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15/01/2015

Sound of silence (par Shlomit Abel)

Une belle analyse critique de la manifestation parisienne suite à l'attentat survenu dans les locaux de Charlie Hebdo. A lire et à relire avec une extrême attention. Cet excellent article de notre amie Shlomit invite tout le monde à regarder d'un œil un peu plus critique l'événement du 7 janvier 2015 à Paris et la marche ayant pour but de le sacraliser. De la réflexion, rien que de la réflexion. C'est tout ce que l'on attend en pareille circonstance.

Shlomit Abel, Charlie Hebdo et après, La vérité sur charlie hebdo

L'attentat n'est pas survenu un 11 du mois, mais la manif est à cette date...11 septembre 11 avril, 11 janvier : simple coïncidence ? « Paris, capitale du monde ! » claironne le premier des François, notre Coq national.

Et pourtant, on est dans l'éphémère, comme dans le conte des frères Grimm avant les 12 coups de minuit, lorsque Cendrillon était encore en chaussons de vair avec carrosse et laquais... Et ensuite ? On va retrouver la grisaille, la morosité ambiante, le chômage, la difficulté des Français à boucler leurs fins de mois... Mais heureusement les gallinacés François, Emmanuel, et surtout Nicolas qui rêve de revenir au plus vite pour veiller sur ses poulettes dociles, vont engranger quelques points de satisfecit, arrivant artificiellement à unifier le peuple derrière leur bannière faussement pacifique. Car ne l'oublions pas, tous ces Occidentaux qui en appellent à l’union sacrée face à la barbarie en sont les artisans, certes à l'Etranger, jamais chez eux : Afghanistan, Iraq, Lybie, Côte d'Ivoire, Mali, et j'en passe. Faut-il s'offusquer maintenant de ce que le balai des apprentis sorciers se retourne contre eux ? Comment parler de paix, alors que l'Occident ne cesse depuis des années, de financer et d’équiper des hordes sauvages de groupuscules armés, chargés de déstabiliser des pays réputés "pauvres", mais au sol et sous-sol regorgeant de promesses pour eux, les prédateurs ?

La France pays des droits de l'homme, oui, c'est ce que l'on voit, la partie émergée de l'iceberg, celle que l’on exhibe au journal de 20 heures où nous voyons cette foule de Français unis, toutes classes sociales et politiques confondues, pleurer sur ces libertés qui ne sont plus, sur cette barbarie à nos portes et dans nos murs. Pendant que nos hommes politiques solidaires - puisque pas moins de 50 chefs d'état et de gouvernement défilent à cette marche pour la démocratie - afin de faire bloc devant la menace du terrorisme. Et pourtant personne n’a protesté lorsqu’une loi visant la réglementation et la réduction des libertés individuelles sur le net a été votée en cette fin d’année 2014. Personne ne s’offusque de ce que tout citoyen peut être espionné dans ses mails, ses SMS, ses communications téléphoniques. Que l’on prenne provisoirement ce genre de dispositions après un méga attentat de type 11 septembre pourrait éventuellement se comprendre, mais là c’était avant l’épisode Charlie hebdo.

Déjà le premier juillet 2011 a paru au journal officiel un décret permettant de réprimer des manifestations populaires à balles réelles si les forces de l’ordre étaient menacées. Là encore personne n’avait protesté, c’était l’été, il faisait chaud, les spécialistes de l’information spectacle préféraient montrer les Français à la plage, plutôt que d’analyser ce décret.

Charlie Hebdo devient le symbole de la France humiliée, assassinée, et pourtant peu de gens connaissaient vraiment cette revue satyrique, aux dessins très souvent d'un gout douteux, ridiculisant au nom de la libre pensée ceux qui n’avaient pas la même conception de l’athéisme, par des dessins, des caricatures, mais sans pousser bien loin la réflexion de fond. La critique du religieux, grossière, vulgaire très souvent, était rendue dans la catégorie très française de la "blague cochonne" où l’on fornique allègrement, même avec Dieu et ses envoyés.

