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25/04/2014

Les conditions sont-elles réunies pour des élections présidentielles justes et équitables en Côte d'Ivoire en 2015 ?

Qui peut répondre par l'affirmative à cette question ? A celui qui pense que oui, il lui appartient de décliner les conditions nécessaires à des élections présidentielles justes et équitables et nous verrons bien les critères qui président, selon lui, à un tel événement.

Elections présidentielles 2015, La France et les élections présidentielles ivoiriennes de 2015


La question avait été posée à un commentateur français concernant la Centrafrique. L'intervenant avait dit de manière simple et convaincante que les populations autochtones musulmanes ayant fui le pays par peur de représailles, il est inconcevable que des élections présidentielles soient organisées dans leur dos. Ce serait une façon d'officialiser leur exclusion du territoire national. Par ailleurs, les fonctions régaliennes étant indiscutablement assumées par l'armée française – en l'absence d'une armée nationale digne de ce nom – toute élection serait factice, un trompe-l’œil.

Après ce détour par la Centrafrique qui occupe désormais les médias occidentaux, regardons la situation ivoirienne où les Français sont devenus des acteurs privilégiés depuis avril 2011. Si on suit leur raisonnement, la Côte d'Ivoire dont la grande majorité de la population de l'ouest – du moins ce qu’il en reste après les massacres de 2011 – est en exil au Libéria et au Ghana, ne peut se permettre d'organiser des élections présidentielles sans que cela soit une évidente façon de la rayer de la carte du pays. Par ailleurs, comme en Centrafrique, l’armée constituée sur la base de la préférence ethnique est une armée prétorienne, c'est-à-dire une sorte de garde personnelle du gouvernant Alassane Ouattara. En troisième lieu, le jeu électoral est faussé et devient anti-démocratique dès lors que certains lieutenants des concurrents du parti au pouvoir sont privés de liberté parce qu’emprisonnés et donc exclus par une décision politique.

De même qu’aucune élection ne peut avoir lieu dans le dos des milliers d’exilés, de même le recensement qu’entreprend le gouvernement en cette année 2014 est une entreprise visant l’exclusion des Ivoiriens et l’inclusion des étrangers récemment installés dans l’Ouest. Un remplacement de la population qui fait des étrangers un vrai « bétail électoral ». Voilà donc quatre éléments qui rendent impossible le déroulement de toute élection se voulant démocratique.

Où est-elle la démocratie irréversible promise et quelles en sont les critères lisibles ? Voilà la vraie question que tous les partis politiques devraient poser à Alassane Ouattara et à la France qui a enregistré ce serment. Au regard de ce qui précède – et si on y ajoute la scandaleuse composition de la Commission Electorale Indépendante (CEI) – des élections démocratiques sont impossibles en Côte d’Ivoire en 2015. Quel média français osera dire qu’Alassane Ouattara prépare sa propre réélection ? Et pourtant, c’est l’évidence même.

Le rêve insensé de l’opposition

L’opposition peut bien compter sur l’impopularité d’Alassane Ouattara qui n’a jamais su se faire aimer des Ivoiriens depuis son installation au pouvoir pour aller aux élections en passant outre les quatre flagrantes iniquités ci-dessus. Contre mauvaise fortune, disons qu’elle est contrainte de faire bon cœur. Supposons que son candidat parvienne à triompher des urnes malgré le remplacement d’une bonne partie des Ivoiriens par la population étrangère et le tri des électeurs à l’entrée des bureaux de vote par les FRCI ; comment pourra-t-elle faire valoir sa victoire ? Y avez-vous pensé ?

Tout d’abord, la composition déséquilibrée de la CEI ne plaide pas en sa faveur : sur les 13 membres, elle dispose de 3 voix contre 6 pour le pouvoir ! Les autres voix revenant à la société civile sont censées être neutres. Cependant, il suffira qu’une seule voix de cette dernière penche du côté du pouvoir pour que la CEI déclare Alassane Ouattara vainqueur. Facile !

Ensuite, comme nous savons tous que la communauté internationale a cautionné outrageusement l’avènement du régime de Ouattara, comment peut-on imaginer qu’elle désapprouve la décision de la CEI ? Impensable ! La suite du jeu est claire : il suffira au Conseil Constitutionnel d’entériner les propositions de la CEI et à l’opposition de s’incliner devant la loi pour que la communauté internationale et la France pavoisent. Tout est donc prévu pour que tout aille bien dans le meilleur des mondes !

Mais imaginons que le Conseil constitutionnel décide de tenir compte des réclamations de l’opposition pour invalider les votes litigieux et déclarer le candidat de l’opposition vainqueur. Rêvons que la probité des hommes de cette institution triomphe des circonstances qui les ont placés là. Devant cette décision qui ira à l’opposé de la décision de la CEI et des vœux de la communauté internationale, croyez-vous que les FRCI défendront les Institutions ivoiriennes comme l’ont fait les Forces républicaines en 2000 et en 2010 ?

