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24/08/2013

Nicole Guihaumé : comment j'ai été prise pour cible d'un harcèlement visant à casser Bill Gates

Vous ne comprendrez pas tout. Le récit touche une sphère que nous ne maîtrisons pas tous. J'espère qu'un jour Nicole Guihaumé me donnera l'occasion de creuser davantage pour vous le problème qu'elle soumet à notre attention.

Dès lors, n'importe qui me lit superficiellement peut être saisi d'effroi, là où tout virtuel qu'est le lien que je décris [1][2][3], il est totalement spécifique, et résulte d'années d'épreuves terribles.

Seulement le résumer demande une attention soutenue pour ne rien manquer qui permette une bonne lisibilité. La chronologie est peut-être la meilleure solution, en commençant par la fin, ma situation actuelle : je multiplie actes et démarches pour voir juridiquement exposé et condamné un harcèlement qui me concerne en même temps qu'il concerne Bill Gates et qui a commencé à la suite d'un appel téléphonique le 28 octobre 1997.

Ce jour-là, Michel Lacombe, que j'ai connu en 1989 Directeur Général de Microsoft où j'étais à la hot-line word, me rappelait suite à un message laissé la veille à son assistante. Il était alors CEO de Microsoft EMEA (Europe, Middle East, Afrique). J'étais, moi, épuisée par des années de maladie non encore diagnostiquée. J'ai su six mois plus tard que j'avais une tuberculose de la lymphe. Lorsque lui m'a rappelée, je pensais mon épuisement dû à une dépression réactionnelle, comme me le disaient les médecins consultés.

Je l'avais appelé dans un moment d'inquiétude, sans calcul, plutôt portée par la mémoire d'une qualité d'échange rare que j'avais avec lui. Je n'avais plus de droits ni d'argent, il me fallait retravailler, au minimum jusqu'à réouverture de droits. Mon appel était décalé, passé dans un moment d'inquiétude, sans mesurer l'importance de sa situation sociale, de celle où peu nombreux sont les appels qui ne font pas l'objet d'écoutes enregistrées, sans véritablement espérer sans doute qu'il me rappelle.

A la suite de son rappel, dont j'ai mis des années à réaliser qu'il était advenu à la date anniversaire de Bill Gates et avait été enregistré, ma vie a basculé dans ce qui ressemble plus à un cauchemar qu'à tout autre chose. Il se produisait sur mon ordinateur mil facéties qui me faisaient rire, mais aussi mil plantages qui m'exaspéraient. Et peu à peu, dans tous les secteurs de ma vie se sont produites des anomalies impossibles à énumérer, mais qui nécessitaient un pouvoir énorme. La même alternance existait entre anomalies plutôt agréables comme un double remboursement imprévu, et anomalies violentes comme une lettre d'huissier injustifiée.

Je rappelais Michel Lacombe en vain. Je ne voyais pas qui d'autre pouvait être à l'origine de ce qui m'arrivait, et ne comprenais rien. S'il avait quelque chose à me dire, j'étais ouverte à l'entendre directement. Ce que je vivais m'usait les nerfs.

Il ne m'a jamais rappelée, est décédé le 21 janvier 2003, ce que j'ai su parce que le mode que j'avais appris à identifier sur mon ordinateur a changé. J'ai alors appelé une nouvelle fois, après des années de silence et ai appris son décès. Mais si le mode avait changé, les faits continuaient. Je m'enfonçais dans une incompréhension qui me minait. L'alternance était si violente que je me croyais la proie d'un bipolaire et ne trouvais aucun moyen de me soustraire à ses agressions, d'autant que dans les instants où s'exprimait une chaleur humaine, je la percevais très réelle. Jusqu'à comprendre, dix ans plus tard, en 2008 que l'alternance était due au fait que les anomalies avaient deux sources, l'une totalement nocive quand la seconde mettait tout en œuvre pour m'en protéger, me donner les moyens de comprendre.

J'ai ouvert un blog fin 2008. J'avais besoin de vérifier la validité des hypothèses que je formulais, de les tester, ce que je faisais par le biais des billets que je publiais, en observant les réactions. L'affrontement se précisait, avec un nombre de plantages invraisemblable. J'observais le moment de leur survenue, notais sur des cahiers au papier. Puis j'ai appris à me défendre par le blog, à rendre publiques par des billets les agressions que je subissais. Ce fut très efficace au niveau de ma connexion internet : depuis, je n'ai plus de coupure. Mon fournisseur d'accès a commencé par me répondre par le contact de mon blog, manifestant m'avoir lue, et aujourd'hui, j'ai le service que je paie sans plus de problème.

Ce fut aussi très efficace pour vérifier qui était derrière ce que je vivais. A partir de 2010, j'ai écrit à Bill Gates directement, en précisant que je posterai mon courriel sur mon blog, et l'enlèverai à sa seule demande. Le contexte était précis. J'étais à nouveau plantée, ordinateur complètement bloqué, et la hot line se moquait une nouvelle fois de moi. Exaspérée, je suis descendue au cyber café et j'ai adressé à Steve Ballmer un courriel d'accusation de mise en danger de la vie des personnes et des états, dénonçant la place qu'il avait prise chez Microsoft et sa détermination à imposer des systèmes d'exploitation poreux sans lesquels je n'aurais pu être exposée à ces intrusions. J'ai ensuite transféré ce mail à la CPI où j'ai une requête enregistrée depuis janvier 2009, puis à Bill Gates. Ces courriels n'ont fait l'objet d'aucune plainte et sont toujours sur mon blog.

Depuis 2010, j'ai multiplié les procédures juridiques en vain. Pas une n'a abouti à ce jour, et je suis allée jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l'Homme, me défendant seule, certes, mais avec un nombre conséquent de preuves accumulées.

Parmi celles-ci, les copies d'écran de mes nombreux passages en google news quand j'ai ouvert un blog nouvel obs en 2011 -ils avaient alors la possibilité de paraître en actualité- puis mediapart, en juillet 2013.

