topblog Ivoire blogs

08/01/2014

Abel Naki et les dessous de l'affaire "Un infiltré dans la résistance ivoirienne démasqué à Bordeaux"


Abel Naki et l'affaire Victor Prado, Abel Naki et la résistance ivoirienne, Abel Naki est-il un dictateur ? Abel Naki diffame un jeune français Abel Naki ferait-il espionner ses camarades du CRI-panafricain ?

Tout porte à croire que oui ! Mais en est-il vraiment capable ? Le 3 janvier 2014, un certain Jean-Luc Servan se disant journaliste d'investigation affirmait – dans un article publié sur le site Ivorian.net – avoir démasqué à Bordeaux un Français blanc du nom de Victor Prado ayant infiltré la résistance ivoirienne ; notamment le CRI-Panafricain d'Abel Naki.

Le titre très accrocheur de l'article – « Un infiltré dans la résistance ivoirienne démasqué à Bordeaux » - a aussitôt plongé bon nombre d’Ivoiriens dans les invectives contre Ouattara et la France. Devant la menace de porter plainte pour diffamation lancée contre Ivorian.net par Victor Prado, dès le 5 janvier le site a retiré l'article tout en lui présentant ses excuses. L'équipe de Ivorian.net explique que l'article signé Jean-Luc Servan provient « d’une demande de publication par Email » qui s'est avérée « une exploitation abusive de [leur] plateforme de communication avec des articles de correspondances pleins de délations calomnieuses ».

Ouf ! Voilà le jeune militant français lavé de tout soupçon ! Cependant, puisque son nom restera à jamais sali, les excuses facilement présentées méritent que le public comprenne la source de l’accusation et la réalité qu’elle cache. Pour cela, le lecteur peut compter sur l’ancien Secrétaire général du CRI-Panafricain que je suis pour le conduire dans le bain de ce mouvement politique dirigé par Abel Naki. Cette diffamation gratuite émanant du mouvement dont j’ai été durant un an la plume sur le net ne peut être close sans des explications claires. Il importe qu’Abel Naki dise à tous les militants ou anciens militants depuis quand a commencé cette enquête journalistique.


D'abord, qui est-il ce Jean-Luc Servan ? Secrétaire général du CRI-Panafricain jusqu'au 10 décembre 2013 – date de ma démission – je n'ai jamais entendu dire qu’un journaliste avait été engagé pour démasquer d'éventuels infiltrés au sein du mouvement. Si toutefois c’était le cas, alors on peut affirmer sans se tromper que le président Abel Naki fait espionner ses camarades. D’ailleurs, l’une des deux photos accompagnant l’article atteste que son auteur ou la personne lui ayant fourni les informations était au séminaire de Nice les 18 et 19 octobre 2013. Abel Naki doit absolument dire pour le compte de qui travaillait le prétendu journaliste d’investigation Jean-Luc Servan, s’il ne veut pas faire fuir les quelques membres qui lui restent encore fidèles et qui doivent se sentir tout petits avec cette affaire de « l’infiltré de la résistance ivoirienne ». Au sein du CRI-Panafricain, chacun doit aujourd’hui se demander qui espionne qui.

Une chose est certaine : Abel Naki n’a pas la plume adéquate pour produire le texte qui a Sali le jeune Français, notre camarade de lutte. On peut donc dire que Jean-Luc Servan est indubitablement un membre du CRI-Panafricain ou un ami extérieur au mouvement à qui Abel Naki a fourni de fausses informations pour lui servir de porte-parole. Dans les deux cas, le président du CRI-Panafricain est pleinement responsable du texte produit et de la salissure qui a couvert notre camarade. Une telle pratique est inadmissible parce que tout à fait ignoble ! Que chacun comprenne donc notre profonde indignation.

Victor Prado, la victime idéale livrée à la vindicte populaire des Ivoiriens

Victor Prado, compagnon d'une ivoirienne, n'est rien d'autre qu'un jeune français blanc qui – comme l’ont fait et le font tant d'autres blancs sous d'autres cieux et à toutes les époques – a décidé de combattre aux côté des Ivoiriens, au sein du CRI-Panafricain, l'injustice qui frappe leur pays. De toute évidence, son crime est d’avoir rendu publique sa démission sur son mur Face book avec le titre très accrocheur « Veni, vidi, …Vichy ! » Le président du CRI-Panafricain qui aime étaler sa vie privée et publique sur les réseaux sociaux n’a pas apprécié les explications du jeune Français justifiant sa démission. Il a alors décidé de le discréditer à jamais en frappant très fort !

