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20/12/2014

Côte d'Ivoire : la guerre des faux ou la révolution bougeoise (une réflexion d'Eliahou ABEL)

Si vous n'avez pas encore lu ce texte d'Eliahou ABEL, je vous conseille de prendre le temps de le découvrir. Au moment où les esprits sont troublés par les multiples agitations au sein du FPI, qui entraîne dans son sillage le reste de l'opposition devant le sombre horizon 2015 de la Côte d'Ivoire, Eliahou Abel nous rappelle que c'est en revenant à l'essentiel que nous pouvons nous mettre d'accord. Mais avant, il pense que tous ceux, parmi nous, qui se veulent les étendards de ralliement vers l'idéal qu'ils promettent au peuple doivent commencer par balayer devant leur porte ou faire leur examen de conscience.

Eliahou Abel, Réflexion sur la crise au sein du FPI"…le honteux, ignoble et violent coup d’État perpétré par l’armée française en Côte d’Ivoire pour arracher le pouvoir que le peuple a confié le 28 Novembre 2010 au Président Laurent Gbagbo" (extrait de la déclaration de la convention du FPI des 26-29/04/2012)

Eliahou Abel, Réflexion sur la crise au sein du FPI


Nul n'ignore que l'une des caractéristiques de la Révolution française, c'est d'avoir été récupérée par la grande bourgeoisie et les puissances d'argent ; lesquelles, sous couvert de défense de la démocratie et des Droits de l'homme, n'en finissent pas depuis lors, en France et partout où les soi-disant idéaux de cette soi-disant révolution se sont exportées ‒ Amérique en tête ‒ d'activer leurs réseaux d'influence pour que leur volonté s'accomplisse, et que l'exaucement de leurs vœux tordus jaillisse comme par magie des urnes populaires. C'est à ces démons, drapés dans les oripeaux de la vertu, que les peuples de la terre doivent toutes les guerres qui, depuis plus de deux siècles, ensanglantent la planète.

Les caractéristiques d'une authentique révolution

Or une question se pose, aujourd'hui plus que jamais : quelles sont les caractéristiques d'une authentique révolution, celle que nous attendons toujours, pas seulement en Afrique, mais partout où l'impitoyable loi du profit règne en maître absolu ? Quelles sont les conditions sine qua non de la réussite d'une telle révolution ? D'un simple regard en arrière sur le passé récent de la Révolution indienne et de son chef, le Mahatma Gandhi, ou des combats révolutionnaires qui, en Amérique latine ‒ après des siècles de persévérance il est vrai ‒, ont fini par porter des fruits visibles et durables, quoique toujours menacés, nous pouvons déjà tirer quelques éléments de réponse.

La première condition que doivent remplir celles et ceux qui ambitionnent de transformer la vie de leur peuple et de transfigurer son avenir, c'est le désintéressement : un désintéressement sans failles, tant à l'égard de l'argent, des plaisirs et du sexe, qu'à l'égard du pouvoir : jamais un chef, aussi charismatique soit-il, ne sera en mesure d'apporter au peuple qu'il entend mener à la victoire sur les loups qui le déchirent, le cadeau d'une vraie liberté, s'il n'incarne lui-même cette liberté absolue. Tant qu'il restera au cœur d'un dirigeant révolutionnaire la moindre racine de l'une de ces ficelles grâce auxquelles les mafieux des franc-maçonneries de tout poil parviennent toujours à transformer nos idéaux réels en ballons captifs, rien de durable ne pourra se faire.

La deuxième condition, dérivée de la première, c'est la mise en place, au fil du combat, d'une pédagogie du désintéressement, bâtie autour des innombrables valeurs qui en découlent, avec l'ambition d'élargir à terme le champ de cette pédagogie de la maternelle au doctorat; Il s'agit en somme d'exalter, aux yeux des militants formés à l'école de leurs chefs, puis de leurs enfants et petits-enfants, la seule réussite qui vaille que l'on en rêve au point de lui dédier tous les ressorts ‒ oh combien légitimes ‒ du désir d'excellence : le bonheur de l'autre, de tous ces autres dont le corps collectif forme ce que, depuis l'origine des temps, nous appelons peuple.

