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10/04/2013

Ils ont tenu à rester assis pour que nous puissions nous lever


Le 11 avril en Côte d'Ivoire, Anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo, Rosa Parks, Lurent Gbagbo et Rosa Parks, L'Afrique et le combat de Laurent Gbagbo L'image de Laurent Gbagbo refusant de céder le fauteuil présidentiel sur lequel l'a installé le Conseil Constitutionnel de son pays demeurera à jamais une étape clef de l'histoire des indépendances des peuples africains. Mais pour que cette image nous devienne chère, il est nécessaire que ceux qui ont approuvé son geste et l'ont défendu lorsqu'il a été extirpé de sa résidence par une force étrangère ne se renient pas. Que ceux-là n'oublient jamais que, comme Rosa Parks en Alabama - aux Etats-Unis en 1955 - il est resté assis afin que nous puissions nous lever contre l'injustice qui nous frappe depuis si longtemps.

Le 11 avril en Côte d'Ivoire, Anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo, Rosa Parks, Lurent Gbagbo et Rosa Parks, L'Afrique et le combat de Laurent Gbagbo


C'est en effet le 1er décembre 1955 qu'en refusant de céder le siège qu'elle occupait dans un bus, Rosa Lee Parks allait galvaniser le mouvement noir américain des droits civiques. Cette couturière de 42 ans n'ignorait pas la loi ségrégationniste qui stipulait que les quatre premières rangées des bus de la ville étaient réservées aux Blancs. Elle n'ignorait pas non plus qu'en cas de manque de place, les Noirs devaient céder les premiers sièges de leur section, si un blanc avait besoin de s'asseoir.

Mais ce jour-là, assise à l'avant de la section noire, lorsque le chauffeur lui demanda, ainsi qu'à ses trois autres voisins, de céder leur siège à un blanc, alors que les trois autres se levèrent, elle refusa d'obtempérer. Arrêtée par la police, elle fut condamnée à une amende de dix dollars pour violation d'un règlement local et perdit son emploi pour militantisme.

Le geste de Rosa Parks aurait pu se perdre dans l'océan des gestes militants et des combats isolés et sans lendemain si un jeune pasteur âgé alors de 26 ans - Martin Luther King - n'avait mis en branle le mouvement non-violent contre la ségrégation et la discrimination raciale pour la soutenir. En effet, le refus de Rosa Parks de céder son siège sera le déclencheur de la colère qui va dynamiser le combat des Noirs Américains pour l'égalité des droits civiques. Ce combat pourra enfin susciter davantage de sympathie et produire les fruits que nous connaissons aujourd'hui.

En Côte d'Ivoire - et même ailleurs en Afrique - qui ignorait que l'ONU et la France avaient pris fait et cause pour Alassane Dramane Ouattara contre Laurent Gbagbo ? Qui peut croire que celui-ci ignorait la capacité de nuisance de la France et sa ferme intention d'asseoir sur la Côte d'Ivoire sa volonté de puissance ? Personne, avouons-le ! Et Laurent Gbagbo savait mieux que quiconque ce qu'il avait à faire face à ceux-là qui voulaient absolument son siège par d'autres voies que le droit. Aussi, de même que certains avaient clamé sous le ciel de France « Nous sommes ici par la volonté du peuple et n'en sortirons que par la force des baïonnettes », il a voulu signifier à la France et à l'Afrique entière, qu'il était sur le fauteuil présidentiel par la volonté de son peuple et de ses lois et n'en serait délogé que par la force des canons étrangers.

Il est donc clair que lorsque, le 11 avril 2011, il fut éjecté du palais présidentiel par l'armée française, c'était la volonté du peuple ivoirien et ses lois que la France venait de bafouer allègrement aux yeux du monde entier. Sachant que depuis plus d'une décennie les peuples africains s'indignaient des manœuvres de la France pour rendre irréalisables les indépendances africaines initiés en 1960, le geste de Laurent Gbagbo peut -comme celui de Rosa Parks pour le mouvement noir non-violent américain - marquer un nouveau tournant dans la lutte de l'Afrique pour sa totale indépendance tant rêvée et tant espérée.

