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30/09/2013

Déclaration du CRI-Panafricain suite au décès du syndicaliste ivoirien Basile Mahan Gahé

Basile Mahan Gahé et la CGT, Djadéi DAOUO, Ouattara et les syndicats ivoiriens C'est avec beaucoup de tristesse que les militants du CRI-Panafricain ont appris le décès de Basile Mahan Gahé survenu le 16 septembre 2013. Une mort qui a plongé la Côte d'Ivoire et de nombreux militants syndicaux - africains et français - dans la consternation et l'indignation.

Nous nous souvenons avec émotion de son discours prononcé devant ses camarades de la CGT à Toulouse, lors du 50e congrès de cette confédération syndicale en mars 2013. Nous nous souvenons de son vibrant témoignage de reconnaissance à tous ceux qui ont oeuvré à sa libération du Nord de la Côte d'Ivoire transformé par le régime en prison politique. Nous nous étions réjouis avec lui de l'immense solidarité des syndicalistes de la CGT autour de sa personne ; mouvement qu'il a perçu comme une véritable guerre contre l'arbitraire de l'emprisonnement politique des syndicalistes dans certains pays du monde.

Mais nous ignorions que la violence de son arrestation et les conditions de sa détention avaient définitivement condamné le Secrétaire général de la centrale syndicale "Dignité". Il est donc parti, victime de la barbarie d'un régime installé par la France et qui jouit aujourd'hui de l'assistance technique de nombreux Français aux différents étages de son organisation.

Le CRI-Panafricain présente ses condoléances à sa famille et à ses proches, particulièrement à son neveu Djadéi Daouo, Président de la "délégation Bourgogne" de notre mouvement. Nos condoléances vont aussi à ses camarades syndicalistes ivoiriens, africains, et surtout à ses camarades français de la CGT qui ont été le fer de lance de la lutte pour sa libération.

Le CRI-Panafricain condamne énergiquement la politique d'emprisonnement sans preuve et sans jugement du régime ivoirien actuel qui ne vise qu'à briser des innocents et à les conduire peu à peu à la mort. Il renouvelle sa solidarité à tous ceux qui ont le souci de la justice et de l'équité et qui jugent que le combat doit être inlassablement poursuivi pour la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que la restauration de la démocratie pleine et entière en Côte d'Ivoire.

Le secrétaire général

Raphaël ADJOBI

17/08/2013

Bernard Houdin salue Jacques Vergès en regardant la France droit dans les yeux


Salut de Bernard Houdin à Jacques Vergès, Les vérités de Bernarsd Houdin à la FranceComme tout le monde, j'ai souvent entendu parler de Jacques Vergès. Sa silhouette ne m'est pas inconnue ; ses prises de position pour la vérité non plus. Mais j'avoue ne l'avoir jamais lu, ne l'avoir jamais longuement écouté parler de lui ou plaider les causes d'avance perdues. Cependant, je l'estimais, je l'admirais. Il me fascinait. Depuis qu'il nous a quittés, je cherchais les mots pour l'honorer à ma manière. Puis, je me suis dit "inutile de te forcer ; laisse faire ceux qui le connaissent mieux que toi". Et voilà que je tombe sur le texte de Bernard Houdin, le Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo. Je le propose à ceux qui ne l'ont pas encore lu. Outre le brillant hommage rendu à l'homme, vous trouverez dans ce texte des franches vérités lancées à la face de la France. Des vérités qui devraient aussi faire réfléchir les Ivoiriens... les Africains ! A lire et à relire !

SALUT JACQUES !

Jeudi 15 août 2013, 23 heures, je reçois un SMS de la journaliste Leslie Varenne, que j’avais rencontré la première fois chez lui alors qu’elle préparait son livre « Abobo-la-Guerre » : « Vergès est parti »…

Non, Vergès n’est pas parti. Le « Diable Noir » entre au Panthéon des hommes et des femmes qui, par leurs actes et leurs combats, nous empêchent de douter définitivement de l’Humanité.
Depuis ce matin je lis, j’écoute, je regarde le « microcosme », cette « Cour des Miracles » des Temps Modernes et tout ce que je lis, j’écoute et regarde, dans l’immense majorité des cas, me conforte pour l’Eternité : Jacques Vergès est un Grand Homme et aucun de ses « censeurs » ne mérite de rivaliser avec lui.

J’ai connu Jacques Vergès au début de ce que le magma « bien-pensant » a appelé la « crise postélectorale » ivoirienne, présentée, dans la Doxa « officielle » ( ?!) comme l’affrontement entre le Bien (le démocrate « élu », Alassane Ouattara) et le Mal (le dictateur « déchu », accroché au pouvoir, Laurent Gbagbo).