Le 18 février 2013, n'ayant plus le moindre doute, j'ai adressé un courriel joint à la CPI et à Bill Gates par lequel je demandais qu'il m'assiste dans le cadre de la requête déposée, et expliquant les raisons pour lesquelles je le pensais concerné.

Depuis, je constate une chose : il fait l'objet de papiers péjoratifs dans trois domaines différents, ce qui a commencé précisément le 6 juin avec l'affaire Prism. S'en est suivi une salve avec la reprise d'un hoax qui circule depuis 2010 selon lequel Monsanto dans lequel sa Fondation a des parts aurait racheté Blackwater. Et depuis le 7 juillet un billet de Henri Makow citant un témoignage selon lequel il aurait été porn addict dans les années 1990 circule.

C'est trop pour ne pas révéler une stratégie de défense. C'est qu'après mil vérifications et observations -telles que le fait que le livre de John Reeves « the financial rulers of the world » a été scanné pour Microsoft en 2007- j'en suis arrivé à la question centrale au delà de « à qui ça profite ? » : « qui en avait le pouvoir ? », et la seule réponse valide indique la famille Rothschild, ce que j'ai signalé dans mon courriel du 18 février à la CPI.

Reste la question de savoir pourquoi ça m'est arrivé à moi. Le 12 juin 1990, alors que je n'étais plus chez Microsoft, mais chez son plus gros client, je suis allée à une présentation de produits où était Bill Gates. J'étais dans un moment de vie particulier où le désir de me mettre en valeur se faisait plus fort, et le nombre de compliments reçus ce soir là m'avait un peu déstabilisée quand, alors que je parlais avec un collègue, en pleine conversation, il a tourné la tête et m'a plantée là, manifestant une profonde gêne. Je me suis éclipsée. Le lendemain, j'apprenais que la gêne de mon collègue avait été provoquée par Bill Gates et Michel Lacombe qui se dirigeaient vers nous.

Il semble bien que cet intérêt manifesté ne soit pas passé inaperçu puisque étaient présents tous les dirigeants de Sociétés informatiques et que Bill Gates était l'objet de tous les regards.

On a donc choisi d'attaquer sur un plan très personnel cet homme qu'on était déterminé à voir céder sa place, profitant de la situation de retrait social dans laquelle la longue maladie m'avait plongée. Tout fut utilisé, dès lors que j'avais demandé un travail à faire chez moi, ma fatigue me rendant les déplacements quotidiens difficiles. Je ne pouvais sortir ? Qu'à cela ne tienne, on allait mettre à sa disposition tous les moyens de contact extérieurs.

J'imagine qu'on a dû lui faire quelque proposition sournoise qu'il a validée pour me témoigner à distance un soutien, et l'engrenage a été lancé. Les informations obtenues sur moi et mon histoire, allaient être restituées par des biais volontiers publics qu'il soit bien clair qu'une certaine coterie ne bouderait pas le plaisir de se moquer de cet homme dérangeant. J'ai revu ainsi par bribes pendant des années, tantôt par des pubs, tantôt par des films (oui, oui, jusque là) des éclats de vie choisis pour leur spécificité rare. Inutile de dire que j'étais déstabilisée, que le but visé a été atteint, que j'ai multiplié les tentatives de suicide. Il se trouve que j'ai échoué. Sans quoi, il était totalement discrédité, ayant à l'origine donné son accord.

Je suis donc bien vivante, et très dérangeante. Il y aurait bien un biais qui consisterait à me donner une image exécrable de cet homme qui a des engagements à l'opposé de ce que je valorise, moi qui me soigne en homéopathie et autres approches naturelles, privilégie le bio. Faute à pas de chance, les années d'épreuve m'ont aguerrie, et j'ai appris à lire cette histoire dans ses pleins et dans ses creux, au point de penser très clairement aujourd'hui que Bill Gates n'est pas libre de ses choix, mais qu'on le fait chanter comme tant d'hommes de pouvoir qui n'accèdent à leur position que parce qu'on les tient par quelque fragilité.

Quand j'ai vu le papier d'Henri Makow, je me suis dit qu'on n'avait rien dû lui épargner, qu'il devait faire partie de ces hommes auxquels on envoie une charmante dévergondée connaisseuse en potions aphrodisiaques et maîtresse es kama sutra, n'omettant jamais de déclencher l'enregistrement de ses prouesses. La méthode est basse, éculée.

Reste que le lien est là, entre cet homme et moi que tout sépare. Il est dans le même temps le plus loin et le plus proche de moi, et la situation imprévue à laquelle se trouvent confrontés ses détracteurs est une solidarité totalement désintéressée. Je vis une totale identification aux pièges qui lui sont tendus, et une empathie profonde pour l'homme qu'il est, quand bien même je ne le connais pas.

Ce lien est totalement virtuel. J'ai posté de multiples billets dans lequel je l'ai décrit. M'en sont revenus différents commentaires dont certains moqueurs. Mais non, je n'attends rien d'autre que la mise à plat de cette histoire. Que la justice passe et mette un terme à ces pratiques immorales.

Nicole Guihaumé

Voir :
Charge diffamatoire contre Bill Gates
Sexe et pouvoir : "Bill Clinton his life", ou combien Monica Lewinsky était dérisoire par rapport au reste...
Galipettes sur la toile
Rappel sur les deux enregistrements d'appels téléphoniques qui prouvent le harcèlement signalé
Tous sur Bill Gates !
Dossier PRISM : Se défendre face à un harcèlement, donc face au harceleur, et à ses complices
Le web, cette « place publique »

13/08/2013

Déclaration de l'AIRD relative à la liberté provisoire accordée à des prisonniers politiques en Côte d'Ivoire

À la suite de certains journaux ivoiriens et de certains blogueurs, je viens à mon tour proposer la lecture de la déclaration de l'AIRD relative à l'événement mentionné ci-dessus à mes visiteurs. J'invite ceux qui n'ont pas encore lu ce document à y prêter la plus grande attention. Pour ma part, je l'ai trouvé plein de bon sens ; les termes justes et clairs en font une véritable feuille de route pour sortir de l'impasse dans laquelle nous a plongés Ouattara avec sa politique de justice des vainqueurs et de rattrapage ethnique. Bonne lecture !