Oui, de même que Rosa Parks a volontairement refusé de céder le siège sur lequel la dignité humaine l'avait installée, Laurent Gbagbo a volontairement refusé de céder le fauteuil présidentiel sur lequel le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes l'avait placé. Il appartient donc aux Ivoiriens et aux autres peuples d'Afrique d'imiter les Noirs Américains en faisant du geste de Laurent Gbagbo le déclencheur de leur colère contre le réveil de l'impérialisme français et ses négriers africains. Il nous appartient à tous de transformer notre indignation en combat dénonciateur afin que la France cesse enfin de faire et défaire les gouvernants africains et que cesse aussi la prolifération des négriers noirs sans foi ni loi et surtout peu soucieux de la dignité de l'Afrique. Que le 11 avril devienne donc le phare de notre combat ! Un combat que nous devons être prêts à mener dans la durée, sans faiblir ; car - comme l'affirmait encore récemment Angela Davis - les victoires politiques ne s'obtiennent pas en une journée de mobilisation, aussi spectaculaire soit-elle.

Raphaël ADJOBI

18/12/2012

"Noël sous les tentes", le gala parisien du C.R.I-Pananfricain


CRI-Panafricain, Le gala du CRI-Panafricain, La Résistance ivoirienne en fête Le vendredi 14 décembre, le C.R.I-Panafricain - l'association de la Résistance ivoirienne et panafricaine initiée par Abel Naki - a tenu son premier gala de bienfaisance dans l'une des belles salles des salons Wilson à Paris. Certes, la soirée a débuté tard au goût des délégations venues des différentes régions de France, mais tout le monde était unanime pour reconnaître à la fois la beauté et le succès de la fête.

S'il y a des populations difficiles à réunir en France, ce sont bien les Afro-Français et la diaspora africaine. On trouve chez l'une comme chez l'autre la même indifférence pour la chose politique quand l'action devient nécessaire. Ce sont généralement des forts en politique de salon vivant dans la crainte de représailles dont ils sont incapables de nommer l'origine. Aussi, voir cette belle salle pleine de Noirs résolus à défendre le droit d'une nation bafouée était chose agréable et émouvante à la fois.

CRI-Panafricain, Le gala du CRI-Panafricain, La Résistance ivoirienne en fête



Le gala - qui pourrait devenir une institution au C.R.I-Panafricain - était organisé au bénéfice des enfants ivoiriens exilés au Ghana. La fête a vu défiler une pléiade d'artistes qui ont suscité la générosité des invités en se montrant eux-mêmes généreux dans leur prestation jusqu'à l'aube. Menteur est celui qui dira qu'il a vu passer le temps ! En tout cas, une très belle fête qui a redynamisé, de toute évidence, les délégations du mouvement qui ont fait le déplacement. Certaines envisagent même de copier la formule afin de rendre leur action plus visible dans leur région.

CRI-Panafricain, Le gala du CRI-Panafricain, La Résistance ivoirienne en fête



SI, en moins d'un an, la renommée et le dynamisme du C.R.I-Panafricain ont largement supplanté tous les mouvements qui ont puisé leur énergie dans l'indignation née du traitement injuste infligé à une partie de la Côte d'ivoire et au président Laurent Gbagbo - que l'on a destiné au goulag européen de La Haye - c'est parce qu'il a su éviter d'apparaître comme un mouvement parisien. Aujourd'hui, outre Paris, le C.R.I-Panafricain est implanté dans dix régions de France et dans neuf pays ; ce qui permet aux membres de ne pas se sentir isolés et de s'encourager les uns les autres. D'autre part, les réunions du mouvement ne se font pas exclusivement à Paris. En janvier, c'est Bordeaux qui aura l'honneur d'abriter un rassemblement général de ses différentes représentations françaises. Puis, ce sera le tour de Dijon.

Bravo à tous les Résistants panafricains !

° Dernière photo : Le président du C.R.I-Bourgogne et la vice-présidente du C.R.I-Basse Normandie.

Raphaël ADJOBI

26/11/2012

Laurent Gbagbo, démocrate avant Fillon et Copé

Un tract pour réhabiliter Laurent Gbagbo

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28/09/2012

Les manoeuvres de Ouattara autour de la guerre au Mali dévoilées


Voici un article du journal La Croix qui nous dévoile la bataille autour de la constitution de l'armée devant reconquérir le nord du Mali. Lisez-le attentivement pour découvrir que les Maliens ne sont pas dupes des manœuvres d'Alassane Ouattara. Mes réflexions sont en italiques et entre les parenthèses. L'article est de Laurent Larcher.

Ouattara et la guerre au Mali, Les rebelles de Ouattara au Mali Alors que le Nord du Mali est contrôlé depuis six mois par des troupes islamistes, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et le gouvernement malien ont trouvé dimanche (23 septembre) un accord sur les conditions de déploiement d'une force africaine au Mali.

Quelle est la nature de cet accord ?
Début septembre, le président par intérim du Mali, Diacounda Traoré, avait demandé l'aide la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour chasser les islamistes du nord du pays. Mais il s'était montré opposé au déploiement de "forces militaires combattantes" à Bamako, réclamé par la CEDEAO.
(On peut se demander pourquoi c'est à Bamako que doivent se retrouver les forces combattantes africaines et non à la frontière avec l'actuel Azawad. On peut aussi se demander pourquoi le président malien refuse que la force africaine qu'il a sollicitée ne s'assemble pas à Bamako. Cette exigence est suspecte. La suspicion est justifiée plus loin dans l'article).
Finalement, les autorités maliennes ont accepté que le PC militaire, la base logistique de l'opération et un détachement de force policière et d'experts soient installés dans la périphérie de Bamako. Le site sera choisi par une équipe conjointe CEDEAO-Mali.
Ouattara et la guerre au Mali, Les rebelles de Ouattara au Mali L'accord a aussi abordé la question du déploiement des forces combattantes : elles seront engagées auprès de l'armée malienne. Elles ne pourront pas opérer seules sur le terrain. En contrepartie, les autorités maliennes ont obtenu la levée du blocage de leurs armes, dont les blindés, immobilisés à Conakry (Guinée) depuis deux mois.
(Questions : Veut-on nous faire croire que c'est la CEDEAO qui tient à ce qu'aucun de ses soldats ne fasse un pas ou ne tire un coup de fusil sans la présence d'un soldat malien ? Un tel accord est-il applicable sur le champ de batail ? N'est-ce pas le Mali qui a exigé avoir la direction des opérations ? Que faisaient les blindés maliens en Guinée depuis deux mois ? Ces blindés sont-elles de nouvelles acquisitions ? Si oui, pourquoi ces achats passent par Conakry et non par Abidjan, via Dramane Ouattara, le patron de la Cédéao, qui a décidé de voler au secours du Mali ?)

Comment comprendre cet accord ?
Le négociateur envoyé à Bamako par la CEDEAO, l'Ivoirien Paul Koffi Koffi, estime que « le Mali et la CEDEAO sont en phase pour des opérations de troupes sur le territoire malien ». Mais le négociateur malien, le colonel-major Yamoussa Camara, est beaucoup plus prudent. Il a expliqué que le dispositif militaire, en périphérie de la capitale malienne, devra être discret, suffisant pour la coordination des actions entre la CEDEAO et le Mali.
Pour les putschistes qui ont renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 Mars, la présence d'une force militaire étrangère à Bamako menace leur pouvoir dans la capitale malienne. Pour le négociateur malien, il n'est donc pas question que la CEDEAO déploie des unités combattantes dans la capitale. D'autant que la présence de troupes pourrait heurter le sentiment national des Maliens.
(Il est très surprenant de voir que ce sont les Ivoiriens qui n'ont pas été capables de s'entendre pour régler leur conflit qui se sont érigés en négociateurs pour régler le conflit des autres ! Les militaires Maliens auraient-ils peur d'un coup d'état de Ouattara via la CEDEAO pour refuser la présence des forces africaines dans leur capitale ? Si la présence de cette force étrangère heurte le sentiment national des maliens, c'est qu'on la leur impose. Ce n'est sûrement pas ce qu'ils ont souhaité ! On ne peut pas demander de l'aide et dire que l'on ne voudrait pas la voir !) [...]

Qui va intervenir ?
Depuis des mois, la CEDEAO évoque l'envoi d'une force de 3 300 soldats au Mali. Mais peu d'Etats membres ont promis de mobiliser des unités combattantes. Pour l'heure, seuls le Niger et le Burkina Faso ont décidé d'engager des soldats. Lors de son voyage en France en juillet, le président sénégalais Macky Sall avait déclaré ne pas pouvoir engager de soldats au Mali.
"Le pays qui pousse depuis le début de la crise à une intervention militaire de la CEDEAO est la Côte d'Ivoire. Son président, Alassane Ouattara, y voit une bonne occasion pour y engager les soldats les plus turbulents de son camp, qui l'empêchent de conduire sa politique de réconciliation", note Roland Marchal, du Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI).
Parmi les puissances extra-africaines, les Etats-Unis s'engagent à apporter un soutien logistique et en information. La France, depuis le début de la crise malienne, prend le même engagement. Cependant, des forces spéciales françaises sont déjà déployées au Mali. Par ailleurs, la diplomatie française évoque l'idée d'un engagement des soldats tchadiens dans la reconquête du nord du Mali : des militaires qui ont une longue expérience de la guerre dans le désert.

Laurent Larcher (La Croix du mardi 25 septembre 2012)
Commentaires de Raphaël ADJOBI

01/09/2012

L'armée française assure l'intérim du président des Ivoiriens


l'armée française en côte d'ivoire,la côte d'ivoire est perdue,les frci et les ivoiriens,attaque du siège du fpi La terreur que les rebelles du Nord - pompeusement rebaptisés Force Républicaine de Côte d’Ivoire (FRCI) - exercent dans des zones qui n’ont pas voté pour Ouattara aux dernières élections présidentielles a fini par obliger les populations à se terrer chez elles, à raser les murs, ou à ne jamais ouvrir la bouche une fois dans les rues. Et comme il a été poliment demandé à ceux qui ont peur de cette nouvelle armée de quitter la Côte d’Ivoire, les exilés au Libéria et au Ghana sont aujourd’hui légions. Depuis un an, chaque jour qui se lève est accompagné de son crime accompli par les FRCI et leurs complices dozos. La pratique est devenue si ordinaire que certains journaux locaux ont fini par perdre le compte de leurs forfaits. Voilà l'incroyable tableau qu'offre la Côte d'Ivoire !

Même les populations nordistes qui vivent dans le sud se demandent pourquoi Monsieur le préfet continue de soigner son image auprès des Blancs en Europe plutôt que de s'occuper du pays. Un camp de refugiés attaqués par son armée ? Pas d’inquiétude ! Ce n’est que de la routine. Un camp militaire dévalisé par des inconnus. Pas d’inquiétude ! Il n’y a que les chefs d’Etat peu sûrs de leur pouvoir et devant soigner leur avenir politique – comme le président sud-africain - qui courent consoler leur peuple en pareille circonstance. Intouchable, notre homme reste toujours absent, indifférent aux maux des Ivoiriens.

Mais voilà : non seulement les attaques armées se multiplient, mais en plus les civiles pro-Ouattara s'en prennent aux biens des populations et des partis de l'opposition en toute impunité. Dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, dans une ambiance de carnaval, les Frci et les dozos organisent l'immigration et l'installation des Burkinabés sur les terres abandonnées par les autochtones en fuite. Leur vacarme, la vue de leurs tenues et de leurs armes font trembler les populations de frayeur.

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Paradoxalement, devant ce chaos généralisé, c'est la présence de l'armée française qui donne au commun des ivoiriens un semblant de protection. Du moins cette armée étrangère ne l'effraie pas ; même s'il ne sait pas vraiment pourquoi elle est là. Il lui semble tout simplement que c'est elle qui tient la situation en main pour ne pas donner le sentiment qu'il n'y a personne au volant de la voiture Côte d'ivoire.

En effet, si les FRCI attaquent les partisans de Gbagbo et les jettent en prison, qui peut protéger ces derniers quand des civils les poursuivent jusque dans leur siège officiel à Abidjan ? De toute évidence, aucune autorité locale - ni le président toujours en voyage, ni son armée, ni sa justice - n'est en mesure d'assurer la sécurité des biens et des personnes en Côte d'Ivoire. Finis les temps bénis où les gens pouvaient descendre dans les rues pour crier leur peine et réclamer quelque chose à leurs gouvernants. On affronte une démocratie les mains nues ; pas une dictature ! Alors tout le monde vit la peur au ventre. C'est pourquoi l'armée française est intervenue à Dabou et aux abords de la maison du FPI, assurant ainsi l'intérim du président de la république absent. A vrai dire, tout porte à croire que celui-ci s'absente pour cacher son incapacité à maîtriser la situation qui prévaut dans le pays.

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Bonne gouvernance donc à l'armée française ! Mais pour combien de temps ? Cette "démocratie" sarkozienne qu'on l'a obligée à installer va-t-elle lui rester indéfiniment sur les bras ? Si la population se cache dans les hautes herbes à la vue des FRCI, alors qu'elle ose se montrer quand elle voit l'armée française, c'est que la Côte d'Ivoire est perdue ! Elle est perdue parce que les ivoiriens vivent dans la peur de tous les signes qui représentent l'autorité de Ouattara. Elle est perdue parce que l'armée française est obligée de protéger les populations contre l'armée de Ouattara. Elle est perdue parce que les Ivoiriens ont peur de Ouattara !

* La légende n'est pas de l'artiste

Raphaël ADJOBI