers ! Comme tous les présidents, un président issue des rangs socialistes n’est plus qu’un démarcheur à la solde des entreprises françaises. La horde de financiers que François Hollande traîne dans son sillage lors de chacun de ses déplacements à l’étranger en est la preuve flagrante. Sur le plan national comme sur le plan international, plus rien ne distingue un président socialiste d’un président de la droite financière ou aristocratique.

En 2013, je faisais déjà remarquer que les socialistes ne portaient plus aucun espoir, qu'ils vivaient une véritable crise morale parce qu'ils s’étaient éloignés de leurs valeurs premières (1) : la construction d’une humanité plus juste, la défense du faible contre le puissant, du pauvre contre le riche ! Non contents de fouler au pied l’idéal social et humain qui caractérise le socialisme, les élus de cette belle maison déjà en décrépitude se sont permis un acte de traîtrise hier inimaginable : c’est en chœur et dans l’enthousiasme qu’ils ont livré leur camarade ivoirien Laurent Gbagbo à la droite chiraquienne et sarkozyenne pour être immolé sur l’autel de leurs amis financiers. Les Noirs Français n'oublierons jamais cette énième humiliation infligée à l'Afrique. D'ailleurs, ce pas franchi, plus rien n'aura de la valeur aux yeux des socialistes.

Jamais dans l’histoire de la France les partisans d’un président en exercice n’ont montré autant d’indifférence à son égard. Oui, depuis que ceux que l’on a appelés « les frondeurs » - parce qu’ils tentaient de le raisonner – l’ont quitté, François Hollande est apparu comme vidé de sa substance ; il est devenu un homme fade, insipide, sans intérêt. Alors il a sombré dans l’incohérence croyant susciter un nouvel intérêt : Manuel Valls dont le projet de gouvernement n‘avait obtenu que 5% d’adhésion aux primaires du parti socialiste fut appelé pour appliquer son programme. Être ridicule ou risible n’a plus d’importance pour un socialiste ! De toutes les façons, à pied, à vélo ou en scooter, François Hollande ne rencontre que des quolibets. Alors essayer un programme qui n’a recueilli que 5% d’adhésion des membres de son parti...

A l’approche des élections présidentielles de 2017, les socialistes avaient cru avoir mis un peu d’ordre dans la maison en recourant à la nouvelle tradition de la pseudo démocratie française avec l’organisation des primaires qui ont vu triompher Benoît Hamon. A l’issue de cette épreuve, on s’attendait à les voir tous en rang serrés derrière leur porte-étendard ; même si le cœur n’y était pas vraiment. La discipline, c’est rassurant ; on le sait.
Malheureusement, comme plus rien n’a de la valeur dans la maison socialiste, tout le monde a déserté les rangs, laissant Benoît Hamon agiter tout seul piteusement une bannière devenue un épouvantail. Et qui a été le premier à quitter les rangs ? Monsieur 5%, bien sûr ! Il a précipitamment rejoint Emmanuel Macron qui ne s’était pas suffisamment estimé socialiste pour concourir avec ceux que l’on croyait les siens. Maintenant que tous les déserteurs ont trouvé un refuge, ils crient sur tous les toits que Benoît Hamon fait mal le boulot, qu’il n’est pas suffisamment percutant, qu’il est inaudible. Ils sont comme ça les socialistes : ils vous plantent un couteau dans le dos puis vous accusent d’être moribond.

Puisque plus rien ne distingue un gouvernement de gauche socialiste d’un gouvernement de droite capitaliste, il faut absolument changer le système qui a permis de fondre tous les hommes politiques dans un moule affairiste peu respectueux de la parole donnée, de la condition sociale ainsi que de l'humanité de l’autre. Il faut changer de république !