Mais venons-en à l'actualité ivoirienne. Nous assistons impuissants, depuis quelques semaines, au spectacle surréaliste d'une sorte de guerre de fictions concurrentes. Cela commence avec la question lancinante : Gbagbo est-il candidat à la présidence du FPI, ou ne l'est-il pas ? Le document publié est-il authentique ? Est-ce un faux ? Depuis hier, une nouvelle question est venue se superposer à la première : le congrès promis, dont l'ajournement, voulu par Pascal Affi N'guessan, s'est transformé en interdiction de fait grâce à l'active collaboration des forces de Ouattara; ce fameux congrès a-t-il ou n'a-t-il pas eu lieu ? Sous quelque angle que l'on aborde le problème, le piège est là, sous nos pas; le piège omniprésent d'un doute obsédant : de quel côté sont les faussaires ? Sommes-nous vraiment environnés de menteurs ? Le combat pour la libération de la Côte d'Ivoire se réduit-il aujourd'hui à un concours pour le prix du meilleur manipulateur ?

Comment sortir du bourbier actuel ?

Pour sortir de ce piège, il faut revenir à l'essentiel, et se poser les bonnes questions. Au cours des semaines qui ont précédé le 11 avril 2011, le Président Gbagbo disposait de plusieurs moyens de s'en sortir, depuis la radicalisation militaire jusqu'à la fuite pure et simple, en passant par l'acceptation de l'un des marchés que lui proposaient conjointement la France et les Etats-Unis. Or l'idéal au nom duquel, au lieu de chercher à se sauver lui-même, il a choisi le chemin du risque absolu, risque de la mort ou de la prison; cet idéal, quel est-il ? Celui précisément dont l'authenticité s'est vérifiée lorsque, au lieu de chercher son propre intérêt, il a opté pour la poursuite de la lutte sur le terrain du droit et de la revendication de justice. Or cet idéal de lutte inspirée ne peut être partagé que par celles et ceux qui, animés du désir de ressembler à celui qui leur a tout appris, et continue à les instruire par l'exemplarité de son combat dans les geôles de Scheveningen, en ont compris l'une des composantes essentielles : ce que nous avons caractérisé plus haut comme la condition première de toute révolution : le désintéressement.

Dès lors, l'unique question à se poser est fort simple : qui, parmi la foule de ceux qui s'autoproclament héritiers de Gbagbo ‒ Affi en tête ‒, incarne visiblement la ressemblance au chef ? Lequel de ces futurs grands hommes a laissé derrière lui la trace d'une véritable incorruptibilité ? Lequel d'entre eux s'est abstenu, sous la pression de circonstances parfois douloureuses, de céder au chant des sirènes, en acceptant tel ou tel compromis en échange d'une amélioration de ses conditions ? A propos duquel de ces ambitieux avons-nous la preuve qu'ils n'ont jamais pactisé avec l'ennemi ? Lequel d'entre eux a su résister à la tentation de bénéficier ‒ en échange de son âme ‒ des réseaux d'influence de telle ou telle confrérie maçonnique, ces loges dont l'omniprésence dans les sphères du pouvoir en Afrique symbolisent objectivement la griffe du fauve Occident planté dans la chair de chacune des nations du Continent ? Lequel de ces prétendant au titre a su faire la preuve de sa non-addiction à l'argent, et au pouvoir pour le pouvoir ?

Au regard du combat dont l'inspirateur est et demeure Laurent Gbagbo, seule une personnalité capable de répondre positivement à chacune de ces questions peut légitimement briguer l'honneur de diriger les militants de son parti dans la lutte qu'ils veulent continuent à mener au nom du chef, et en vue de son retour. Toute pseudo-victoire remportée sur le fondement d'autres principes ne peut qu'aboutir à terme à un échec, échec d'autant plus cuisant qu'il se doublera des plaies difficilement guérissables de désillusions en cascades, autant de nouvelles portes ouvertes aux surinfections de la gangrène françafricaine.

Qui suis-je, pour lancer cet appel ? Mais je le lance pourtant, comme une bouteille à la mer : frères ivoiriens, ne vous laissez pas leurrer par le miroir aux alouettes du dialogue à tout prix. L'appel emblématique du Prési : "asseyons-nous et discutons" concerne l'ennemi, un ennemi à convaincre, peut-être, mais un ennemi pour l'instant étranger aux valeurs de la révolution. Au sein des forces révolutionnaires, il est impératif de redonner la préséance au mérite, évalué sur la base de critères exigeants.