Dès les premières heures de cette « crise », Jacques Vergès a « senti » la réalité du dossier, en fait un nouveau mauvais coup porté au Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en violation des principes fondateurs de la Charte des Nations-Unies, et au nom, comble de la perversité, de ces mêmes Nations-Unies, sous le couvert de la fameuse « Communauté Internationale » à propos de laquelle l’éditorialiste Jean Claude Guillebaud se demandait récemment si elle existait réellement et si quelqu’un l’avait une fois rencontrée…

Rien, dans nos parcours personnels, n’aurait dû nous faire nous rencontrer jusqu’à cet évènement africain où, en ma qualité de Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo, j’ai été précipité dans ce moment d’Histoire. Notre première rencontre, en présence de son ami, au sens le plus noble du terme, Roland Dumas, que je salue et dont l’émotion doit être intense en ces circonstances douloureuses, fut pour moi un choc « tellurique ». Au-delà des portraits haineux, des diatribes des petits esprits qui ne respirent que l’ « air du temps », Jacques Vergès, né quelque part dans le Monde, à la croisée des civilisations, restera le symbole de la lutte pour la Vérité.

La Vérité ne se divise pas et il a toujours voulu montrer que, dès que l’on entrait dans la dialectique « du vainqueur et du vaincu », le sens commun et le libre-arbitre étaient broyés au bénéfice des uns et au détriment des autres.

Ainsi, en Côte d’Ivoire, il a vite compris le fond de l’affaire, remugle des pires heures de la « Françafrique », et dont la Vérité commence à émerger, « tchoco-tchoco »*, comme l’on dit au pays. Et la fin, non pas de l’Histoire, mais de l’épisode actuel qui est un soubresaut dans la fondation de la Nation Ivoirienne, pourra se résumer ainsi : « le vrai dictateur des deux n’est pas celui qu’on croit » !
* « sûrement, sûrement »

Entre le combattant infatigable et jamais découragé de la démocratie, défenseur du multipartisme, clé de voute de la liberté d’expression et du respect du Droit, Laurent Gbagbo, et un homme aux convictions vacillantes et mû par le seul appât du pouvoir, qui a un jour déclaré : « je prendrai ce pays ou je le mélangerai… » Jacques Vergès a vite compris dans quel traquenard la Côte d’Ivoire allait être entrainée. (Et que l’on ne me parle pas de ses « honoraires »…l’indécence des milliards déversés par Ouattara sur ses « défenseurs » devrait rappeler à certains que toutes les vilenies ont leurs limites).

Aujourd’hui la crise ivoirienne passe au révélateur de l’Histoire et la Vérité, chère à Jacques Vergès, commence à se faire jour telle qu’il l’avait pressentie lui qui, dès 2005, était venu en Côte d’Ivoire pour enquêter sur le terrain après des massacres perpétrés, déjà, dans l’Ouest du pays par les bandes armées que, hélas, les dirigeants français de l’époque, mettront au pouvoir, en avril 2011, dans un assourdissant concert de bombes et de contre-vérités.

Le Monde ne se résume pas à l’horizon fini et cupide d’une poignée de nantis qui pensent le « diriger », mais le « bien commun » de milliards d’hommes et de femmes qui n’accepteront plus longtemps la dialectique « du cavalier et de sa monture », alpha et oméga de ces nantis. Pour eux Jacques Vergès est tout à la fois héros et héraut : les héros ne meurent jamais et leur voix porte pour toujours. Aujourd’hui, des rizières de l’Orient aux brousses africaines en passant par les jungles sud-américaines, une foule immense se souvient et sait, désormais, que cette dialectique asservissante voit ses jours comptés.

Jacques Vergès l’avait très bien compris et sa « défense » de l’ « indéfendable », Klaus Barbie, en est l’illustration la plus parfaite. Il a simplement rappelé à tous que l’on ne peut juger définitivement les pires criminels que si l’on est soit même exempt de tout reproche. Il faut se rappeler qu’avant de « défendre » Barbie, Jacques Vergès avait acquis, dans cette problématique contre les dirigeants Nazis, une légitimité insoupçonnable : il avait lui-même pris les armes, à 17 ans, contre ces nazis, quittant une adolescence paisible au cœur de l’Océan Indien, pour une mère-patrie en feu, prêt à donner sa vie pour que vive la Justice et la Liberté. En cette heure tragique, quelques planqués des buvettes et des gazettes devraient avoir l’humilité de s’en souvenir.