Victor Prado étant le seul blanc du CRI-Panafricain, l’argument s’imposait de lui-même de façon lumineuse à Abel Naki ! Il lui suffisait de dire que « sous le régime sarkozyen, pendant la crise postélectorale de novembre 2010 en Côte d’Ivoire, une vaste campagne de recrutement de jeunes français avait été lancée en Aquitaine. Ces jeunes français avaient pour mission d’infiltrer les milieux associatifs africains. […] Dans nos recherches, nous avons découvert un des plus farouches. Son nom à l’état civil est VICTOR PRADO. Un Français d’origine argentine… ». Celui-ci avait pour mission de « récolter toutes les informations sensibles pour ensuite les transférer aux Renseignement Généraux (RG) français ». Les Renseignements Généraux français apprécieront l’accusation.

En lançant une telle bombe sur la toile, le CRI-Panafricain d’Abel Naki était sûr de son effet : le lynchage du jeune Français par les résistants Ivoiriens ! C’était facile et bien vu. Imparable !

Malheureusement pour lui, tous les Ivoiriens fréquentant Internet ne sont pas bêtes ; et très vite des doutes s’installent dans certains esprits. Car ce qu’Abel Naki n’avait pas prévu, c’était la réplique adroite du jeune Victor Prado. Tout d’abord, celui-ci va démontrer sur son mur Face book qu’en une journée, à huis clos avec quelques camarades, Abel Naki a modifié le statut du CRI-Panafricain pour s’octroyer les pleins pouvoirs et la gestion de la trésorerie du mouvement qui revenait au départ aux présidents régionaux réunis au sein du Conseil National présidé par Mme Louise Faucher. Il justifiait ainsi la démission de celle-ci et de toute l’équipe de Basse-Normandie (30 novembre 2013), celles du Secrétaire général (10 décembre 2013) et du président de Bordeaux (30 décembre 2013). Abel Naki n’avait pas non plus pensé que Victor Prado amènerait si vite Ivorian.net à retirer son article de la toile en faisant valoir le fait qu’il se sentait désormais menacé, en danger.

Franchement, quel intérêt la France ou Ouattara avait à espionner la délégation régionale du CRI-Panafricain à Bordeaux limitée à une poignée de personnes plutôt qu’Abel Naki lui-même et ses amis de Paris ? D’autre part, pourquoi le résultat des investigations du prétendu journaliste arrive-t-il deux jours après la démission de Victor Prado et la publication des raisons de son départ (1er janvier 2014) ? Pourquoi un espion démissionnerait-il d’un mouvement qu’il est chargé de suivre à la trace ? Les Ivoiriens sont-ils si naïfs pour croire qu’un petit journaliste inconnu a été capable de démanteler un réseau des Renseignements Généraux au point d’avoir détecté « le plus farouche » des espions français ?

Cher Abel et chers anciens camarades du CRI-Panafricain, il est temps de réfléchir à la vague de démissions que connaît le mouvement depuis fin novembre 2013 plutôt que de chercher à salir par des manières détestables ceux qui vous ont quittés. Victor Prado a quitté le navire CRI-Panafricain parce que, comme ceux qui sont partis avant lui, il n’a pas apprécié la falsification du statut que nous avons mis une année entière à terminer ; tant nous étions soucieux du caractère démocratique à lui donner. Victor Prado vous a quittés parce qu’il sait que le président d’un petit mouvement qui se taille un manteau de pouvoir absolu en falsifiant le statut est capable demain de faire changer la constitution de son pays pour s’établir président à vie.

Avec un peu de bon sens, jamais le Cri-Panafricain – ou son prétendu journaliste – n’aurait accusé Victor Prado de l’avoir infiltré pour trahir la résistance ivoirienne. Oui, un peu de bon sens ou de culture aurait permis au pseudo Jean-Luc Servan et Abel Naki d’imaginer le père de Victor Prado fuyant les effets néfastes de la dictature argentine pour la France ; ils auraient compris que le jeune Franco-Argentin a embrassé la cause du pays de sa femme parce qu’il ne peut accepter que ses enfants – Franco-ivoiriens – vivent dans l’ignorance de ce qui se passe en Côte d’ivoire. Victor Prado ne peut pas espionner la résistance parce qu’il a été élevé dans le refus de la dictature ! C’est assurément un résistant-né que vous avez Sali !

