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25/09/2015

Côte d'Ivoire : on marche ou on fait la révolution ?

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Les candidats aux prochaines élections présidentielles réunis au sein de la CNC avec le Front Populaire Ivoirien (FPI) - tous opposés aux conditions indignes du scrutin et aux faveurs accordées à M. Ouattara - ont décidé de lancer une marche dans les rues d'Abidjan à la fin du mois de septembre 2015. Aux dernières nouvelles, ces candidats déclarés non satisfaits des dispositions encadrant ces élections prendront la tête du cortège. Nous sommes tentés de leur demander ce qu'ils comptent obtenir du pouvoir par cette entreprise.

A moins d'une manifestation gigantesque qui verrait Abidjan submergée et paralysée, pendant une journée ou deux, au point de générer une peur terrible dans le cœur de tous les soutiens du régime en place, rien ne changera sous le ciel ivoirien. Si on ne songe pas à faire descendre les populations de l'intérieur sur Abidjan comme pour l'étouffer littéralement, rien ne changera. Seul un tel exploit pouvant faire craindre un cataclysme laisserait espérer une réunion autour de la table des négociations sur le respect de la Constitution et l'équité au sein des institutions chargées de la gestion des élections. Si au lieu de cela, les froussards restent dans leur lit, prennent leur voiture comme un jour ordinaire, se préoccupent de ce qu'ils vont manger à midi et restent chez eux, rien ne bougera en Côte d'Ivoire avant longtemps. Quand Yopougon, Bonoua, Gagnoa et quelques autres villes de l'intérieur ont manifesté contre la proclamation de l'insolente éligibilité de M. Ouattara, le reste du pays est demeuré silencieux. Il ne faut absolument pas que cela se reproduise au risque de discréditer la résistance. Seule l'union sacrée autour d'une opération d'envergure extraordinaire est à envisager.

Pourtant, il semble que l'intention des organisateurs est de faire une marche revendicative ordinaire, avec un rassemblement devant deux ou trois institutions du pays. Nous sommes sincèrement contraints de nous demander ce qu'ils comptent obtenir comme résultat. M. Ouattara campe sur sa position. Le président du Conseil constitutionnel l'a déclaré éligible et a envoyé sa compagne le soutenir dans ses meetings. Youssouf Bakayoko, décrié par tous est maintenu à la tête de la Commission électorale indépendante (CEI) par la seule volonté de M. Ouattara. Peut-on devant une telle détermination du pouvoir se contenter d'une marche revendicative comme dans un pays démocratique où on peut faire prendre en considération son point de vue dans la rue ?

La question que chacun se pose devant une telle situation qui ressemble à une impasse est la suivante : à qui revient désormais le pouvoir de changer quelque chose dans le schéma électoral ? Chacun est tenté de répondre : "le peuple ivoirien !".

Malheureusement, si le peuple ne devient pas un océan qui inonde tout, mieux, un tsunami qui emporte tout au point de faire réfléchir les irréductibles soutiens d'un régime détesté qui vit pour l'heure comme un îlot infréquentable, M. Ouattara demeurera sur son piédestal. En effet, l'inexistence d'une armée nationale pouvant pencher en sa faveur contraint le peuple ivoirien à user de la force dissuasive en descendant très massivement dans la ville d'Abidjan pour la paralyser quelques jours. Sinon, l'autre moyen d'imposer sa volonté et de voir sa Constitution et les conditions d'une élection démocratique respectées est de passer par une révolution violente ; c'est-à-dire par le saccage de toutes les infrastructures économiques du pays ainsi que les biens de ceux qui prospèrent sous la bienveillance de la politique de M. Ouattara.

Il n'est donc nullement l'heure de faire une marche revendicative. C'est l'heure de la révolution, pacifique - chose exceptionnelle - ou violente.

Raphaël ADJOBI

31/07/2015

La CNC, un attelage hétéroclite condamné à faire oeuvre de salut public

La Coalition Nationale pour le Changement, les frondeurs du PDCI-RDA, qui appartient à la CNC, Les partis de la CNC


De toute évidence, la Coalition Nationale pour le Changement (CNC), née en mai 2015, à 5 mois des élections présidentielles, n'a fait que se substituer à l'Alliance des Forces Démocratiques (AFD) puisqu'elle reprend les mêmes objectifs essentiels : le rétablissement des conditions d'élections justes, transparentes et démocratiques, et la réalisation de la réconciliation nationale.