Frères Ivoiriens, votre révolution n'est pas menacée aujourd'hui de récupération, mais de dégénérescence bourgeoise; certains de ceux qui prétendent la mener en votre nom ont déjà fait allégeance aux forces qu'ils font mine de combattre. Il est urgent pour vous de resserrer les rangs autour de chefs dignes de porter l'étendard de votre espérance, et de disqualifier ouvertement et définitivement ceux qui, parce qu'ils s'en sont montrés indignes, ont déjà rejoint les rangs de vos ennemis : avec eux, vous pourrez toujours "dialoguer", à la condition de les tenir soigneusement à l'écart des débats concernant votre lutte pour une Côte d'Ivoire libérée. Ce combat n'est d'ores et déjà plus le leur.

Eliahou Abel, le 11 décembre 2014.

07/12/2014

Notre amie Shlomit Abel à coeur ouvert...

2688946781.jpgNotre amie Shlomit Abel, désormais bien connue des internautes ivoiriens, nous parle à cœur ouvert dans un entretien publié par Cameroonvoice. Si elle apparaît à tous comme la meilleure relayeuse d'informations relatives à la Côte d'Ivoire - personnellement, je consulte son blog plusieurs fois par jour - personne ne reste indifférent aux mots avec lesquels elle exprime son engagement pour le combat des Ivoiriens qu'elle considère juste. Dans cet entretien que je vous conseille, vous la verrez sous un angle beaucoup plus large, parce qu'elle parle de l'Afrique, d'Israël et de la France. Et au-delà de tout cela, c'est son âme qui se découvre à nous. Bonne lecture ! Rejoignez-la ici !

26/05/2014

Ne nous emballons pas ! La CPI reste une Cour pénale aux ordres

Aux Ivoiriens qui rêvent d'une imminente libération de Laurent Gbagbo et d'une reprise de la vie politique ordinaire en Côte d'Ivoire, notre amie Shlomit Abel demande d'être raisonnables et non pas naïfs. Si la France a extrêmement faim et soif, comment pouvez-vous imaginer la Côte d'ivoire - sa proie - libérée ? En effet, libérer Laurent Gbagbo signifie plus que libérer un homme. Lisez attentivement ce billet et dites-nous si vos rêves sont raisonnables.

Ne nous emballons pas !
La CPI reste une Cour pénale aux ordres


A quelques jours de la reprise du calendrier actif de la CPI, la presse bleue se montre assez optimiste. En dépit de cette foi en une libération d'un président Gbagbo incarcéré depuis plus de trois ans suite à une rébellion de plus de dix ans, je ne crois pas à un revirement de la situation: la communauté internationale à travers la CPI, son organe judiciaire, libérant dans un avenir proche un président Gbagbo innocenté.

S'il est innocenté, aucune raison valable ne pourrait l'obliger à demeurer en exil loin de la Côte d'Ivoire. De ce fait, la situation pourrait échapper à la Françafrique. Et Nicolas Sarkozy désirant retrouver en 2017 - et peut-être plus tôt, si François Hollande est totalement discrédité - les rênes de la France, n'est certainement pas décidé à blanchir son "dictateur" ivoirien.

Les Ivoiriens laissent parler leur cœur qui croit encore à une justice possible venant de l'occident ; mais c'est de la naïveté et une générosité mal placée. C'est cet optimiste envers et contre tout qui a poussé le président Gbagbo à croire que ses valeurs étaient celles de ses frères en humanité, frères en chrétienté. Malheureusement, ce n'était pas le cas et les déstabilisations que nous percevons dans d'autres pays africains montrent bien que la France, les États-Unis et leurs alliés sont aux abois. Il n'y a plus de morale qui compte. Pas de partenariat gagnant-gagnant face à la ruine des économies occidentales. Seule planche de survie, le dépouillement continu et intensifié des "anciennes colonies" pour injecter un peu de sang frais dans des états moribonds dont l'apparence reste intacte : celle de grands états, baudruches géantes, gonflées à l'hélium. Du vent, du vent et encore du vent... 