Qu’espériez-vous en agissant de la sorte ? Pousser le jeune français au suicide ? Inciter quelque fanatique résistant ivoirien à attenter à sa vie ? Ce sont là des hypothèses qui apparaissent dans sa lettre de menace à Ivorian.net qui a publié l’article diffamatoire. C’est dire cher Abel que cette fois tu es allé loin, trop loin ! Abandonne tes plans machiavéliques salissants qui ne t’honorent pas et qui souillent la réputation du mouvement que tu diriges. Cette fois, Tu as failli entraîner tous tes camarades – y compris ceux qui ont démissionné avant cette affaire – dans une histoire de suicide ou d’assassinat d’un jeune Français. Ne vois-tu pas que toi et le CRI-Panafricain commencez vraiment à faire peur ?

Raphaël ADJOBI

26/12/2013

Appel à la rébellion des catholiques contre leurs autorités religieuses !


Où sont-elles les autorités religieuses catholiques ? Ont-elles vu les larmes du peuple ivoirien ? Entendent-elles les cris de souffrance qui montent des villes et des villages ? Ô ciel, mais pourquoi donc restent-elles insensibles à nos appels ? Ô Dieu du ciel et de la terre, as-tu cessé de les visiter depuis le 11 avril 2011 ?

Appel à la rébellion des catholique, les évêques et Ouattara


Les catholiques ne peuvent comprendre que de toute cette foule de mitres et de calottes, il n’y ait que la voix de Monseigneur Marcellin Kouadio, évêque de Yamoussokro, pour dire qu’en Côte d’Ivoire il est inadmissible que les enfants de Dieu subissent indéfiniment la loi des bourreaux se faisant passer pour les victimes. Les catholiques de Côte d’Ivoire doivent-ils accepter sans réagir que leurs autorités religieuses se soient effacés pour laisser Alassane Ouattara entrer au Vatican et recevoir l’onction papale malgré tous les crimes commis dans le pays ?

Mais où sont-ils donc les ambassadeurs des catholiques de Côte d’Ivoire ? Pourquoi n’ont-ils pas porté les pleurs des chrétiens et du reste du peuple devant le Saint-Père ? C’est avec horreur que nous les avons vus assemblés devant Ouattara écoutant ses recommandations plutôt que celles du Saint-Siège. De toute évidence, l’église catholique fornique avec le pouvoir ; et cela nous soulève le cœur !

La fornication 0009.jpg


Et les catholiques ivres de l’opium qu’ils fument dans les églises à longueur des dimanches, à quoi rêvent-ils ? s’imaginent-ils dans leur soumission devenir des anges volant dans le firmament ? Qu’ils abandonnent un moment l’opium et qu’ils regardent leurs prêtres, évêques, archevêques et autres cardinaux droit dans les yeux et qu’ils leur demandent ce que pense le Vatican de leur sort. Qu’ils demandent à toutes les têtes mitrées pourquoi Ouattara a été reçu par le Pape et pas eux. Est-ce parce que Ouattara est meilleur ambassadeur de Jésus par rapport à eux ?

Pauvres catholiques ivoiriens, désertez un moment vos églises et vos cités mariales et vous verrez que prêtres, évêques, archevêques et cardinaux se mettront à parler de vous, à courir au Vatican pour prier le Saint-Siège de jeter un regard favorable à vos prières. Désertez pour un temps les églises et vos cités mariales et vous verrez que le Pape regrettera d’avoir serré la main d’un dictateur dont il ignorait les crimes parce que vos autorités religieuses sont de très mauvais ambassadeurs de votre cause.

Catholiques de Côte d’Ivoire, comment se fait-il qu’aucune église française, italienne, espagnole ou portugaise (pour ne citer que celles-là) n’ont jamais témoigné de la compassion à votre égard ? Sachez que là-bas, les églises sont vides. Tous les chrétiens sont dans les supermarchés, même le dimanche. Là-bas, l’économie est roi. Et pour remplir les supermarchés, on compte sur votre passivité, votre amour de l’opium qui vous endort.

Catholique de Côte d’Ivoire, faites la grève de la messe ! Désertez les églises. C’est la seule façon qui vous reste pour faire entendre votre souffrance et aider votre pays à renouer avec l’amour du Seigneur Jésus. N’oubliez pas que même un imam a été obligé de s’exiler parce qu’il a fait entendre la voix de Dieu.