La seule différence - et elle est de taille - c'est que l'AFD n'était formée que du FPI et de ses alliés traditionnels qui sont les partis progressistes, alors que la CNC inclut - outre le FPI et ses alliés - les candidats déclarés aux élections présidentielles de 2015 issus pour la plupart du Rassemblement des Houphétistes (RHDP) au pouvoir avec Alassane Dramane Ouattara. On y compte aussi quelques personnalités dont la vertu consiste à toujours compter sur leur bonne étoile.

Nous constatons pour notre part que la CNC, qui est venue demander la même chose que demandaient le FPI et ses alliés depuis la sortie de prison d'une partie de ses dirigeants, est clairement un attelage trop hétéroclite pour être viable à long terme.

Dans cet attelage, il y a en effet les habituels sympathisants du pouvoir qui jouissaient de la mansuétude de M. Ouattara et faisaient office d'opposants officiels non encombrants. De 2011 à 2013, leur rôle d'opposant officiel toléré se limitait à la critique de la politique économique du gouvernement. Ils ont vécu des années dans l'ignorance des emprisonnements arbitraires et des condamnations à l'exil de leurs compatriotes. En d'autres termes, ils ont vécu dans le mépris de la veuve et de l'orphelin lorsque ceux-ci avaient besoin d'être consolés. Et c'est bien tard qu'ils ont commencé à dénoncer le rattrapage ethnique et l'entretien d'une armée prétorienne en Côte d'Ivoire, pour enfin rejoindre le FPI dans la CNC.

Quant à ceux qui nous viennent du PDCI-RDA, nous savons tous dans quelle équipe ils jouaient. Ils sont tous issus du RHDP qui gouverne le pays depuis bientôt cinq ans. Or, le RHDP (PDCI-RDA et RDR) est synonyme de rattrapage ethnique, d'emprisonnement des opposants, du maintien d'une armée prétorienne et de l'absence de politique de retour des exilés de l'Ouest sur leurs terres.

Le discours de Daoukro a redistribué les cartes

C'est à partir du discours de Daoukro où le président du PDCI-RDA avait décidé que son parti ne présenterait pas de candidat contre M. Ouattara, que M. Kouadio Konan Bertin, M. Charles Konan Banny et les autres ont endossé l'étiquette de frondeurs et quitté l'équipe poussive, arrogante et brutale de M. Ouattara.

Si M. Henri Konan Bédié avait assuré aux militants du PDCI-RDA que leur parti aurait son propre candidat aux prochaines élections présidentielles, M. Banny, M. Kouadio Bertin et les autres n'auraient pas changé leurs habitudes et auraient continué à suivre la politique destructrice prônée par M. Ouattara depuis 2011.

N'oublions jamais que le but initial du PDCI-RDA et du RDR était de jouer l'alternance au pouvoir uniquement au sein du RHDP. C'est-à-dire qu'ils se sont fait la promesse de confisquer le pouvoir en faisant en sorte qu'il reste toujours entre leurs deux partis. Voilà le vrai visage des personnalités qui ont rejoint l'opposition traditionnelle dans une alliance qui se veut de salut public.

Malgré ce visage très hétéroclite et très incohérent de la CNC, un calcul à court terme nous contraints à taire nos divergences et même nos différences : d'une part, le FPI jouit de l'indéfectible fidélité de son électorat ; le président du LIDER l'a amèrement constaté à ses dépens en 2011. D'autre part, la scission du PDCI-RDA laisse croire que les frondeurs de ce parti rejoignent le FPI avec un électorat suffisant pour faire pencher la balance du côté de la Coalition Nationale pour le Changement en cas d'élection. Il n' y a pas photo, comme disent les Ivoiriens. Nous pouvons donc raisonnablement, au regard des forces en présence désormais, espérer arracher le pouvoir à ce qui reste du RHDP. En nous imposant le devoir de ne pas être trop regardant avec ceux qui gardent encore dans la bouche un reste de leur dernier repas pris avec M. Ouattara, nous pouvons redresser la Côte d'Ivoire en gagnant les élections de 2015.