AIRD, l'association du ministre Eric Kahé, libération de 14 prisonniers politiques en Côte d'IvoireLe lundi 5 Août 2013, la justice ivoirienne a accordé la liberté provisoire à 13 personnalités ivoiriennes proches du président Laurent Gbagbo, portant ainsi à près de 46 le nombre de compatriotes bénéficiant de cette décision depuis le 11 avril 2011, si l’on tient compte des 25 cas de novembre 2011 et des 8 cas du 20 décembre 2012.
Malgré le caractère injuste de ces longues détentions dans des conditions difficiles, pour des personnalités majoritairement sexagénaires, nous nous en réjouissons non seulement pour ceux qui recouvrent leur liberté mais pour leur famille et la nation en raison des chances de cohésion et de normalisation à elle ainsi offertes.
L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) :
• prend acte de cette décision de libération conditionnelle présentée comme essentiellement judiciaire, à la demande de la chambre d’accusation;
• se réjouit de ce que les magistrats en viennent enfin à privilégier la présomption d’innocence qui veut, dans ce cas, que l’emprisonnement soit l’exception ;
• félicite les camarades qui bénéficient de cette libération pour l’exceptionnel courage dont ils ont fait preuve en gardant les liens constants avec la dignité et leurs convictions dans leur aspiration à une Côte d'Ivoire démocratique, républicaine et débarrassée de toute politique de haine ;
• remercie les Ivoiriens de tous bords politiques pour leurs efforts en faveur de la décrispation, condition incontournable pour le développement de la Côte d'Ivoire.
Rappelant qu’en plus du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, des centaines d’autres compatriotes croupissent encore en prison pour des fautes que la plupart n’ont jamais commises, la direction et les militants de l’AIRD leur assurent de leur solidarité fraternelle et militante, notamment à l’ex-première dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo, au camarade Charles Blé Goudé, ainsi qu’à tous les membres des ex-FDS qui ont cru, de bonne foi, répondre à l’appel du devoir républicain à travers le respect de la Constitution et aux nombreux prisonniers politiques anonymes de cette crise sans précédent en Côte d’Ivoire.
À l’aube du 53ème anniversaire de la proclamation de notre indépendance et plus de deux ans après les horribles évènements de la crise dite postélectorale qui a parachevé en réalité une décennie de douleurs et de drames, l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) exprime sa compassion à toutes les victimes de ces turbulences tragiques et à leurs parents.
L’AIRD invite la Communauté internationale à un devoir de «rattrapage moral» envers la Côte d'Ivoire, en raison de sa part de responsabilités dans la situation de ce pays. Elle doit continuer à rester vigilante sur les questions élémentaires, préalables à la normalisation de la vie politique dans tout pays, questions que l’opposition est pourtant obligée de continuer à négocier avec les autorités ivoiriennes, notamment :
le retour sécurisé de tous les exilés qui passe par la levée des mandats d’arrêt visant des personnalités politiques pour délit d’opinions ou de convictions, dans le seul but de les faire taire ;
les questions sécuritaires, pourtant banales et régaliennes, comme le désarmement des FRCI et l’encasernement des militaires; la démobilisation des Dozos; la réhabilitation des policiers et gendarmes dans leurs missions ; la libération des domiciles et des biens confisqués ainsi que du dédommagement des victimes; la protection des personnes et des biens ; l’arrêt des persécutions, des arrestations arbitraires, des enlèvements et des tueries, et la protection des personnalités de l’opposition ; l’arrêt des expropriations foncières dans les zones forestières;
l’adoption d’une loi de réconciliation nationale déclinée en trois volets:
a) une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous,
b) la reconstruction,
c) la réparation des préjudices.
le retour à un jeu démocratique républicain, aux droits des syndicats et partis politiques de se réunir et d’exercer librement toutes leurs activités sur l’ensemble du territoire national avec un accès équitable de tous aux medias d’État;
le respect, par le Gouvernement ivoirien, des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et de la feuille de route de l’Union Africaine ;
la définition d’un statut de l’Opposition ainsi qu’une nouvelle loi sur le financement des partis politiques et des candidats à l’élection présidentielle ;
le respect de l’état de droit et du fonctionnement des institutions en vue de la bonne gouvernance afin de lutter ensemble contre la corruption qui gangrène plus que jamais le pays ;
le respect des dispositions pertinentes de la Constitution avec un accent particulier sur l’interdiction de contraindre un Ivoirien à l’exil ;
A l’heure où, la justice, traditionnellement rendue au nom du peuple, commence - quoiqu’encore timidement - à assurer sa partition en direction du droit et de la réconciliation, il ne reste au politique qu’à s’engager dans la voie de la normalisation.
Pour que la Côte d'Ivoire se revêtisse des habits de la démocratie au regard du minimum de normes universellement admises. Juste ce minimum.
Fait le 06 Août 2013.
Le comité de Direction (CODIR)

02/08/2013

Ouattara a une idée de génie pour la Côte d'Ivoire : construire des prisons pour les Ivoiriens, c'est libérer des terres pour les Burkinabés !

"Arbeit macht frei" dix fois aux normes (par Shlomit Abel)

Un ivoirien nouveau pour la Côte d'Ivoire, des terres pour les burkinabés en Côte d'Ivoire, les prisons en Côte d'IvoireLe gouvernement Kablan Duncan et son chef jubilent d’une bonne nouvelle absolument inédite en Côte d’Ivoire, et qui vaut son pesant d’or à l’Etranger. Le ministre Bruno Koné Nabagné nous informe d’un investissement durable et de qualité, dans la Côte d’Ivoire émergente de demain soir, voire d’après-demain, en la réalisation imminente de 10 immeubles d’habitation d’un genre nouveau. la fierté de toute dictature qui se respecte, des studios ou plutôt des internats spécialisés, régis par des normes internationales, répondant aux impératifs de protection des droits de l’Homme,selon le ministre.

