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29/05/2014

Le péage de l'autoroute ivoirienne : œuvre d'un Etat bandit de grand chemin

Depuis fort longtemps, nous avons tous compris qu'Alassane Ouattara est l'exacte incarnation de Monsieur Thôgô-gnini de Bernard Dadié. Il n'est pas nécessaire d'être un économiste estampillé Harvard, Grande Ecole française ou autre illustre établissement d'économie pour avoir remarqué que l'usurpateur s'applique à condamner les Ivoiriens à vivre pour payer des dettes selon la belle formule du personnage principal de la pièce du dramaturge ivoirien.

Autoroute Côte d'Iv.  0003.jpg


Il est donc inutile d'entrer ici dans des comptes d'apothicaire concernant l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro. Les Ivoiriens ont-ils vraiment besoin de savoir que cet ouvrage qui se veut d'utilité publique a été moins coûteux qu'une autoroute française et que par conséquent son accès doit être d'un coût moins élevé ? Devons-nous forcément calculer le prix d'accès aux réalisations publiques ivoiriennes à l'aune du coût des mêmes travaux en France ? Devons-nous fixer les tarifs de nos soins médicaux et de notre enseignement par rapport aux prix pratiqués en France ou en Europe ? NON ! … Passons donc à l'essentiel.

Quand Félix Houphouët-Boigny avait fait réaliser les 140 kilomètres de sa prétendue autoroute sans les facturer aux usagers Ivoiriens, s'il est vrai qu'il n’avait pas fait preuve d'une bonne connaissance des besoins de la nation, il a au moins tenu compte de la situation sociale de ses compatriotes. Ce qui revient à dire qu'Alassane Ouattara fait des réalisations en dépit du bon sens dans le seul but de satisfaire les entrepreneurs français qui condamnent par la même occasion la Côte d'Ivoire à leur être redevable pendant des décennies. Disons que si Houphouët-Boigny dilapidait nos finances, Ouattara hypothèque notre avenir ; et ce sont les financiers et entrepreneurs français qui se frottent les mains. Voilà la première chose qu'il faut retenir.

A force de toujours parler d'économie et de réalisations grandioses, on oublie l'essentiel : l'humain et les moyens dont il dispose. Compte tenu du parc automobile ivoirien hors de l'agglomération abidjanaise et du trafic routier entre la capitale économique et le Nord du pays, une voie rapide non payante – intermédiaire entre une route nationale et une autoroute – n'était-elle pas pour l'heure préférable à une autoroute ? C'est déjà, de toute évidence, une folie des grandeurs que de s'offrir une autoroute là où elle n'est pas nécessaire ; mais cette folie devient criminelle quand elle condamne un pays à vivre pour payer des dettes. Par ailleurs, non content de nous obliger à vivre à crédit, Ouattara nous fait payer une taxe supplémentaire dont nous ignorons la destination.

Mais ce qui est absolument inadmissible, scandaleux, c'est que l'autoroute qui vient d'être réalisée ne laisse pas intact le tracé de l'ancienne route nationale ! Jamais en France, ou ailleurs en Europe, aucune autoroute n'a pris la place de la route nationale enlevant aux usagers le choix entre les deux modes de circulation ! Nulle part, l'autoroute – dont la fonction première est de permettre d'aller vite et par conséquent de gagner du temps – n’a pris la place des routes existantes. L'autoroute a toujours été en Europe un service supplémentaire pour ceux qui le veulent et non une voie obligatoire d'un point à un autre. Une route payante qui prend la place d'une route qui ne l'était pas est donc assurément un crime d'Etat ! C'est du vol organisé. Tous ceux qui parlent de racket ont donc tout à fait raison.

L'Etat a l’obligation d'entretenir toutes les voies de communication du pays, quelle qu'en soit la catégorie. En Europe, ce manquement le conduit devant les tribunaux en cas d'accident. La publicité ivoirienne invitant les usagers à emprunter l'autoroute au bitume correct - parce que neuf ! - plutôt que les routes défoncées du pays n'est donc rien d'autre qu'un aveu d'irresponsabilité du gouvernement, la fière proclamation d'un Etat ayant fait du banditisme son mode de fonctionnement.

