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21/03/2014

Une image pour les Ivoiriens dans l'âme !

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Lisez bien les deux bulles de cette image. Qui peut rire en découvrant cette image ? Si la remarque du premier protagoniste du dessin pointant du doigt une réalité ivoirienne incontestable (sauf par la France) n'est pas drôle du tout, c'est l'interrogation du deuxième protagoniste qui m'a fait rire aux larmes.

Aucun individu ne peut rire aux larmes en lisant cette interrogation, si ce n'est un Ivoirien ou toute personne très sensible aux faits de société de notre pays. Imaginez que l'auteur du texte du dessin ait écrit "Comment on va chanter l'Abidjanaise ?" La scène aurait été dramatique et n'aurait pas été drôle du tout, parce qu'il aurait traduit une réalité difficile à vivre par les Ivoiriens. Au lieu de cela, il a choisi de nous faire rire en faisant de l'élève soucieux de notre avenir - car nous sommes dans une école - un vaurien. Pour celui-ci, le titre de notre hymne national est "salut-ô-terre" qu'il entend régulièrement et non L'Abidjanaise ! C'est comme si on vous disait que l'hymne national français était "Allons-zenfants" et non La Marseillaise.

Bravo donc à l'auteur du dessin et du texte !

Question : qui recense-t-on ? Les Ivoiriens exilés dans les pays voisins ou les Burkinabés récemment installés en Côte d'ivoire ? Commençons donc par les premiers. Quand sera venue l'heure de renvoyer les seconds chez eux, nous aviserons. Quant aux Français qui aiment parler de "remplacement de la population", le nouveau régime de la Côte d'Ivoire protégé par la France leur offre un bel exemple à méditer.

Raphaël ADJOBI

23/01/2013

Le FPI aurait-il décidé de laisser Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé au bord du chemin ?

(Réponse à Modeste Lago, membre du comité central du F.P.I.)

Le CRI-Panafricain, Le F.P.I. abandonne le comat de Laurent Gbagbo, Modeste Lago, Blé Goudé, Abel NakiNous avions tous écarquillé les yeux d'étonnement quand, il y a quelques jours, le F.P.I. a apporté son soutien à Alassane Ouattara au moment où celui-ci engageait la Côte d'Ivoire dans le combat pour la reconquête du Nord-Mali. En souhaitant « bon vent à Blé Goudé » qui vient d'être emprisonné, - c'est-à dire « bonne route » - et en affirmant que les « militants [...] sont au F.P.I., non pas pour un homme, fut-il Laurent Gbagbo, mais bien plus pour son idéologie et sa vision d'avenir » (Le Nouveau Courrier du mardi 22 janvier 2013), Modeste Lago vient de clamer de manière officielle que le F.P.I. tourne définitivement une page de son histoire qui porte la marque de ces deux hommes. Désormais seule la conquête du pouvoir demeure sa préoccupation.
Avant même d'analyser les prétextes avancés par Modeste Lago pour justifier la nouvelle destinée choisie par son parti, arrêtons-nous un instant sur le sens de l'abandon du soutien à Laurent Gbagbo, à Charles Blé Goudé et par la même occasion à tous les anciens responsables de ce parti aujourd'hui dans les geôles d'Alassane Ouattara.
Quand on part au combat, on n'abandonne pas ses blessés sur le champ de bataille. On leur porte assistance ; même si cette aide doit ralentir notre progression. C'est là le sens de la solidarité que tout vrai combattant porte dans son cœur. On mène un combat pour sauver ceux qui ont besoin de l'être ; aussi bien ceux qui sont en difficulté à nos côtés que ceux qui prient pour nous dans leur foyer parce qu'ils comptent sur notre victoire. Seule la mort vous sépare d'un frère d'arme. Le F.P.I. de Modeste Lago qui abandonne les frères d'arme en difficulté n'est donc plus un parti de combattants mais un parti qui regarde ce qui lui manque dans son assiette.
Ce qui est particulièrement inadmissible dans les propos de Modeste Lago, c'est d'accuser Charles Blé Goudé et Abel Naki d'avoir renié le F.P.I.. Pour lui, ces deux hommes ont commis le crime d'avoir chacun transformé son mouvement - le COJEP et le CRI-Panafricain* - en parti politique. La peur au ventre, il écrit : « le F.P.I, notre parti, devra se résoudre à affronter ces deux partis politiques ». J'ignore ce qu'il en est de la nouvelle orientation du mouvement de Charles Blé Goudé ; mais pour ce qui est du CRI-Panafricain, que Modeste Lago sache qu'il est loin d'être un parti politique avec la vocation de conquérir le pouvoir en Côte d'Ivoire.
Chaque chose en son temps, Monsieur Modeste Lago. Le mouvement créé par Abel Naki qui était au départ un groupe de résistants africains - et non pas une association patriotique des Ivoiriens de France, comme vous le dites - est devenu depuis le 19 janvier 2013, un mouvement politique panafricain. Lisez bien mouvement politique et non pas parti politique. Non seulement ce mouvement n'a pas pour vocation la conquête du pouvoir en Côte d'Ivoire - pas avant qu'il ne devienne un parti politique - mais encore son caractère panafricain n'en fait nullement un concurrent du F.P.I. dans la course au pouvoir en Côte d'Ivoire. Si c'est cela que vous craigniez le plus, vous voilà rassuré.
Puisque vous êtes au F.P.I., « non pas pour un homme, fut-il Gbagbo Laurent, mais bien plus pour son idéologie et sa vision d'avenir » et que par ailleurs vous avez le sens de la realpolitik, nous ne voudrions pas - trop occupés que nous sommes à nous soucier de nos exilés, de nos dépossédés, de nos prisonniers - vous retarder dans la poursuite de votre route vers la conquête du pouvoir. Oui vous avez donné à chacun l'occasion de comprendre que le F.P.I. a décidé de laisser Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé au bord du chemin, sur le champ de bataille, au nom de la realpolitik ! Apparemment, pour vous, cela ne s'appelle pas trahir. Eh bien, bravo !
Pour finir, il serait bon que vous méditiez ceci : Deux Africains - Mohamed V déposé et exilé en Corse par la France ; Nelson Mandela emprisonné en Afrique du Sud - ont bénéficié durant deux ans pour l'un et presque trente ans pour l'autre de l'indéfectible soutien de leurs partisans. Et dans les deux cas, ils ont triomphé de l'adversité. Ailleurs, la realpolitik que vous prônez a permis d'assassiner dans l'indifférence les vrais combattants de la liberté.