Je comprends tout à fait que l'on se rassemble pour exprimer sa révolte face à des hommes pour qui la vie n'a plus de valeur et qui s’arrogent le droit de l'enlever à d'autres, de semer le chaos et les larmes. Mais là on en fait trop. Même les américains après le 11 septembre n’ont rien imaginé d’autre que le recueillement silencieux sur les lieux de l’horreur.

Aujourd'hui les Français descendent dans la rue, un rassemblement d'une ampleur «sans précédent». Les manifestants se promettant de ne pas stigmatiser l'autre, le gentil musulman à ne pas confondre avec le méchant, le radical. Et pourtant, quand on regarde bien, les musulmans dits extrémistes ne sont bien souvent que des exécutants manipulés et instrumentalisés par l'Occident, préposés aux basses œuvres dans les pays à déstabiliser : des Musulmans de façade, dont la foi se résume à la violence aux cris d’Allah Hou Akbar ; ce sont les tenants de cet islam d'importation, défouloir des pulsions les plus bestiales, que l'on agite comme un épouvantail, à seule fin de pousser à bout les Musulmans de nos pays, pour que de soupçon en dénonciation, de méfiance en incitation à la haine, les générations actuelles ghettoïsées à dessein, sans travail et privées d'avenir en viennent à se solidariser de ce pseudo-islam radical, nourri par l'Occident des sucs de son propre fumier : tout cela pour parvenir à la réalisation du scénario apocalyptique dont ils nous rebattent les oreilles, celui d’une France phagocytée par l’islam, d’un occident « civilisé » confronté à la plus grande menace de son histoire, à ce « choc des civilisations » dont le bilan se soldera par des pertes infiniment plus lourdes que celles de cette fin de semaine.

Ce soir encore, le journal de 20h s’est transformé en une séance entièrement consacrée à la « marche du siècle ». Le monde s’est arrêté de tourner. Pourtant, au cours de la même semaine, au Nigéria, une fillette s’est fait exploser en plein marché, causant la mort d’au moins vingt personnes, avant qu’un nouveau déchaînement de Boko Haram  autre marionnette franco-occidentale  ne se traduise, toujours au Nigéria, par le massacre de 2000 hommes, femmes, et enfants. 16 villages anéantis ! Mais une telle information ne mérite pas d’être qualifiées de majeure ; ces morts-là n’intéressent personne, en tout cas pas le gouvernement français et ses médias aux ordres ! Pensez donc 17 morts sur le sol français, face à deux mille Africains égorgés et violés... La balance penchera toujours du même côté. Sur le net circulait hier cette phrase "si Charlie mérite le silence, alors le Congo mérite qu'on se taise à jamais : plus de 6 millions de morts…" Je m’arrête ici, tout ce tapage médiatique n’ayant qu’un objectif : imposer silence au vrai silence, empêcher tous ces Français au cœur généreux d’entendre enfin la voix des dizaines de milliers d’hommes, femmes et enfants assassinés sur commande par leurs dirigeants  Afghanistan, Irak, Côte d’Ivoire, Lybie, Syrie, Mali, Ukraine  ; empêcher la foule authentique des citoyens de bonne volonté d’entendre ce « sound of silence » de la mort, rumeur assourdissante en quête d’une réponse adéquate fondée sur le retour à la vérité dite et entendue. Dire, entendre, écouter : rien à voir avec l’unanimisme d’une mascarade où se shlomit abel,charlie hebdo et après,la vérité sur charlie hebdocongratulent grands et petits maîtres du monde soi-disant « libre » ; libre de continuer à vivre au prix de l’asservissement de tout peuple cumulant les malchances d’être riche en ressources, et de ne pas adhérer aux critères de survie de l’axe du bien.

Shlomit Abel, 12 janvier 2015

20/12/2014

Côte d'Ivoire : la guerre des faux ou la révolution bougeoise (une réflexion d'Eliahou ABEL)

Si vous n'avez pas encore lu ce texte d'Eliahou ABEL, je vous conseille de prendre le temps de le découvrir. Au moment où les esprits sont troublés par les multiples agitations au sein du FPI, qui entraîne dans son sillage le reste de l'opposition devant le sombre horizon 2015 de la Côte d'Ivoire, Eliahou Abel nous rappelle que c'est en revenant à l'essentiel que nous pouvons nous mettre d'accord. Mais avant, il pense que tous ceux, parmi nous, qui se veulent les étendards de ralliement vers l'idéal qu'ils promettent au peuple doivent commencer par balayer devant leur porte ou faire leur examen de conscience.