N’oublions jamais que, par deux fois, l’armée républicaine a défendu les Institutions ivoiriennes : en 2000, contre le général Robert Guéi, et en 2011, contre la communauté internationale (l’Onuci), la France (la force Licorne) et les FRCI – l’armée prétorienne de Ouattara appuyée par les anciens chasseurs d’esclaves dozos. Cette fidélité de l’armée aux institutions du pays ne se reproduira pas en 2015 si le Conseil Constitutionnel déclare le candidat de l’opposition vainqueur. Tout simplement parce que cette institution est d’avance condamnée à reconduire Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Oui, la partialité de l’Onuci, de la force Licorne, des FRCI et des dozos la condamne à être injuste.

Que croyiez-vous donc ? Pensiez-vous qu’en cas de contestation des résultats des élections en 2015, les FRCI lâcheraient Dramane Ouattara pour se ranger du côté de l’adversaire que le Conseil Constitutionnel aura déclaré vainqueur ? Reposez-vous la question et laissez les images d’une nouvelle crise postélectorale défiler dans votre esprit. Je suis convaincu que vous allez peu à peu vous persuader que la Côte d’Ivoire est condamnée à plusieurs années de dictature sous les bottes des FRCI et des dozos avec la bénédiction des forces étrangères.

Le chantier politique et social qu’évite Ouattara

Ce triste schéma pourtant inévitable explique pourquoi l’immense chantier ivoirien est volontairement laissé en état de déliquescence. Ouattara n’a jamais tenté de résoudre un seul des problèmes du pays résultant du long conflit national parce qu’il sait que toute tentative au retour à un paysage humain, social, économique et politique digne d’une démocratie ne peut se faire qu’avec violence ou dans la violence. En voulant maintenir le pays dans son état actuel, il apparaît évidemment comme l’alternative qui évite une politique violente. Or, des mesures radicales s'imposent !

Oui, on peut affirmer sans se tromper qu’aucun gouvernement ne pourra redresser le pays sans passer par des politiques violentes. Oui, il faudra une volonté politique assez violente pour vider tout l’ouest de la Côte d’Ivoire des populations bukinabées ainsi que de celles qui ont quitté leur zone traditionnelle du nord et s’y sont installées à la faveur de la séparation du pays en deux en 2002. Il faudra cette violence politique pour rétablir les exilés sur leurs terres, assurer leur sécurité afin de permettre un nouvel essor humain, écologique et économique de la région.

Il faudra aussi beaucoup de courage pour exprimer une violente volonté politique dans le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire ; une violente volonté politique pour reconstituer une armée nationale vidée des assassins connus de tous, une armée nationale reflet de notre diversité, qui témoignera d’une indéfectible loyauté à l’égard de nos institutions, très loin de l'armée prétorienne actuelle.

Cet immense chantier de la reconstruction du pays que la grande majorité des Ivoiriens jugent nécessaire n’entre malheureusement pas dans le plan de Ouattara. Et pourquoi ? Tout simplement parce que l’état actuel du pays correspond exactement à l’objectif pour lequel il avait porté le fer contre la Côte d’Ivoire : condamner les Ivoiriens à être étrangers chez eux et rendre leur pays ingouvernable par toute autre personne que lui.

Elections présidentielles 2015, La France et les élections présidentielles ivoiriennes de 2015


Et comme François Hollande ne se reconnaît plus dans les idéaux de l’Internationale socialiste, on ne voit vraiment pas pourquoi Ouattara ne se moquerait pas de lui dès qu’il a le dos tourné. D’ailleurs, il prend un malin plaisir à narguer Hollande ; surtout quand il a l’occasion de se retrouver dans des occasions officielles comme lors des obsèques de Mandela en Afrique du Sud. En effet, jouer publiquement la grande amitié avec Sarkozy et ses amis de la droite française qu’il aime inviter en Côte d’Ivoire, c’est pour lui la meilleure façon de montrer au président français qu’il ne compte pas, qu’il ne le craint absolument pas !

Finalement, les Ivoiriens qui pensent que seul Dieu le récompensera de la plus belle des manières ont sans doute raison. Que vive Ouattara ! Et son inéluctable décrépitude sera la vengeance des Ivoiriens. Quant à la France, elle ne doit pas oublier que les Africains la rendent responsable de ce qui est arrivé récemment en Centrafrique. Elle ne doit pas oublier que son soutien à un homme détesté par tout un peuple est à l’origine de la chasse aux musulmans dans ce pays. Qu’elle se dise que son soutien à Ouattara pourrait provoquer une chasse à l’étranger d’une égale ampleur. Qu’elle ne s’étonne pas d’être toujours impliquée dans les génocides perpétrés en Afrique depuis une cinquantaine d’années. Son jeu de marionnettiste est à l’origine de tous nos maux.