Autoroute C. Iv. 0004.jpg


Quelle honte, mais alors quelle honte ! Les membres du gouvernement – et en particulier le ministre des transports – savent-ils les commodités et les multiples installations de sécurité attachées à une autoroute digne de ce nom ? L'absence de certaines précautions ou de certains services élémentaires comme les aires de repos, les stations à essence, les barrières de protection contre l'irruption des animaux sauvages - pour ne citer que ceux-là - relèguent l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro au rang d'une simple voie rapide comme il en existe un peu partout dans le monde.

Il faut le dire haut et fort : l'ouvrage réalisé n'est absolument pas une autoroute ! Quand on veut copier le Blanc, il faut le faire correctement ou mieux que lui. Notre honte est encore plus grande en constatant que des nègres forment une association de bandits avec les Européens pour transformer une route gratuite en route payante alors que la raison conseille toujours de laisser la voie existante intacte en cas de construction d'une autoroute payante. Un Etat n'a pas le droit de se montrer ouvertement et effrontément voyou de la sorte !

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France

12/04/2014

Les Afro-descendants et la diaspora africaine revendiquent leur place dans l'Histoire de France

Appel aux Afro-descendants et à la diaspora africaine


Nous devons nous approprier notre Histoire de France
pour libérer l'Afrique
!

Place Catroux 0001.jpg


Chaque jour nous subissons le mépris de nos compatriotes blancs.
Parce que nous sommes à leurs yeux des étrangers qui viennent manger leur pain, ne descendent-ils pas régulièrement dans les rues pour crier "sus aux immigrés" et exprimer leur peur du "remplacement de la population" blanche ?

Chaque jour, nos concitoyens blancs nous jettent à la figure cette question : "de quelle origine êtes-vous ?" Et cela pour mieux nous signifier que nous ne sommes pas des leurs.
Les politiques de leur côté nous prêtent des sentiments et même des propos que nous n'avons jamais tenus. Quand nous parlons de reconnaissance, ils proclament qu'ils sont contre la repentance ; et cela pour mieux dresser nos compatriotes blancs contre nous et justifier par la même occasion leurs mesures racistes à notre égard.

Et pourtant, comme le reconnaissent de nombreux penseurs ou philosophes, l’idée que l’homme doit être reconnu, respecté par ses pairs pour vivre en société et se réaliser pleinement devrait être au centre des préoccupations de ceux qui nous gouvernent.

La définition de la justice sociale ne peut en effet se limiter à la question des droits.

Nos dirigeants devraient aller plus loin en veillant à diagnostiquer tous les maux qui nous empêchent de nous réaliser pleinement et nous minent intérieurement parce qu'ils dégradent la reconnaissance en humiliation ou exclusion.

Nous devons célébrer et enseigner la France noire

Devant le mépris des politiques et des officiels de l'Etat qui se mue peu à peu en sournoise exclusion - pouvant aboutir à un racisme décomplexé et généralisé - une impérieuse nécessité s'impose à nous, Afro-descendants et diaspora africaine :

nous devons nous approprier résolument notre Histoire française afin de mieux nous ancrer dans le tissu social de notre pays !
Lire la suite sur : Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Raphaël ADJOBI

08/01/2014

Abel Naki et les dessous de l'affaire "Un infiltré dans la résistance ivoirienne démasqué à Bordeaux"


Abel Naki et l'affaire Victor Prado, Abel Naki et la résistance ivoirienne, Abel Naki est-il un dictateur ? Abel Naki diffame un jeune français Abel Naki ferait-il espionner ses camarades du CRI-panafricain ?

Tout porte à croire que oui ! Mais en est-il vraiment capable ? Le 3 janvier 2014, un certain Jean-Luc Servan se disant journaliste d'investigation affirmait – dans un article publié sur le site Ivorian.net – avoir démasqué à Bordeaux un Français blanc du nom de Victor Prado ayant infiltré la résistance ivoirienne ; notamment le CRI-Panafricain d'Abel Naki.

Le titre très accrocheur de l'article – « Un infiltré dans la résistance ivoirienne démasqué à Bordeaux » - a aussitôt plongé bon nombre d’Ivoiriens dans les invectives contre Ouattara et la France. Devant la menace de porter plainte pour diffamation lancée contre Ivorian.net par Victor Prado, dès le 5 janvier le site a retiré l'article tout en lui présentant ses excuses. L'équipe de Ivorian.net explique que l'article signé Jean-Luc Servan provient « d’une demande de publication par Email » qui s'est avérée « une exploitation abusive de [leur] plateforme de communication avec des articles de correspondances pleins de délations calomnieuses ».