Alors que l’on attend impatiemment des logements sociaux qui font cruellement défaut, des hôpitaux fonctionnels et la prise en charge médicale promise pour les populations défavorisées, des entreprises qui embauchent enfin, et qui ne voient toujours pas le jour à l’horizon 2014, voici l’annonce en fanfare de 10 nouvelles prisons, qui vont être construites dans les plus brefs délais. Cela fait suite aux émeutes de la Maca servant de prétexte au gouvernement qui n'a cessé de nous enfariner avec une histoire « officieusement officielle » de soit disant trafic de drogue à grande échelle par un caïd surnommé le chinois, que l’on aurait voulu déplacer à cause de son influence néfaste mais qui aurait mal tournée…

En fait, on a voulu simplement éliminer cette opposition « fossile » au point que le porte-parole du RDR Joël N’guessan a parlé de dissoudre le parti du président Gbagbo puisqu’il n’avait plus sa raison d’être, s'inspirant probablement sans le savoir de l’histoire des Protestants de France : en 1685, après avoir décimé et forcé à l’exil des millions de Protestants, le roi Louis XIV révoque l’Edit de Nantes, signé par son grand-père Henri IV, qui garantissait à ces derniers la liberté de conscience et d’exercice de leur culte. Raison invoquée : l'Edit a perdu sa raison d'être, les Protestants ayant disparu ! Et les nouvelles de ce jour donnent raison à cette thèse puisque les parents des prisonniers sont éconduits et n’obtiennent pas de droit de visite. Le parquet – chargé de délivrer les autorisations – s'étant inscrit aux abonnés absents depuis le déplorable « incident » : pas d’informations, pas de droits de visites, pas de révélation du nombre exact de victimes, celles-ci ayant été transportées discrètement à la morgue de la Maca ou comme les rumeurs l’affirment, enterrées à la hâte dans la forêt du Banco.

Le FPI, parti du président « sortant sous la protection de la Licorne et l’Onuci » doit disparaître : il faut donc suffisamment de bâtiments pour recevoir tous les réfractaires de la Côte d’Ivoire en marche, que l’on n’aura pas pu discrètement éliminer par ailleurs. Embastillés, tous ceux qui refusent de monter à bord du train du progrès. Dorénavant celui-ci ne s’arrêtera plus aux gares du multipartisme, il s’engouffre maintenant à grande vitesse dans le cul de sac de la réconciliation forcée, via un mea culpa de la victime à son bourreau, avec aux commandes, toujours le même technicien en col blanc, ancien directeur adjoint du FMI, économiste de renom, un surdoué qui orchestre depuis deux ans le malheur d'une majorité d’Ivoiriens pour le seul bonheur de quelques élus rattrapés. A l’époque glorieuse de son passage remarqué au FMI, il avait été affecté aux… ressources humaines. Mais, malgré les renforts de publicité de ses anciens collègues issus du sérail, Stanley Fisher et Christine Lagarde, il n’a laissé aucune trace de son passage, pas même un livre, pas même une thèse de doctorat que l’on pourrait consulter en bibliothèque ou sur internet, pas même l’amendement d’un amendement si petit soit-il d’une loi qui porterait la griffe de sa contribution.

Son seul disciple, c’est sa chère épouse, celle qui est de tous les colloques, de tous les galas mondains à l’étranger via les vols privés sur « Magellan Airlines », une flotte de 6 avions maintenant, mais toujours arrimée au Trésor ivoirien. Sur place, elle est de toutes les ré-inaugurations d’hôpitaux, d’écoles de filles et de piscines qui portent dorénavant son nom. Dans l’esprit de son cher époux, elle explique à merveille la micro-économie entre deux voyages à l’étranger, dans un style simple et direct. Diplômée en « chers frères et sœurs» bien ciblés géographiquement, elle sait transformer le micro crédit en macro-intérêts de retour sur investissement, à 12 % l’an. C’est ce qui s’appelle « veiller sur les intérêts de la Famiglia », au côté du beau-frère, l’argentier Ibrahima, dit Photocopie. A la dernière distribution de prix à Korhogo, Fanta Ghbé souriait avec son conjoint et l’ancienne institutrice en congé pour convenances personnelles, Anne Ouletto alors que toutes les lauréates du chèque-cadeau, malgré l’immensité du chèque-poster qui les cachait à moitié, ne riaient pas, ne souriaient même pas, comme si on les avait forcées à poser sur la carte postale des Ouattara en villégiature.

Aux ivoiriens les prisons, aux Burkinabés et aux Maliens les terres

Alors aujourd’hui, dans la Côte d’Ivoire émergente, on nous promet 10 nouvelles prisons ! Et pourtant, il ne devrait plus y avoir de prisons, puisque les véritables bandits sont tous à l’extérieur, en toute impunité, et que les seuls pourchassés sont des opposants politiques et la jeunesse pensante, l’avenir du pays. Les hommes et les femmes qui n’ont pas de sang sur les mains, eux sont enfermés ! Et que dire des dizaines, des centaines de jeunes qui ont été arrêtés par les milices rebelles et Dozo, conduits dans des lieux d’où on ne les a pas vus revenir, simplement disparus sans laisser de trace dans la nuit et le brouillard de la Côte d’Ivoire de Ouattara et de ses droits de l’homme bien particuliers. Pourquoi envisager de construire un univers concentrationnaire, si c’est pour y mettre des opposants politiques et non des criminels de droit commun? La Maca étant surchargée, on nous affirme que ces prisons viendront simplement décongestionner les locaux abidjanais. Effectivement avec ses 5800 pensionnaires, entassés dans des locaux prévus pour 1500, cela nous donne 4300 personnes à reloger. Ô miracle, justement le plan, c’est de construire 10 prisons de 300 à 500 places chacune… La bonté et les sourires de maman Dominique ont déteint sur le papa de la nation pré-burkinabée et lui ont mis à cœur de se soucier enfin des populations exclues du rattrapage et de leur proposer des logements sociaux décents à leur mesure !