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-FRANCE

° Relecture du texte par : Anne Girard

19/02/2014

CHINAFRANCE : Pékin à la conquête de la France !

Rira bien qui rira le dernier ! Afin de cacher la recolonisation violente de l'Afrique dont elle a longtemps ignoré les richesses, la France tentait depuis quelques années de discréditer la percée des Chinois en Afrique. Une façon bien maladroite de cacher les méfaits de sa politique mafieuse par le biais d'un système connu de tous sous le nom de Françafrique.

La Chine achète la France, Les chinois en France, La France achetée par les étrangers


Accuser l'action des Chinois était donc la parade de la France à ceux qui l'accusaient de soutenir ses industriels et autres chefs d'entreprises en Afrique par une omniprésence militaire aux relents néocolonialistes. A force de propagande antichinoise, l'opinion française avait fini par croire que la présence de leur pays en Afrique est une oeuvre humanitaire visant à endiguer une colonisation contraire à l'ordre démocratique européen.

Mais à regarder les choses de près, on se rend compte que la Chine qui fait peur à la France quand elle est présente en Afrique lui semble un immense bienfaiteur quand elle est présente en France ! Oui, si les Français détestent les Chinois en Afrique, ils les adorent quand ils sont en France. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en France, les Chinois laissent beaucoup d'argent dans l'économie et permettent au pays de mieux se porter ! Pour tout dire, l'agent de la Chine dans les poches des Français, c'est bien ; mais l'argent de la Chine dans les poches des Africains, c'est mal parce que c'est de l'agent qui ne bénéficie pas à la France.

Les milliardaires chinois avaient d'abord commencé par copier les châteaux et les grandes propriétés françaises. A l'époque, les Français étaient fiers d'être copiés et heureux de vendre aux Chinois des vieilles cheminées et autres pièces de châteaux qui retrouvaient ainsi sous d'autres cieux une seconde vie. On parlait alors du savoir-faire français.

Avec le temps, les Chinois ont commencé par investir dans les grandes sociétés ; quand ils ne les achètent pas pour en avoir la totale exploitation et jouissance sur le sol français. Ainsi, de nombreux vignobles avec château sont devenus des propriétés chinoises. Celles-ci produisent donc le vin que boivent les Français ! Aujourd'hui, il est question de la mythique marque automobile Peugeot dont la famille française du même nom serait réduite à la partager à part égale avec les Chinois. Selon le journal La Croix, si les "entreprises chinoises suscitent parfois inquiétude et méfiance [...] les investissements chinois peuvent aussi contribuer à sauver ou développer l'emploi en France et ouvrir des marchés." En un mot, l'argent des Chinois n'est pas bon en Afrique mais très bon en France !

La Chine achète la France, Les chinois en France, La France achetée par les étrangers


La France qui s'inquiète de la présence chinoise en Afrique devrait faire très attention. Sur le continent noir, ce sont de nouvelles entreprises que créent les chinois. Tout ce qu'ils réalisent sur le terrain est nouveau pour les Africains. Par contre, en France, les Chinois ne créent pas ; ils achètent. En d'autres termes, ils dépouillent les Français de ce qu'ils possèdent déjà. N'est-ce pas plus grave ? Après les Qataris et les Saoudiens qui ont acheté châteaux et immeubles dans les beaux quartiers des villes françaises, ce sont les Chinois qui s'approprient les vignobles et les industries du pays. Bientôt, les Français vivront dans des murs et travailleront dans des entreprises qui ne leur appartiendront pas !

Il faut dire que la France est devenue trop pauvre pour mener le train de vie qu'elle a mené jusqu'ici. Maintenant que Qataris, Saoudiens et Chinois font la loi chez elle parce qu'elle n'a même pas les moyens de se bercer de l'orgueil national ou du sentiment patriotique, elle se contente de la soupe populaire africaine et a décidé que son avenir est en Afrique. C'est ce que soutient le dernier rapport socialiste remis en février 2014 à François Hollande. Ce rêve d'une France désargentée ne peut être perçue que comme une déclaration de guerre aux Africains et à la diaspora africaine !

Raphaël ADJOBI

° Les images sont tirées du journal La Croix du mercredi 19 février 2014.

03/02/2014

Côte d'Ivoire : quand les petits partis se bousculent au portillon du dialogue direct avec le pouvoir !

Le petits partis de Côte d'Ivoire, Que cherchent les petitis partis, l'avenir des petits partis de Côte d'Ivoire


Depuis que le FPI, invité à un dialogue direct avec le pouvoir, a décidé intelligemment d’associer à cette discussion tous les leaders de l’opposition, les petits partis ont hissé leur fanion dans le ciel de la Côte d’Ivoire.

Après de longues années de silence et de prêches dans le désert, cette aubaine fait tourner les têtes. En effet, décimés par l’aveugle et violente répression des FRCI appuyés par le dogmatisme ethnique d’Alassane Ouattara, les petits partis, à l’instar du FPI, n’avaient d’existence que par la place que leur accordaient les journaux locaux dans leurs colonnes.