A mon premier retour de Côte d’Ivoire, au milieu des années soixante, je fus élève au Lycée Carnot, à Paris. Chaque jour je pouvais voir la plaque dédiée à Guy Moquet sous l’immense verrière de la cour intérieure. En France on perpétue la mémoire de ce garçon, tombé sous les balles nazies à l’âge où Jacques Vergès s’engageait dans le même combat. Mais a-t-on le même souci pour tous les « Guy Moquet » des luttes pour la souveraineté des peuples et qui sont, parfois, tombés sous les coups de ceux qui honorent, chez eux, « leurs Guy Moquet »? Combien de Guy Moquet palestiniens, ivoiriens, congolais, vietnamiens, boliviens et autres ? Même Nicolas Sarkozy, dont la décence est inversement proportionnelle à la « volonté de pouvoir » a eu l’audace d’appeler le souvenir de Guy Moquet au secours de sa politique de domination, à l’opposé des vraies valeurs qui fondent l’humanisme et la cohésion sociale. Dans une tribune au souffle épique, Sarkozy sous BHL, Jacques Vergès l’avait pourfendu, lui rappelant que n’est pas Napoléon qui veut !

Au cours des nombreux entretiens, dans son bureau envahi par les effluves de ses havanes, où, au-delà du dossier ivoirien, nous échangions ou, plutôt, je revivais l’Histoire à l’aune de son immense savoir, j’ai appris à connaître un personnage exceptionnel, au Destin unique. Il me revient aujourd’hui, une anecdote qui m’avait beaucoup marqué, à l’époque, et qu’il a, depuis, révélée dans ses Mémoires (De mon propre aveu-Souvenirs et rêveries) : après l’indépendance algérienne, installé en Algérie, un officier algérien lui donne la mission d’aller « récupérer » une personne à la frontière marocaine. L’officier s’appelle Aziz Bouteflika, la personne est Nelson Mandela….

Ces dernières années, marque de sa formidable vitalité il s’était produit au théâtre où sa performance physique et intellectuelle ont impressionné tous ceux et celles qui l’on vu sur scène. Jacques Vergès aura été acteur de sa vie et témoin du Monde. Les hommes passent, les idées ne meurent jamais.

Salut Jacques et où que tu sois, Bonne Arrivée !

Le 16 août 2013

Salut de Bernard Houdin à Jacques Vergès, Les vérités de Bernarsd Houdin à la FranceBernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

09/08/2013

Côte d'Ivoire : libération de 14 prisonniers politiques sur un air de "je fais la pluie et le beau temps"

Michel Gbogbo libéré, prisonniers politiques en Côte d'Ivoire, qu'est-ce qu'un prisonnier politique ? Le 5 août 2013, par la voix du procureur de la République, le gouvernement de Ouattara a annoncé la libération de 14 personnes proches du président Laurent Gbagbo, parmi lesquelles son fils. Concernant ce dernier, sa mère avait haussé le ton ces dernières semaines en activant toutes les connaissances sur lesquelles elle pouvait compter.

Par principe, un prisonnier politique est privé de liberté selon les considérations propres au parti au pouvoir. Son arrestation échappe à toute preuve relative au manquement des obligations prescrites par la loi. Ainsi, ni Michel Gbagbo ni les ministres du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo - qui n'ont pas eu le temps d'exercer leur fonction - n'avaient enfreint de loi en cours en Côte d'Ivoire. Par contre, celui qui, par exemple, tente d'assassiner un chef d'état ne peut être considéré comme un prisonnier politique. Son délit tombe sous le coup de la loi de la République et devient une affaire judiciaire. Sans être juriste, le commun du peuple comprend cela et le sait.

L'annonce faite le 5 août dernier, confirmée le lendemain par le porte-parole du gouvernement et la sortie effective des détenus du « Guantanamo » ivoirien (le nord du pays), n'est rien d'autre qu'une libération politique se voulant judiciaire avec la mention « provisoire » prononcée par le procureur de la République. Ces hommes sont-ils provisoirement libres en attendant leur jugement ? Sont-ils provisoirement libres en attendant un nouveau coup de sang d'Alassane Ouattara ? Ce sont deux choses tout à fait différentes. En réalité, Alassane Ouattara veut dire aux Ivoiriens qu'à tout moment il peut remettre en prison ses adversaires politiques, parce qu'ils ne sont qu'en liberté provisoire. Le préfet français veut clairement affirmer qu'il a le droit d'infliger la prison ou accorder la liberté à ses adversaires, et qu'il a le pouvoir de faire la pluie et le beau temps dans le cœur de leurs familles et sur l'ensemble des Ivoiriens.

Il serait normal que tous les prisonniers bénéficient d'une libération politique, c'est-à-dire sans la mention judiciaire « provisoire ». On est un prisonnier politique ou on ne l'est pas. Aucun homme politique n'a le droit de prononcer la libération provisoire d'un prisonnier politique à moins d'être un monarque de droit divin ayant droit de vie ou de mort sur ceux qu'il gouverne.

Par conséquent, les Ivoiriens attendent fermement que ces libérations soient prononcées définitives par le régime. D'autre part, ils estiment que la libération des 14 prisonniers sur les 715 détenus politiques ne constitue pas un signe suffisant d'apaisement, après plus de deux ans d'exacerbation de leur ressentiment. Ce qu'ils attendent clairement, c'est qu'à la place de la justice des vainqueurs soit enfin annoncée une amnistie générale, pour créer les conditions nécessaires à un nouveau départ de la vie politique ordinaire en Côte d'Ivoire.

Monsieur Ouattara, le compte n'y est pas ! Encore un effort !

Les Ivoiriens se réjouissent de retrouver leurs amis, leurs parents, leurs connaissances et leurs anciens dirigeants, mais ne pavoisent pas parce que leur liberté n'est que provisoire. Et quand le porte-parole principal du RDR dit dans son communiqué que cette libération est « un geste fort de réconciliation posé par le chef de l'état », nous lui répondons de façon claire et sans aucune hésitation que le compte n'y est pas pour que commence la réconciliation nationale. Dans le même communiqué, le porte-parole principal du RDR a par ailleurs l'audace de reconnaître que Ouattara a procédé à ces libérations non pas de gaieté de cœur mais sous la contrainte : « Il ne peut en être autrement, dit-il, car c'est le vœu profond de tous, [...] opérateurs économiques, leaders de la société civile, partenaires extérieurs ». Si tel est le cas, si Ouattara a entendu les voix de ses amis extérieurs, qu'il daigne enfin écouter celles des Ivoiriens qu'il prétend vouloir gouverner. Ceux-ci lui crient : « Ouvre les portes de ton Guantanamo ! »

Chacun doit prendre garde aux propos de Monsieur Charles Konan Banny qui, intentionnellement, énumère les précédentes libérations pour pouvoir insinuer qu'enfin cette « troisième décision participe à la création et à l'instauration d'un climat encore plus propice à la réconciliation ». Qu'il entende bien ! A lui aussi, les Ivoiriens disent que le compte n'y est pas pour une réconciliation vraie, pour un climat favorable à une vie démocratique en Côte d'Ivoire. Nous avons échoué en voulant absolument organiser des élections présidentielles sans remplir les conditions nécessaires. Nous ne voulons pas courir le risque d'une fausse réconciliation en faisant fi de la permanence des problèmes qui nous empêchent de vivre ensemble.

Nous refusons de faire la fête, nous refusons les embrassades avec nos ennemis d'hier autour de ces libérations provisoires, nous refusons d'applaudir la réconciliation générale et la démocratie retrouvée auxquelles ils voudraient nous convier. D'une part parce que nous ne voulons pas étouffer par nos bruyantes manifestations de joie les lamentations des exilés dont les terres sont occupées par les Burkinabés et les Maliens, et d'autre part parce que nous ne voulons pas ignorer les cris de souffrance de ceux qui croupissent loin de nous dans les prisons du régime de Ouattara.

Raphaël ADJOBI

02/07/2013

Abel Naki aux préparatifs de la caravane de la Liberté aux Etats-Unis


Afin de populariser son implantation et son action sur le territoire américain, le CRI-Panafricain US prépare depuis quelques semaines une caravane de la liberté qui sillonnera quelques grandes villes du pays. Pour ce faire, son président, Jean-Claude Zabié, a souhaité bénéficier de l'expérience française initiée par le fondateur du mouvement en 2012.

Abel Naki, l'amassadeur Pascal Kokora, Le CRI-Pananfricain US


Depuis le 19 juin2013, une délégation française, composée du président fondateur Abel Naki et du président de Nice, Julien Porquet, est donc arrivée aux Etats-Unis pour prendre part aux préparatifs de cette entreprise de soutien au président Laurent Gbagbo qui sera aussi un appel au rétablissement de la démocratie en Côte d'Ivoire. Ces deux délégués de la France seront rejoints par la présidente de la Basse-Normandie, Louise Faucher, avant le 6 juillet ; date du départ de la caravane pour sa tournée à travers cet immense pays.

Le CRI-Panafricain US, Abel Naki, Julien Porquet


Une des étapes importantes des préparatifs a été la séance de travail qui a réuni les organisateurs et l'ambassadeur Pascal Kokora à son domicile, à Washington DC, le 28 juin dernier. Ancien compagnon de lutte du président Laurent Gbagbo et membre fondateur du FPI, M. Pascal Kokora a prodigué des conseils pour intéresser la diaspora africaine et les citoyens américains à la caravane de la Liberté. Par ailleurs, toujours au programme des préparatifs, il est prévu plusieurs rencontres avec des sénateurs américains. L'objectif est de sensibiliser les uns et les autres à l'injustice qui frappe le président Laurent Gbagbo et à la nécessité de plaider pour sa rapide libération.

Raphaël ADJOBI

12/06/2013

L'ONU tourne un film à Douékoué contre Laurent Gbagbo

La vie quotidienne en Côte d'Ivoire ne varie pas depuis que ce pays a revêtu les habits d'un département français : d'un côté, le préfet Ouattara vend café, cacao, brade les terres et le sous-sol et fait la chasse à tout ce qui ressemble à un pro-Gbagbo, et de l'autre la France et l'Onu montent la garde et fabriquent des preuves qui innocentent leur protégé aux yeux du reste du monde.

Douékoué, L'ONU à Douékoué, L'onu fait du cinéma à Douékoué, Koua Justin, la fabrication des preuves contre Laurent Gbagbo.



Koua Justin, le leader de la section jeunesse du FPI vient d'être jeté en prison comme son camarade Blé Goudé. Il occupe le 704e rang parmi les prisonniers politiques officiels de la dictature ouattariste. Pendant ce temps, déçu de voir les juges de la Cour pénale internationale qualifier d'insuffisantes les preuves de l'accusation remises au procureur Bensouda pour condamner Laurent Gbagba, l'ONU s'emploie à remuer terre et ciel pour en fabriquer d'autres. Puisque non seulement Ouattara et ses FRCI sont incapables de fournir des preuves convaincantes, l'illustre institution a décidé de réaliser un film en béton. Après avoir enterré puis effacé les traces des habitants de Douékoué tués par les Dozos, Elle revient dans cette ville, deux ans après, faire une reconstitution des événements qui condamnerait définitivement Laurent Gbagbo.

Le scénario est le suivant : un avion de l'armée de Laurent Gbagbo aurait bombardé Douékoué, tué des milliers de personnes, avant d'être abattu par l'armée française ou par des hélicoptères de l'ONUCI. C'est pourquoi, le samedi 8 juin 2013, des soldat des Nations-Unis ont mis le feu à un amas d'épaves d'avion, puis ont demandé à quelques personnes de s'allonger par terre pour jouer les victimes. C'est simple, mais il fallait y penser.

Tout le monde le sait : Ouattara est incompétent en politique et par conséquent incapable de diriger un pays. Mais le voir également incapable de faire travailler ses propres hommes est presque révoltant pour ses parrains français et onusiens. Non seulement il a fallu - après les élections contestées de 2010 - aller lancer des bombes dans l'ouest du pays pour couvrir le massacre des Wê par ses dozos, bombarder le palais présidentiel pour en extraire son ennemi, mais il a fallu encore - en 2012 - protéger le siège du FPI contre ses FRCI dits "incontrôlés", et, récemment, aller sortir le burkinabé Ouérémi des forêts de l'ouest. Comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que maintenant, en juin 2013, La France et l'ONU sont obligées de tourner un film pour maintenir Laurent Gbagbo à La Haye !

Mon Dieu, que tout cela est bien laborieux ! Mais, que ne feraient pas la France et l'ONU pour Alassane Ouattara ! L'homme est si obéissant, si soucieux de faire plaisir aux Européens qu'il serait difficile de trouver son équivalent en Afrique de l'ouest. Un homme rare qu'il faut protéger, maintenir au pouvoir en Côte d'Ivoire, même s'il faut tout faire à sa place.

Quelle chance il a, ce Ouattara ! Lui seul a le droit d'emprisonner, de tuer, de ne pas s'occuper de la politique intérieure de son pays, et d'être reçu et fêté par tous les Européens parce que sa femme blanche se charge de soigner son image auprès de ses semblables Blancs. Il paraît même que certains Européens le trouvent de plus en plus blanc. Bientôt, il sera blond !

Raphaël ADJOBI