Eliahou Abel, Réflexion sur la crise au sein du FPI"…le honteux, ignoble et violent coup d’État perpétré par l’armée française en Côte d’Ivoire pour arracher le pouvoir que le peuple a confié le 28 Novembre 2010 au Président Laurent Gbagbo" (extrait de la déclaration de la convention du FPI des 26-29/04/2012)

Eliahou Abel, Réflexion sur la crise au sein du FPI


Nul n'ignore que l'une des caractéristiques de la Révolution française, c'est d'avoir été récupérée par la grande bourgeoisie et les puissances d'argent ; lesquelles, sous couvert de défense de la démocratie et des Droits de l'homme, n'en finissent pas depuis lors, en France et partout où les soi-disant idéaux de cette soi-disant révolution se sont exportées ‒ Amérique en tête ‒ d'activer leurs réseaux d'influence pour que leur volonté s'accomplisse, et que l'exaucement de leurs vœux tordus jaillisse comme par magie des urnes populaires. C'est à ces démons, drapés dans les oripeaux de la vertu, que les peuples de la terre doivent toutes les guerres qui, depuis plus de deux siècles, ensanglantent la planète.

Les caractéristiques d'une authentique révolution

Or une question se pose, aujourd'hui plus que jamais : quelles sont les caractéristiques d'une authentique révolution, celle que nous attendons toujours, pas seulement en Afrique, mais partout où l'impitoyable loi du profit règne en maître absolu ? Quelles sont les conditions sine qua non de la réussite d'une telle révolution ? D'un simple regard en arrière sur le passé récent de la Révolution indienne et de son chef, le Mahatma Gandhi, ou des combats révolutionnaires qui, en Amérique latine ‒ après des siècles de persévérance il est vrai ‒, ont fini par porter des fruits visibles et durables, quoique toujours menacés, nous pouvons déjà tirer quelques éléments de réponse.

La première condition que doivent remplir celles et ceux qui ambitionnent de transformer la vie de leur peuple et de transfigurer son avenir, c'est le désintéressement : un désintéressement sans failles, tant à l'égard de l'argent, des plaisirs et du sexe, qu'à l'égard du pouvoir : jamais un chef, aussi charismatique soit-il, ne sera en mesure d'apporter au peuple qu'il entend mener à la victoire sur les loups qui le déchirent, le cadeau d'une vraie liberté, s'il n'incarne lui-même cette liberté absolue. Tant qu'il restera au cœur d'un dirigeant révolutionnaire la moindre racine de l'une de ces ficelles grâce auxquelles les mafieux des franc-maçonneries de tout poil parviennent toujours à transformer nos idéaux réels en ballons captifs, rien de durable ne pourra se faire.

La deuxième condition, dérivée de la première, c'est la mise en place, au fil du combat, d'une pédagogie du désintéressement, bâtie autour des innombrables valeurs qui en découlent, avec l'ambition d'élargir à terme le champ de cette pédagogie de la maternelle au doctorat; Il s'agit en somme d'exalter, aux yeux des militants formés à l'école de leurs chefs, puis de leurs enfants et petits-enfants, la seule réussite qui vaille que l'on en rêve au point de lui dédier tous les ressorts ‒ oh combien légitimes ‒ du désir d'excellence : le bonheur de l'autre, de tous ces autres dont le corps collectif forme ce que, depuis l'origine des temps, nous appelons peuple.

Mais venons-en à l'actualité ivoirienne. Nous assistons impuissants, depuis quelques semaines, au spectacle surréaliste d'une sorte de guerre de fictions concurrentes. Cela commence avec la question lancinante : Gbagbo est-il candidat à la présidence du FPI, ou ne l'est-il pas ? Le document publié est-il authentique ? Est-ce un faux ? Depuis hier, une nouvelle question est venue se superposer à la première : le congrès promis, dont l'ajournement, voulu par Pascal Affi N'guessan, s'est transformé en interdiction de fait grâce à l'active collaboration des forces de Ouattara; ce fameux congrès a-t-il ou n'a-t-il pas eu lieu ? Sous quelque angle que l'on aborde le problème, le piège est là, sous nos pas; le piège omniprésent d'un doute obsédant : de quel côté sont les faussaires ? Sommes-nous vraiment environnés de menteurs ? Le combat pour la libération de la Côte d'Ivoire se réduit-il aujourd'hui à un concours pour le prix du meilleur manipulateur ?