Oui, Jean-Luc Mélenchon a raison sur toute la ligne. Cela fait des années que tout le monde s’accorde à dire qu’il n’est pas normal qu’un président ait le droit de disposer librement de notre armée hors de nos frontières sans que nos élus aient leur mot à dire. Nous ne sommes en guerre avec aucun pays africain et pourtant nous entretenons des milliers de soldats dans chacun d'eux tout en négligeant nos propres frontières. Cela fait des décennies que tout le monde dénonce la perpétuation d'une élite dans la haute sphère de l’État grâce à un système qui permet aux pauvres de croire que les riches sont leurs bienfaiteurs et qu'ils doivent les entretenir pour pouvoir continuer à vivre. Puisque les socialistes sont arrivés à aimer ce « coup d’État permanent » mis en place par la droite au point où ils n’ont jamais jugé utile de modifier aucun de ses rouages, ils se sont définitivement disqualifiés aux yeux de tous ceux qui sont soucieux d'une société plus juste et plus respectueuse de l'autre. Noirs de France, refusons le fonctionnement de la cinquième République et déclarons avec Jean-Luc Mélenchon que nous sommes « La France insoumise ! »

Il ne faut jamais renoncer à ses rêves ! Parce que Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat à ne pas considérer les Noirs Français comme une génération spontanée sortie de nulle part, parce qu'il est respectueux de la contribution de leurs ancêtres à l'Histoire de France, prenons le pouvoir avec lui ! Et si demain nos efforts pour atteindre nos rêves s’avèrent vains, nous aurons le mérite aux yeux de tous d’avoir essayé. Poursuivons donc avec Jean-Luc Mélenchon le rêve d’une société française plus juste et d’une relation avec le reste du monde plus humaine, moins arrogante. Vite, la sixième République !

(1) La crise morale des socialistes français et le camarade Laurent Gbagbo.

Raphaël ADJOBI

12/04/2017

Jean-Luc Mélenchon et l'autosuffisance culturelle

mélenchon et la culture,la culture dans les élections présidentielles


En France, nous aimons à affirmer avec beaucoup de fierté que la culture rapporte davantage aux caisses de l’Etat que notre industrie automobile. Malheureusement, ce secteur économique si juteux laisse au bord du chemin ceux que nous appelons communément « les intermittents du spectacle » et qui œuvrent à sa bonne santé, ces techniciens, organisateurs et animateurs de la culture populaire.

La retentissante histoire des intermittents du spectacle qui ressurgit périodiquement (lors des remises des distinctions), comme un écho sans fin, montre bien que si notre culture est riche, ses enfants sont pauvres et vivent avec un avenir incertain. Pour eux, il n’est pas prévu de subvention en cas de disette, comme certains corps de métier. Pour eux, il n’y a point de rente permettant d’assurer demain une vie sans travail à leur progéniture car il leur faut déjà apprendre à vivre honorablement.

Pour la première fois, un homme politique propose une mesure géniale qui ressemble à une autorégulation du monde de la culture et du spectacle, une espèce de programme d’autosuffisance alimentaire culturelle.

Nous savons tous que selon les lois de la France et de la communauté européenne, certaines œuvres artistiques tombent dans le domaine public au bout d’un certain nombre d’années ; c’est-à-dire que leur auteur – qui ont souvent disparu – ou leurs ayants droit ne perçoivent plus de rémunération grâce à la taxe réglementaire lorsqu’elles sont exploitées par d’autres personnes. Jean-Luc Mélenchon propose qu’au moment où l’œuvre tombe dans le domaine public, elle puisse subir durant quelques années encore – deux, trois ou cinq ans – une taxe légère destinée à une caisse spéciale. Cette taxe serait – dit-il – largement suffisante pour faire vivre décemment et dignement les intermittents du spectacle, ces mains généreuses qui, par leurs ouvrages techniques ou par leur qualité particulière contribuent au bon déroulement des spectacles ou à l’animation des espaces culturels.

Avec beaucoup d’élégance, il ne s’est pas attribué cette belle idée. Rendant à César ce qui appartient à César, il demanda au public de Marseille de quel esprit pouvait avoir germé cette proposition. « Karl Marx ! » avait-on entendu crier dans le public. « Non ! l’idée est de Victor Hugo », rectifia Jean-Luc Mélenchon. La classe ! Il fallait y penser.

Qui propose mieux ?

Raphaël ADJOBI