Malheureusement, de même que dans le domaine de la justice on ne gagne pas un procès avec la bonne foi, de même en politique on ne gagne pas une élection à l'applaudimètre. M. Ouattara peut être publiquement vomi par les populations, il peut ne jamais remplir un stade là où ses adversaires font le plein, il peut même n'avoir qu'une centaine de bulletins de vote à son nom dans les urnes et gagner les élections parce qu'il connaît les bonnes personnes qui annoncent les résultats et les certifient.

Voilà la réalité des élections qui ne respectent pas les conditions justes, transparentes et équitables ! Maintenant que tous les partis réunis au sein de la CNC savent cela et conviennent de ne pas participer aux élections parce que les conditions ne sont pas réunies, que faisons-nous ? Une seule voie s'offre à nous : parce que M. Alassane Ouattara refuse la formation d'un gouvernement de transition qui aura pour objectif de mettre en place les mesures manquantes nécessaires à des élections démocratiques, il faut appeler le peuple à lui forcer la main afin d'obliger ses maîtres à s'en séparer comme d'un animal indésirable qu'on éloigne sans scrupule. C'est cela faire œuvre de salut public !

Raphaël ADJOBI


27/04/2015

Prélude aux présidentielles 2015 : Laurent Gbagbo vainqueur à l'applaudimètre

Investiture du candidat Ouattara en avril 2015, Ouattara candidat du RHDP 2015, Ouattara ne remplit pas le sade Félix Houphouët-Boigny, Gbagbo plus fort que Ouattara


« Tout ça pour ça ? » s'interrogent, dépités, les organisateurs de la grande fête du samedi 25 avril 2015 devant sacrer Ouattara candidat unique de la coalition au pouvoir. « Oui, tout ça pour ça ! » semblent répondre en jubilant l'opposition républicaine et la résistance ivoirienne aux imposteurs.

Hilare devant les images des gradins clairsemés du stade Félix Houphouët-Boigny qui accueillait les fidèles de la coalition Ouattara-Bédié au pouvoir, un internaute affirme que de simples photos de Laurent Gbagbo dans cette arène auraient drainé une plus grande foule. Oui, là où les deux ténors du pouvoir ont laissé du vide, le seul portrait de Laurent Gbagbo aurait fait stade comble !

Quelle claque ! On en rit encore dans les chaumières d'Eburnie et devant les écrans d'ordinateur. La popularité d'un homme d'Etat ivoirien ne se mesure pas à la blancheur de son épouse, à celle de ses amitiés extérieures, ou aux gesticulations et au serment d'un vieux baoulé.

Gbagbo remplit le cœur des Ivoiriens ; Ouattara le laisse vide

Investiture du candidat Ouattara en avril 2015, Ouattara candidat du RHDP 2015, Ouattara ne remplit pas le sade Félix Houphouët-Boigny, Gbagbo plus fort que Ouattara La désillusion d’Alassane Dramane Ouattara est si grande que ses partisans en ont honte. La preuve, ils tentent par tous les moyens de cacher les traces visibles du désamour des Ivoiriens pour celui qui leur a promis monts et merveilles et qui a fait intervenir les forces étrangères pour le leur imposer. Le journal Le jour remporte la palme du ridicule en proposant, à la place de l'image du stade presque vide du samedi 25 avril 2015, celle de la consécration de Laurent Gbagbo en 2010. A la Une de ce quotidien, la flatteuse bâche principale blanche de Ouattara a disparu et laissé la place à la bâche sombre de la réalité de l'Afrique de Laurent Gbagbo.

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Assurément, on peut affirmer que Laurent Gbagbo remplit le cœur des Ivoiriens alors qu’Alassane Ouattara le laisse vide. Dans les cœurs, dans les stades ou dans les urnes, Ouattara sait – et les Ivoiriens aussi – qu’il n'a jamais triomphé et ne peut jamais triompher sans le recours à la falsification ou aux canons des Blancs.

Raphaël ADJOBI

12/04/2015

LA DIASPORA AFRICAINE EST FORMIDABLE !

manifestation africaine du 11 avril 2015, défense des institutions africaines à Paris,


La marche organisée à Paris le samedi 11 avril par la diaspora africaine pour défendre le respect des institutions africaines a été un grand succès ; et cela grâce à une mobilisation sans précédent des mouvements progressistes associés aux différentes composantes de la Résistance ivoirienne.