*Depuis le 19 janvier 2013, Le CRI n’est plus un sigle mais un mot évoquant le CRI d’indignation et de colère des panafricanistes.

Raphaël ADJOBI

05/12/2011

Laurent Gbagbo, la CPI* et les organisations nègres

Il y a des Noirs qui acceptent de se placer sous la coupe des ONG européennes pour servir de sentinelles et d’espions à des officines occultes mais qui ne sont pas assez intelligents pour se regrouper en ONG et crier leur indignation face aux injustices que les puissances étrangères infligent aux peuples africains.

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Quand les Noirs mettront-ils leurs biens, leurs forces et leur notoriété au service de cette cause ? Aujourd’hui, dans toute l’Afrique noire, qui serait capable de lancer quelque mouvement de protestation susceptible de se propager de nation à nation contre l’injustice infligée à Laurent Gbagbo ; injustice que la très grande majorité des Africains désapprouvent dans leur for intérieur ?

Depuis les années soixante, dans toute l’Afrique noire, seuls deux pays ont été capables de braver - par l’organisation de manifestations de grande envergure - l’injustice blanche : l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire. Seuls l’ANC et les Patriotes Ivoiriens ont été capables de manifestations grandioses. Pour les deux mouvements, le prix payé pour cette audace fut la mort. Mais si la victoire a été longue pour L’ANC et incertaine pour les Patriotes Ivoiriens, c’est parce qu’en entendant leurs cris et leurs gémissements, les autres Africains se sont bouché les oreilles et ont fermé les yeux. Hier, aucun mouvement populaire n’a été organisé dans les différents pays africains pour témoigner notre solidarité à Patrice Lumumba ou à Nelson Mandela. Cette expérience ne nous a pas servi de leçon ! Plusieurs décennies après, nous sommes toujours incapables d’infléchir une décision blanche par la protestation parce que nous n’avons jamais pensé à créer des associations pour cela. Quelle tristesse !

Noirs d’Afrique et d’Europe, il est temps que nous sachions aussi provoquer des manifestations spontanées pour exprimer publiquement notre indignation ! Si aucun mouvement n’est initié en Afrique ou en Europe pour dire aux gouvernements européens le caractère inique de leur décision à l’égard de Laurent Gbagbo, si nous n’avons pas le courage de crier NON aujourd’hui, alors nous nous condamnons à vivre demain ce que nous vivons aujourd’hui. Dans dix ans, dans trente ans, serez-vous capables de faire ce que vous n’avez pas osé faire aujourd’hui ? Dans dix ans, dans trente ans, quel crime abominable subira l’un d’entre nous pour qu’enfin notre colère s’épanche au-delà de nos demeures ? Dans dix ans, dans trente ans, ceux qui nous suivront n’auront que notre silence complice ou notre peur comme modèle à suivre.

*CPI : Cour Pénale Internationale

Raphaël ADJOBI