Comment sortir du bourbier actuel ?

Pour sortir de ce piège, il faut revenir à l'essentiel, et se poser les bonnes questions. Au cours des semaines qui ont précédé le 11 avril 2011, le Président Gbagbo disposait de plusieurs moyens de s'en sortir, depuis la radicalisation militaire jusqu'à la fuite pure et simple, en passant par l'acceptation de l'un des marchés que lui proposaient conjointement la France et les Etats-Unis. Or l'idéal au nom duquel, au lieu de chercher à se sauver lui-même, il a choisi le chemin du risque absolu, risque de la mort ou de la prison; cet idéal, quel est-il ? Celui précisément dont l'authenticité s'est vérifiée lorsque, au lieu de chercher son propre intérêt, il a opté pour la poursuite de la lutte sur le terrain du droit et de la revendication de justice. Or cet idéal de lutte inspirée ne peut être partagé que par celles et ceux qui, animés du désir de ressembler à celui qui leur a tout appris, et continue à les instruire par l'exemplarité de son combat dans les geôles de Scheveningen, en ont compris l'une des composantes essentielles : ce que nous avons caractérisé plus haut comme la condition première de toute révolution : le désintéressement.

Dès lors, l'unique question à se poser est fort simple : qui, parmi la foule de ceux qui s'autoproclament héritiers de Gbagbo ‒ Affi en tête ‒, incarne visiblement la ressemblance au chef ? Lequel de ces futurs grands hommes a laissé derrière lui la trace d'une véritable incorruptibilité ? Lequel d'entre eux s'est abstenu, sous la pression de circonstances parfois douloureuses, de céder au chant des sirènes, en acceptant tel ou tel compromis en échange d'une amélioration de ses conditions ? A propos duquel de ces ambitieux avons-nous la preuve qu'ils n'ont jamais pactisé avec l'ennemi ? Lequel d'entre eux a su résister à la tentation de bénéficier ‒ en échange de son âme ‒ des réseaux d'influence de telle ou telle confrérie maçonnique, ces loges dont l'omniprésence dans les sphères du pouvoir en Afrique symbolisent objectivement la griffe du fauve Occident planté dans la chair de chacune des nations du Continent ? Lequel de ces prétendant au titre a su faire la preuve de sa non-addiction à l'argent, et au pouvoir pour le pouvoir ?

Au regard du combat dont l'inspirateur est et demeure Laurent Gbagbo, seule une personnalité capable de répondre positivement à chacune de ces questions peut légitimement briguer l'honneur de diriger les militants de son parti dans la lutte qu'ils veulent continuent à mener au nom du chef, et en vue de son retour. Toute pseudo-victoire remportée sur le fondement d'autres principes ne peut qu'aboutir à terme à un échec, échec d'autant plus cuisant qu'il se doublera des plaies difficilement guérissables de désillusions en cascades, autant de nouvelles portes ouvertes aux surinfections de la gangrène françafricaine.

Qui suis-je, pour lancer cet appel ? Mais je le lance pourtant, comme une bouteille à la mer : frères ivoiriens, ne vous laissez pas leurrer par le miroir aux alouettes du dialogue à tout prix. L'appel emblématique du Prési : "asseyons-nous et discutons" concerne l'ennemi, un ennemi à convaincre, peut-être, mais un ennemi pour l'instant étranger aux valeurs de la révolution. Au sein des forces révolutionnaires, il est impératif de redonner la préséance au mérite, évalué sur la base de critères exigeants.