Réunissez-vous à domicile pour prier en famille. Laissez les églises vides et vous verrez que subitement vos autorités religieuses entendront la voix du Seigneur et non pas celle de Dramane Ouattara devenu leur ambassadeur auprès du Pape.

Raphaël ADJOBI

12/12/2013

Qu'avez-vous fait quand Nelson Mandela était en Prison ?


Hommage à Nelson Mandela, Qui étaient les amis de Mandela ? Les Français et Mandela, qui étaient les défenseurs de Mandela ? Voilà la seule question à laquelle devraient répondre tous les gouvernants qui se sont pressés en Afrique du Sud pour rendre hommage à l’ancien prisonnier du régime racial de ce pays. C’est également la question à laquelle devraient répondre tous les hommes politiques africains ainsi que les journalistes européens qui ont oublié la ligne éditoriale de leurs maisons alors ouvertement contre la lutte du parti politique de Nelson Mandela avant sa sortie de prison en 1990.

Pour ma part, c’est en France, vers la fin des années 70, que j’ai découvert les mouvements de soutien au célèbre prisonnier politique devenu aujourd’hui un héros planétaire. Dans les années 70 et 80, en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique, les hommes politiques francophones se gardaient bien de lui témoigner leur solidarité, laissant ainsi leur population dans l’ignorance de la souffrance des Sud-Africains et de la solidarité dont ils avaient besoin. Et comme la jeunesse francophone n’était absolument pas politisée, nulle part on n’a vu des manifestations publiques soutenant la lutte de l’ANC.

Aussi, au moment où Nelson Mandela nous quitte sous les hommages enflammés des chefs d’Etat européens et africains, c’est aux jeunes communistes français que va toute ma reconnaissance. C’est grâce à eux que je peux dire que j’ai soutenu son combat à une époque où pour les hommes politiques français – particulièrement pour Jacques Chirac et tous les leaders de la droite – il n’était rien d’autre qu’un terroriste. Rares sont les dirigeants français d’aujourd’hui qui peuvent affirmer sans mentir qu’ils avaient dans leur jeunesse activement milité pour la libération de Nelson Mandela. Avant 1990, seul le parti communiste brandissait dans ses différentes manifestations son portrait pour populariser son combat. Seule la jeunesse communiste placardait les photos du prisonnier de l’apartheid dans les universités françaises.

Aujourd’hui, les socialistes français, les mouvements politiques de droite, les journalistes de tous bords volent la vedette aux vrais amis de Nelson Mandela en France. Nicolas Sarkozy a-t-il signé une seule pétition demandant sa libération quand il était prisonnier ? Hollande a-t-il signé les pétitions que les communistes lui tendaient alors ? La France politique d’avant la libération de Mandela avait à l’égard de l’ANC et de son leader la même attitude et la même vision des choses que le pouvoir français d’aujourd’hui à l’égard de l’opposition ivoirienne et de ses prisonniers. Hier comme aujourd’hui, toute opposition à un pouvoir ami est considérée comme un acte terroriste. Et quand il ne soutient pas ouvertement un ami, le pouvoir français fait mine de ne pas voir ses crimes.

Depuis sa libération, c’est l’Europe qui a fait de Mandela un héros de la paix. Et les journalistes européens ont fini par nous faire oublier que l’homme partage son prix Nobel avec son ancien geôlier Frederick Declerk. Comme il fallait s’y attendre, à leur tour, les Africains reprennent les formules et les slogans européens sans même y ajouter leur perception personnelle de l’homme. Mais cette fois, ce mimétisme s’explique par le fait que bon nombre d’entre eux n’ont jamais connu l’action militante en faveur de Mandela ou de tout autre prisonnier politique noir.

Je me souviens qu’à l’université de Dijon, les Ivoiriens refusaient de lire les journaux et les tracts communistes que leur tendaient leurs camarades Français ; tout simplement parce qu’ils estimaient que bénéficier d’une bourse d’Houphouët-Boigny – c’était leurs propres termes – ne les autorisait pas à se mêler de politique. Mis à part quelques étudiants maliens et bukinabés très politisés, les Africains n’osaient même pas s’arrêter pour signer une pétition. Aujourd’hui, ces anciens étudiants devenus des dirigeants politiques ou de hauts fonctionnaires de l’Etat rendent hommage à Nelson Mandela alors qu’ils n’acceptent pas d’opposition au régime qu’ils ont installé dans leur pays.