Bien sûr, Laurent Gbagbo était l’épicentre de cette grande fête. D’ailleurs, le choix du 11 avril pour défendre le respect des institutions africaines n’est pas un hasard : c’est en effet le 11 avril 2011 que le coup d’état français a brisé la décision du conseil constitutionnel ivoirien qui avait déclaré Laurent Gbagbo élu. C’est donc aux cris de « Libérez Gbagbo, libérez Simone » accompagnés de « Touche pas à ma constitution » que le cortège a quitté la Place Victor Hugo pour atteindre le siège du Conseil constitutionnel français trois heures plus tard.

C’est, à ma connaissance, la première fois que la diaspora africaine réussit à se mobiliser en si grand nombre. La Résistance ivoirienne a su convaincre le reste de la diaspora africaine que son combat est aussi le sien, c’est-à-dire celui de toute l’Afrique. Les manifestations sénégalaises et burkinabé qui ont empêché Abdoulaye Wade et Blaise Compaoré de modifier les constitutions de leur pays pour les adapter à leur seul désir ont permis à tous de comprendre que Gbagbo avait raison. Les Africains savent désormais que, sans des institutions fortes, aucune démocratie ne peut prendre racine dans leurs pays.

manifestation africaine du 11 avril 2015,défense des institutions africaines à paris


Patrice Lumumba et Sankara sont morts sans drainer des foules dans leur combat ; jusqu’à sa mort, Sékou Touré a vécu comme un paria, dans l’indifférence totale du reste des Africains ; Mandela a passé 27 ans en prison sans que la diaspora africaine descende dans les rues pour le défendre, alors qu’elle était très politisée dans les années 60 et 70. Il est tout à fait enthousiasmant de constater que la diaspora africaine est enfin capable de transcender sa diversité pour suivre un seul homme – Laurent Gbagbo – parce qu’il est porteur d’un idéal dans lequel elle se reconnaît. Une nouvelle génération est donc née. Une génération qui ne veut pas voir ses leaders – qui défendent des idéaux qu’elle partage – injustement persécutés, emprisonnés ou assassinés.

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France

07/04/2015

Toute la diaspora africaine dans les rues de Paris le samedi 11 avril 2015 !

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A écouter les radio et télévisions africaines, le pouvoir d'Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire est devenu la honte de l'Afrique. Tout le monde est scandalisé par ses propos sur le franc cfa, l'indépendance économique et les institutions en Afrique. Jamais un gouvernant africain n'est apparu de manière aussi évidente comme l'ennemi de l'Afrique entière.

Par la même occasion, sur les mêmes radios et les mêmes télévisions africaines, on n'hésite pas à présenter l'incarcération de Laurent Gbagbo dans une prison européenne comme une humiliation inacceptable.

Le samedi 11 avril 2015, l'occasion est offerte à tous les Africains de France de descendre dans la rue pour témoigner leur attachement au respect des institutions africaines débarrassées de la main manipulatrice de la France. En défendant Laurent Gbagbo, c'est toute l'Afrique désireuse d'institutions fortes et de démocratie non manipulée de l'extérieure que nous défendons. La diaspora de chaque pays africain doit se sentir concernée pour aller manifester sous la bannière qu'elle veut et porter haut et fort les idéaux communs à toute l'Afrique.

C'est le 11 avril 2011 que Laurent Gbagbo a été délogé du palais présidentielle par l'armée française puis remis à son adversaire politique pour être envoyé dans une prison européenne. Et cela pour avoir respecté les institutions de son pays qui l'ont déclaré élu. Patrice Lumumba et Thomas Sankara sont morts dans le silence des voix africaines. Sékou Touré et Kouamé N'Krumah ont mené des combats solitaires parce qu'ils n'ont rencontré que l'indifférence des voix africaines de leur époque. Mandela a passé 27 ans en prison sans que des Africains aient daigné organiser des manifestations populaires pour le soutenir. Malheur donc à nous si nous ne saisissons pas cette occasion fédératrice pour montrer à la France et aux dirigeants africains au pouvoir la cohésion des générations nouvelles autour des valeurs qui doivent conduire l'Afrique à s'assumer pleinement.

Soyez convaincus d'une chose : chacun de vous est Laurent Gbagbo si vous avez le même rêve que lui pour votre pays, si vous avez le même rêve que lui pour l'Afrique. Si vous avez dans votre cœur l'espoir d'une Afrique solidaire aspirant à une pleine et entière indépendance par le respect de ses institutions, alors allez manifester le 11 avril à Paris.

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France