Ouf ! Voilà le jeune militant français lavé de tout soupçon ! Cependant, puisque son nom restera à jamais sali, les excuses facilement présentées méritent que le public comprenne la source de l’accusation et la réalité qu’elle cache. Pour cela, le lecteur peut compter sur l’ancien Secrétaire général du CRI-Panafricain que je suis pour le conduire dans le bain de ce mouvement politique dirigé par Abel Naki. Cette diffamation gratuite émanant du mouvement dont j’ai été durant un an la plume sur le net ne peut être close sans des explications claires. Il importe qu’Abel Naki dise à tous les militants ou anciens militants depuis quand a commencé cette enquête journalistique.


D'abord, qui est-il ce Jean-Luc Servan ? Secrétaire général du CRI-Panafricain jusqu'au 10 décembre 2013 – date de ma démission – je n'ai jamais entendu dire qu’un journaliste avait été engagé pour démasquer d'éventuels infiltrés au sein du mouvement. Si toutefois c’était le cas, alors on peut affirmer sans se tromper que le président Abel Naki fait espionner ses camarades. D’ailleurs, l’une des deux photos accompagnant l’article atteste que son auteur ou la personne lui ayant fourni les informations était au séminaire de Nice les 18 et 19 octobre 2013. Abel Naki doit absolument dire pour le compte de qui travaillait le prétendu journaliste d’investigation Jean-Luc Servan, s’il ne veut pas faire fuir les quelques membres qui lui restent encore fidèles et qui doivent se sentir tout petits avec cette affaire de « l’infiltré de la résistance ivoirienne ». Au sein du CRI-Panafricain, chacun doit aujourd’hui se demander qui espionne qui.

Une chose est certaine : Abel Naki n’a pas la plume adéquate pour produire le texte qui a Sali le jeune Français, notre camarade de lutte. On peut donc dire que Jean-Luc Servan est indubitablement un membre du CRI-Panafricain ou un ami extérieur au mouvement à qui Abel Naki a fourni de fausses informations pour lui servir de porte-parole. Dans les deux cas, le président du CRI-Panafricain est pleinement responsable du texte produit et de la salissure qui a couvert notre camarade. Une telle pratique est inadmissible parce que tout à fait ignoble ! Que chacun comprenne donc notre profonde indignation.

Victor Prado, la victime idéale livrée à la vindicte populaire des Ivoiriens

Victor Prado, compagnon d'une ivoirienne, n'est rien d'autre qu'un jeune français blanc qui – comme l’ont fait et le font tant d'autres blancs sous d'autres cieux et à toutes les époques – a décidé de combattre aux côté des Ivoiriens, au sein du CRI-Panafricain, l'injustice qui frappe leur pays. De toute évidence, son crime est d’avoir rendu publique sa démission sur son mur Face book avec le titre très accrocheur « Veni, vidi, …Vichy ! » Le président du CRI-Panafricain qui aime étaler sa vie privée et publique sur les réseaux sociaux n’a pas apprécié les explications du jeune Français justifiant sa démission. Il a alors décidé de le discréditer à jamais en frappant très fort !

Victor Prado étant le seul blanc du CRI-Panafricain, l’argument s’imposait de lui-même de façon lumineuse à Abel Naki ! Il lui suffisait de dire que « sous le régime sarkozyen, pendant la crise postélectorale de novembre 2010 en Côte d’Ivoire, une vaste campagne de recrutement de jeunes français avait été lancée en Aquitaine. Ces jeunes français avaient pour mission d’infiltrer les milieux associatifs africains. […] Dans nos recherches, nous avons découvert un des plus farouches. Son nom à l’état civil est VICTOR PRADO. Un Français d’origine argentine… ». Celui-ci avait pour mission de « récolter toutes les informations sensibles pour ensuite les transférer aux Renseignement Généraux (RG) français ». Les Renseignements Généraux français apprécieront l’accusation.

En lançant une telle bombe sur la toile, le CRI-Panafricain d’Abel Naki était sûr de son effet : le lynchage du jeune Français par les résistants Ivoiriens ! C’était facile et bien vu. Imparable !

Malheureusement pour lui, tous les Ivoiriens fréquentant Internet ne sont pas bêtes ; et très vite des doutes s’installent dans certains esprits. Car ce qu’Abel Naki n’avait pas prévu, c’était la réplique adroite du jeune Victor Prado. Tout d’abord, celui-ci va démontrer sur son mur Face book qu’en une journée, à huis clos avec quelques camarades, Abel Naki a modifié le statut du CRI-Panafricain pour s’octroyer les pleins pouvoirs et la gestion de la trésorerie du mouvement qui revenait au départ aux présidents régionaux réunis au sein du Conseil National présidé par Mme Louise Faucher. Il justifiait ainsi la démission de celle-ci et de toute l’équipe de Basse-Normandie (30 novembre 2013), celles du Secrétaire général (10 décembre 2013) et du président de Bordeaux (30 décembre 2013). Abel Naki n’avait pas non plus pensé que Victor Prado amènerait si vite Ivorian.net à retirer son article de la toile en faisant valoir le fait qu’il se sentait désormais menacé, en danger.

Franchement, quel intérêt la France ou Ouattara avait à espionner la délégation régionale du CRI-Panafricain à Bordeaux limitée à une poignée de personnes plutôt qu’Abel Naki lui-même et ses amis de Paris ? D’autre part, pourquoi le résultat des investigations du prétendu journaliste arrive-t-il deux jours après la démission de Victor Prado et la publication des raisons de son départ (1er janvier 2014) ? Pourquoi un espion démissionnerait-il d’un mouvement qu’il est chargé de suivre à la trace ? Les Ivoiriens sont-ils si naïfs pour croire qu’un petit journaliste inconnu a été capable de démanteler un réseau des Renseignements Généraux au point d’avoir détecté « le plus farouche » des espions français ?

Cher Abel et chers anciens camarades du CRI-Panafricain, il est temps de réfléchir à la vague de démissions que connaît le mouvement depuis fin novembre 2013 plutôt que de chercher à salir par des manières détestables ceux qui vous ont quittés. Victor Prado a quitté le navire CRI-Panafricain parce que, comme ceux qui sont partis avant lui, il n’a pas apprécié la falsification du statut que nous avons mis une année entière à terminer ; tant nous étions soucieux du caractère démocratique à lui donner. Victor Prado vous a quittés parce qu’il sait que le président d’un petit mouvement qui se taille un manteau de pouvoir absolu en falsifiant le statut est capable demain de faire changer la constitution de son pays pour s’établir président à vie.

Avec un peu de bon sens, jamais le Cri-Panafricain – ou son prétendu journaliste – n’aurait accusé Victor Prado de l’avoir infiltré pour trahir la résistance ivoirienne. Oui, un peu de bon sens ou de culture aurait permis au pseudo Jean-Luc Servan et Abel Naki d’imaginer le père de Victor Prado fuyant les effets néfastes de la dictature argentine pour la France ; ils auraient compris que le jeune Franco-Argentin a embrassé la cause du pays de sa femme parce qu’il ne peut accepter que ses enfants – Franco-ivoiriens – vivent dans l’ignorance de ce qui se passe en Côte d’ivoire. Victor Prado ne peut pas espionner la résistance parce qu’il a été élevé dans le refus de la dictature ! C’est assurément un résistant-né que vous avez Sali !

Qu’espériez-vous en agissant de la sorte ? Pousser le jeune français au suicide ? Inciter quelque fanatique résistant ivoirien à attenter à sa vie ? Ce sont là des hypothèses qui apparaissent dans sa lettre de menace à Ivorian.net qui a publié l’article diffamatoire. C’est dire cher Abel que cette fois tu es allé loin, trop loin ! Abandonne tes plans machiavéliques salissants qui ne t’honorent pas et qui souillent la réputation du mouvement que tu diriges. Cette fois, Tu as failli entraîner tous tes camarades – y compris ceux qui ont démissionné avant cette affaire – dans une histoire de suicide ou d’assassinat d’un jeune Français. Ne vois-tu pas que toi et le CRI-Panafricain commencez vraiment à faire peur ?

Raphaël ADJOBI

26/12/2013

Appel à la rébellion des catholiques contre leurs autorités religieuses !


Où sont-elles les autorités religieuses catholiques ? Ont-elles vu les larmes du peuple ivoirien ? Entendent-elles les cris de souffrance qui montent des villes et des villages ? Ô ciel, mais pourquoi donc restent-elles insensibles à nos appels ? Ô Dieu du ciel et de la terre, as-tu cessé de les visiter depuis le 11 avril 2011 ?

Appel à la rébellion des catholique, les évêques et Ouattara


Les catholiques ne peuvent comprendre que de toute cette foule de mitres et de calottes, il n’y ait que la voix de Monseigneur Marcellin Kouadio, évêque de Yamoussokro, pour dire qu’en Côte d’Ivoire il est inadmissible que les enfants de Dieu subissent indéfiniment la loi des bourreaux se faisant passer pour les victimes. Les catholiques de Côte d’Ivoire doivent-ils accepter sans réagir que leurs autorités religieuses se soient effacés pour laisser Alassane Ouattara entrer au Vatican et recevoir l’onction papale malgré tous les crimes commis dans le pays ?

Mais où sont-ils donc les ambassadeurs des catholiques de Côte d’Ivoire ? Pourquoi n’ont-ils pas porté les pleurs des chrétiens et du reste du peuple devant le Saint-Père ? C’est avec horreur que nous les avons vus assemblés devant Ouattara écoutant ses recommandations plutôt que celles du Saint-Siège. De toute évidence, l’église catholique fornique avec le pouvoir ; et cela nous soulève le cœur !

La fornication 0009.jpg


Et les catholiques ivres de l’opium qu’ils fument dans les églises à longueur des dimanches, à quoi rêvent-ils ? s’imaginent-ils dans leur soumission devenir des anges volant dans le firmament ? Qu’ils abandonnent un moment l’opium et qu’ils regardent leurs prêtres, évêques, archevêques et autres cardinaux droit dans les yeux et qu’ils leur demandent ce que pense le Vatican de leur sort. Qu’ils demandent à toutes les têtes mitrées pourquoi Ouattara a été reçu par le Pape et pas eux. Est-ce parce que Ouattara est meilleur ambassadeur de Jésus par rapport à eux ?

Pauvres catholiques ivoiriens, désertez un moment vos églises et vos cités mariales et vous verrez que prêtres, évêques, archevêques et cardinaux se mettront à parler de vous, à courir au Vatican pour prier le Saint-Siège de jeter un regard favorable à vos prières. Désertez pour un temps les églises et vos cités mariales et vous verrez que le Pape regrettera d’avoir serré la main d’un dictateur dont il ignorait les crimes parce que vos autorités religieuses sont de très mauvais ambassadeurs de votre cause.

Catholiques de Côte d’Ivoire, comment se fait-il qu’aucune église française, italienne, espagnole ou portugaise (pour ne citer que celles-là) n’ont jamais témoigné de la compassion à votre égard ? Sachez que là-bas, les églises sont vides. Tous les chrétiens sont dans les supermarchés, même le dimanche. Là-bas, l’économie est roi. Et pour remplir les supermarchés, on compte sur votre passivité, votre amour de l’opium qui vous endort.

Catholique de Côte d’Ivoire, faites la grève de la messe ! Désertez les églises. C’est la seule façon qui vous reste pour faire entendre votre souffrance et aider votre pays à renouer avec l’amour du Seigneur Jésus. N’oubliez pas que même un imam a été obligé de s’exiler parce qu’il a fait entendre la voix de Dieu.

Réunissez-vous à domicile pour prier en famille. Laissez les églises vides et vous verrez que subitement vos autorités religieuses entendront la voix du Seigneur et non pas celle de Dramane Ouattara devenu leur ambassadeur auprès du Pape.

Raphaël ADJOBI

12/12/2013

Qu'avez-vous fait quand Nelson Mandela était en Prison ?


Hommage à Nelson Mandela, Qui étaient les amis de Mandela ? Les Français et Mandela, qui étaient les défenseurs de Mandela ? Voilà la seule question à laquelle devraient répondre tous les gouvernants qui se sont pressés en Afrique du Sud pour rendre hommage à l’ancien prisonnier du régime racial de ce pays. C’est également la question à laquelle devraient répondre tous les hommes politiques africains ainsi que les journalistes européens qui ont oublié la ligne éditoriale de leurs maisons alors ouvertement contre la lutte du parti politique de Nelson Mandela avant sa sortie de prison en 1990.

Pour ma part, c’est en France, vers la fin des années 70, que j’ai découvert les mouvements de soutien au célèbre prisonnier politique devenu aujourd’hui un héros planétaire. Dans les années 70 et 80, en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique, les hommes politiques francophones se gardaient bien de lui témoigner leur solidarité, laissant ainsi leur population dans l’ignorance de la souffrance des Sud-Africains et de la solidarité dont ils avaient besoin. Et comme la jeunesse francophone n’était absolument pas politisée, nulle part on n’a vu des manifestations publiques soutenant la lutte de l’ANC.