L’on comprend donc qu’ils considèrent tous comme du pain béni le désir du FPI de les associer à l’invitation qui lui a été faite. La soudaine effervescence qui les anime n’est donc pas étonnante. Pour exister, il leur faut déjà commencer par se faire entendre ! N’ayant pas, pour la plupart, de représentant à l’Assemblée nationale – même sous le couvert de l’étiquette « indépendant » - et donc pas d’existence dans le paysage politique du pays, ils ne peuvent qu’être reconnaissants au « grand frère » FPI qui leur offre une tribune.

Certes, le FPI non plus n’a pas de représentant à l’Assemblée nationale. Cependant, le score de son leader aux dernières élections présidentielles le positionne largement en tête des partis les plus puissants du pays. C’est sans doute ce rang incontesté qui lui permet de se montrer magnanime et donc point méprisant à l’égard de la poussière des petits partis. Mais cette magnanimité ne suffira sans doute pas pour que le parti de Laurent Gbagbo impose de manière unilatérale ses vues sur les mesures à prendre pour sortir la Côte d’Ivoire de l’impasse. Il lui faudra bien tenir compte des opinions de ces coquilles vides que sont ses petits amis tout simplement parce que certains pourraient s’avérer utiles à l’avenir. L’éclatement prévisible du RDR, considéré désormais comme le parti des étrangers et des ennemis de la Côte d'Ivoire, offrira certainement à quelques petits partis l’occasion de s’étoffer et de présenter un visage plus séduisant. N'oublions pas que la jeunesse ivoirienne est de plus en plus politisée et les partis au pouvoir (le RDR et le PDCI), sclérosés par l'ethnocentrisme, apparaissent presque comme des épouvantails. Par ailleurs, c’est très bien vu de la part du FPI de profiter adroitement de l’absence du bon sens diplomatique chez les partisans du RDR pour jouer le rassembleur. A l’opposé du rattrapage ethnique du RDR de Ouattara, le FPI a la sagesse de proposer le rassemblement des partis républicains en vue d’un consensus national.

Dans cet attelage audacieux et prometteur, ce sont donc les multiples petits partis qui risquent gros ! Déjà grisés par l’appel à la participation à ce qui apparaît comme les prémices du retour au jeu démocratique, certains fourbissent trop hâtivement leurs armes et pourraient se couper les doigts ou se tirer une balle dans le pied.

Oui, ce qui est à craindre, c’est que ces partis mettent plus l’accent sur la quête absolue des places d’honneur plutôt que sur la construction du pays par l’installation et la consolidation de leurs assises nationales. Un parti ne se résume pas à la notoriété d’un homme ! Ce qui est malheureusement le cas de presque tous les petits partis. Si demain, au lieu de faire confiance aux qualités de leurs coéquipiers pour les représenter valablement dans les structures nationales, les leaders abandonnaient le navire pour saisir les places d’honneur que pourraient leur offrir le pouvoir, ils condamneraient pour longtemps leurs partis à leur situation actuelle ; c’est-à-dire à l’état de balbutiement.

En effet, parce qu’un parti se construit patiemment autour d’un homme, celui-ci ne saurait trop vite l’abandonner sans ruiner sa construction et donc son avenir. Un parti ancré dans un gouvernement d’union doit apprendre à prêter au pouvoir ses meilleurs éléments afin de tirer les bénéfices de sa bonne contribution à l’œuvre nationale. En France, quand en 1981 François Mitterrand a appelé les communistes au pouvoir, Georges Marchais a eu l’intelligence de garder la maison plutôt que de l’abandonner pour saisir l’occasion qui lui était offerte de devenir ministre. En envoyant pour ainsi dire les meilleurs de son parti aux postes proposés par les socialistes, les communistes furent parmi les meilleurs ministres de François Mitterrand !

Tout le monde sait très bien qu’il est extrêmement difficile d’être à la fois au four et moulin, à la cuisine et faire la conversation à ses invités. Le leader qui entre dans un gouvernement ne peut à la fois servir la République et les intérêts de son parti ; il ne peut à la fois se soucier des affaires de l’Etat et celles de son parti. Si en Côte d’Ivoire les partis politiques demeurent toujours à l’état d’ébauche, c’est tout simplement parce qu’ils sont trop vite vidés de leurs forces vitales par souci d’intérêt personnel immédiat ; comme si on créait un mouvement politique pour s’ouvrir personnellement les portes du paradis sans se soucier de ce qu’il deviendra durant notre absence. Et quand on y revient, il faut bien sûr tout recommencer.