Le cadre est posé : les photos-souvenir de la Côte d’Ivoire radieuse où les chantiers explosent sont prêtes à être expédiées ; sur la dernière en date, le contremaitre Ouattara, costumé en travailleur, vient inaugurer devant les caméras la dernière tranche des travaux de l’oléduc Abidjan-Yamoussoukro, (90% des travaux avaient déjà été honorés par son prédécesseur). Sur les photos, tout le monde est au travail, étudie avec des résultats mirobolants, les malades sont reçus dans des maternités et des hôpitaux flambant neufs, les personnes aux revenus modestes sont intégralement prises en charge, il n’y a plus de mendiants ni de clochards, parce que saint Hamed Bakayoko passe chaque soir dans les rues pour les inviter à sa table afin de rompre avec eux le jeûne du Ramadan. Et les touristes et investisseurs tant attendus peuvent enfin s’extasier devant cette Côte d’Ivoire de rêve enfin devenue réalité ! Même les vaches laitières ivoiriennes figureront sur les prochaines cartes postales, à l’image de la Suisse, où chocolat et lait font bon ménage. Et le gouvernement pourra bientôt nous annoncer des records dans la production de lait, puisqu’une société israélienne -spécialiste en la matière - va s’implanter en Côte d’Ivoire et permettre l’émergence d’une ferme modèle, grâce à laquelle toutes les écoles seront livrées en lait ; et tous les petits Ivoiriens boiront à satiété !

Mais voilà, dans cette Côte d’Ivoire virtuelle, en pleine expansion démographique burkinabée – destinée à pourvoir au remplacement avantageux de l’électorat ivoirien pour l'horizon 2015 – dans cette Côte d'Ivoire où « l’argent qui travaille » se déplace à pas de velours, dans les coulisses de marchés de gré à gré (60 % des marchés publics ces six derniers mois), il y a vraiment du souci à se faire : atteinte par une telle « cataracte » économique, la transparence des échanges va s’opacifier jusqu’à disparaître. L’argent ne travaillera bientôt plus qu’en aveugle, sans qu’aucun Ivoirien normal n’en voie jamais plus la couleur.
Ce que le gouvernement ne nous dit pas, c’est que le business des prisons est juteux pour les étrangers ! Les états européens comme la Belgique et la France privatisent les prisons peu à peu; et ce sont des entreprises florissantes comme les géants du BTP, Bouygues, GDF-Suez, et surtout la Sodexo qui occupent ce nouveau créneau. Ne croyons pas que Ouattara cherche sincèrement à décongestionner les institutions pénitentiaires, qu’il se soucie du bien être des prisonniers. Non comme à son habitude, il s’intéresse seulement au « cadre de vie» relooké, version photoshop, de ses adversaires politiques emprisonnés, de la jeunesse politiquement incorrecte ou désignée comme telle, qu’il pourra décrire à l’étranger comme purgeant leur peine dans un environnement agréable, et pourquoi pas enviable.

Ce faisant, il relaie une fois encore les sirènes du profit de ses grands amis de la finance internationale ; tout est prévu, la prison est livrée clefs en main, tous les édifices concentrationnaires qui sortiront de terre seront pour l'essentiel gérés par des entreprises privées. « ... hormis les fonctions régaliennes (direction, surveillance, greffe), le privé s’occupe de tout. Soit : la maintenance, l’entretien, la fourniture des fluides et des énergies, la restauration, l’hôtellerie, la buanderie, la « cantine », le transport, l’accueil des familles, la formation professionnelle et le travail des détenus. », nous révèle un site français. Les quelques emplois générés par ce monstre carcéral – gardes-chiourme, tortionnaires, FRCI corrompus, racketteurs, trafiquants de stupéfiants, empoisonneurs, violeurs – resteront réservés aux amis des amis de l’Economiste.

Abidjan, Adzopé, Abengourou, Aboisso, Daloa, Grand-Bassam, Korogho, Soubré, Sassandra et Issia verront bientôt Dramane avec un casque de travaux publics, une veste jaune fluo enfilée sur son costume trois pièces poser 10 fois sa "première pierre". Dominique, tout sourire, plantera 10 fois l'équivalent sahélien de son "olivier de la paix". Et voilà encore dix nouveaux chantiers qui fleuriront dans une atmosphère de délation, d’arrestations arbitraires, de disparitions inexpliquées… dix chantiers qui étoileront les discours de Ouattara à l’étranger, lorsqu’il énumèrera tous les gros-œuvres de cette Côte d’Ivoire en ébullition ; mais qui ne seront ni des écoles, ni des hôpitaux, ni des usines. Et que dire des universités restaurées qui n’ont toujours pas de connexion internet, pas de toilettes, pas de bureaux pour les professeurs, pas d’amphithéâtres conséquents… sans parler de cette fameuse Maca, qui avait pourtant elle aussi connu son coup de badigeon et sa certification "haute sécurité" sans plus de valeur que poudre aux yeux.

Ces prisons, nous dit Bruno Koné Nabagné, ministre des TIC et porte-parole du gouvernement, seront dès leur construction «aux normes de sécurité et répondront aux impératifs de protection des droits de l’Homme. (…) elles seront, en ce qui concerne le traitement des prisonniers, internationalement admises». Comment évoquer les droits de l’homme quand on emprisonne arbitrairement des personnes qui ne sont pas jugées, ou si elles le sont, sont accusées de fomenter des coups d’état ? Pourquoi construire des prisons pour des opposants dont le seul délit est d’être politiquement opposés à une « démocratie » de façade sensée garantir le droit à la différence ? Comment prendre au sérieux un gouvernement si prompt à favoriser des mœurs à l'occidentale réputées « évoluées » – quoique toujours synonymes de décadence, de dégénérescence et de mort des civilisations–, et qui refuse l'éducation, les écoles et les hôpitaux à un pays que l’on veut émergent ?