Frères Ivoiriens, votre révolution n'est pas menacée aujourd'hui de récupération, mais de dégénérescence bourgeoise; certains de ceux qui prétendent la mener en votre nom ont déjà fait allégeance aux forces qu'ils font mine de combattre. Il est urgent pour vous de resserrer les rangs autour de chefs dignes de porter l'étendard de votre espérance, et de disqualifier ouvertement et définitivement ceux qui, parce qu'ils s'en sont montrés indignes, ont déjà rejoint les rangs de vos ennemis : avec eux, vous pourrez toujours "dialoguer", à la condition de les tenir soigneusement à l'écart des débats concernant votre lutte pour une Côte d'Ivoire libérée. Ce combat n'est d'ores et déjà plus le leur.

Eliahou Abel, le 11 décembre 2014.

07/12/2014

Notre amie Shlomit Abel à coeur ouvert...

2688946781.jpgNotre amie Shlomit Abel, désormais bien connue des internautes ivoiriens, nous parle à cœur ouvert dans un entretien publié par Cameroonvoice. Si elle apparaît à tous comme la meilleure relayeuse d'informations relatives à la Côte d'Ivoire - personnellement, je consulte son blog plusieurs fois par jour - personne ne reste indifférent aux mots avec lesquels elle exprime son engagement pour le combat des Ivoiriens qu'elle considère juste. Dans cet entretien que je vous conseille, vous la verrez sous un angle beaucoup plus large, parce qu'elle parle de l'Afrique, d'Israël et de la France. Et au-delà de tout cela, c'est son âme qui se découvre à nous. Bonne lecture ! Rejoignez-la ici !

26/05/2014

Ne nous emballons pas ! La CPI reste une Cour pénale aux ordres

Aux Ivoiriens qui rêvent d'une imminente libération de Laurent Gbagbo et d'une reprise de la vie politique ordinaire en Côte d'Ivoire, notre amie Shlomit Abel demande d'être raisonnables et non pas naïfs. Si la France a extrêmement faim et soif, comment pouvez-vous imaginer la Côte d'ivoire - sa proie - libérée ? En effet, libérer Laurent Gbagbo signifie plus que libérer un homme. Lisez attentivement ce billet et dites-nous si vos rêves sont raisonnables.

Ne nous emballons pas !
La CPI reste une Cour pénale aux ordres


A quelques jours de la reprise du calendrier actif de la CPI, la presse bleue se montre assez optimiste. En dépit de cette foi en une libération d'un président Gbagbo incarcéré depuis plus de trois ans suite à une rébellion de plus de dix ans, je ne crois pas à un revirement de la situation: la communauté internationale à travers la CPI, son organe judiciaire, libérant dans un avenir proche un président Gbagbo innocenté.

S'il est innocenté, aucune raison valable ne pourrait l'obliger à demeurer en exil loin de la Côte d'Ivoire. De ce fait, la situation pourrait échapper à la Françafrique. Et Nicolas Sarkozy désirant retrouver en 2017 - et peut-être plus tôt, si François Hollande est totalement discrédité - les rênes de la France, n'est certainement pas décidé à blanchir son "dictateur" ivoirien.

Les Ivoiriens laissent parler leur cœur qui croit encore à une justice possible venant de l'occident ; mais c'est de la naïveté et une générosité mal placée. C'est cet optimiste envers et contre tout qui a poussé le président Gbagbo à croire que ses valeurs étaient celles de ses frères en humanité, frères en chrétienté. Malheureusement, ce n'était pas le cas et les déstabilisations que nous percevons dans d'autres pays africains montrent bien que la France, les États-Unis et leurs alliés sont aux abois. Il n'y a plus de morale qui compte. Pas de partenariat gagnant-gagnant face à la ruine des économies occidentales. Seule planche de survie, le dépouillement continu et intensifié des "anciennes colonies" pour injecter un peu de sang frais dans des états moribonds dont l'apparence reste intacte : celle de grands états, baudruches géantes, gonflées à l'hélium. Du vent, du vent et encore du vent... 


Comment lutter contre ces monstres de papier ? Seule une union de tous les états esclaves "indépendants" pourrait contrer cette avancée inexorable du rouleau compresseur occidental, en espérant rencontrer sur son chemin l'aide de la Russie, de la Chine et du Brics. L'Occident affamé ne lâchera pas son garde-manger de sitôt. Il le lâchera quand il n'en aura plus le choix, acculé de toutes parts, en proie à des problèmes intérieurs qui prendront et absorberont toute sa vigueur restante.

