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25/07/2017

La ligne idéologique financière et colonialiste d'Emmanuel Macron enfin tracée !

Macron et la fertilité des Africaines, combien d'enfants ont les femmes africaines ?


Compte tenu de sa soudaine irruption sur la scène politique nationale puis internationale, nombreux sont les Français et les étrangers qui n’avaient aucune opinion sur M. Emmanuel Macron. Alors tous évitaient sagement de le juger avant de le voir à l’œuvre ou tout au moins de connaître ses pensées.

Pendant la campagne présidentielle, la manière dont il avait fermement fait taire la polémique née à droite et à l’extrême-droite autour de sa déclaration selon laquelle la colonisation est un crime contre l’humanité avait séduit. En effet, après avoir ouvertement clamé que sa génération ne pouvait vivre à l’ombre d’un traumatisme qu’elle n’a pas connu, il avait ajouté avec une rare franchise que « la colonisation a entraîné la négation du peuple algérien ; que cela a produit une guerre qui n’était pas digne de la France ».

Avec ces mots, Emmanuel Macron avait clairement semblé se situer aux antipodes des fiers héritiers du colonialisme français qui se croient obligés d’entretenir dans l’opinion publique une imaginaire supériorité sur les autres peuples. Dès lors, nous étions nombreux à penser que sa jeunesse serait pour notre pays un gage de probité intellectuelle et morale devant les drames humains, loin des discours coloniaux et paternalistes habituels.

Mais voilà que très vite il aligne deux propos méprisants : « le kwassa-kwassa pêche peu ! il amène du comorien » et « dans une gare, on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ».

Si l’évocation du « kwassa-kwassa (qui) amène du comorien » nous a renvoyés au drame de Mayotte depuis qu'elle est séparée des Comores et rattachée à la France, tout le monde a semblé tomber d’accord pour qualifier son propos de plaisanterie de mauvais goût. Mais quand Monsieur Macron a opposé ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, il nous a clairement placés en face d’une idéologie financière selon laquelle celui qui génère de l’argent est intéressant, et celui qui ne rapporte rien, n’est rien !

Comment peut-on en France se taire quand un président dit qu’il y a parmi nous deux catégories de personnes, celles qui réussissent et celles qui ne sont rien ? Comment peut-on ne pas être convaincu que quiconque est capable de mépriser l’autre avec une telle violence est prêt à tous les maux, à toutes les entreprises funestes ? Nous n’avons pas attendu longtemps pour être éclairés sur sa vision de l’humanité. C’est lors du G20 qu’il va montrer à la terre entière qu’à l’ENA, de génération en génération, tout le monde trempe ses lèvres dans la même coupe et en ressort avec la même ivresse colonialiste.

Evoquant les problèmes de l’Afrique – à ses yeux insurmontables – M. Macron dit, dépité : « quand des pays ont encore aujourd’hui sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ! »

L’omniprésence militaire française dans les pays francophones et les multiples coups d’Etat orchestrés dans de nombreuses contrées d’Afrique pour piller sans résistance leurs matières premières ne seront-ils donc jamais dans la bouche d’un président français comme les freins au développement de ce continent ? A dire vrai, d’un gouvernant à l’autre, d’une génération à l’autre, on évite d’évoquer les nécessaires mesures décolonisatrices pouvant générer un essor économique de l'Afrique francophone hors du giron de la France, parce que les ressources de ces anciennes colonies, on y tient !

Voici d’ailleurs clairement énoncés par Just-Jean Etienne Roy, en 1860, les principes essentiels de la colonisation sur les terres lointaines et auxquelles nos dirigeants jurent fidélité à tout jamais. Aucun de nous ne doit se permettre de les ignorer, car le sous-développement de l'Afrique n'est pas "civilisationnel" comme l'affirme M. Macron ; il n'est pas une condition ou une situation propre à l'Afrique.

Selon Just-Jean Etienne Roy, depuis la fin de l’esclavage en 1848, la gestion de ses colonies des Amériques et de l’océan indien puis celles conquises en Afrique ont inspiré à la France des mesures suprêmes : outre le fait qu’elles doivent être pour les « produits du sol et de l’industrie de la mère patrie des débouchés […] constamment ouverts », il faut « favoriser l’agriculture coloniale, c’est-à-dire les denrées destinées à la consommation de la métropole ; exiger de ces établissements (colonies) qu’ils ne vendissent leur récolte qu’à la métropole ; et enfin leur interdire d’élever les denrées récoltées à l’état de produit manufacturé ». En d’autres termes, éviter l’industrialisation et donc le développement de ces colonies.

Voilà donc clairement ce que sont les pays africains pour la France et les règles immuables auxquelles elle les soumet et qui les empêchent d’être véritablement indépendants et développés. Voilà pourquoi le rapport Vedrine affirme sans vergogne que « l’Afrique est l’avenir de la France ». On oublie d’ajouter que dans ce cas, l’Afrique n’a pas d’avenir pour elle-même par la seule responsabilité de la France. Car on ne peut être à la fois esclave et libre.

Occultant cette réalité de fait, aujourd’hui comme hier, on ressort l’argument compréhensible par le commun des Français - qu'on prend pour un imbécile prêt à tout croire - on clame haut et fort que le problème de l’Afrique, c’est sa surpopulation ; une surpopulation qui serait incompatible avec le développement économique ! Pour M. Macron, la liberté des peuples africains à disposer d’eux-mêmes coûterait trop cher à la France. Rectifions ici sa grosse erreur concernant le taux de fécondité des Africaines : la moyenne n’est pas de 7 à 8 enfants, mais de 5 enfants en Afrique subsaharienne et de 4,7 sur tout le continent. Les Africains ont bien compris que ce qui coûterait trop cher à la France si elle établissait des relations normales avec leur continent, ce n’est pas nourrir le trop grand nombre d’enfants noirs mais perdre les gisements de pétrole, de minerais en tout genre ainsi que les immenses plantations d’hévéa bien utiles pour ses industries automobiles. Les Africains savent aussi que leur continent deviendra bientôt l'un des plus grands marchés au monde grâce justement à la croissance de sa population et à l'augmentation de son niveau de vie. Et alors, comme la Chine et l'Inde, elle échappera à la petite France dont la population aura beaucoup vieilli. Elle aura alors oublié les siècles où l'esclavage la vidait régulièrement de ses forces vives. Est-il nécessaire de rappeler à M. Macron que la natalité en France n'est sur une courbe favorable que grâce aux Dom-Tom et notamment à l'immigration de l'Afrique Subsaharienne ? Ne voit-il pas que la population des pays d'Europe occidentale qui n'ont pas de régions ultramarines vieillit plus vite que celle de la France ? N'entend-t-il pas que partout on assure que l'immigration est une chance pour l’Europe devenue la Vieille parce qu'elle n'a pas su se renouveler ? Pour paraphraser Françoise Vergès (Le ventre des femmes), disons simplement que ce qui pourrait être analysé comme un apport d'énergie, une espérance, est transformé en une menace et un péril parce que l'Occident a peur que l'Afrique lui échappe. Oui, le discours de M. Macron traduit bien cette idée que pour les intérêts des capitalistes occidentaux « la fertilité des femmes du tiers-monde équivaut quasiment à une menace terroriste ».

Les outre-mer savent que ce discours cache un crime en marche

Si les propos de M. Macron visaient directement l’Afrique, nos compatriotes des outre-mer ont dû sentir leur cœur saigner. En effet, ils ont sûrement été replongés dans les décennies qui ont suivi 1946, année où le classement des colonies en départements suscitait des débats sur le coût de l’égalité entre ces territoires qui venaient de sortir de l'esclavage et l’hexagone. A cette époque, les hommes politiques avaient passé leur temps à réfléchir aux moyens de préserver les intérêts de la France dans ses anciennes colonies sans les développer ; c’est-à-dire en les laissant jouer leur rôle de colonies comme défini plus haut.

Bientôt, l’origine de tous les problèmes ou difficultés économiques de ces colonies fut trouvée ; et l’île de la Réunion fut montrée du doigt avant les Antilles : « le problème n°1, c’est la démographie, le grand mal de ce pays », assura Michel Debré en 1969 avant de souligner plus tard (1974) « la fainéantise alimentée par la naissance d’enfants nombreux sur cette île de l’océan indien ». C’était, comme le montre excellemment Françoise Vergès dans Le ventre des femmes, le bel argument sans cesse répété « pour justifier le non-développement économique, (le) contrôle des naissances et (l’)organisation de la migration ».

Afin de guérir la Réunion et les Antilles du fléau de la surpopulation – ce mal imaginaire français – des solutions définitives furent préconisées : l’avortement forcé de milliers de femmes suivi de la ligature de leurs trompes, et l’émigration des populations de ces îles vers la métropole. L’histoire des enfants de la Creuse et du BUMIDOM est aujourd’hui entrée dans la mémoire collective comme un crime de l’Etat français. Mais ce que l’on n’a jamais dit, c’est que le vide créé dans ces îles a été comblé par une population blanche métropolitaine.

Les propos de M. Macron rappellent donc étrangement ceux de M. Debré. Préparerait-il aussi l'immigration des populations africaines vers la France pour montrer qu'elle est généreuse ? De même que la question de la forte natalité dans les outre-mer aurait empêché la France de développer la Réunion et les Antilles, de même aujourd’hui cet argument sert de motif pour ne pas développer Mayotte et la laisser entre les mains des ONG qui en font peu à peu un paradis sexuel. Dans la même logique, la transformation de la démographie en « problème » central du sous-développement de l’Afrique voudrait permettre aux gouvernants français d’éviter d’affronter les questions politiques et sociales de ce continent. Et pourtant, ils savent comme nous qu’on ne peut à la fois entretenir une armée dans un pays étranger, battre la monnaie de ce pays pour mieux le confisquer, se mêler de la manière dont il doit être gouverné, et accuser la fécondité des femmes de le rendre inapte à toute forme de développement.

Elle est absolument odieuse cette France de M. Macron qui fait du contrôle du ventre des femmes – pour reprendre l’expression de Françoise Vergès – l’argument essentiel de sa mainmise sur ces anciennes colonies. Elle n'est pas belle cette France qui pense que l'Afrique est juste bonne à traire, qu'il est impossible de la développer. N'oublions jamais que quand les gouvernants d'un pays commencent à pointer du doigt un mal imaginaire dans un corps étranger, le crime n'est pas loin.

Raphaël ADJOBI
avec la collaboration de Luis-Nourredine PITA

22/04/2017

Le parti socialiste, les Noirs Français et Jean-Luc Mélenchon

Les Français noirs dans campagne présidentielle, pour qui votent les Noirs Français ?


Le parti socialiste est mort depuis longtemps mais ses dirigeants l’ignorent. La maison socialiste a d’abord été désertée par ceux qui faisaient sa force, c’est-à-dire ses partisans et ses sympathisants qui sont ses électeurs ; puis le temps a fait le reste, comme il convient à toute maison abandonnée : sa ruine était devenue visible et inéluctable.

La seule question qui mérite d’être posée est donc celle-ci : pourquoi cette belle maison a-t-elle été désertée ? Cette question permet d’aller à l’essentiel qui se résume à ce constat : le parti socialiste n’a plus d’idéal ! Il n’a plus cet élément galvaniseur permettant à tous les partisans et sympathisants d’un mouvement politique de regarder dans la même direction, cet idéal vers lequel on tend ses forces et ses désirs en toute circonstance. Et un parti politique sans idéal est comme un navire sans boussole et sans cap à viser.

A vrai dire, le parti socialiste a renoncé à son idéal en vendant son âme au capital, aux financiers ! Comme tous les présidents, un président issue des rangs socialistes n’est plus qu’un démarcheur à la solde des entreprises françaises. La horde de financiers que François Hollande traîne dans son sillage lors de chacun de ses déplacements à l’étranger en est la preuve flagrante. Sur le plan national comme sur le plan international, plus rien ne distingue un président socialiste d’un président de la droite financière ou aristocratique.

En 2013, je faisais déjà remarquer que les socialistes ne portaient plus aucun espoir, qu'ils vivaient une véritable crise morale parce qu'ils s’étaient éloignés de leurs valeurs premières (1) : la construction d’une humanité plus juste, la défense du faible contre le puissant, du pauvre contre le riche ! Non contents de fouler au pied l’idéal social et humain qui caractérise le socialisme, les élus de cette belle maison déjà en décrépitude se sont permis un acte de traîtrise hier inimaginable : c’est en chœur et dans l’enthousiasme qu’ils ont livré leur camarade ivoirien Laurent Gbagbo à la droite chiraquienne et sarkozyenne pour être immolé sur l’autel de leurs amis financiers. Les Noirs Français n'oublierons jamais cette énième humiliation infligée à l'Afrique. D'ailleurs, ce pas franchi, plus rien n'aura de la valeur aux yeux des socialistes.

Jamais dans l’histoire de la France les partisans d’un président en exercice n’ont montré autant d’indifférence à son égard. Oui, depuis que ceux que l’on a appelés « les frondeurs » - parce qu’ils tentaient de le raisonner – l’ont quitté, François Hollande est apparu comme vidé de sa substance ; il est devenu un homme fade, insipide, sans intérêt. Alors il a sombré dans l’incohérence croyant susciter un nouvel intérêt : Manuel Valls dont le projet de gouvernement n‘avait obtenu que 5% d’adhésion aux primaires du parti socialiste fut appelé pour appliquer son programme. Être ridicule ou risible n’a plus d’importance pour un socialiste ! De toutes les façons, à pied, à vélo ou en scooter, François Hollande ne rencontre que des quolibets. Alors essayer un programme qui n’a recueilli que 5% d’adhésion des membres de son parti...

A l’approche des élections présidentielles de 2017, les socialistes avaient cru avoir mis un peu d’ordre dans la maison en recourant à la nouvelle tradition de la pseudo démocratie française avec l’organisation des primaires qui ont vu triompher Benoît Hamon. A l’issue de cette épreuve, on s’attendait à les voir tous en rang serrés derrière leur porte-étendard ; même si le cœur n’y était pas vraiment. La discipline, c’est rassurant ; on le sait.
Malheureusement, comme plus rien n’a de la valeur dans la maison socialiste, tout le monde a déserté les rangs, laissant Benoît Hamon agiter tout seul piteusement une bannière devenue un épouvantail. Et qui a été le premier à quitter les rangs ? Monsieur 5%, bien sûr ! Il a précipitamment rejoint Emmanuel Macron qui ne s’était pas suffisamment estimé socialiste pour concourir avec ceux que l’on croyait les siens. Maintenant que tous les déserteurs ont trouvé un refuge, ils crient sur tous les toits que Benoît Hamon fait mal le boulot, qu’il n’est pas suffisamment percutant, qu’il est inaudible. Ils sont comme ça les socialistes : ils vous plantent un couteau dans le dos puis vous accusent d’être moribond.

Puisque plus rien ne distingue un gouvernement de gauche socialiste d’un gouvernement de droite capitaliste, il faut absolument changer le système qui a permis de fondre tous les hommes politiques dans un moule affairiste peu respectueux de la parole donnée, de la condition sociale ainsi que de l'humanité de l’autre. Il faut changer de république !

Oui, Jean-Luc Mélenchon a raison sur toute la ligne. Cela fait des années que tout le monde s’accorde à dire qu’il n’est pas normal qu’un président ait le droit de disposer librement de notre armée hors de nos frontières sans que nos élus aient leur mot à dire. Nous ne sommes en guerre avec aucun pays africain et pourtant nous entretenons des milliers de soldats dans chacun d'eux tout en négligeant nos propres frontières. Cela fait des décennies que tout le monde dénonce la perpétuation d'une élite dans la haute sphère de l’État grâce à un système qui permet aux pauvres de croire que les riches sont leurs bienfaiteurs et qu'ils doivent les entretenir pour pouvoir continuer à vivre. Puisque les socialistes sont arrivés à aimer ce « coup d’État permanent » mis en place par la droite au point où ils n’ont jamais jugé utile de modifier aucun de ses rouages, ils se sont définitivement disqualifiés aux yeux de tous ceux qui sont soucieux d'une société plus juste et plus respectueuse de l'autre. Noirs de France, refusons le fonctionnement de la cinquième République et déclarons avec Jean-Luc Mélenchon que nous sommes « La France insoumise ! »

Il ne faut jamais renoncer à ses rêves ! Parce que Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat à ne pas considérer les Noirs Français comme une génération spontanée sortie de nulle part, parce qu'il est respectueux de la contribution de leurs ancêtres à l'Histoire de France, prenons le pouvoir avec lui ! Et si demain nos efforts pour atteindre nos rêves s’avèrent vains, nous aurons le mérite aux yeux de tous d’avoir essayé. Poursuivons donc avec Jean-Luc Mélenchon le rêve d’une société française plus juste et d’une relation avec le reste du monde plus humaine, moins arrogante. Vite, la sixième République !

(1) La crise morale des socialistes français et le camarade Laurent Gbagbo.

Raphaël ADJOBI

12/04/2017

Jean-Luc Mélenchon et l'autosuffisance culturelle

mélenchon et la culture,la culture dans les élections présidentielles


En France, nous aimons à affirmer avec beaucoup de fierté que la culture rapporte davantage aux caisses de l’Etat que notre industrie automobile. Malheureusement, ce secteur économique si juteux laisse au bord du chemin ceux que nous appelons communément « les intermittents du spectacle » et qui œuvrent à sa bonne santé, ces techniciens, organisateurs et animateurs de la culture populaire.

La retentissante histoire des intermittents du spectacle qui ressurgit périodiquement (lors des remises des distinctions), comme un écho sans fin, montre bien que si notre culture est riche, ses enfants sont pauvres et vivent avec un avenir incertain. Pour eux, il n’est pas prévu de subvention en cas de disette, comme certains corps de métier. Pour eux, il n’y a point de rente permettant d’assurer demain une vie sans travail à leur progéniture car il leur faut déjà apprendre à vivre honorablement.

Pour la première fois, un homme politique propose une mesure géniale qui ressemble à une autorégulation du monde de la culture et du spectacle, une espèce de programme d’autosuffisance alimentaire culturelle.

Nous savons tous que selon les lois de la France et de la communauté européenne, certaines œuvres artistiques tombent dans le domaine public au bout d’un certain nombre d’années ; c’est-à-dire que leur auteur – qui ont souvent disparu – ou leurs ayants droit ne perçoivent plus de rémunération grâce à la taxe réglementaire lorsqu’elles sont exploitées par d’autres personnes. Jean-Luc Mélenchon propose qu’au moment où l’œuvre tombe dans le domaine public, elle puisse subir durant quelques années encore – deux, trois ou cinq ans – une taxe légère destinée à une caisse spéciale. Cette taxe serait – dit-il – largement suffisante pour faire vivre décemment et dignement les intermittents du spectacle, ces mains généreuses qui, par leurs ouvrages techniques ou par leur qualité particulière contribuent au bon déroulement des spectacles ou à l’animation des espaces culturels.

Avec beaucoup d’élégance, il ne s’est pas attribué cette belle idée. Rendant à César ce qui appartient à César, il demanda au public de Marseille de quel esprit pouvait avoir germé cette proposition. « Karl Marx ! » avait-on entendu crier dans le public. « Non ! l’idée est de Victor Hugo », rectifia Jean-Luc Mélenchon. La classe ! Il fallait y penser.

Qui propose mieux ?

Raphaël ADJOBI

27/07/2016

Côte d'Ivoire : si jeunesse savait !

Manifestations en Côte d'Ivoire, les étudiants et le pouvoir de Ouattara


Les étudiants ont annoncé - le 26 juillet - avoir obtenu du gouvernement l'assurance de la libération de leurs camarades emprisonnés. Ils n'ont pas manqué de remercier leurs soutiens, notamment leurs parents. Quant aux revendications pour lesquelles ils sont descendus dans les rues, le pouvoir leur a sans doute promis d'y réfléchir.

Tout cela semble très beau et digne d'un roman pour amuser et faire rêver les enfants. Ces jeunes gens qui ont fait cette déclaration doivent se dire que la satisfaction des revendications par secteurs - alors que tout le monde est dans les rues - est la meilleure arme des gouvernants pour étouffer les grèves et les révolutions. Cela s'appelle tout simplement "diviser pour régner". Et c'est le piège qui les attend.
Manifestations en Côte d'Ivoire, les étudiants et le pouvoir de Ouattara
Alors que tous les Ivoiriens se révoltent sur l'ensemble du territoire, alors que les manifestants sont partout arrêtés et emprisonnés, si les étudiants une fois satisfaits se désolidarisent des revendications du reste de la population et de tous les autres prisonniers, alors la lutte est perdue. Tout le monde est embarqué sur le même bateau fou ! La vie chère que dénoncent les parents dans les rues les concerne également. Les parents et les frères qui meurent dans les prisons les membres gangrenés par manque de soin les concernent ! Le prix exorbitant de l'électricité que dénoncent leurs familles les concerne !

Que cette jeunesse sache que tout cela est intimement lié à ce qu'elle subit sur les campus universitaires. Si le gouvernement autorise la présence des militaires sur leurs lieux d'étude - alors que cela est interdit partout en Europe ; liberté de penser oblige ! - c'est parce qu'il sait qu'il ne fait pas les choses dans les règles. Comme le gouvernement a beaucoup à se reprocher quant aux conditions de leurs études, il prend les devants pour prévenir leurs réactions tout à fait normales. C'est aussi simple que cela.

A tous ces jeunes qui luttent en prenant tous les risques, je dis bravo, courage et persévérance ! A ceux qui pourraient se désolidariser du combat de leurs parents en se laissant bercer par les promesses du gouvernement concernant le secteur estudiantin, je voudrais poser cette question : avez-vous la preuve d'une seule promesse tenue par le gouvernement en place ? Permettez-moi de vous rappeler quelques unes que nous attendons tous depuis que la France a décidé qui doit nous diriger :
1 - On nous a promis, la main sur le cœur, "la démocratie irréversible". Avons-nous cette démocratie en Côte d'Ivoire ?
2 - On nous a promis de juger tout le monde sans distinction et châtier tous les fautifs. L'avons-nous cette justice impartiale en Côte d'Ivoire ?
3 - On nous a promis le retour de nos familles exilées dans les pays voisins. Quel signe ce gouvernement a-t-il fait pour apaiser leurs craintes et encourager leur retour ? Quel gage ce gouvernement donne-t-il à chaque Ivoirien qu'il peut rentrer en Côte d'Ivoire sans risque d'être arrêté et emprisonné ? Quel gage donne-t-il à chaque ivoirien qu'il peut retourner dans sa région, retrouver sa maison et ses terres en toute sécurité ?
4 - On nous a promis des universités sur tout le territoire national. Les avez-vous vues apparaître ? Il serait bon de commencer par savoir bien gérer ce qui existe !

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement emprunte de l'argent aux banques et aux pays étrangers pour des travaux qui laissent croire aux Ivoiriens que leur pays se développe, que le monde entier les envie et les admire. En cela, ce gouvernement se comporte comme une famille qui s'endette pour acheter une belle voiture, une télévision haut de gamme, un ordinateur dernier cri donnant l'impression qu'elle est riche ; alors que ses enfants sont mal nourris, mal habillés et fréquentent des écoles de mauvaise qualité. En Europe, nombreuses sont les familles de ce type qui se retrouvent vite à tout vendre, jusqu'à leur maison, pour se retrouver dans un petit appartement et parfois même à la rue.

La Côte d'Ivoire est sur la voie de ces familles en perdition. Elle vend ses terres, les secteurs vitaux de l'indépendance sociale comme la gestion de l'eau, de l'électricité et des grandes voies de communication. Si vous vous désolidarisez de vos parents, si vous ne les soutenez pas dans leur révolte, cela veut dire tout simplement que vous les laissez dans la m... et vous avec. Tenez bon ! Vous êtes le sel de la Côte d'Ivoire ! Obligez donc le gouvernement à mettre du sel dans sa sauce ; c'est-à-dire qu'il tienne compte de vous et de vos besoins avant ceux de la France et de ses entreprises.

Raphaël ADJOBI

25/07/2016

Lettre aux Ivoiriens qui luttent par le feu et le sabotage

Manifestations en Côte d'Ivoire contre Ouattara, la vie chère en Côte d'Ivoire, brûler la Côte d'Ivoire, Lettre aux Ivoiriens par Raphaël ADJOBI Vous avez enfin compris que quand on vous enlève tout, la meilleure façon de lutter est d'empêcher celui qui a pris votre bien d'en profiter. Vous semblez aussi avoir compris que si on arrête un camarade, au lieu de l'abandonner, il faut revenir plus nombreux pour le défendre. Si un groupe commence une révolte et que celle-ci est réprimée, d'autres groupes doivent naître pour poursuivre la lutte. C'est ainsi que se remportent les victoires. C'est la victoire qui doit vous diriger. Toujours penser à la victoire ! La VICTOIRE guide le peuple !

Les étrangers et des inconnus ont pris les terres de l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Les propriétaires ont fui et sont partis se réfugier à l'étranger sans prendre la peine de brûler leurs maisons et leurs champs. Alors que c'était la meilleure façon de combattre ceux qui les chassaient.

Les étrangers et leurs complices ivoiriens exploitent vos champs et s'enrichissent. Au lieu de tout faire pour brûler ces champs, vous les laissez faire. Le port d'Abidjan et celui de San-Pedro emportent chaque jour les richesses de vos terres en Europe pour permettre aux Blancs de s'enrichir. Personne ne met le feu à ces produits pour empêcher les Blancs et leurs complices ivoiriens et étrangers de s'enrichir.

Quand un blanc est entré dans votre gouvernement pour s'occuper du ministère qui attribue les contrats à la France - l'exploitation de l'eau, l'électricité et tous les grands travaux du pays - vous aviez cru qu'avec votre nouveau président vous étiez devenus les amis des Blancs. Et maintenant que les Blancs vous montrent qu'ils sont venus en Côte d'Ivoire pour faire des affaires et gagner de l'argent, vous commencez à comprendre ce que veut dire avoir des amis Blancs.

Ce n'est plus la Côte d'Ivoire qui est propriétaire de l'eau et de l'électricité du pays mais les Français. Il faut donc payer ce que vous leur devez. Ce sont les Blancs qui construisent les ponts et les autoroutes. Il faudra aussi les payer ! Et parce que vous ne payez pas assez, les Blancs obligent vos parents planteurs à leur donner presque gratuitement leur café et leur cacao. C'est comme ça que les choses marchent avec les Blancs.

Maintenant que vous avez décidé de réagir, de vous révolter, retenez ceci : si vous arrêtez ces mouvements de révolte, vous êtes perdus pour toujours ! Ce que vous avez commencé, il ne faut plus l'arrêter jusqu'à ce que tout le système qui permet à la France d'acheter votre pays, de s'approprier votre pays s'écroule. Ce système, c'est le pouvoir que la France a installé en Côte d'Ivoire.

Partout, sur tout le territoire, encouragez vos parents et connaissances à brûler et saboter tout ce qui peut être brûlé et saboté et empêcher ainsi le pouvoir en place et la France de s'enrichir alors que vous vivez dans la pauvreté. Brûlez tout ! Demain, quand vous aurez le pouvoir, vous reconstruirez tout !

Il ne faut jamais admettre que quelqu'un vienne te chasser de ta maison et prendre ta place.
Si tu vois quelqu'un faire cela, brûle ta maison. Si quelqu'un te chasse de ton champ pour se l'approprier, reviens brûler ce champ ; ne le laisse jamais en profiter ! Si quelqu'un vient t'arracher l'assiette dans laquelle tu manges tous les jours, ne le laisse pas en faire son bien ; casse l'assiette et mangez tous les deux par terre ! Si quelqu'un vient prendre ton pays pour faire des affaires et gagner de l'argent, au lieu de devenir son boy, brûle ton pays ! Ton pays, tu le reconstruiras demain, quand l'usurpateur fuira.


Raphaël ADJOBI