La disparition de Nelson Mandela apparaît donc comme une belle occasion de rappeler à la jeunesse africaine qu’elle doit se garder de suivre les pas de cette génération qui rend bruyamment hommage à un homme dont elle n’a pas soutenu le combat. Qu’elle sache que nombreux parmi ceux qui se prosternent devant sa dépouille qualifiaient sa lutte de terroriste.

Oui, c'est à vous, jeunes africains de vous inspirer de la solidarité des jeunes communistes français pour ne pas laisser dans l’indifférence et l’oubli vos leaders qui défendent une Afrique libre de disposer d’elle-même.

Si les Européens ont oublié que l’apartheid a été le fruit de leur colonisation, vous ne devez pas manquer l’occasion de faire du combat de Nelson Mandela un bel exemple d’émancipation et de prise en main de la destinée de chaque pays du continent noir. Ce n'est pas l'icône aujourd'hui couverte d'encens qu'il faut regarder, mais le résistant au racisme érigé en système d'état que la colonisation avait rendu possible en terre africaine. N'oubliez surtout pas qu'en Afrique francophone, sous le couvert de gens qui vous ressemblent, le colonialisme continue de rendre encore possible d'autres formes d'humiliation. Que l'image de Nelson Mandela soit donc pour vous un repère sûr qui vous indique le chemin de la conquête de la dignité de chaque Africain. Quel bel héritage !

Raphaël ADJOBI

30/09/2013

Déclaration du CRI-Panafricain suite au décès du syndicaliste ivoirien Basile Mahan Gahé

Basile Mahan Gahé et la CGT, Djadéi DAOUO, Ouattara et les syndicats ivoiriens C'est avec beaucoup de tristesse que les militants du CRI-Panafricain ont appris le décès de Basile Mahan Gahé survenu le 16 septembre 2013. Une mort qui a plongé la Côte d'Ivoire et de nombreux militants syndicaux - africains et français - dans la consternation et l'indignation.

Nous nous souvenons avec émotion de son discours prononcé devant ses camarades de la CGT à Toulouse, lors du 50e congrès de cette confédération syndicale en mars 2013. Nous nous souvenons de son vibrant témoignage de reconnaissance à tous ceux qui ont oeuvré à sa libération du Nord de la Côte d'Ivoire transformé par le régime en prison politique. Nous nous étions réjouis avec lui de l'immense solidarité des syndicalistes de la CGT autour de sa personne ; mouvement qu'il a perçu comme une véritable guerre contre l'arbitraire de l'emprisonnement politique des syndicalistes dans certains pays du monde.

Mais nous ignorions que la violence de son arrestation et les conditions de sa détention avaient définitivement condamné le Secrétaire général de la centrale syndicale "Dignité". Il est donc parti, victime de la barbarie d'un régime installé par la France et qui jouit aujourd'hui de l'assistance technique de nombreux Français aux différents étages de son organisation.

Le CRI-Panafricain présente ses condoléances à sa famille et à ses proches, particulièrement à son neveu Djadéi Daouo, Président de la "délégation Bourgogne" de notre mouvement. Nos condoléances vont aussi à ses camarades syndicalistes ivoiriens, africains, et surtout à ses camarades français de la CGT qui ont été le fer de lance de la lutte pour sa libération.

Le CRI-Panafricain condamne énergiquement la politique d'emprisonnement sans preuve et sans jugement du régime ivoirien actuel qui ne vise qu'à briser des innocents et à les conduire peu à peu à la mort. Il renouvelle sa solidarité à tous ceux qui ont le souci de la justice et de l'équité et qui jugent que le combat doit être inlassablement poursuivi pour la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que la restauration de la démocratie pleine et entière en Côte d'Ivoire.

Le secrétaire général

Raphaël ADJOBI

17/08/2013

Bernard Houdin salue Jacques Vergès en regardant la France droit dans les yeux


Salut de Bernard Houdin à Jacques Vergès, Les vérités de Bernarsd Houdin à la FranceComme tout le monde, j'ai souvent entendu parler de Jacques Vergès. Sa silhouette ne m'est pas inconnue ; ses prises de position pour la vérité non plus. Mais j'avoue ne l'avoir jamais lu, ne l'avoir jamais longuement écouté parler de lui ou plaider les causes d'avance perdues. Cependant, je l'estimais, je l'admirais. Il me fascinait. Depuis qu'il nous a quittés, je cherchais les mots pour l'honorer à ma manière. Puis, je me suis dit "inutile de te forcer ; laisse faire ceux qui le connaissent mieux que toi". Et voilà que je tombe sur le texte de Bernard Houdin, le Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo. Je le propose à ceux qui ne l'ont pas encore lu. Outre le brillant hommage rendu à l'homme, vous trouverez dans ce texte des franches vérités lancées à la face de la France. Des vérités qui devraient aussi faire réfléchir les Ivoiriens... les Africains ! A lire et à relire !

SALUT JACQUES !

Jeudi 15 août 2013, 23 heures, je reçois un SMS de la journaliste Leslie Varenne, que j’avais rencontré la première fois chez lui alors qu’elle préparait son livre « Abobo-la-Guerre » : « Vergès est parti »…

Non, Vergès n’est pas parti. Le « Diable Noir » entre au Panthéon des hommes et des femmes qui, par leurs actes et leurs combats, nous empêchent de douter définitivement de l’Humanité.
Depuis ce matin je lis, j’écoute, je regarde le « microcosme », cette « Cour des Miracles » des Temps Modernes et tout ce que je lis, j’écoute et regarde, dans l’immense majorité des cas, me conforte pour l’Eternité : Jacques Vergès est un Grand Homme et aucun de ses « censeurs » ne mérite de rivaliser avec lui.

J’ai connu Jacques Vergès au début de ce que le magma « bien-pensant » a appelé la « crise postélectorale » ivoirienne, présentée, dans la Doxa « officielle » ( ?!) comme l’affrontement entre le Bien (le démocrate « élu », Alassane Ouattara) et le Mal (le dictateur « déchu », accroché au pouvoir, Laurent Gbagbo).

Dès les premières heures de cette « crise », Jacques Vergès a « senti » la réalité du dossier, en fait un nouveau mauvais coup porté au Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en violation des principes fondateurs de la Charte des Nations-Unies, et au nom, comble de la perversité, de ces mêmes Nations-Unies, sous le couvert de la fameuse « Communauté Internationale » à propos de laquelle l’éditorialiste Jean Claude Guillebaud se demandait récemment si elle existait réellement et si quelqu’un l’avait une fois rencontrée…

Rien, dans nos parcours personnels, n’aurait dû nous faire nous rencontrer jusqu’à cet évènement africain où, en ma qualité de Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo, j’ai été précipité dans ce moment d’Histoire. Notre première rencontre, en présence de son ami, au sens le plus noble du terme, Roland Dumas, que je salue et dont l’émotion doit être intense en ces circonstances douloureuses, fut pour moi un choc « tellurique ». Au-delà des portraits haineux, des diatribes des petits esprits qui ne respirent que l’ « air du temps », Jacques Vergès, né quelque part dans le Monde, à la croisée des civilisations, restera le symbole de la lutte pour la Vérité.

La Vérité ne se divise pas et il a toujours voulu montrer que, dès que l’on entrait dans la dialectique « du vainqueur et du vaincu », le sens commun et le libre-arbitre étaient broyés au bénéfice des uns et au détriment des autres.

Ainsi, en Côte d’Ivoire, il a vite compris le fond de l’affaire, remugle des pires heures de la « Françafrique », et dont la Vérité commence à émerger, « tchoco-tchoco »*, comme l’on dit au pays. Et la fin, non pas de l’Histoire, mais de l’épisode actuel qui est un soubresaut dans la fondation de la Nation Ivoirienne, pourra se résumer ainsi : « le vrai dictateur des deux n’est pas celui qu’on croit » !
* « sûrement, sûrement »

Entre le combattant infatigable et jamais découragé de la démocratie, défenseur du multipartisme, clé de voute de la liberté d’expression et du respect du Droit, Laurent Gbagbo, et un homme aux convictions vacillantes et mû par le seul appât du pouvoir, qui a un jour déclaré : « je prendrai ce pays ou je le mélangerai… » Jacques Vergès a vite compris dans quel traquenard la Côte d’Ivoire allait être entrainée. (Et que l’on ne me parle pas de ses « honoraires »…l’indécence des milliards déversés par Ouattara sur ses « défenseurs » devrait rappeler à certains que toutes les vilenies ont leurs limites).