Comment lutter contre ces monstres de papier ? Seule une union de tous les états esclaves "indépendants" pourrait contrer cette avancée inexorable du rouleau compresseur occidental, en espérant rencontrer sur son chemin l'aide de la Russie, de la Chine et du Brics. L'Occident affamé ne lâchera pas son garde-manger de sitôt. Il le lâchera quand il n'en aura plus le choix, acculé de toutes parts, en proie à des problèmes intérieurs qui prendront et absorberont toute sa vigueur restante.

En attendant, la Françafrique et son tribunal international ont encore un avenir ; ne serait-ce que celui de gagner du temps - en faire perdre aux Africains - en éternisant ce procès qui s'ouvrira avec des charges révisées peut-être, mais sans blanchissement de Laurent Gbagbo à la clé. La main de fer sur la Côte d'Ivoire continuera, peut-être dans un gant de velours avec de futures instances "démocratisées". Mamadou Koulibaly, ivoirien aux origines connues, aura sa chance, face à un RDR-PDCI violent, corrompu, incapable de présenter autre chose qu'une face de gérontocrates diminués et d'une cour de profiteurs. Le représentant du Lider, brandi comme un ancien cadre dirigeant du FPI, regroupant sous sa bannière toutes les sensibilités d'opposition, sera prêt à devenir enfin la carpette comme la France les aime, une carpette plus "humaine" - plus maniable aussi - que la précédente et son équipe de nullards.

Koulibaly a moins de personnes à remercier dans le pays. Ses finances certainement proviennent de mécènes étrangers qui abattront leurs cartes en temps opportun. Quant au FPI - il vient encore une fois de le démontrer en rencontrant les représentants de son bourreau - son attitude ni chair ni poisson, trop politique, prêt aux arrangements et compromis pour s'affirmer, pas assez combatif et révolutionnaire, en fera certainement - s'il continue ainsi - un instrument docile entre les mains de ceux qui dirigeront la Côte d'Ivoire de demain.

Shlomit Abel, 25 mai 2014

02/04/2014

Hommmage du patriote Léo Gnawa à Awa Fadiga

Voici un bel hommage que je viens de recevoir de notre ami Léo Gnawa. Je ne peux hésiter à partager avec vous le bonheur que j'ai éprouvé à le lire. Les cris qui viennent du coeur sont assurément les plus beaux !

awa fadiga,léo gnawa La mort tragique d'Awa Fadiga et la frustration des Dioula face au régime d'Alassane Ouattara (par le patriote Léo Gnawa).

Il est clair aujourd'hui que la mort d'Awa FATIGA a été la goutte d'eau qui, dans la marre abusivement appelée émergence, a fait déborder la colère des Ivoiriens. Et parmi eux beaucoup de partisans du régime qui lui avaient pourtant apporté leur soutien, mais qui voient qu'il ne répond plus à leurs aspirations et attentes.

Comme le reste des Ivoiriens, c'est au tour des Dioula de vociférer publiquement leurs exaspérations vis-à-vis du régime d'Alassane Ouattara qui est en train de plonger la Côte d'Ivoire dans l'obscurité et l'obscurantisme.

Aux problèmes de la cherté de la vie, de l'incapacité de réconcilier les Ivoiriens, de la baisse du pouvoir d'achat, du chômage et de l'incapacité de créer des emplois pour les jeunes, viennent s'ajouter ceux de l'insécurité généralisée et de l'incapacité de donner des soins dans les normes.

Merci Awa, car grâce à toi, aujourd'hui, les Dioula expriment leur ras-le-bol de ce régime qui brille par ses carences et son incompétence ; un régime dans lequel pourtant ils avaient mis tant d'espoir, mais qui aujourd'hui est en train de faire sombrer la Côte d'Ivoire dans les ténèbres et la souffrance qui n'épargne personne.

Oui, Awa, tu peux reposer en paix. car à travers la tragédie de ta mort brutale, la mauvaise gouvernance et l'incompétence du régime Ouattara sont mises à nu.

Espérons que ta mort ne sera pas vaine et que les Ivoiriens, partisans ou opposants du régime en place, pourront joindre leurs efforts pour mettre fin au règne de ceux qui, malgré leur promesse de faire de la Côte d'Ivoire une nation émergente, n'ont fait qu'empirer leur condition en transformant l'ADOsolution en ADO-illusion.

Merci AWA ! Mission accomplie. Repose en paix.

Patriote Gnawa (Coordinateur général, Mouvement Des Ivoiriens - MIDI).

21/02/2014

Un Centrafricain explique le conflit centrafricain

Combien de fois n'a-t-on pas pointé du doigt la légendaire solidarité des musulmans pour qui le lien religieux est plus précieux que l'amour de la patrie ? Dans certains pays africains, cette aveugle solidarité les a souvent conduits à s'allier à des coreligionnaires étrangers pour dépouiller et assassiner leurs propres compatriotes. Rares sont ceux qui, comme les Ivoiriens Ben Soumahoro et Balla Keïta, ont fermement démontré que faire passer la religion avant la patrie constitue l'un des grands malheurs de l'Afrique, un fléau encore plus dévastateur que le clan ou l'ethnie. La réaction des Centrafricains - entamée depuis décembre 2013 contre cette criminelle solidarité - devrait faire réfléchir certains. C'est clairement ce que semble dire Evariste NOUMBONA, un centrafricain résidant en France (Bourgogne) mais qui prête une extrême attention à ce qui se passe chez lui.

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Bonsoir frère Raphael,

Je voudrais d’abord m’excuser du retard pris pour répondre à vos questions sur la situation qui sévit dans mon pays, la République Centrafricaine, depuis décembre 2012.

En effet, Michel Djotodia est de nationalité centrafricaine de l’ethnie Goula /Rounga située au nord du pays. Dans cette région, après la razzia arabophone du milieu du XIXe, la majorité de la population a été islamisée de force. Sur une population nationale de 4 500 000 habitants, ces ethnies comptent à peu près 55 000 âmes soit 1,22%. Michel Djotodia est soutenu par les ethnies de sa région et par beaucoup de musulmans de nationalités tchadiennes et soudanaises qui vivent en RCA. Sans oublier les gouvernements tchadien, soudanais (nord), qatarien et saoudien ; vue une lettre que ce dernier a envoyé au comité islamique en Arabie Saoudite sollicitant leur aide afin de prendre le pouvoir en Centrafrique conduisant à son islamisation totale. Ce projet a aussi reçu l’aval de la France qui est notre pays colonisateur. Retenons que par le passé, le président Bozizé, qui a été destitué en mars 2013, avait signé beaucoup d’accords avec la Chine et l’Afrique pour l’exploitation de nos sous-sol qui regorgent de ressources minières. Ce qui n’a pas plu du tout à la France.

Au commencement, la rébellion de décembre 2012 - composée majoritairement de gens du nord pour la plupart musulmans et des musulmans tchado-soudanais - s’attaquait particulièrement à tout ce qui n’est pas musulman. Ces gens attaquaient les Eglises, les chrétiens, l’administration dans sa totalité, dans le but de mettre en application leur plan d’islamisation du pays. La RCA compte 80% de chrétiens, 20% de musulmans et animistes. 80% des musulmans sont des étrangers. Les musulmans centrafricains sont constitués de la population du nord qui n’atteint pas 2% de la population.

La RCA est un pays hospitalier au cœur de l’Afrique Centrale, ce qui a joué contre sa souveraineté quand Séléka (Rébellion), avec la complicité des ces étrangers, a pris le pouvoir en mars 2013. Voilà pourquoi j’ai parlé d’une situation similaire entre la Côte d’Ivoire et la République Centrafricaine.

Il y a effectivement une confusion totale dans la pensée de certaines personnes ; pas seulement les africains mais aussi les européens. Comment accepter que des gens qu’on a accueillis comme des frères s’accaparent maintenant de leur pays d’accueil, en voulant exterminer leurs hôtes sur leur propre sol. Mettez-vous un peu à la place des centrafricains ! Voilà pourquoi les centrafricains se sont révoltés et ne veulent plus voir les étrangers - surtout musulmans - sur leur sol. Toutefois, il y a des débordements dans ce qui est en train de se passer. Que chacun réfléchisse à ceci : comment un peuple qui est hospitalier se lève du jour au lendemain pour chasser ceux qu’ils ont accueillis pendant des années ?

J’espère que l’histoire retiendra cela et que cela soit une leçon pour ceux qui sont accueillis dans un autre pays qui n’est pas le leur ; même s’il y a une solidarité africaine.

Voilà en quelques lignes les réponses à vos questionnements sur la situation que vit aujourd’hui mon pays la République Centrafricaine.

Fraternellement,

Evariste NOUMBONA