En attendant, la Françafrique et son tribunal international ont encore un avenir ; ne serait-ce que celui de gagner du temps - en faire perdre aux Africains - en éternisant ce procès qui s'ouvrira avec des charges révisées peut-être, mais sans blanchissement de Laurent Gbagbo à la clé. La main de fer sur la Côte d'Ivoire continuera, peut-être dans un gant de velours avec de futures instances "démocratisées". Mamadou Koulibaly, ivoirien aux origines connues, aura sa chance, face à un RDR-PDCI violent, corrompu, incapable de présenter autre chose qu'une face de gérontocrates diminués et d'une cour de profiteurs. Le représentant du Lider, brandi comme un ancien cadre dirigeant du FPI, regroupant sous sa bannière toutes les sensibilités d'opposition, sera prêt à devenir enfin la carpette comme la France les aime, une carpette plus "humaine" - plus maniable aussi - que la précédente et son équipe de nullards.

Koulibaly a moins de personnes à remercier dans le pays. Ses finances certainement proviennent de mécènes étrangers qui abattront leurs cartes en temps opportun. Quant au FPI - il vient encore une fois de le démontrer en rencontrant les représentants de son bourreau - son attitude ni chair ni poisson, trop politique, prêt aux arrangements et compromis pour s'affirmer, pas assez combatif et révolutionnaire, en fera certainement - s'il continue ainsi - un instrument docile entre les mains de ceux qui dirigeront la Côte d'Ivoire de demain.

Shlomit Abel, 25 mai 2014

02/04/2014

Hommmage du patriote Léo Gnawa à Awa Fadiga

Voici un bel hommage que je viens de recevoir de notre ami Léo Gnawa. Je ne peux hésiter à partager avec vous le bonheur que j'ai éprouvé à le lire. Les cris qui viennent du coeur sont assurément les plus beaux !

awa fadiga,léo gnawa La mort tragique d'Awa Fadiga et la frustration des Dioula face au régime d'Alassane Ouattara (par le patriote Léo Gnawa).

Il est clair aujourd'hui que la mort d'Awa FATIGA a été la goutte d'eau qui, dans la marre abusivement appelée émergence, a fait déborder la colère des Ivoiriens. Et parmi eux beaucoup de partisans du régime qui lui avaient pourtant apporté leur soutien, mais qui voient qu'il ne répond plus à leurs aspirations et attentes.

Comme le reste des Ivoiriens, c'est au tour des Dioula de vociférer publiquement leurs exaspérations vis-à-vis du régime d'Alassane Ouattara qui est en train de plonger la Côte d'Ivoire dans l'obscurité et l'obscurantisme.

Aux problèmes de la cherté de la vie, de l'incapacité de réconcilier les Ivoiriens, de la baisse du pouvoir d'achat, du chômage et de l'incapacité de créer des emplois pour les jeunes, viennent s'ajouter ceux de l'insécurité généralisée et de l'incapacité de donner des soins dans les normes.

Merci Awa, car grâce à toi, aujourd'hui, les Dioula expriment leur ras-le-bol de ce régime qui brille par ses carences et son incompétence ; un régime dans lequel pourtant ils avaient mis tant d'espoir, mais qui aujourd'hui est en train de faire sombrer la Côte d'Ivoire dans les ténèbres et la souffrance qui n'épargne personne.

Oui, Awa, tu peux reposer en paix. car à travers la tragédie de ta mort brutale, la mauvaise gouvernance et l'incompétence du régime Ouattara sont mises à nu.

Espérons que ta mort ne sera pas vaine et que les Ivoiriens, partisans ou opposants du régime en place, pourront joindre leurs efforts pour mettre fin au règne de ceux qui, malgré leur promesse de faire de la Côte d'Ivoire une nation émergente, n'ont fait qu'empirer leur condition en transformant l'ADOsolution en ADO-illusion.

Merci AWA ! Mission accomplie. Repose en paix.

Patriote Gnawa (Coordinateur général, Mouvement Des Ivoiriens - MIDI).