Aujourd’hui la crise ivoirienne passe au révélateur de l’Histoire et la Vérité, chère à Jacques Vergès, commence à se faire jour telle qu’il l’avait pressentie lui qui, dès 2005, était venu en Côte d’Ivoire pour enquêter sur le terrain après des massacres perpétrés, déjà, dans l’Ouest du pays par les bandes armées que, hélas, les dirigeants français de l’époque, mettront au pouvoir, en avril 2011, dans un assourdissant concert de bombes et de contre-vérités.

Le Monde ne se résume pas à l’horizon fini et cupide d’une poignée de nantis qui pensent le « diriger », mais le « bien commun » de milliards d’hommes et de femmes qui n’accepteront plus longtemps la dialectique « du cavalier et de sa monture », alpha et oméga de ces nantis. Pour eux Jacques Vergès est tout à la fois héros et héraut : les héros ne meurent jamais et leur voix porte pour toujours. Aujourd’hui, des rizières de l’Orient aux brousses africaines en passant par les jungles sud-américaines, une foule immense se souvient et sait, désormais, que cette dialectique asservissante voit ses jours comptés.

Jacques Vergès l’avait très bien compris et sa « défense » de l’ « indéfendable », Klaus Barbie, en est l’illustration la plus parfaite. Il a simplement rappelé à tous que l’on ne peut juger définitivement les pires criminels que si l’on est soit même exempt de tout reproche. Il faut se rappeler qu’avant de « défendre » Barbie, Jacques Vergès avait acquis, dans cette problématique contre les dirigeants Nazis, une légitimité insoupçonnable : il avait lui-même pris les armes, à 17 ans, contre ces nazis, quittant une adolescence paisible au cœur de l’Océan Indien, pour une mère-patrie en feu, prêt à donner sa vie pour que vive la Justice et la Liberté. En cette heure tragique, quelques planqués des buvettes et des gazettes devraient avoir l’humilité de s’en souvenir.

A mon premier retour de Côte d’Ivoire, au milieu des années soixante, je fus élève au Lycée Carnot, à Paris. Chaque jour je pouvais voir la plaque dédiée à Guy Moquet sous l’immense verrière de la cour intérieure. En France on perpétue la mémoire de ce garçon, tombé sous les balles nazies à l’âge où Jacques Vergès s’engageait dans le même combat. Mais a-t-on le même souci pour tous les « Guy Moquet » des luttes pour la souveraineté des peuples et qui sont, parfois, tombés sous les coups de ceux qui honorent, chez eux, « leurs Guy Moquet »? Combien de Guy Moquet palestiniens, ivoiriens, congolais, vietnamiens, boliviens et autres ? Même Nicolas Sarkozy, dont la décence est inversement proportionnelle à la « volonté de pouvoir » a eu l’audace d’appeler le souvenir de Guy Moquet au secours de sa politique de domination, à l’opposé des vraies valeurs qui fondent l’humanisme et la cohésion sociale. Dans une tribune au souffle épique, Sarkozy sous BHL, Jacques Vergès l’avait pourfendu, lui rappelant que n’est pas Napoléon qui veut !

Au cours des nombreux entretiens, dans son bureau envahi par les effluves de ses havanes, où, au-delà du dossier ivoirien, nous échangions ou, plutôt, je revivais l’Histoire à l’aune de son immense savoir, j’ai appris à connaître un personnage exceptionnel, au Destin unique. Il me revient aujourd’hui, une anecdote qui m’avait beaucoup marqué, à l’époque, et qu’il a, depuis, révélée dans ses Mémoires (De mon propre aveu-Souvenirs et rêveries) : après l’indépendance algérienne, installé en Algérie, un officier algérien lui donne la mission d’aller « récupérer » une personne à la frontière marocaine. L’officier s’appelle Aziz Bouteflika, la personne est Nelson Mandela….

Ces dernières années, marque de sa formidable vitalité il s’était produit au théâtre où sa performance physique et intellectuelle ont impressionné tous ceux et celles qui l’on vu sur scène. Jacques Vergès aura été acteur de sa vie et témoin du Monde. Les hommes passent, les idées ne meurent jamais.

Salut Jacques et où que tu sois, Bonne Arrivée !

Le 16 août 2013

Salut de Bernard Houdin à Jacques Vergès, Les vérités de Bernarsd Houdin à la FranceBernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo