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10/06/2013

Déclaration du CRI-Panafricain suite à l'ajournement du procès du président Laurent Gbagbo


Ajournement du procès de Laurent Gbagbo, Absence de preuves contre Laurent Gbagbo, Le CRI-Panafricain et Laurent Gbagbo. Bensouda fabrique des faux. La décision de confirmation ou non des charges pesant sur le président Laurent Gbagbo ("crimes contre l'humanité" et "violences sexuelles"), que tout le monde attendait ou redoutait, est enfin tombée sous une forme inattendue en ce début du mois de juin 2013 : ajournement de la décision pour preuves insuffisantes contre l'accusé !

En termes très clairs, les juges du tribunal international renvoient le procureur en charge des preuves contre le président Laurent Gbagbo à sa copie qui ne peut être corrigée et notée en l'état. Un travail complémentaire qui contiendrait des preuves nouvelles d'une étoffe supérieure aux précédentes est donc attendu. Contrairement à ce que croient ses ennemis, ce n'est pas la quantité des preuves qui est mise en cause mais bien leur qualité.

Devant cet ajournement de la confirmation ou de l'infirmation des charges, que tous les défenseurs du plus célèbre prisonnier de La Haye considèrent comme un verdict partiel et saluent par conséquent comme une demi-victoire ou une première victoire, il convient de ne pas pavoiser trop tôt et savoir garder patience tout en poursuivant le combat. Ce n'est vraiment pas le moment de baisser la garde contre les manipulations des pouvoirs politiques occidentaux et le régime actuel de la Côte d'Ivoire. Il nous faut donc analyser sereinement la décision du tribunal international pour éventuellement changer de monture ou d'arme de combat.

Nous convenons tous qu'il est difficile de croire que dans une affaire aussi importante et retentissante dans laquelle la France, les Etats-Unis et l'Onu ont engagé leur crédibilité, le procureur n'ait pas réuni dès le départ les pièces susceptibles de compromettre définitivement l'accusé. Quand on sait qu'il a même eu recours à des faux – comme les exactions au Kenya prêtées au pouvoir de Laurent Gbagbo – pour combler l'insuffisance des accusations, on peut se demander avec raison s'il est capable de trouver des preuves encore plus solides et donc plus convaincantes que celles déjà présentées. Dans ces conditions, nous ne pouvons que redouter le mensonge et la manipulation qui donneraient à ce procès un visage ouvertement politique, brisant tout espoir de justice.

Nous craignons en effet que la décision d'ajourner la confirmation ou l'infirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo ne soit qu'une ruse du tribunal international pour se fabriquer un léger manteau de crédibilité. Nous avons peur que sa décision soit une façon de dire au monde entier qu'il ne suit que la voie du droit et rien d'autre ; une façon de laisser croire qu'il est capable de distinguer le suffisant de l'insuffisant, de tromper ainsi le monde pour ensuite clamer que Laurent Gbagbo mérite d'être jugé pour les crimes dont il est accusé. Cet ajournement apparaît donc, sous un certain regard, comme un leurre.

C'est pourquoi le CRI-Panafricain s'associe à toutes les voix qui demandent haut et fort la libération pure et simple du président Laurent Gbagbo. Il estime que six mois de recherches ne pourront jamais aboutir à des preuves plus convaincantes là où dix-huit mois de montage de dossiers n'ont pu que produire des accusations vite balayées par la défense. Les parrains de l'actuel dirigeant de la Côte d'Ivoire ayant avec véhémence menacé Laurent Gbagbo de la CPI, n'avaient fait que l'encourager à y envoyer son pire ennemi. Toutefois, pour couvrir leur filleul, ils n'avaient que des promesses verbales et leur soutien politique ; il appartenait au procureur de la CPI d’user de tous les moyens logistiques et financiers dont il disposait ainsi que de l’étroite collaboration du pouvoir en place, afin de réunir les preuves matérielles pour que l'affaire soit bien ficelée et Laurent Gbagbo vite condamné. Mais voilà, les preuves justifiant une condamnation immédiate n’existent pas. Il ne reste plus qu’à les inventer ou à compter sur le poids politique des parrains pour que Laurent Gbagbo soit maintenu à La Haye le plus longtemps possible, coupable ou non.

C'est en définitive les scénarios que va nous servir la Cour pénale internationale. C'est pourquoi, plus que jamais, nous devons multiplier les manifestations, faire appel aux voix qui ont quelque autorité en Europe, en Afrique ou ailleurs dans le monde pour des prises de positions fermes en faveur de la libération du président Laurent Gbagbo. Après les dernières déclarations venues de l'Union africaine qualifiant la CPI d'organe raciste, c'est bien le discrédit que l'Afrique jette sur cette institution. Par ailleurs, des voix s'élèvent ça et là pour douter de l'impartialité de la procédure visant Laurent Gbagbo au regard des crimes commis à l'Ouest du pays, des représailles sanglantes ainsi que les tortures dont ont été victimes ses partisans après sa chute.

Le Cri-Panafricain demande à toute la diaspora africaine en Europe et dans les Amériques de mener des actions d'information afin de susciter un réel engouement autour de la libération du président Laurent Gbagbo, pour qu'enfin les esprits s'apaisent en Côte d'Ivoire et qu'apparaissent les conditions nécessaires à une véritable réconciliation nationale.

Le Conseil international du CRI Panafricain
Le président Abel NAKI

22/04/2013

"Tu n'as pas dit tu peux ? Peux maintenant !"


Elections du 21 avril 2013 en Côte d'Ivoire, élections régionales et municipales en Côte d'Ivoire, la dictature ouattariste, le président choisi A quoi sert-il d'organiser des élections sous un régime désormais internationalement reconnu comme une dictature ? Cette apparence de démocratie est-elle vraiment nécessaire à la vie politique du pays ? Non ! Semblent clairement avoir dit les électeurs ivoiriens à cette dernière question.

Avec leur gouaille particulière habituelle, les ivoiriens se félicitent pour les résultats de leur refus de participer à la mascarade électorale du 21 avril 2013 : des urnes sèches ! « Hein, il n'a pas dit que nos voix ne comptent pas ? Pourquoi il nous demande d’aller voter ? De toutes les façons les Français vont venir lui communiquer les bons chiffres de ces élections », dit l'un en esquissant un sourire moqueur. Et dans un français typiquement éburnéen, son interlocuteur abonde dans son sens : « Il n'a pas dit il peut ? Il n'a qu'à peut on va voir ! Nous, on le laisse faire. » Et tous deux éclatent d’un rire sonore en se donnant l'accolade.

Oui, parce que la dictature ouattariste a confisqué toutes les manettes permettant de diriger le navire Ivoire, les Ivoiriens semblent avoir décidé depuis longtemps de les lui laisser pour qu'elle produise les fruits promis : beaucoup d'argent pour tout le monde, des universités dans toutes les grandes villes, du bonheur pour toutes les familles... Malheureusement, depuis deux ans, ils ne voient que des arrestations d'opposants, du rattrapage ethnique et des voyages présidentiels pour serrer des mains blanches. De toutes les façons, se disent-ils mi-désabusés mi-ironiques, ce n'est pas nous qui avons mis Ouattara au pouvoir ; il est donc tout à fait normal qu'il cherche à satisfaire les Blancs qui l'ont choisi.

Elections du 21 avril 2013 en Côte d'Ivoire, élections régionales et municipales en Côte d'Ivoire, la dictature ouattariste, le président choisi


Mais alors, pourquoi ces élections ? La réponse est simple : d’abord, il constitue un message adressé au parrain élyséen pour lui montrer que tout va bien en Côte d’Ivoire et que le sauveur qu’il lui a donné est aimé de tous. Ensuite, parce que même sous une dictature, il est nécessaire d'avoir des institutions qu'on appelle dans ce cas des courroies de transmission. Oui, une dictature a aussi besoin de savoir qu'elle fonctionne, qu'elle a la mainmise sur tout, qu'elle a des agents partout. Une élection sert donc à dire aux populations « choisissez votre espion qui viendra me dire les fautes que vous commettrez ».

En laissant donc les seuls « ADOrateurs » de la dictature ouattariste choisir leurs espions, les Ivoiriens confirment leur volonté de refuser le pouvoir qui leur est imposé. Comme la Commission réconciliation qui erre parmi nous dans l'indifférence totale - quand elle ne rencontre pas des huées à Bordeaux et à Londres - toutes les élections entreprises sous Ouattara ne font que confirmer son isolement du peuple ivoirien qu'il aurait dû apprendre à connaître avant d'entreprendre de le diriger. Aussi, nous ne pouvons que joindre nos voix à celles de ceux qui lui lancent, moqueurs : « Tu n'as pas dit tu peux ? Peux maintenant ! »

Raphaël ADJOBI

10/04/2013

Ils ont tenu à rester assis pour que nous puissions nous lever


Le 11 avril en Côte d'Ivoire, Anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo, Rosa Parks, Lurent Gbagbo et Rosa Parks, L'Afrique et le combat de Laurent Gbagbo L'image de Laurent Gbagbo refusant de céder le fauteuil présidentiel sur lequel l'a installé le Conseil Constitutionnel de son pays demeurera à jamais une étape clef de l'histoire des indépendances des peuples africains. Mais pour que cette image nous devienne chère, il est nécessaire que ceux qui ont approuvé son geste et l'ont défendu lorsqu'il a été extirpé de sa résidence par une force étrangère ne se renient pas. Que ceux-là n'oublient jamais que, comme Rosa Parks en Alabama - aux Etats-Unis en 1955 - il est resté assis afin que nous puissions nous lever contre l'injustice qui nous frappe depuis si longtemps.

Le 11 avril en Côte d'Ivoire, Anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo, Rosa Parks, Lurent Gbagbo et Rosa Parks, L'Afrique et le combat de Laurent Gbagbo


C'est en effet le 1er décembre 1955 qu'en refusant de céder le siège qu'elle occupait dans un bus, Rosa Lee Parks allait galvaniser le mouvement noir américain des droits civiques. Cette couturière de 42 ans n'ignorait pas la loi ségrégationniste qui stipulait que les quatre premières rangées des bus de la ville étaient réservées aux Blancs. Elle n'ignorait pas non plus qu'en cas de manque de place, les Noirs devaient céder les premiers sièges de leur section, si un blanc avait besoin de s'asseoir.

Mais ce jour-là, assise à l'avant de la section noire, lorsque le chauffeur lui demanda, ainsi qu'à ses trois autres voisins, de céder leur siège à un blanc, alors que les trois autres se levèrent, elle refusa d'obtempérer. Arrêtée par la police, elle fut condamnée à une amende de dix dollars pour violation d'un règlement local et perdit son emploi pour militantisme.

Le geste de Rosa Parks aurait pu se perdre dans l'océan des gestes militants et des combats isolés et sans lendemain si un jeune pasteur âgé alors de 26 ans - Martin Luther King - n'avait mis en branle le mouvement non-violent contre la ségrégation et la discrimination raciale pour la soutenir. En effet, le refus de Rosa Parks de céder son siège sera le déclencheur de la colère qui va dynamiser le combat des Noirs Américains pour l'égalité des droits civiques. Ce combat pourra enfin susciter davantage de sympathie et produire les fruits que nous connaissons aujourd'hui.

En Côte d'Ivoire - et même ailleurs en Afrique - qui ignorait que l'ONU et la France avaient pris fait et cause pour Alassane Dramane Ouattara contre Laurent Gbagbo ? Qui peut croire que celui-ci ignorait la capacité de nuisance de la France et sa ferme intention d'asseoir sur la Côte d'Ivoire sa volonté de puissance ? Personne, avouons-le ! Et Laurent Gbagbo savait mieux que quiconque ce qu'il avait à faire face à ceux-là qui voulaient absolument son siège par d'autres voies que le droit. Aussi, de même que certains avaient clamé sous le ciel de France « Nous sommes ici par la volonté du peuple et n'en sortirons que par la force des baïonnettes », il a voulu signifier à la France et à l'Afrique entière, qu'il était sur le fauteuil présidentiel par la volonté de son peuple et de ses lois et n'en serait délogé que par la force des canons étrangers.

Il est donc clair que lorsque, le 11 avril 2011, il fut éjecté du palais présidentiel par l'armée française, c'était la volonté du peuple ivoirien et ses lois que la France venait de bafouer allègrement aux yeux du monde entier. Sachant que depuis plus d'une décennie les peuples africains s'indignaient des manœuvres de la France pour rendre irréalisables les indépendances africaines initiés en 1960, le geste de Laurent Gbagbo peut -comme celui de Rosa Parks pour le mouvement noir non-violent américain - marquer un nouveau tournant dans la lutte de l'Afrique pour sa totale indépendance tant rêvée et tant espérée.