Aussi, au moment où Nelson Mandela nous quitte sous les hommages enflammés des chefs d’Etat européens et africains, c’est aux jeunes communistes français que va toute ma reconnaissance. C’est grâce à eux que je peux dire que j’ai soutenu son combat à une époque où pour les hommes politiques français – particulièrement pour Jacques Chirac et tous les leaders de la droite – il n’était rien d’autre qu’un terroriste. Rares sont les dirigeants français d’aujourd’hui qui peuvent affirmer sans mentir qu’ils avaient dans leur jeunesse activement milité pour la libération de Nelson Mandela. Avant 1990, seul le parti communiste brandissait dans ses différentes manifestations son portrait pour populariser son combat. Seule la jeunesse communiste placardait les photos du prisonnier de l’apartheid dans les universités françaises.

Aujourd’hui, les socialistes français, les mouvements politiques de droite, les journalistes de tous bords volent la vedette aux vrais amis de Nelson Mandela en France. Nicolas Sarkozy a-t-il signé une seule pétition demandant sa libération quand il était prisonnier ? Hollande a-t-il signé les pétitions que les communistes lui tendaient alors ? La France politique d’avant la libération de Mandela avait à l’égard de l’ANC et de son leader la même attitude et la même vision des choses que le pouvoir français d’aujourd’hui à l’égard de l’opposition ivoirienne et de ses prisonniers. Hier comme aujourd’hui, toute opposition à un pouvoir ami est considérée comme un acte terroriste. Et quand il ne soutient pas ouvertement un ami, le pouvoir français fait mine de ne pas voir ses crimes.

Depuis sa libération, c’est l’Europe qui a fait de Mandela un héros de la paix. Et les journalistes européens ont fini par nous faire oublier que l’homme partage son prix Nobel avec son ancien geôlier Frederick Declerk. Comme il fallait s’y attendre, à leur tour, les Africains reprennent les formules et les slogans européens sans même y ajouter leur perception personnelle de l’homme. Mais cette fois, ce mimétisme s’explique par le fait que bon nombre d’entre eux n’ont jamais connu l’action militante en faveur de Mandela ou de tout autre prisonnier politique noir.

Je me souviens qu’à l’université de Dijon, les Ivoiriens refusaient de lire les journaux et les tracts communistes que leur tendaient leurs camarades Français ; tout simplement parce qu’ils estimaient que bénéficier d’une bourse d’Houphouët-Boigny – c’était leurs propres termes – ne les autorisait pas à se mêler de politique. Mis à part quelques étudiants maliens et bukinabés très politisés, les Africains n’osaient même pas s’arrêter pour signer une pétition. Aujourd’hui, ces anciens étudiants devenus des dirigeants politiques ou de hauts fonctionnaires de l’Etat rendent hommage à Nelson Mandela alors qu’ils n’acceptent pas d’opposition au régime qu’ils ont installé dans leur pays.

La disparition de Nelson Mandela apparaît donc comme une belle occasion de rappeler à la jeunesse africaine qu’elle doit se garder de suivre les pas de cette génération qui rend bruyamment hommage à un homme dont elle n’a pas soutenu le combat. Qu’elle sache que nombreux parmi ceux qui se prosternent devant sa dépouille qualifiaient sa lutte de terroriste.

Oui, c'est à vous, jeunes africains de vous inspirer de la solidarité des jeunes communistes français pour ne pas laisser dans l’indifférence et l’oubli vos leaders qui défendent une Afrique libre de disposer d’elle-même.

Si les Européens ont oublié que l’apartheid a été le fruit de leur colonisation, vous ne devez pas manquer l’occasion de faire du combat de Nelson Mandela un bel exemple d’émancipation et de prise en main de la destinée de chaque pays du continent noir. Ce n'est pas l'icône aujourd'hui couverte d'encens qu'il faut regarder, mais le résistant au racisme érigé en système d'état que la colonisation avait rendu possible en terre africaine. N'oubliez surtout pas qu'en Afrique francophone, sous le couvert de gens qui vous ressemblent, le colonialisme continue de rendre encore possible d'autres formes d'humiliation. Que l'image de Nelson Mandela soit donc pour vous un repère sûr qui vous indique le chemin de la conquête de la dignité de chaque Africain. Quel bel héritage !

Raphaël ADJOBI