Le ministre Lazare Koffi Koffi rappelle, dans un extrait de son livre à paraître, la recommandation de Victor Hugo aux dirigeants de son époque : « ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ! ». Ouattara, depuis le début s’obstine à faire le contraire. Et ce n’est pas une négligence, une erreur involontaire de sa part d’avoir nommé une ministre de l’éducation nationale totalement incompétente : elle fait certainement beaucoup plus d’efforts que l’on ne le croit pour être à la hauteur de sa tâche, sans jamais y arriver, elle, la sportive étrangère que rien ne prédisposait à un travail intellectuel, dans une langue qu'elle ne maîtrise pas. Il ne s'agit pas de se moquer d’elle, mais de souligner à quel point il était inconcevable de confier de telles responsabilités à une personne qui n’était pas taillée pour le poste. Ouattara a volontairement sacrifié cette Guinéenne, certainement plus à l’aise dans la langue de Shakespeare que celle de Victor Hugo, l'exposant à la vindicte des étudiants, des élèves et de leurs parents. Grâce au fusible Kandia Kamara, l'Economiste en chef peut manipuler à loisir les foules analphabètes et dozotiques qui ont phagocyté l’armée, les douanes et les ministères; Aujourd’hui, les écoles sont vétustes, chères, de bas niveau. Une grève récente a montré des enseignants manifestant parce que leurs salaires sont toujours impayés depuis 3 ans!

Près de trois ans après la clôture de la campagne présidentielle, rien n’a changé : les chantiers restent des chantiers, les routes sont devenues des pistes d'accès aux chantiers, aux nids de poule indescriptibles causant accidents et pannes de voiture ; tout le pays s'est transformé en un immense chantier, sans que les travaux n’avancent pour offrir des emplois, des formations, des études. Les universités promises restent “dues”, les examens du BEPC sont bradés, ramenés à un niveau si bas que les dozos analphabètes peuvent y réussir afin de recevoir les emplois réservés aux titulaires du brevet. Ces mêmes concours restent bien entendu inaccessibles à ceux dont l’avenir devra s'écrire entre les quatre murs de ces nouvelles prisons sur le point de sortir de terre, de toute urgence, pour que d'ici les échéances électorales de 2015, il ne reste, de tout ce beau monde contestataire, personne qui n'ait été maté comme il se doit.

Une nouvelle population ivoirienne à l'image de Ouattara

L’Ivoirien nouveau est arrivé, et continue d’affluer. Après l’ouest, c’est le pays baoulé qui le voit débarquer par cars entiers, se déversant comme un fleuve à la recherche de terres et d’espaces. Bientôt, il sera muni de papiers en règle, candidat homologué à l'attribution de terres dont les propriétaires légitimes, s'ils ne sont pas déjà en exil, finiront extradés, s’ils ne sont pas décédés auparavant.

Communauté internationale, affiche ton joyeux sourire aux côtés du couple Ouattara ! Toi qui lui offres, avec tes prisons « aux normes », de prolonger à ton profit le jeu dangereux de la spoliation à l'échelle continentale, affiche ton sourire ! A l'heure où ton roi-nègre et sa blanche colombe t'aident à brader la Côte d'Ivoire à une main d’œuvre étrangère servile chargée de remplacer les autochtones dans les mois et les années à venir, avant d'être à son tour éliminée au profit des nouveaux arrivants serviles d'après-demain, affiche un large sourire !

Souriez de toute vos dents, vous, les grands et petits maîtres d'un jour : Hitler, lui aussi pensait qu’avec ses camps de vacances placés sous le signe de son « Arbeit macht frei » (le travail rend libre) il inaugurait un reich de 1000 ans…
Un ivoirien nouveau pour la Côte d'Ivoire, des terres pour les burkinabés en Côte d'Ivoire, les prisons en Côte d'Ivoire
Shlomit abel, 31 juillet 2013

09/09/2012

Alassane Ouattara souhaite que la Banque Mondiale soit plus généreuse

(Une contribution de Shlomit Abel)

Ouattara et la Banque Mondiale Dans le cadre d’une tournée africaine débutée à Abidjan, le président de la Banque mondiale, Jim Youg Kim a été reçu en audience ce mardi soir (4 septembre), par le président ivoirien Alassane Ouattara. C’est l’article du journal en ligne Koaci.com qui m’a interpelée ; car son titre va au-delà du texte qui se borne à décrire la situation sans empathie : « Alassane Ouattara souhaite que la Banque Mondiale soit plus généreuse » … Effectivement, si on s’en tient au contenu de l’article, rien ne va changer pour l’Ivoirien : plus de 60 pour cent de chômage, une armée qui se comporte en horde sauvage qui déferle la nuit , terrorise de pauvres populations démunies ; une armée à la recherche de caches d’armes qui sont des prétextes pour cambrioler impunément les populations qu’elle est sensée protéger ; une armée qui s'emploie à arrêter la jeunesse qui pourrait se ranger derrière ce coup d’état à venir, coup d'état aux nombreuses têtes, allant du simple caporal aux joueurs de pétanque, en passant par le manœuvre père de 7 enfants et maintenant tous les responsables du FPI ! « J’ai de l’espoir pour la Côte d’Ivoire. J’ai confiance en ce pays, » dit encore Jim Youg Kim, le président de la Banque mondiale ; faut-il remarquer que le président de la banque mondiale ne nomme pas le président Ouattara ? Après tout n’est-ce pas lui qui est au gouvernail ? Curieux tout de même ; la suite de l’article également ne met pas en avant le grand économiste, PhD ! Dans les discours prononcés lors de la réouverture des universités, chaque phrase des orateurs et du bien aimé dictateur himself mettaient en avant la personne et le charisme de saint Dramane !
« J’ai été très heureux de rencontrer des jeunes pleins d’espoir et des femmes dynamiques » dit encore le coréen Jim Youg Kim. Préfet, ne les faites pas tous enfermer, déporter et massacrer, il en faudra pour vous remplacer, remplacer votre équipe et surtout redynamiser le pays dans l’armée loyaliste à retrouver, les universités, ces hommes, ces femmes, cette jeunesse fougueuse qui veut absolument cette Côte d’Ivoire réellement indépendante et auto gérée !
Lors de la conférence de presse commune, Ouattara nous a ressorti son couplet de la croissance de 8% ; alors que les experts internationaux ont cité le chiffre de – 7 ,5% pour l’année 2011, et qu’au vu du chômage endémique, la non-création d’emplois, la balance commerciale totalement déréglée, nous sauterions pieds joint dans une croissance digne des pays les plus développés ! Que l’on se rassure: « la Banque Mondiale peut compter sur la Côte d’Ivoire vu les performances de sa croissance d’ici à 2015 ».C’est notre expert qui parle, il se doit de « rassurer » son invité ! « Nous ferons tout pour mériter cette confiance ». Etouffer à tout prix les grognements et les contestations des syndicats, faire disparaitre les chômeurs et autres mécontents, l’argent dégagé pour atteindre plus vite la paix, c’est celui qui servira à l’achat des armes parce que la paix ivoirienne de Ouattara s’impose par les bombardements, les arrestations arbitraires et les crimes. Rappelons ces propos ô combien édifiants prêtés à l’ancien ambassadeur d’Israël en Côte d’Ivoire, lorsque le couple Ouattara "a pèleriné" en Terre Sainte il y a quelques mois et a quémandé un soutien logistique et militaire … « Si on donne des armes à Ouattara, il tuera tout le monde »
La banque mondiale qui s’est engagée en 2008 envers la Côte d’ivoire, l’a fait en ayant pour partenaire le président Gbagbo et son équipe. « J’ai de l’espoir pour la Côte d’Ivoire. J’ai confiance en ce pays, » s'est exprimé le nouveau président de la banque mondiale ; mais ces propos ne sont pas des garanties, de l’argent comptant pour Ouattara : le pays a besoin de stabilité, et comme un corps qui a ingurgité un aliment indigeste, la Côte d’Ivoire peut vomir son dictateur et aller vers une bonne convalescence quand l’indigestion sera passée.

Shlomit Abel, 5 septembre 2012

25/04/2012

Sauver l'honneur

Une contribution de Eliahou Abel

Le 5 avril 2011, au lendemain du début des frappes aériennes menées contre la Résidence des chefs d'État ivoiriens à Abidjan, le député communiste Jean-Paul Lecoq tentait de sauver l'honneur de la classe politique française et de l'assemblée nationale en dénonçant, dans une question courageuse à l'administration Sarkozy – question dont le triste sire Alain Juppé, abusant de son pouvoir discrétionnaire, n'eut alors pas l'élémentaire décence de le laisser achever la formulation – les dessous abjects de l'agression de la force Licorne en Côte d'Ivoire. Son intervention ne rencontra, sur les bancs de la majorité – Front National excepté –, que haussements d'épaules, grimaces éloquentes, huées et sarcasmes, et sur ceux de l'opposition - groupe communiste mis à part - le silence indigne d'une indifférence complice. La caméra eut même le temps de saisir, sur les bancs du PS, un ricanement devenu le symbole de la disqualification d'une certaine gauche : celui de Jack Lang, le vertueux humaniste, filmé trois ans auparavant alors qu'il se pavanait dans la "rue Princesse" d'Abidjan en compagnie de son "ami" le Président Laurent Gbagbo, mué en propagandiste de la thèse officielle assimilant ce dernier à un criminel endurci tout juste bon à abandonner sans états d'âme à la voracité mercantile des chiens au pouvoir.

En ce jour d'élections présidentielles en France, alors que des dizaines de millions de Français et d'Africains guettent l'aube d'une ère nouvelle, nous n'avons qu'une seule question à poser au successeur espéré de notre petit caporal ultralibéral, pourvoyeur et consolidateur exclusif des bénéfices exponentiels garantis à ses tout-puissants copains de la finance, de la pharmacie, de l'assurance, du bâtiment, de la presse, de l'industrie des armements, de l'agro-alimentaire et du nucléaire : que compte-t-il faire, non seulement pour nettoyer les écuries d'Augias du Quai d'Orsay et autres ministères, voués corps et âme au triomphe du profit sur fond de combines meurtrières et de mensonges éhontés, mais aussi pour laver l'honneur d'une gauche socialiste qui, en offrant le couvert de son silence aux crimes commis notamment en Côte d'Ivoire et en Libye, a délibérément placé son approche des dossiers françafricains sous le signe de la honte ? Une honte qui, si par malheur le nouvel élu venait à manquer d'audace pour affronter les risques de la grande lessive qui s'impose, ne tarderait pas à devenir ineffaçable.

Le futur président pourra-t-il faire l'économie d'une condamnation solennelle de la mascarade qui a suivi le second tour des élections ivoiriennes du 2 décembre 2010, avec la proclamation illicite, depuis le Quartier Général de la Rébellion, de résultats purement et simplement inversés ? Proclamation adossée au refus de prendre en compte l'existence avérée de fraudes massives – elles-mêmes supervisées par les autorités françaises –. Pourra-t-il éviter d'appeler par son nom l'intronisation aux forceps du chef rebelle Alassane Dramane Ouattara : un coup d'État fomenté par la "France" de son prédécesseur à l'Élysée ? Pourra-t-il continuer à tolérer la surréaliste conspiration du silence dont les médias ont enveloppé les circonstances aussi troubles que tragiques de l'assassinat de notre compatriote Philippe Rémond, à tous égards le plus digne d'éloges et le plus représentatif de ce que la France, au creuset des valeurs qui l'ont forgée, porte de plus grand, de plus noble et de plus beau : le vrai courage et l'exaltation de la Vérité ? Pourra-t-il, tirant prétexte du devoir de réserve imposé par l'exercice de sa charge, se dérober aux exigences d'une enquête impartiale, n'éludant pas la délicate question d'une éventuelle complicité directe ou indirecte des autorités françaises dans la planification et l'exécution de ce crime perpétré par les tueurs de Ouattara ? Aura-t-il le cœur de laisser se perpétuer le scandale de la discrimination négative dont est victime le franco-Ivoirien Michel Gbagbo, coupable du seul crime d'être le fils d'un père innocent, séquestré au péril d'une santé que l'on sait fragile par le preneur d'otage burkinabé fabriqué par la "France" ?