Par ailleurs, tous les partis doivent comprendre de façon claire que la présence de leur leader ou d’un de leurs lieutenants dans un gouvernement ne peut se baser sur leur notoriété mais sur l’ampleur de leur implantation dans le pays. Et pour cela, les élections législatives et municipales sont d’excellents baromètres. Oui, ce sont les représentations dans les structures politiques du pays – signes de leur implantation dans la population ivoirienne – qui doivent justifier la présence de tel ou tel parti dans un gouvernement d’union. Un parti sans élu à l’Assemblée et sans représentation dans les municipalités ne mérite pas de participer à un gouvernement d’union nationale. Quant à l’arbitraire du choix des acteurs des hautes fonctions administratives, il appartient à un jeu trop complexe pour oser ici quelques lignes directrices.

Il nous appartient à tous de méditer cette réflexion : avant de quitter un navire, le leader d’un parti doit absolument s’assurer de la bonne poursuite de la navigation. Si toutefois le navire vient à dériver après qu’il l’ait quitté, il en sera tenu pour seul responsable. Tant que cette précaution ne sera pas prise, la sagesse condamne le capitaine à demeurer à la barre et à se résoudre à envoyer des émissaires représenter son organisation dans les affaires nationales. Que chacun se le rappelle : un bon capitaine n’est jamais le premier à quitter le navire !

Raphaël ADJOBI

24/01/2014

Hollande n'est pas garçon ! Le plan de Ouattara pour le dribler en 2015


numérisation0002.jpg Tous les indicateurs des relations entre la Côte d’Ivoire et la France sont aujourd’hui favorables à Alassane Ouattara. Tous les journaux français, majoritairement ancrés à droite – parce qu’appartenant à des hommes d’affaire ou groupes financiers de droite – lui sont acquis. Aucun homme politique n’est ouvertement favorable au retour au pouvoir des amis de Laurent Gbagbo. On pourrait même ajouter que personne en France – mis à part Jean-Luc Mélenchon – n’a encore ouvertement formulé des reproches à Ouattara ; et personne n’est prêt à en formuler.

Dans ces conditions, il n’y a aucune raison pour que le pouvoir actuel vive dans la peur d’un vent contraire à celui qui l’a porté au pouvoir ! La pression que François Hollande exerce sur Ouattara n’est donc rien d’autre qu’une querelle entre deux gouvernants ; querelle qui est loin d’ébranler les relations entre les deux hommes et encore moins entre les deux pays. D’ailleurs, jamais la France n’a été aussi bien installée dans l’administration des affaires économiques et politiques de la Côte d’Ivoire. Il est donc difficile de croire que la France veuille se tirer une balle dans le pied avec des exigences très fermes de François Hollande.

Et pourtant, depuis le début du mois d’août 2013, suite à la libération de quelques ténors du FPI sous la pression de la France – état de chose qui a contribué à détendre quelque peu l'atmosphère – toute l'opposition s’est mise à rêver d'un retour au jeu politique démocratique ordinaire. Le FPI a commencé à donner de la voix et les petits partis à fourbir leurs armes pour des lendemains qui chantent.

Malheureusement pour tout le monde, Alassane Ouattara n’envisage pas les choses de la même façon. Ce rêve d’un jeu démocratique ordinaire n’est pas dans ses objectifs ! C’est pourquoi toute cette agitation le laisse indifférent ; il en rit même parfois. Il n'est pas fou ! Il ne va tout de même pas offrir à ses adversaires le moyen de le détrôner ! Il sait très bien que le schéma d'une élection dans des conditions démocratiques équitables ne lui est pas favorable. Il n’a pas oublié que c'est par un coup d'état de ses amis qu'il a le pouvoir ivoirien entre les mains. Pour pouvoir passer allègrement le cap de 2015, il sait qu’il n’a qu’une seule solution : emmener ses adversaires dans un état de faiblesse aux élections ; c'est-à-dire, ne pas libérer tous les prisonniers ou les libérer au dernier moment et tout faire pour que les exilés ne reviennent pas en grand nombre gonfler l'effectif des électeurs qui leur sont favorables. Raison pour laquelle ses nombreux appels au retour des exilés ne prévoient pas des mesures d'accompagnement pour faciliter et sécuriser leur installation. Une opposition désorganisée privée d’une bonne partie de son électorat lui permettra de justifier les scores de demain. D'autre part, éviter absolument les états généraux ou la justice transitionnelle que proposent ses adversaires pour une réconciliation préalable aux élections peut, selon lui, l’aider. En effet, un pays demeuré dans le schéma d’une opposition entre le Nord le sud – état de chose qui l’a conduit au pouvoir – lui semble un fonds de commerce électoral encore exploitable.