Oui, de même que Rosa Parks a volontairement refusé de céder le siège sur lequel la dignité humaine l'avait installée, Laurent Gbagbo a volontairement refusé de céder le fauteuil présidentiel sur lequel le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes l'avait placé. Il appartient donc aux Ivoiriens et aux autres peuples d'Afrique d'imiter les Noirs Américains en faisant du geste de Laurent Gbagbo le déclencheur de leur colère contre le réveil de l'impérialisme français et ses négriers africains. Il nous appartient à tous de transformer notre indignation en combat dénonciateur afin que la France cesse enfin de faire et défaire les gouvernants africains et que cesse aussi la prolifération des négriers noirs sans foi ni loi et surtout peu soucieux de la dignité de l'Afrique. Que le 11 avril devienne donc le phare de notre combat ! Un combat que nous devons être prêts à mener dans la durée, sans faiblir ; car - comme l'affirmait encore récemment Angela Davis - les victoires politiques ne s'obtiennent pas en une journée de mobilisation, aussi spectaculaire soit-elle.

Raphaël ADJOBI

18/12/2012

"Noël sous les tentes", le gala parisien du C.R.I-Pananfricain


CRI-Panafricain, Le gala du CRI-Panafricain, La Résistance ivoirienne en fête Le vendredi 14 décembre, le C.R.I-Panafricain - l'association de la Résistance ivoirienne et panafricaine initiée par Abel Naki - a tenu son premier gala de bienfaisance dans l'une des belles salles des salons Wilson à Paris. Certes, la soirée a débuté tard au goût des délégations venues des différentes régions de France, mais tout le monde était unanime pour reconnaître à la fois la beauté et le succès de la fête.

S'il y a des populations difficiles à réunir en France, ce sont bien les Afro-Français et la diaspora africaine. On trouve chez l'une comme chez l'autre la même indifférence pour la chose politique quand l'action devient nécessaire. Ce sont généralement des forts en politique de salon vivant dans la crainte de représailles dont ils sont incapables de nommer l'origine. Aussi, voir cette belle salle pleine de Noirs résolus à défendre le droit d'une nation bafouée était chose agréable et émouvante à la fois.

CRI-Panafricain, Le gala du CRI-Panafricain, La Résistance ivoirienne en fête



Le gala - qui pourrait devenir une institution au C.R.I-Panafricain - était organisé au bénéfice des enfants ivoiriens exilés au Ghana. La fête a vu défiler une pléiade d'artistes qui ont suscité la générosité des invités en se montrant eux-mêmes généreux dans leur prestation jusqu'à l'aube. Menteur est celui qui dira qu'il a vu passer le temps ! En tout cas, une très belle fête qui a redynamisé, de toute évidence, les délégations du mouvement qui ont fait le déplacement. Certaines envisagent même de copier la formule afin de rendre leur action plus visible dans leur région.

CRI-Panafricain, Le gala du CRI-Panafricain, La Résistance ivoirienne en fête



SI, en moins d'un an, la renommée et le dynamisme du C.R.I-Panafricain ont largement supplanté tous les mouvements qui ont puisé leur énergie dans l'indignation née du traitement injuste infligé à une partie de la Côte d'ivoire et au président Laurent Gbagbo - que l'on a destiné au goulag européen de La Haye - c'est parce qu'il a su éviter d'apparaître comme un mouvement parisien. Aujourd'hui, outre Paris, le C.R.I-Panafricain est implanté dans dix régions de France et dans neuf pays ; ce qui permet aux membres de ne pas se sentir isolés et de s'encourager les uns les autres. D'autre part, les réunions du mouvement ne se font pas exclusivement à Paris. En janvier, c'est Bordeaux qui aura l'honneur d'abriter un rassemblement général de ses différentes représentations françaises. Puis, ce sera le tour de Dijon.

Bravo à tous les Résistants panafricains !

° Dernière photo : Le président du C.R.I-Bourgogne et la vice-présidente du C.R.I-Basse Normandie.

Raphaël ADJOBI

26/11/2012

Laurent Gbagbo, démocrate avant Fillon et Copé

Un tract pour réhabiliter Laurent Gbagbo

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