topblog Ivoire blogs

01/09/2014

Les trois fautes capitales d'Houphouët-Boigny ou l'historique naufrage d'un capitaine mal inspiré

Houphouët-Boigny et la démocratie, Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo, la politique d'Houphouët-Boigny, La ôte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny


Dans l'histoire de la jeune Côte d'Ivoire, l'image d'Houphouët-Boigny demeure en ce début du XXIe siècle une référence essentielle. Cependant, depuis quelques années, elle est sérieusement bousculée par celle de Laurent Gbagbo apparaissant de plus en plus éclatante parce que chargée d'un symbole qui parle au cœur de l'humain : la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes.

En effet, dans l'Afrique des années soixante à quatre-vingt-dix, Houphouët-Boigny et la Côte d'Ivoire qu'il dirigeait représentaient pour la France et le reste du monde l'Afrique prospère quand elle accepte de marcher à l'ombre tutélaire de son ancien colonisateur. Les puissances européennes ayant lâché leur emprise sur leurs anciennes colonies - qui se débattaient dans les difficultés propres à des états nouvellement indépendants - apparaissaient alors comme de piètres humanistes.

Ardemment opposé à l'indépendance des pays africains, quand l'heure des indépendances sonna, Félix Houphouët-Boigny ne ménagea aucun effort pour arrimer la Côte d'Ivoire et l'Afrique francophone à la mère patrie : la France. Auréolé de tous les qualificatifs inventés par ses parrains – « père de la nation », « le sage de l'Afrique » – il se fit l'excellent ambassadeur de la France auprès de ses pairs africains et son zélé commissionnaire des basses besognes dans les conflits locaux.

Il se montra si soucieux de l'intérêt et du prestige de la mère patrie qu'il oublia l'essentiel : la Côte d'Ivoire. Certes, son rôle de « préfet français », lui faisant bénéficier de toutes les indulgences – et peut-être aussi de certaines largesses – lui permit de donner à la Côte d'Ivoire un visage séduisant qui attirait tous les regards et aussi la jalousie de ses voisins. En effet, en une vingtaine d'années, son pays se révéla, dans ce désert de l'ouest africain, une oasis enchantée vers laquelle accouraient les pauvres hères assoiffés de bonheur matériel.

Malheureusement, bien vite, certains, comme René Dumont – auteur de L'Afrique noire est mal partie, publiée en 1962 – reconnaissant le miroir aux alouettes, crièrent au mirage économique d'une terre en perdition. Rien ne sert en effet de s'ériger en bâtisseur d'œuvres titanesques si les populations ne peuvent bénéficier de soins, payer les études de leurs enfants, si les paysans qui sont les mamelles de l'Etat doivent vivre pauvrement. Ces voix qui s'alarmaient indiquaient que si le peuple restait écarté de la politique qui dessinait son destin, et si les lettrés ne devaient avoir pour seule visée que la place du colon, les grands projets seraient toujours inadaptés et insuffisants pour faire de la Côte d'Ivoire un pays développé. Selon ces esprits éclairés, la contribution volontaire des populations aux décisions politiques paraissait nécessaire pour mieux cibler les besoins et contribuer aussi à une meilleure cohésion nationale pouvant déboucher sur une vraie indépendance économique.

Absence d'héritage politique de sa présidence

Effectivement, sur le plan national, pendant très longtemps, Houphouët-Boigny s'est fermement opposé à tout projet pouvant aboutir à une sortie du giron français. Pour lui, la Côte d'Ivoire devait demeurer rivée à la France par ce que François Mattei appelle si joliment les « trois piliers de la cathédrale françafricaine » : le président du pays est choisi par la France ; l'armée française est installée sur le sol ivoirien ; la monnaie ivoirienne, le franc Cfa – vestige colonial – est contrôlée par la France. Ce qui voudrait dire que l'idéal d'Houphouët-Boigny, c'est une Côte d'Ivoire sous la telle de la France.

Houphouët-Boigny et la démocratie, Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo, la politique d'Houphouët-Boigny, La ôte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny


Il y avait pourtant un domaine où le prétendu « père de la nation » aurait pu, s’il avait voulu, amorcer une brèche dans l'édifice françafricain. C'était celui de la démocratie. Un effort dans ce sens aurait permis l'émergence rapide d'idées nouvelles et de projets nouveaux aidant à la marche vers la véritable indépendance du pays. D'ailleurs, à cette époque, certains croyaient - naïvement ou non - que ne voulant pas lutter frontalement avec le colonisateur, il avait au fond de lui l'intime conviction qu'il fallait préparer les armes qui permettraient plus tard aux Ivoiriens d'arracher leur pays à l'emprise de la France. Il n'en fut rien. A aucun moment, « le vieux » – comme on l'appelait affectueusement – ne montra à ses compatriotes que cette conquête lui tenait à cœur, qu'elle était primordiale. A aucun moment, il ne pensa à leur confier un héritage qui leur deviendrait cher au point de les pousser à consacrer toutes leurs énergies, leur vie, à le défendre.

Il commit même le crime de s’opposer fermement à l’instauration du multipartisme inscrit dans la constitution ivoirienne ! Sans l’entêtement de Laurent Gbagbo – qui a pris tous les risques et essuyé toutes les humiliations – jamais la Côte d’Ivoire n’aurait connu les balbutiements de la démocratie qu’elle a vécue avant le coup d’état français d’avril 2011. C’est grâce à la conquête du multipartisme par Laurent Gbagbo – qui n’a jamais remis en cause les institutions et particulièrement la composition du Conseil constitutionnel, le seul juge des résultats des élections – que chaque nouveau président de la république a été incontestablement le chef de l’armée nationale laissée par Houphouët-Boigny à sa mort.

En effet, une armée nationale qui fait allégeance à l’élu du peuple proclamé et investi par le Conseil constitutionnel est la preuve que les institutions du pays fonctionnent et que la démocratie est bien en marche. Grâce à l'adoption du multipartisme, les Ivoiriens avaient donc enfin un bien commun à défendre. La preuve qu'ils s’imprégnaient peu à peu des principes de la démocratie et en reconnaissaient les valeurs se vérifie dans ce qui s’est passé après l'épisode du pouvoir militaire avec le général Robert Guéi. En 2000, après des élections chahutées, l’armée s’est placée sous l’autorité de celui qui été reconnu l'élu du peuple par le Conseil constitutionnel. Malheureusement, ce processus démocratique avec des institutions fortes a pris fin en avril 2011, lorsqu'un nouveau pouvoir s’est installé hors de l’investiture prononcée par le Conseil constitutionnel avec une armée autre que celle héritée des précédents présidents. Or, toute armée, suppléant celle existante grâce à la volonté d'un seul homme, est une armée prétorienne, c'est-à-dire une armée privée. Les FRCI sont en effet l'armée personnelle d'Alassane Ouattara et de ses amis et constituent un danger pour l'avenir de la République.

Houphouët-Boigny et la démocratie, Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo, la politique d'Houphouët-Boigny, La ôte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny


Qui peut dire ce que Houphouët-Boigny a laissé à ses compatriotes et pour quoi ils seraient prêts à se battre ? Nous mesurons la vacuité de son héritage politique aujourd’hui d'autant plus que la démocratie – disparue en 2010 – apparaît véritablement chère au cœur des Ivoiriens. Oui, le multipartisme a enseigné à chaque Ivoirien la force nécessaire des institutions avec ses bienfaits immédiats : l’absence de prisonniers politiques, la liberté de la presse et d’opinion, le respect de la vie. Et force est de constater que l'architecte de cette grande œuvre, qui constitue la vraie construction d’une nation, n’est pas celui que l’on a pompeusement appelé « le père de la nation », mais le Prométhée national – Laurent Gbagbo – qui, aujourd'hui, le supplante largement dans le cœur des Ivoiriens. Sans ce dernier, « le vieux » les aurait laissés démunis au bord d'un précipice insondable, sans héritage politique, sans idéal à défendre. Grâce à Laurent Gbagbo, entre 2000 et 2010, quand les Ivoiriens descendaient dans la rue, ce n'étaient pas pour crier qu'ils avaient faim mais pour défendre la démocratie menacée.

Absence de mémoires ou de manuscrit

Si Houphouët-Boigny n’a laissé aucun héritage politique à ses concitoyens, il n’a pas songé non plus à les instruire par des écrits. Pas de mémoire de son vivant, pas de mémoire après sa mort !

Pour se dédouaner de ce manquement, il aimait à clamer que les deux personnes les plus célèbres de notre ère – Jésus et Mohamed – n’ont jamais rien écrit. Il a oublié qu’il n’est ni l’un, ni l’autre. Il avait surtout perdu de vue que Jésus et Mohamed ont beaucoup agi, exposant leur vie à l’adversité. S’il avait été plus attentif à l’Histoire, il aurait constaté que l’esprit de l’humanité se nourrit de deux sources : l’attachement, d’une part, à ceux qui ont donné leur vie pour un idéal, et d’autre part à ceux qui ont laissé des idées fortes pour instruire les générations futures.

Un vrai pouvoir d’Etat, lorsqu’il est confronté à des situations particulières, doit être capable de prévenir ses successeurs de certains dangers, leur faire partager ce qu’il a pu ou n’a pas pu faire dans le secret, afin que ceux-ci puissent avancer d’un pas plus serein. A-t-on forcé la main à Houphouët-Boigny pour qu’il favorise l’immigration de ses voisins sahéliens sur la terre ivoirienne afin d’éviter à la France d’être inondée de Burkinabés et de Maliens ? Dans quelles conditions a-t-il nommé Alassane Ouattara Premier ministre alors que personne ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam ? Que savait-il réellement de son dernier Premier ministre, dont il prenait publiquement la défense devant ses compatriotes qui voyaient très mal sa présence à ce poste ? A-t-il passé un contrat avec lui ? Que croyait-il avoir réussi et quel projet avait-il pour l’avenir politique de la Côte d’Ivoire qu’il n’a pu réaliser ? Que de questions sans réponse !

Par des écrits, Houphouët-Boigny aurait pu nous éclairer et nous éviter certaines crises fâcheuses et déchirantes. S’enorgueillir d’être un grand bâtisseur de monuments ne fait pas de vous un bâtisseur de nation. Quand on avoue sa faiblesse intellectuelle et politique, on choisit de se refugier dans le pouvoir de l’argent en élevant des édifices à sa propre gloire et à celle de ceux que l’on aime. On se montre dépensier pour s’attirer les faveurs des uns et des autres. Mais la nation se construit avant tout en esprit et en politique, c’est-à-dire en pensant à l’homme attaché à son milieu, en lui donnant l’occasion de tendre vers un idéal où son bonheur peut se réaliser par son travail et sa persévérance. Que pensait Houphouët-Boigny de tout cela ? Nous n'en savons rien parce qu'il est parti sans nous laisser un seul mot pour nous éclairer.

Absence d'héritage familial

L'élément qui a fini par convaincre, rétrospectivement, bon nombre de ses concitoyens que « le vieux » était indigne de leur admiration et de leur considération, c'est la bataille qui s'est engagée autour des biens qu'il n'a pu emporter dans sa tombe. Personne ne peut dire qu'il a été surpris par la mort, puisqu'il n'a pas quitté ce monde dans la fleur de l'âge. D'autre part, nous savons qu'il a longtemps vécu en France et côtoyé les pratiques de ce pays.

Malheureusement, on constate aujourd'hui qu'il a vécu parmi les Français qu'il a servis, de près et de loin, sans jamais avoir été imprégné de l'esprit de leurs pratiques qu'il copiait cependant. Tel le crocodile dont il a fait son animal de compagnie parce qu'il l'inspirait, la rivière dans laquelle il se baignait quotidiennement ne l'a jamais rendu meilleur.

Houphouët-Boigny est demeuré, durant sa vie entière, un paysan baoulé, gérant ses affaires familiales de la même façon qu'il gérait celles de l'Etat. Il est demeuré dans l'oralité alors que la société moderne se construit sur la base de l'écrit, sur des textes de lois, sur des témoignages palpables.

Imbu de sa personne, méfiant des siens, il ne plaça sa confiance qu'en ses amis Blancs qui savaient le flatter comme il aimait. Aussi confia-t-il la gestion de sa fortune aux Européens. Normal donc que personne ne sache aujourd'hui ce que sont devenus tous ses biens immobiliers sur le territoire français. On prétend çà et là qu'ils ont été vendus. Par qui ? Pour le compte de qui ? Qui en avait la gestion ? La France et ses médias, toujours prompts à accuser Laurent Gbagbo de tous les maux, n'ont pas osé lui imputer ce vol, même au nom de la Côte d'Ivoire.

Parce qu'il était doué pour ne jamais faire confiance aux siens, les nombreux comptes que Houphouët-Boigny se vantait publiquement d'avoir ouverts en Suisse sont aujourd'hui introuvables. A qui la faute ? A lui tout seul, bien sûr. Il est normal que des comptes ouverts sous le sceau du secret se perdent dans la nature - pour ne pas dire dans les poches des banquiers - après la mort du détenteur du code. Sans testament écrit officiel ou officieux désignant les bénéficiaires et contenant les éléments nécessaires pour accéder aux biens cachés, courir après l'héritage familial d'Houphouët-Boigny, c'est courir après un mirage.

Que peuvent retenir les Ivoiriens de la présidence d'Houphouët-Boigny ? Une seule image : le précipice béant qui s'ouvre devant eux ! Résultat, on se jette dans le vide, on se déchire, on se fait la guerre. A sa mort, les Ivoiriens n'ont même pas eu l'honneur d'être perçus comme une famille se disputant un héritage ; parce qu'il n’y en avait pas. Aussi, ils ont assisté, indifférents, à la querelle entre Konan Bédié et Alassane Ouattara pour le fauteuil présidentiel. Par contre, quand Laurent Gbagbo leur offrit le multipartisme et la démocratie, ils devinrent fiers et jaloux de leur patrie et se mirent à la défendre ardemment contre l'adversité et même contre la puissante armée française. C'est dire combien un héritage national, bien reconnaissable par tous, est nécessaire à la cohésion d'un pays. Grâce à Laurent Gbagbo, tout le monde sait ce que les Ivoiriens défendent contre le pouvoir installé par la France en avril 2011. Houphouët-Boigny est donc définitivement écarté des valeurs qui animent le combat des Ivoiriens.

Raphaël ADJOBI

28/08/2014

Quand Mamadou Koulibaly et le LIDER me rejoignent sur le problème FRCI !

Mamadou Koulibaly 0004.jpg Je viens de lire, avec surprise, qu'enfin le président du LIDER, Mamadou Koulibaly, me rejoint dans ma conviction d'une issue démocratique impossible avec les élections de 2015 (Le Nouveau Courrier du 28/08/2014). Pour savoir que je dis vrai, je vous renvoie à mon article du 24 mars 2014, intitulé "Les conditions sont-elles réunies pour des élections justes et équitables en 2015 ?". Sachant que vous ne vous donnerez pas cette peine, je reprends ici, pour vous, le chapitre ("Le rêve insensé de l'opposition") dans lequel j'affirme que le dernier ennemi du retour à la démocratie est l'existence d'une armée prétorienne, donc privée, en Côte d'Ivoire : les FRCI.

Déjà, le 27 novembre 2010 - bientôt quatre ans - au regard du comportement des rebelles tenant des meeting publics pour expliquer à la population qu'elle doit voter pour celui qui leur a acheté des armes, dans un article intitulé "Elections présidentielles en Côte d'Ivoire : qui désarmera les rebelles ?", j'écrivais que je ne croyais pas au miracle d'une issue démocratique aux élections en ces termes : "La question du deuxième volet du miracle ivoirien n'est pas de savoir qui va remporter la victoire mais que vont faire les rebelles après les élections". Dans un autre article datant du 27 octobre 2010 - un mois plus tôt- j'écrivais ces lignes : "rien ne nous dit qu'après des élections convenables, les rebelles joueront la carte de la loyauté en cessant toute action et tout propos belliqueux susceptibles d'enlever tout espoir de paix aux Ivoiriens. [...] Rien ne nous dit que les roitelets installés dans le Nord du pays voudront descendre de leur trône et fouler de nouveau la poussière d'où les a tirés la guerre."

Vous voyez bien que je suis resté fidèle à cette conviction. Aujourd'hui où le président d'un parti reconnaît, comme moi, que les FRCI - l'armée personnelle d'Alassane Ouattara est la barrière essentielle au retour de la démocratie, je ne peux qu'être heureux que l'on me comprenne enfin ! D'autre part, je lis çà et là, qu'après moi, certains parlent d'une nécessaire révolution pour sortir de l'impasse. Réjouissons-nous de cette convergence de nos idées. Voici donc le chapitre de mon dernier article sur cette question.

Le rêve insensé de l’opposition

"L’opposition peut bien compter sur l’impopularité d’Alassane Ouattara qui n’a jamais su se faire aimer des Ivoiriens depuis son installation au pouvoir pour aller aux élections en passant outre les quatre flagrantes iniquités ci-dessus. Contre mauvaise fortune, disons qu’elle est contrainte de faire bon cœur. Supposons que son candidat parvienne à triompher des urnes malgré le remplacement d’une bonne partie des Ivoiriens par la population étrangère et le tri des électeurs à l’entrée des bureaux de vote par les FRCI ; comment pourra-t-elle faire valoir sa victoire ? Y avez-vous pensé ?

Tout d’abord, la composition déséquilibrée de la CEI ne plaide pas en sa faveur : sur les 13 membres, elle dispose de 3 voix contre 6 pour le pouvoir ! Les autres voix revenant à la société civile sont censées être neutres. Cependant, il suffira qu’une seule voix de cette dernière penche du côté du pouvoir pour que la CEI déclare Alassane Ouattara vainqueur. Facile !

Ensuite, comme nous savons tous que la communauté internationale a cautionné outrageusement l’avènement du régime de Ouattara, comment peut-on imaginer qu’elle désapprouve la décision de la CEI ? Impensable ! La suite du jeu est claire : il suffira au Conseil Constitutionnel d’entériner les propositions de la CEI et à l’opposition de s’incliner devant la loi pour que la communauté internationale et la France pavoisent. Tout est donc prévu pour que tout aille bien dans le meilleur des mondes !

Mais imaginons que le Conseil constitutionnel décide de tenir compte des réclamations de l’opposition pour invalider les votes litigieux et déclarer le candidat de l’opposition vainqueur. Rêvons que la probité des hommes de cette institution triomphe des circonstances qui les ont placés là. Devant cette décision qui ira à l’opposé de la décision de la CEI et des vœux de la communauté internationale, croyez-vous que les FRCI défendront les Institutions ivoiriennes comme l’ont fait les Forces républicaines en 2000 et en 2010 ?

N’oublions jamais que, par deux fois, l’armée républicaine a défendu les Institutions ivoiriennes : en 2000, contre le général Robert Guéi, et en 2011, contre la communauté internationale (l’Onuci), la France (la force Licorne) et les FRCI – l’armée prétorienne de Ouattara appuyée par les anciens chasseurs d’esclaves dozos. Cette fidélité de l’armée aux institutions du pays ne se reproduira pas en 2015 si le Conseil Constitutionnel déclare le candidat de l’opposition vainqueur. Tout simplement parce que cette institution est d’avance condamnée à reconduire Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Oui, la partialité de l’Onuci, de la force Licorne, des FRCI et des dozos la condamne à être injuste.

Que croyiez-vous donc ? Pensiez-vous qu’en cas de contestation des résultats des élections en 2015, les FRCI lâcheraient Dramane Ouattara pour se ranger du côté de l’adversaire que le Conseil Constitutionnel aura déclaré vainqueur ? Reposez-vous la question et laissez les images d’une nouvelle crise postélectorale défiler dans votre esprit. Je suis convaincu que vous allez peu à peu vous persuader que la Côte d’Ivoire est condamnée à plusieurs années de dictature sous les bottes des FRCI et des dozos avec la bénédiction des forces étrangères".

Raphaël ADJOBI

31/07/2014

Qui est contre la destruction des "quartiers précaires" d'Abidjan ?


Abidjan et ses bidonvilles, les quariers précaires d'Abidjan, les bidonvilles d'abidjan, Ouattara et la vie quotidienne des Ivoiriens.

La question s'adresse à chacun de nous. Soyons francs : qui peut raisonnablement s'insurger contre la volonté du gouvernement de faire disparaître les prétendus « quartiers précaires » des quartiers d'Abidjan ? Soyons honnêtes : qui ne trouve pas inadmissible l'occupation anarchique des espaces libres de la ville d'Abidjan, parce que se faisant au mépris des règles de la propriété privée ou publique ? Pour aller plus loin, permettez-moi de vous poser cette dernière question : qui est aujourd'hui capable de proposer à ce gouvernement une meilleure solution à l’éradication des « quartiers sauvages » dans la capitale ?

Pour être franc, je vous dirai que nous devons nous réjouir que ce soit ce gouvernement qui initie la lutte contre ce fléau qui empoisonne la vie de chacun, ternit l'image de la ville d'Abidjan et compromet l'avenir de la Côte d'Ivoire. A défaut de le remercier, disons donc que nous devons approuver le premier acte de reconstruction ou d'assainissement digne de ce nom qu’il entreprend. Y parviendra-t-il ? L’avenir nous le dira.

A quelque chose, malheur est bon ! Pour comprendre ce sentiment, réfléchissons un peu. A qui ou à quoi devons-nous la prolifération de ces constructions sauvages devenues de véritables villages dans la ville ? Je vais vous le dire : à l’irruption de la politique « ethniciste » du RDR dans le paysage ivoirien ; aux partisans de ce parti qui – dès qu’une décision prise touche un groupe comptant une personne issue du Nord – criaient sur tous les toits que le Sud est contre les gens du Nord. N'avez-vous pas remarqué que l’édification de ces « quartiers précaires » s'est amplifiée à partir de 2002 ? Avant les années 90, on ne connaissait que de simples abris, par groupes de quatre ou cinq, vite détruits quand des maisons aux normes officielles devaient occuper le terrain.

Avec la séparation de la Côte d'Ivoire en deux, conformément à la carte « ethniciste » des nordistes – qui avaient annexé par la même occasion le pays baoulé et une bonne partie de l'ouest – les populations de la zone tombée entre les mains de la rébellion ont été très nombreuses à gagner le sud. Abidjan, Bassam et Bonoua – pour ne citer que les villes que je connais bien – ont vu leur population exagérément gonflée en très peu de temps. Les sauveurs du Nord s'étaient vite révélé des pilleurs et des affameurs du peuple qu'il fallait fuir.

Aujourd'hui que nos anciens rebelles ont obtenu la gestion de la République entière sur un plateau d'argent – alors qu'ils ont été incapables de gérer la moitié du pays – si le désir leur prend de régler un problème qu'ils ont crée, laissons-les faire. Ce travail de déguerpissement des espaces privés et publics illégalement occupés leur revient, puisqu’ils l’ont provoqué.

Je vous avais déjà dit en d'autres circonstances que n'importe quel pouvoir devant gérer la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui serait contraint de procéder à des politiques violentes contre les maux de notre pays qui sont nombreux, excessifs même. Cette politique violente – qui ne doit pas forcément signifier violence sur les personnes – doit également s'appliquer dans les forêts et les villages illégalement occupés de l'ouest du pays. Que ceux qui disent regretter Laurent Gbagbo cherchent ailleurs le faiseur de miracles de leurs rêves.

La seule grande erreur de ce pouvoir dans le traitement de ce problème est de ne jamais avoir imaginé un encadrement de la population touchée par les destructions de ces villages sauvages. Qu'a-t-il fait pour développer le Nord au nom duquel il a pris le pouvoir ? Qu'a-t-il fait pour le Nord pour lequel il a mis en place une politique de préférence ethnique dénommée « rattrapage ethnique » pour bien signifier que le Nord doit se hisser au même niveau que le Sud ?

Les populations issues du Nord vivent, construisent, meurent et sont enterrés dans le Sud parce que malheureusement pour tous nos bonimenteurs érigés en justiciers, la rébellion était un trafic - comme ils l'ont montré quand ils régnaient dans le Nord - la zone sud, une proie ; le peuple ivoirien, un instrument ; la Liberté, l'indépendance et l'impunité du crime. Laissons-les donc accomplir cette tâche que n'importe quel pouvoir serait contraint de faire. Aucun parti d'opposition ne doit s'aventurer à en faire un fonds de commerce politique ou électoral.

Raphaël ADJOBI

09/07/2014

Faut-il brûler la Côte d'Ivoire pour sauver Laurent Gbagbo et l'honneur de l'Afrique ?

La CPI a finalement considéré qu'il y a suffisamment de charges claires contre le président Laurent Gbagbo, pour qu’un procès soit intenté à son encontre. En d’autres termes, afin de montrer au monde entier qu’ils sont impartiaux, les juges de la CPI se sont déclarés ignorants de ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire et sont disposés à juger le prévenu sur les pièces qui leur sont fournies. Or la suite de la crise électorale se déroulant encore dans le pays ne peut échapper à personne.

Laurent Gbagbo à La Haye, Comment libérer Laurent Gbagbo ? La résistance ivoirienne et Laurent Gbagbo


Tout porte à croire que les juges de la CPI ne font pas partie du monde. Ce sont des extra-terrestres qui ne lisent ni les livres ni les journaux de notre planète. Ils ignorent tout de l’histoire de nos nations parce que l’inculture leur vaut manteau d’impartialité. Ils ignorent les bruits et les fureurs, les lamentations de la veuve et de l’orphelin. Sourds à tous les bruits de la terre entière, leurs œillères ne leur permettent que de voir les dossiers qui leur sont présentés. Aussi, semblent-ils vouloir nous dire qu’avec eux, aucun procès ne se gagne avec la bonne foi, ni même avec la vérité des faits, mais simplement avec la force du discours qui convainc.

Or, nous savons tous que « les actes de paroles sont souvent l’expression de rapports de force et leur efficacité dépend largement de l’autorité sociale du locuteur ». Je vous demande donc de me dire en votre âme et conscience, que vaut la parole de Laurent Gbagbo contre celle des autorités françaises que représente Dramane Ouattara ? Que vaut un président africain face à un président européen ou devant son représentant en terre africaine ? En tout cas, jamais encore l’histoire de l’humanité ne nous a donné la preuve que l’un vaut l’autre, que la parole de l’un vaut celle de l’autre.

Ignorer l’histoire pour condamner un homme

Aujourd’hui, les populations européennes n’ont plus une vision globale du monde parce qu’elles ne voient ce monde que par la lucarne du discours officiel que leur déversent les radios et les télévisions aux mains de leurs dirigeants et financiers. Elles ne sont plus attentives aux discours contradictoires. Par conséquent, leur sentiment d’humanité ne peut qu’être proportionnel à celui que leurs autorités veulent susciter en elles selon leurs propres besoins ou intentions. De ce fait, il n’y a plus d’intellectuel en Europe capable de s’indigner publiquement de l’injustice de son pays à l’égard d’une personnalité étrangère. Cette époque est bien révolue ; d’où le silence cruel qu’observent les Français malgré l’émoi que l’emprisonnement de Laurent Gbagbo a suscité en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans la diaspora africaine. De toute évidence, les juges de la CPI ne sont pas plus instruits des affaires du monde qui leur sont soumises que le commun des Français. Ce qui nous oblige à dire qu'à La Haye, nous serons en face d'un parler Blanc contre un parler Noir ; la logique des documents - vrais ou faux - sera opposée à la réalité des faits et des luttes au sein d'une nation aux institutions particulières, une nation étrangère à l'Europe.

Laurent Gbagbo à La Haye, Comment libérer Laurent Gbagbo ? La résistance ivoirienne et Laurent Gbagbo


Que dit l’histoire de Laurent Gbagbo qui devrait indigner chacun de nous ? Quelle est cette réalité que les juges de la CPI, coupés des hommes et de leurs peines quotidiennes, s’obligent à ne considérer qu’au travers de la force de conviction non seulement des discours qui leur sont présentés, mais aussi de l’autorité de ceux qui les ont produits ? Que dit cette histoire que les intellectuels, les politiciens et les lettrés français refusent de voir, dont ils refusent d’entendre parler ?

Le procès de Laurent Gbagbo nous place devant la trahison historique de la France : celle-ci a transposé l’esclavage qu’elle pratiquait dans le nouveau monde vers l'Afrique et particulièrement vers la Côte d’Ivoire pour y imposer définitivement son insupportable mainmise. Dans ce nouveau rapport, il y a une ambiguïté évidente : l’idée d’indépendance, pleine de valeurs que les populations françaises et ivoiriennes vénèrent, mais aussi un rapprochement trop étroit de personnalités politiques des deux pays conférant à la France le statut de mère. « Une mère patrie » dont la fausseté se lit dans la duplicité des rapports excessivement troubles qu'elle entretient avec ce qu'elle considère être son « enfant » ; des rapports sujets à des turbulences imprévisibles pour ce dernier. Tout le monde voit la France dans son discours officiel, mais personne ne voit ses actes ni ne considère la profondeur de ses intentions. Pourtant, il y a bien une France « mère patrie » de surface et une France des profondeurs insondables.

Les juges de La CPI ignoreraient-ils l'existence de ces rapports troubles que la France entretient avec son ancienne colonie et que l'histoire appelle pudiquement "la Françafrique" ? On ne leur demande pas de connaître les ficelles de ces rapports mais leur existence. En tout cas, c’est assurément dans l’installation du dernier président de la Côte d’Ivoire que les juges de la CPI doivent lire la réalité de cette histoire "francivoirienne". Ils ne peuvent se permettre de juger les faits sans s'assurer de leurs causes. La Côte d’Ivoire, « la mère génitrice », a couronné son fils Laurent Gbagbo, considéré comme le plus responsable pour la conduire vers l’indépendance promise officiellement par la France. Malgré tout, c’est Alassane Ouattara, le préféré de la « mère patrie » - reconnu par tous comme séducteur et ambitieux – qui va prendre sa place.

Laurent Gbagbo à La Haye, Comment libérer Laurent Gbagbo ? La résistance ivoirienne et Laurent Gbagbo


Certes, on peut croire qu’une partie de la population ivoirienne, optant pour « l’illégitimité » a encouragé « la mère patrie » - une mère illégitime – à choisir un président illégitime, irrévérencieux - ayant piétiné la loi constitutionnelle et renversé l’ordre d’accession au fauteuil présidentiel - pour avoir la paix. Mais voilà, la paix sociale escomptée n'est pas au rendez-vous. On peut même croire que cette absence de paix sociale dans le pays condamne Alassane Ouattara et innocente Laurent Gbagbo. La CPI peut-elle demeurer ignorante de cette réalité ? Cette institution peut-elle rester sourde à l'appel de « la mère génitrice » réclamant son fils accusé de l'avoir brutalisée.

Aujourd’hui, le sentiment de la quasi-totalité des Ivoiriens est que « la mère patrie », après avoir mis ses forces militaires au service du fils illégitime, préfère le maintien de l’ordre formel à la vérité et à la justice. La France sait que ce qui lui importe est d’éviter l’anarchie. Cela s’appelle protéger une dictature ; cela s'appelle aussi se trouver dans l'impasse. Et cette impasse dans laquelle se trouve le pays plaide pour l’innocence de Laurent Gbagbo et sa nécessaire libération. La CPI qui s'estime digne de juger un homme impliqué dans cette réalité des faits ne peut se permettre de l'ignorer. Elle ne peut se permettre de juger une partie de la crise ivoirienne alors que cette crise se poursuit ?

Comment sortir de l’impasse

La libération de Laurent Gbagbo, de tous les prisonniers politiques, ainsi que l’arrêt de la chasse aux opposants et le rétablissement des exilés dans leurs biens qui devaient décrisper la situation et favoriser la réconciliation sociale n’ont jamais fait l’objet d’attention. Le mensonge qui est le fondement même du pouvoir en place le condamne à l’impopularité qui le mine sur le plan national et même sur le plan international.

laurent gbagbo à la haye,comment libérer laurent gbagbo ? la résistance ivoirienne et lau


Mais puisque justice ne sera rendue ni à Laurent Gbagbo, ni aux Ivoiriens, puisque l’ordre formel actuel primera sur la vérité et la justice, les résistants doivent se convaincre qu’il est nécessaire de changer leur forme de lutte pour faire bouger les choses.

Rien ne sert d’étaler des révélations sur les faits passés comme s’appliquent à le faire quotidiennement les journaux ivoiriens. Les prétendues révélations ne nous révèlent rien ! Elles ne font que confirmer ce que tout le monde sait. Maintenant, il faut passer à l’action. Pour ce faire, il faut s’inspirer de l’histoire passée des peuples de la terre. Comment s’est comportée la Résistance en France sous l’occupation allemande, face au gouvernement de Vichy ? Des actions individuelles peuvent gripper la meilleure des machines d’Etat. La résistance intellectuelle et démocratique menée par quelques journalistes locaux, des blogueurs, les proches amis européens de Laurent Gbagbo ainsi que par la diaspora africaine a épuisé toutes ses forces et a atteint ses limites. Il appartient désormais aux Ivoiriens de s’instruire pour découvrir ce que l’on appelle « la résistance de terrain ». Il leur appartient de s'organiser pour agir afin que leur muette souffrance ne soit pas interprétée comme une paix sociale digne d'être entretenue. Etat de chose qui suffit au bonheur de la France et de la CPI qui préféreront - redisons-le encore une fois - l'ordre formel actuel à la vérité et à la justice.

Pour finir, disons-le haut et fort : dans leur état actuel d'esclavage à domicile, les hommes politiques ivoiriens ou africains ne seront pas dignes de la Côte d'Ivoire ni de l'Afrique si Laurent Gbagbo demeure dans les geôles européennes sans une vive réaction à l'encontre de la France et de l'Europe. Au XXIe siècle, aucun peuple africain ne doit accepter que les « nègres loyaux » ou « nègres de maison » livrent impunément aux Blancs les esclaves marrons. Partout en Afrique, des individus peuvent prendre l'initiative d'organiser des marches de soutien à Laurent Gbagbo ou de dénonciation de l'injustice européenne à son encontre. L'Afrique doit être capable de dire aux Européens : « rendez-moi mon fils ! »

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France

05/07/2014

De quoi veut émerger la Côte d'Ivoire ?

Emergence, La Côte d'Ivoire est-elle un pays émergent ? Comment peut émerger la Côte d'Ivoire ?

Le terme émerger renvoie à l'idée de sortie d'un milieu désagréable, contraignant, étouffant, dans lequel on était plongé. Il suppose la sortie d'un corps du milieu avec lequel il était confondu, du milieu qui l'enserrait, qui l'enveloppait. Aussi, émerger à la surface, de l'ombre à la lumière, renvoie à l'idée de libération ou d'accès à la liberté de mouvement, d'entreprise en toute indépendance. Le terme émerger est donc tout à fait relatif puisqu'il se rapporte à la situation initiale de chacun, de chaque peuple, de chaque nation.

Par conséquent, rapporté à la Côte d'Ivoire, le mot prend forcément un sens particulier. Quelle est la situation de la Côte d'Ivoire, de laquelle elle doit émerger ? Quel est le milieu qui l'enserre, l'enveloppe, duquel elle doit sortir pour trouver sa liberté de mouvement, sa liberté d'entreprendre ? En d'autres termes, qu'est-ce qui empêche aujourd'hui la Côte d'Ivoire d'avancer ?

Le milieu dans lequel baigne la Côte d'Ivoire est indiscutablement un univers de délabrement physique et moral : une population disséminée hors de ses frontières, une chasse effrénée aux opposants politiques, des camps de concentration innommables qui dégradent son image devant la terre entière, l'occupation illicite des terres par des bandes étrangères, la préférence ethnique érigée en programme de gouvernement qui est un facteur de division, et l'absence de cadre national de réflexion pour la recherche de solutions aux maux à répertorier.

Ainsi, concernant la Côte d'Ivoire, on ne commencera à parler d'émergence que quand le cadre national de réflexion évoqué précédemment produira des résultats et offrira à ses fils l'occasion d'agir de concert et en toute liberté vers les objectifs qu'ils auront préalablement fixés.

Nous pouvons donc dire que la Côte d'Ivoire est très loin de l'émergence économique ou industrielle qui semble caractériser certains pays d'Amérique du sud ou d'Asie. Vendre du cacao, construire un ou deux ponts, inaugurer une ou deux routes, ne font pas d'une nation un pays émergent. Il serait difficile à la Côte d'Ivoire de passer outre l'étape désagréable de la recherche de la cohésion politique et sociale pour accéder directement à celle de l'échafaudage d'une économie et d'une industrie viables susceptibles de lui conférer le statut ou le qualificatif de pays émergent. C'est de la sphère sociale et politique particulière qui l’enserre actuellement que la Côte d'Ivoire doit sortir afin d'activer ses forces vives qui contribueront à leur tour à son dynamisme économique. Tout pays - comme tout individu ou tout peuple - qui refuse de reconnaître dans quel bourbier il est englué est incapable de trouver les solutions de son salut.

Ne nous flattons donc point. Voyons sans indulgence l'état de la Côte d'Ivoire et commençons par répertorier les maux qu'il nous faut soigner pour la faire émerger socialement et politiquement sur la scène internationale. Ayons le courage de reconnaître nos maux afin de les dépasser pour accéder à la lumière de la Vérité. Retenons que cette première victoire sera la plus belle, car d'elle dépendra toutes les autres que nous rechercherons ultérieurement.

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France