Au regard de ce calcul, vous conviendrez avec moi que le scénario d’une nouvelle crise postélectorale se profile à l’horizon 2015. Eh bien oui ! Et c’est justement ce à quoi Dramane Ouattara se prépare et voudrait conduire ses adversaires. Il est intimement persuadé depuis fort longtemps que c’est de cette situation que viendra son salut. Car sa plus grande certitude repose sur la fidélité du pouvoir militaire. Constitués d’une part de rebelles ayant officiellement reconnu avoir été armés par lui et d’autre part d’une foule d’étrangers nouvellement naturalisés, les FRCI demeureront de son côté dans tous les cas de figure en 2015. Si l’opposition conteste sa victoire, ils seront là pour le défendre. Si les institutions nationales reconnaissent par miracle la victoire de l’opposition et qu’Alassane Ouattara la conteste, ses FRCI et ses dozos ne pourront que défendre sa position. Car de sa survie dépend la leur.

En effet, les FRCI savent qu’aucun pouvoir autre que celui de Ouattara ne peut conserver les forces militaires actuelles en l’état. Aucun pouvoir autre que celui de Ouattara ne peut gouverner le pays avec une armée née du banditisme, des assassinats gratuits et du massacre de population ; une armée qui a été le bourreau de tous les opposants à ce régime ; une armée formée exceptionnellement pour un régime exceptionnel, une armée non républicaine avec ses supplétifs dozos ayant leurs entrées à tous les étages de l’administration politique du pays.

Eviter Hollande en attendant Sarkozy

Maintenant, au regard de tout ce qui précède, cherchez la porte d’entrée ou de sortie de François Hollande dans cette affaire. A vrai dire, la seule chose qu’il peut faire afin de s’illustrer honorablement dans le problème ivoirien, c’est d’exiger et obtenir absolument le rétablissement sur l’ensemble du territoire des conditions justes et équitables pour des élections démocratiques en 2015 ? Si avant la fin du premier trimestre 2014, tous les prisonniers politiques ne sont pas libérés et tous les exilés rétablis sur leurs terres et dans leurs biens, il sera trop tard ! C’est donc maintenant ou jamais qu’il doit faire preuve de volonté.

Ouattara et François Hollande, L'ombre de Sarkozy sur la Côte d'Ivoire, Ouattara et les élections de 2015, Comment Ouattara va gagner en 2015


Malheureusement personne ne sait les véritables intentions de François Hollande concernant Ouattara et la Côte d’Ivoire. Il n’a jamais dit qu’il faisait siennes les promesses formulées par la France de Sarkozy au moment où elle délogeait Laurent Gbagbo du pouvoir au point de se sentir obligé de les réaliser. Lui n’a pas promis rendre la démocratie irréversible en Côte d’ivoire ! Intention réitérée par Ouattara lui-même comme une promesse à la France qui lui a confié les rênes du pouvoir ivoirien. Hollande n’a jamais dit publiquement qu’il exigerait de Ouattara la libération de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés. Non, Hollande n’a jamais dit cela ! Hollande n’a jamais donné aux Ivoiriens la preuve que la France s’était engagée aux côtés de Ouattara pour un projet politique allant dans le sens de la construction de leur bonheur.

Avec cette inertie ou ce total abandon devant le chaos actuel d’un pays en ruine politiquement, socialement et économiquement, on imagine aisément que jamais François Hollande n’osera détrôner Ouattara si celui-ci refuse de céder le pouvoir après des élections perdues. Comment peut-on imaginer l’armée française attaquant et désarmant ceux qu’elle a mis plusieurs années à équiper et à habiller pour installer les amis de Laurent Gbagbo au pouvoir ? Pour que cela soit possible, il faut que François Hollande décide de se faire violence, qu’il devienne sans scrupule comme Nicolas Sarkozy.

Comme les ivoiriens aiment les miracles, ils peuvent se mettre à rêver et à brûler des cierges dans leurs cités mariales et leurs mosquées. Sincèrement, on peut croire que le mieux pour eux serait qu’ils se prennent en charge un jour et encoure le risque de mourir pour conquérir leur liberté comme l’ont fait les Centrafricains.

Quant à Alassane Ouattara, après avoir conduit François Hollande dans l’impasse où il ne pourra pas prendre la terrible décision d’un coup d’état à la Sarkozy, il ne pourra qu’attendre sagement le retour de la droite et des amis de son mentor au pouvoir en France. Car outre la foi en la fidélité des FRCI, Ouattara a la ferme conviction que François Hollande n’obtiendra jamais un deuxième mandat des Français ! A partir de là, il sera le chef incontesté de la Côte d’Ivoire qu’il condamnera à plusieurs années de dictature sous les bottes des FRCI et des dozos et sous le regard indulgent de la droite française !

En attendant que ce rêve se réalise, il joue au chat et la souris avec François Hollande. C'est à qui épiera le mieux l'autre afin d'éviter ou de prévoir ses réactions. En Afrique du sud, aux obsèques de Nelson Mandela, afin d’éviter une nouvelle demande de libération de prisonniers, Ouattara s’est refugié dans les bras de son parrain Sarkozy durant toute la cérémonie.

Ah, de toute évidence, réussir l’installation de la « démocratie irréversible » semble plus difficile pour la France que de bombarder des chèvres, des dunes de sable et quelques Africains démunis au Mali et en Centrafrique !

Raphaël ADJOBI

20/12/2013

Un nouveau gouvernement de cohabitation en Côte d'Ivoire ? Non, merci !

La cohabitation en Côte d'Ivoire, gouvenement d'union nationale, Que propose Ouattara, ce que veut Ouattara, Le FPI et les propositions de Ouattara


Depuis un an, depuis l'arrestation de Blé Goudé que beaucoup avaient d'abord interprétée comme un retour « volontaire » pour une éventuelle collaboration avec le régime de Ouattara, l'idée d'un gouvernement d'union nationale ou de cohabitation s'était répandue dans la population. Cette idée était apparue encore plus précise lorsque le FPI a apporté son soutien à Ouattara au moment où celui-ci engageait la Côte d'Ivoire dans le combat pour la reconquête du Nord-Mali. Et quand Modeste Lago, membre du comité central du parti du célèbre prisonnier de La Haye, a affirmé que les « militants [...] sont au FPI, non pas pour un homme, fut-il Laurent Gbagbo, mais bien plus pour son idéologie et sa vision d'avenir » (Le Nouveau Courrier du mardi 22 janvier 2013) - et cela au moment même où son parti engageait un dialogue direct avec le pouvoir - tout le monde à commencé à se demander sérieusement si les socialistes ivoiriens ne finiraient pas par entrer dans le gouvernement pour une nouvelle cohabitation.

Cela fait donc un an que cette idée agite les consciences sans soulever des débats. En effet, moins de douze mois après le 11 avril 2011, parler d’une réunion du FPI et de la coalition RDR-PDCI au sein d'un gouvernement paraissait totalement incongru, irréel, voire insultant. Imaginer les socialistes ivoiriens oubliant leurs camarades prisonniers et leur familles exilées dans les pays voisins se mettre à travailler avec leurs bourreaux était tout simplement inconcevable ! La leçon du peuple ivoirien à Mamadou Coulibaly qui a voulu trop vite pactiser avec le pouvoir était encore trop fraîche dans les mémoires. Aujourd'hui, avec la libération de quelques prisonniers – parmi lesquels les grandes figures du FPI – certains Ivoiriens se demandent ouvertement si le partage du pouvoir avec les coalisés - RDR et PDCI- ne serait pas une voie qui conduirait à la fois à la normalisation de la vie politique et à la paix.

Flairant la belle occasion, Ouattara a vite fait d’abandonner le mouvement de normalisation qu’il avait entamé : la libération de tous les prisonniers politiques et la facilitation du retour des exilés sur leurs terres comme l’exigeait l’opposition et le recommandaient certaines ONG. De toute évidence, il a décidé de changer de méthode et préfère désormais faire du chantage à ses adversaires : « entrez dans mon gouvernement, et tout le reste suivra », semble-t-il leur dire. Aussi, s'adressant récemment à eux, il disait : « Nous ne [vous] considérons pas comme des opposants. Nous [vous] considérons comme des frères qui vont nous rejoindre bientôt. » (Discours du mercredi 11 décembre à Didiévi).

Puis, voyant que le FPI ne l’entend pas de cette oreille, le chef du RDR se montre moins péremptoire. Toutefois, s’il change de ton, l’intention reste ferme. Un gouvernement d’union nationale demeure désormais la seule solution qu'il propose à ses adversaires politiques et présente comme la voie de sortie de crise à ses parrains français et onusiens des mains desquels il tient son pouvoir. Il se dit que tout ce qui lui reste à faire c’est convaincre Affi N'Guessan et ses camarades. Si les socialistes s’obstinent à refuser la cohabitation, il pourra clamer sous tous les cieux que les amis de Laurent Gbagbo bloquent la réconciliation et l’organisation des élections présidentielles de 2015.

Partager le pouvoir pour quoi faire ?

Sûr de son stratagème, il se permet même des insolences à l’adresse de l’ONU en clamant ouvertement pour la première fois qu’il n’est pas content de son représentant en Côte d’Ivoire et des manières de ses experts dont le dernier rapport ne lui est pas favorable. L’élève se rebellerait-il subitement contre les leçons du maître ? L’élève aurait-il oublié au nom de quel idéal l’ONU a autorisé la France à bombarder le palais présidentiel ivoirien pour en extraire Laurent Gbagbo et à faucher des centaines de jeunes gens qui couraient le protéger de leur corps comme ils l’avaient fait en 2004 ?

Nous voudrions ici rappeler à Alassane Ouattara la belle promesse faite devant les gouvernants et les médias français en février 2012 quand il affirmait être « déterminé à faire en sorte que la démocratie devienne irréversible en Côte d’Ivoire » (Le Monde du samedi 4 février 2012). Les Ivoiriens attendent que cette promesse qui rejoint les intentions clairement affichées par la France et l’ONU soit enfin mise en application devant la terre entière. Nous pensons d’ailleurs que la France et l’ONU devraient faire de la poursuite de cet objectif et de sa réalisation le critère de crédibilité à accorder à Alassane Ouattara. Car c’est exactement le rétablissement des conditions de la réalisation d’une vie démocratique claire et irréversible que tous les Ivoiriens attendent. Pour l’heure la détermination clamée ressemble plutôt à de la mollesse et à de la duperie.

Nous disons donc clairement à Alassane Ouattara qu’il n’est pas question d’accepter une nouvelle cohabitation comme moyen de régler les problèmes du pays. Nous refusons une nouvelle cohabitation qui serait de toute évidence une façon de cacher ou de partager l’incompétence de son régime. Nous avons tiré les leçons de cette manière de diriger qui n’est rien d’autre qu’une foire aux voleurs conduisant au gel du programme de gouvernement puisque par principe c’est l’antagonisme qui y prévaut.

La première cohabitation ne devait-elle pas mettre fin à la ligne de séparation entre le nord et le sud ? Ne devait-elle pas aboutir au désarmement des rebelles et de leurs supplétifs dozos ? Ne devait-elle pas œuvrer au rétablissement du pouvoir de l’Etat et de son administration sur l’ensemble du territoire ? Cette première cohabitation, malgré ce beau programme de sortie de crise, avait échoué. Et pourquoi donc ? Parce que vous, M. Ouattara et vos amis, l’aviez voulu ainsi. Et les années de cohabitation avaient fini par ruiner le pays. Celui-ci n’était plus qu’un navire en perdition qu’un courageux capitaine avait sauvé du naufrage avant les élections de 2010.

Vous nous proposez la cohabitation pour que tout le monde se mette à faire du trafic illicite et empêche l’argent des matières premières vendues d’arriver dans les caisses de l’Etat ? Non, merci ! Serait-ce pour aider à la chasse aux opposants et au maintien des exilés dans les pays voisins ? Non, merci ! Serait-ce pour travailler avec les dozos et les FRCI à l’organisation des élections dans un environnement chaotique où ils seront les maîtres des bureaux de vote ? Non, merci ! Prenez vos responsabilités, dirigez le pays et étalez votre incompétence aux yeux de tous afin d’être jugé par tous à votre juste valeur !

Ce que nous exigeons de vous, c’est ce que vous avez promis à la suite de la France et de l’ONU : les conditions idéales pour une démocratie irréversible ! Vous avez le pouvoir politique, le pouvoir économique, le pouvoir militaire, le pouvoir des miliciens dozos, vous avez le silence des Ivoiriens. Dans le pays, personne ne manifeste contre vous. Aucune assemblée ne contient d’opposants pour vous gêner dans votre tâche. Vous avez bloqué les comptes bancaires de tous vos adversaires et les avez réduits à la misère et au silence. Tout est entre vos mains. Si avec tout cela vous êtes incapable de réaliser la paix et la démocratie, alors vous pouvez vous poser de sérieuses questions sur vos réels talents d’homme politique. Les Ivoiriens exigent donc des conditions d'élections justes pour vous juger valablement.

La tâche qui revient au FPI

Cet objectif devenant pressant, nous demandons à tous les démocrates ivoiriens de se joindre au FPI et à son président Affi N'Guessan pour une véritable campagne de sensibilisation des gouvernants européens et des institutions internationales autour du rétablissement des conditions équitables nécessaires à des élections transparentes et satisfaisantes pour tous les partis et pour tous les Ivoiriens. Ceux-ci ne veulent pas être condamnés au partage du pouvoir. Nous sommes des démocrates. Nous estimons donc que la seule façon d'être valablement jugés par notre peuple est l'exercice du pouvoir avec un programme qui lui aura été auparavant proposé. Nous n'entendons nullement le pouvoir comme un droit ou un gâteau à partager entre coalisés. La démocratie exige de nous que nous placions les problèmes du pays au centre de nos préoccupations et non point nos intérêts personnels.

Libre au RDR de refuser les états généraux que proposent Affi N'Guessan et ses camarades. Libre à Ouattara de refuser que les Ivoiriens s'expriment pour dire clairement ce qui les a réellement opposés les uns aux autres au point de les avoir conduits dans l'impasse où ils sont. Libre à lui de refuser que les Ivoiriens se réconcilient avant les débats politiques et les joutes électorales. Mais en aucune façon, Alassane Dramane Ouattara ne peut se permettre de proposer des élections présidentielles dans l'état actuel de la Côte d'Ivoire qui ressemble à tout sauf à un état de droit, à un pays respectable. Faire cohabiter tous les partis politiques pour aller aux élections dans des conditions aussi catastrophiques, c'est comme faire la fête en se tenant le nez autour d'un gâteau pourri.

Raphaël ADJOBI