Le vainqueur alternatif du 6 mai prochain pourra-t-il jouer la carte de la bienséance feutrée, quand il s'agira d'affronter le déferlement de révélations dont l'écho assourdissant viendra bientôt répercuter le vacarme –étouffé jusque-là manu militari – de la cascade de forfaits économiques, diplomatiques et militaires ayant culminé dans le bombardement intensif, une semaine durant, de la Résidence présidentielle d'Abidjan ? Bombardement accompagné du massacre de centaines de jeunes ivoiriens aux mains nues venus soutenir la légalité démocratique incarnée par SEM Laurent Gbagbo – autant de corps dont on a perdu la trace…–, et suivi de la capture – par la Licorne associée au GIGN ! – d'un Président légitimement élu et officiellement investi par le conseil constitutionnel de son pays. Osera-t-il alors, par fidélité à la ligne d'un parti qui dans ce domaine, ne s'est illustré que par sa lâcheté, refuser de prendre position ? Aura-t-il le front de balayer d'un revers de mains les dizaines de milliers de témoignages accablant les autorités françaises et le rôle abominable qu'elles ont joué, en coulisses et sur la scène, dans la préparation, l'éclatement et le dénouement de cette crise d'une violence inouïe ? Pourra-t-il nier la manière dont la "France" de Sarkozy couve jalousement depuis un an l'éclosion progressive, sur tout le territoire ivoirien, d'une dictature de moins en moins rampante, synonyme d'insécurité endémique, de régression économique, sanitaire et éducative, de séquestrations arbitraires et de disparitions inexpliquées ? Tout cela sous l'œil complaisant d'une armée de fonctionnaires verrouillant minutieusement pour le compte de la "Métropole" – puisque nous voilà revenus, sous la pression des démons de la nostalgie impériale, aux fondamentaux de l’occupation coloniale la plus grossière - chacun des rouages de l'État, police et armée comprises ?

Pourra-t-il, en somme, se soustraire à son devoir historique de "lâcher" le criminel de guerre Alassane Ouattara, et de le contraindre, aussi fermement que la macabre Licorne aux ordres des menteurs l'a fait quand il s'est agi de bafouer le droit, la justice et la légitimité en chassant du pouvoir celui qui en était le garant, à céder sa place de sanglant usurpateur au profit de ceux-là même qu'avec la complicité de la "communauté internationale", il a envoyé croupir dans les geôles de son "régime de Vichy" franco-ivoirien, et de son extension européenne de la Haye ?

Pourra-t-il, plus largement, faire abstraction de toutes les régressions liberticides qui ont accompagné chacune des interventions de la France en Afrique tout au long de ces dernières années de Sarkozysme frénétique, où l’on a vu le futur ancien maître des lieux enfoncer, avec une rage démente, les clous du cercueil françafricain, troquant pour ce faire le costume de modération ambiguë – ou de sauvagerie mesurée- de ses prédécesseurs dans leur politique à l’égard des anciennes colonies françaises, contre un tablier de bourreau ? Bourreau sujet à des accès de brutalité sans limite, ne disposant, pour dissimuler l’abîme sans fond de son cynisme absolu, que du masque d’un sourire carnassier, aussi peu crédible – et a contrario aussi négativement révélateur – que les propos pseudo-humanistes qui lui sont assortis. Pourra-t-il enfin s'abstenir de dénoncer un à un tous les contrats et accords scélérats – aussi bien sur les plans politique et militaire qu'économique, la dernière manœuvre se dissimulant sous la signature d'un nouvel accord de coopération militaire avec le Sénégal – destinés à aggraver et pérenniser l'asservissement des pays d'Afrique ?

Le maître mot de ce que tous les Africains liés de près ou de loin à la France, et tous les Français soucieux de rester dignes du nom qu'ils portent, attendent du successeur de Nicolas Sarkozy dans la mise en œuvre d'une nouvelle politique africaine, c'est, on l'aura compris, celui de "courage" : le courage même dont fit preuve Philippe Rémond, et qui lui coûta la vie; courage de rompre sans arrière-pensée avec des méthodes séculaires héritées du lointain passé esclavagiste d'une nation arrogante et superbe ; courage de préférer pour la France, à l'éphémère illusion des vestiges d'une prospérité usurpée, le renoncement à ce qui n'est pas elle : le pillage et l'exploitation mortifères de pays auxquels ne devra plus désormais la lier que des accords de partenariat scrupuleusement égalitaire ; courage aussi de préférer le défi de l'appauvrissement transitoire d'une nation française appelée en contrepartie à renouer avec les valeurs qui la fondent – ces valeurs oh combien fécondes d'accueil, de solidarité et de généreuse créativité –, au funeste entêtement de ceux qui, pour le compte de la Cupidité Multinationale, ne flattent l'ego de notre "chétive pécore"(1) hexagonale que pour mieux l'entraîner par étapes, au rythme des marches forcées d'une paupérisation scientifiquement programmée, et sous le signe de la peur engendrée par le grondement d'aventures militaires et policières de plus en plus tonitruantes, vers l'enfer de sa destruction.

Peut-être la réponse espérée à toutes les questions énumérées plus haut relève-t-elle de l'utopie. Il n'en aurait pas moins été impardonnable de ne pas les poser, ne fût-ce qu'en rêve, d'autant que, nous le croyons, quiconque les éludera désormais sera bien vite balayé par le vent de l'histoire – comme fauteur de malheur par omission –, jusqu'à ce que paraisse enfin, en Afrique aussi bien qu'en Europe et dans le monde entier, ce Règne de Justice auxquels aspirent tous ceux qui savent encore ce que c'est qu'une Promesse …

Eliahou Abel

(1) Jean de la Fontaine :"La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf"