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27/07/2016

Côte d'Ivoire : si jeunesse savait !

Manifestations en Côte d'Ivoire, les étudiants et le pouvoir de Ouattara


Les étudiants ont annoncé - le 26 juillet - avoir obtenu du gouvernement l'assurance de la libération de leurs camarades emprisonnés. Ils n'ont pas manqué de remercier leurs soutiens, notamment leurs parents. Quant aux revendications pour lesquelles ils sont descendus dans les rues, le pouvoir leur a sans doute promis d'y réfléchir.

Tout cela semble très beau et digne d'un roman pour amuser et faire rêver les enfants. Ces jeunes gens qui ont fait cette déclaration doivent se dire que la satisfaction des revendications par secteurs - alors que tout le monde est dans les rues - est la meilleure arme des gouvernants pour étouffer les grèves et les révolutions. Cela s'appelle tout simplement "diviser pour régner". Et c'est le piège qui les attend.
Manifestations en Côte d'Ivoire, les étudiants et le pouvoir de Ouattara
Alors que tous les Ivoiriens se révoltent sur l'ensemble du territoire, alors que les manifestants sont partout arrêtés et emprisonnés, si les étudiants une fois satisfaits se désolidarisent des revendications du reste de la population et de tous les autres prisonniers, alors la lutte est perdue. Tout le monde est embarqué sur le même bateau fou ! La vie chère que dénoncent les parents dans les rues les concerne également. Les parents et les frères qui meurent dans les prisons les membres gangrenés par manque de soin les concernent ! Le prix exorbitant de l'électricité que dénoncent leurs familles les concerne !

Que cette jeunesse sache que tout cela est intimement lié à ce qu'elle subit sur les campus universitaires. Si le gouvernement autorise la présence des militaires sur leurs lieux d'étude - alors que cela est interdit partout en Europe ; liberté de penser oblige ! - c'est parce qu'il sait qu'il ne fait pas les choses dans les règles. Comme le gouvernement a beaucoup à se reprocher quant aux conditions de leurs études, il prend les devants pour prévenir leurs réactions tout à fait normales. C'est aussi simple que cela.

A tous ces jeunes qui luttent en prenant tous les risques, je dis bravo, courage et persévérance ! A ceux qui pourraient se désolidariser du combat de leurs parents en se laissant bercer par les promesses du gouvernement concernant le secteur estudiantin, je voudrais poser cette question : avez-vous la preuve d'une seule promesse tenue par le gouvernement en place ? Permettez-moi de vous rappeler quelques unes que nous attendons tous depuis que la France a décidé qui doit nous diriger :
1 - On nous a promis, la main sur le cœur, "la démocratie irréversible". Avons-nous cette démocratie en Côte d'Ivoire ?
2 - On nous a promis de juger tout le monde sans distinction et châtier tous les fautifs. L'avons-nous cette justice impartiale en Côte d'Ivoire ?
3 - On nous a promis le retour de nos familles exilées dans les pays voisins. Quel signe ce gouvernement a-t-il fait pour apaiser leurs craintes et encourager leur retour ? Quel gage ce gouvernement donne-t-il à chaque Ivoirien qu'il peut rentrer en Côte d'Ivoire sans risque d'être arrêté et emprisonné ? Quel gage donne-t-il à chaque ivoirien qu'il peut retourner dans sa région, retrouver sa maison et ses terres en toute sécurité ?
4 - On nous a promis des universités sur tout le territoire national. Les avez-vous vues apparaître ? Il serait bon de commencer par savoir bien gérer ce qui existe !

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement emprunte de l'argent aux banques et aux pays étrangers pour des travaux qui laissent croire aux Ivoiriens que leur pays se développe, que le monde entier les envie et les admire. En cela, ce gouvernement se comporte comme une famille qui s'endette pour acheter une belle voiture, une télévision haut de gamme, un ordinateur dernier cri donnant l'impression qu'elle est riche ; alors que ses enfants sont mal nourris, mal habillés et fréquentent des écoles de mauvaise qualité. En Europe, nombreuses sont les familles de ce type qui se retrouvent vite à tout vendre, jusqu'à leur maison, pour se retrouver dans un petit appartement et parfois même à la rue.

La Côte d'Ivoire est sur la voie de ces familles en perdition. Elle vend ses terres, les secteurs vitaux de l'indépendance sociale comme la gestion de l'eau, de l'électricité et des grandes voies de communication. Si vous vous désolidarisez de vos parents, si vous ne les soutenez pas dans leur révolte, cela veut dire tout simplement que vous les laissez dans la m... et vous avec. Tenez bon ! Vous êtes le sel de la Côte d'Ivoire ! Obligez donc le gouvernement à mettre du sel dans sa sauce ; c'est-à-dire qu'il tienne compte de vous et de vos besoins avant ceux de la France et de ses entreprises.

Raphaël ADJOBI

25/07/2016

Lettre aux Ivoiriens qui luttent par le feu et le sabotage

Manifestations en Côte d'Ivoire contre Ouattara, la vie chère en Côte d'Ivoire, brûler la Côte d'Ivoire, Lettre aux Ivoiriens par Raphaël ADJOBI Vous avez enfin compris que quand on vous enlève tout, la meilleure façon de lutter est d'empêcher celui qui a pris votre bien d'en profiter. Vous semblez aussi avoir compris que si on arrête un camarade, au lieu de l'abandonner, il faut revenir plus nombreux pour le défendre. Si un groupe commence une révolte et que celle-ci est réprimée, d'autres groupes doivent naître pour poursuivre la lutte. C'est ainsi que se remportent les victoires. C'est la victoire qui doit vous diriger. Toujours penser à la victoire ! La VICTOIRE guide le peuple !

Les étrangers et des inconnus ont pris les terres de l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Les propriétaires ont fui et sont partis se réfugier à l'étranger sans prendre la peine de brûler leurs maisons et leurs champs. Alors que c'était la meilleure façon de combattre ceux qui les chassaient.

Les étrangers et leurs complices ivoiriens exploitent vos champs et s'enrichissent. Au lieu de tout faire pour brûler ces champs, vous les laissez faire. Le port d'Abidjan et celui de San-Pedro emportent chaque jour les richesses de vos terres en Europe pour permettre aux Blancs de s'enrichir. Personne ne met le feu à ces produits pour empêcher les Blancs et leurs complices ivoiriens et étrangers de s'enrichir.

Quand un blanc est entré dans votre gouvernement pour s'occuper du ministère qui attribue les contrats à la France - l'exploitation de l'eau, l'électricité et tous les grands travaux du pays - vous aviez cru qu'avec votre nouveau président vous étiez devenus les amis des Blancs. Et maintenant que les Blancs vous montrent qu'ils sont venus en Côte d'Ivoire pour faire des affaires et gagner de l'argent, vous commencez à comprendre ce que veut dire avoir des amis Blancs.

Ce n'est plus la Côte d'Ivoire qui est propriétaire de l'eau et de l'électricité du pays mais les Français. Il faut donc payer ce que vous leur devez. Ce sont les Blancs qui construisent les ponts et les autoroutes. Il faudra aussi les payer ! Et parce que vous ne payez pas assez, les Blancs obligent vos parents planteurs à leur donner presque gratuitement leur café et leur cacao. C'est comme ça que les choses marchent avec les Blancs.

Maintenant que vous avez décidé de réagir, de vous révolter, retenez ceci : si vous arrêtez ces mouvements de révolte, vous êtes perdus pour toujours ! Ce que vous avez commencé, il ne faut plus l'arrêter jusqu'à ce que tout le système qui permet à la France d'acheter votre pays, de s'approprier votre pays s'écroule. Ce système, c'est le pouvoir que la France a installé en Côte d'Ivoire.

Partout, sur tout le territoire, encouragez vos parents et connaissances à brûler et saboter tout ce qui peut être brûlé et saboté et empêcher ainsi le pouvoir en place et la France de s'enrichir alors que vous vivez dans la pauvreté. Brûlez tout ! Demain, quand vous aurez le pouvoir, vous reconstruirez tout !

Il ne faut jamais admettre que quelqu'un vienne te chasser de ta maison et prendre ta place.
Si tu vois quelqu'un faire cela, brûle ta maison. Si quelqu'un te chasse de ton champ pour se l'approprier, reviens brûler ce champ ; ne le laisse jamais en profiter ! Si quelqu'un vient t'arracher l'assiette dans laquelle tu manges tous les jours, ne le laisse pas en faire son bien ; casse l'assiette et mangez tous les deux par terre ! Si quelqu'un vient prendre ton pays pour faire des affaires et gagner de l'argent, au lieu de devenir son boy, brûle ton pays ! Ton pays, tu le reconstruiras demain, quand l'usurpateur fuira.


Raphaël ADJOBI


11/07/2016

La pétition pour la libération de Laurent Gbagbo : un défi à l'Afrique !

Honte à tous les Noirs qui réfléchissent longuement avant de donner leur accord de principe à une cause africaine qu'ils savent juste !

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Des Africains défient les Africains ! Sur le continent noir, on se plaît à user du terme "doyen" ou "aîné" pour montrer son respect pour les plus âgés. Ceux-ci représentent généralement la caution morale galvanisante pour les plus jeunes générations. Conscients de cette morale, l'écrivain ivoirien Bernard Dadié - centenaire - et l'ancien premier ministre togolais, Joseph Koffigoh, ont lancé une pétition en juin denier pour la libération du président Laurent Gbagbo renversé en Côte d'Ivoire par la France au profit d'Alassane Ouattara en avril 2011.

Force est de constater que cette pétition piétine à gagner des signataires à travers le monde et singulièrement dans le milieu des Noirs. Quatre semaines après son lancement, moins de 2 millions de personnes ont donné leur approbation pour la libération de Laurent Gbagbo qui symbolise, en ce XXIe siècle, la lutte contre l'impérialisme français et le respect des institutions africaines.

Les Noirs devraient avoir honte

Quelle tristesse ! Quelle honte pour l'Afrique et pour les Noirs à travers le monde ! Suite au référendum de juin 2016 ayant consacré le retrait de la Grande Bretagne de l'Union européenne sous le nom de Brexit, un mouvement anti-Brexit demandant un contre-référendum a recueilli 3 millions de signatures en 3 jours ! C'est dire qu'une île de 64 millions d'habitants est capable de faire en trois jours ce que le continent noir, ses amis, et toute sa diaspora à travers le monde sont incapables d'accomplir en quatre semaines !

Il y a dans cette foule d'Africains apathiques devant l'appel des "doyens" Bernard Dadié et Joseph Koffigoh des leaders politiques prétendument panafricains ou panafricanistes, des Noirs experts en dissertation sur la liberté de l'Afrique et particulièrement de l'indépendance de leur pays qui ont entendu parler de cette pétition mais sont demeurés jusqu'ici muets et inactifs. On les voit chaque jour leur téléphone collé à l'oreille, vociférant sur leur conviction pour la libération de l'Afrique mais incapables de faire le moindre geste quand on leur demande de passer à l'acte. Si vous les interrompez dans leur dissertation ils vous diront tout simplement : "A quoi sert tout cela ? Les blancs sont trop forts".

Si un Sénégalais, un Malien, un Togolais, un Camerounais, Un Guinéen-Equatorien, un Congolais (des deux rives), un Sud-Africain, Un Ethiopien, un Zimbabwéen, un Ghanéen.... bref, si un Africain et un ami d'un de ces pays de l'Afrique et de son combat pour sa pleine souveraineté entendent parler de cette pétition sans se donner la peine de la signer, qu'ils se taisent à jamais sur tout ce qui touche l'Afrique !

Honte à vous nègres de l'Afrique, de la diaspora et d'ailleurs dont la simple signature pour la liberté d'un Noir enlevé du pouvoir en Afrique par des Blancs et emprisonné en Europe vous demande beaucoup de réflexion ! Honte à tous les Noirs qui réfléchissent avant de reconnaître que le combat de Laurent Gbagbo, de Patrice Lumumba, de Sankara, de Sékou Touré, de Nelson Mandela, de Cheick Antah Diop, de Kuamé N'Krumah... est un combat juste. Honte et malédiction à tous ceux qui mettent dans la balance l'idéal de ces hommes et les inventions européennes tendant à les discréditer avant de signer la pétition pour la libération de Laurent Gbagbo. C'est un vrai défi que "les doyens" Bernard Dadié et Joseph Koffigoh nous lancent.

Le fait de ne pas disposer d'un ordinateur ne justifie pas le silence. Dans tous les coins d'Afrique, tous ceux qui disposent d'un ordinateur doivent ouvrir un compte à une quinzaine, une vingtaine de connaissances pour leur permettre de signer cette pétition, confirmer leur signature et fermer le compte après. Les partis politiques africains doivent s'organiser ainsi pour que leurs membres signent massivement cette pétition. Leur crédibilité à soutenir la souveraineté des pays africains en dépend.

° Signez la pétition

Raphaël ADJOBI

28/03/2016

La nausée, version 2016, par Nicolas Sarkozy

A force de trop vite tourner les pages de l'Histoire africaine, de se mêler de tout et de raconter des bêtises sans aucun scrupule, l'homme finit par nous faire vomir sur sa personne. Un billet de Shlomit Abel.

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Les journaux ivoiriens ont relevé quelques perles égrainées par Nicolas Sarkozy lors de son passage express en Côte d'Ivoire à la suite de l’attaque “djihadiste” à Grand-Bassam. Je viens de les relire, et j'en ai la nausée. En 2010, en Côte d'Ivoire, « la France n'avait pas de candidat. C'est à la demande des nations unies que la France est intervenues pour détruire les armes » (...) « La France n'a pas vocation à s'ingérer dans les affaires intérieures des autres » (...) D'ailleurs le chef de file des Républicains pense que la Côte d'Ivoire a été attaquée parce que c'est un symbole de démocratie et de développement. (...) « C'est le succès de l'Afrique qui fera reculer le cancer djihadiste ». « l'Afrique et l'Europe vont relever ce défi ensemble » (...) Celui qui en mars/avril 2011 a fait bombarder l'usine de la Sotra pour obliger la Côte d'Ivoire d'importer ses bus, ose dire à Abidjan: « ça ne suffit pas d'avoir 8 à 10 % de taux de croissance, il faut faire en sorte que le développement soit moins dépendant de l'exportation » !!!

Quelques phrases assassines encore, de quoi vous écœurer durablement, tellement c'est abject :« Il faut tourner la page du compassionnel pour aller vers d'autres stratégies. Nous devons changer d'ambition et de stratégie. Le secteur privé doit générer des emplois (…) je souhaite que la politique française en Afrique soit le développement » (...) « nous, la France, nous avons fait de grandes choses, mais nous avons commis des erreurs. Le passé, c'est du passé. Ce qui compte, c'est l'avenir »
Et pourtant, je devrais me réjouir, parce que depuis ce matin, Nicolas Sarkozy, alias Paul Bismuth est de nouveau replongé dans une affaire qui risque de mettre à mal son avenir politique. En effet, la Cour de cassation vient de valider les écoutes de Nicolas Sarkozy en marge de l'affaire Bettencourt : il est de nouveau redevenu justiciable. Mais cet homme est d'un cynisme effrayant. Comme beaucoup d'hommes politiques, il est avocat d'affaire, il sait bien comment contourner la justice et gagner du temps en ralentissant les procédures. Dans notre monde corrompu, il est presque impératif que les hommes politiques pour percer et s'imposer soient avocats. Ils pourront être encore plus retord que les retords qui les ennuient ! « Nous, la France, nous avons fait de grandes choses, mais nous avons commis des erreurs. Le passé, c'est du passé. Ce qui compte, c'est l'avenir ». Les victimes passées, présentes et à l'avenir compromis en Côte d'Ivoire seront heureuses de ce "nous la France" qui avons juste commis des erreurs; pas des fautes, pas des crimes, des erreurs ! C'est "nous, les Français", pas lui tout seul ! Comme s'il s'était soucié d'expliquer à ses concitoyens les vrais enjeux de la Françafrique et de l'assassinat de Khadhafi! Que nenni, son discours n'a pas dépassé le stade infantile de l'évocation des méchants dictateurs qui s'accrochent à leur siège, qu'il faut éradiquer afin de voler à coup de bombes au secours de leurs citoyens !
Mais ne nous attardons pas sur les 200 victimes jamais retrouvées du chef libyen, et qu'il a si bien vengées en offrant à Moloch deux cent mille victimes. Comme il l'a dit, "tournons la page du compassionnel ". Parce que Sarkozy aime tourner les pages. Il marche sur des ruines fumantes, sans état d'âme, persuadé que d'elles sortiront des royaumes émergents où la justice de la CPI fleurira comme un jardin d'Eden. Encore un de ces "grands du monde" à l'humanité rétrécie, qui ne sent même plus son cœur battre au dedans de lui, tellement il est pétrifié. Quelques heures après les attentats de Bruxelles, il écrivait "Face à l’effroi des attentats terroristes meurtriers qui viennent de frapper la Belgique, sa capitale et le peuple belge, je veux exprimer ma solidarité et rappeler tout mon soutien aux autorités gouvernementales belges qui font face à une attaque coordonnée d’une grande ampleur. Mes pensées vont aux victimes, à leurs proches et à leurs familles. Après la France, la Belgique est directement ciblée. Nos démocraties doivent faire face à une menace intérieure et extérieure qui n’a jamais été si élevée. Dans ces circonstances tragiques, nos dispositifs de sécurité doivent être adaptés et nos partenariats de renseignement renforcés. C’est un impératif absolu. -NS "

Cet impératif de l'actualité vient à point nommé pour appliquer une voile d'ombre rafraichissante sur son passé de délinquant en col blanc avéré. Grâce à la tragédie belge, il ne fera pas la une du journal télévisé ce soir !

Pour finir, je vous avouerai que j'ai un gros problème avec sa signature "NS". Dans le catholicisme, ce sigle bien souvent, -et c'est comme cela que je le lis à chaque fois que je le rencontre-, désigne "Notre Seigneur". Cette appellation accolée au nom de l’ancien président, m'insupporte au plus haut point. C'est subjectif, me direz vous; moi je ne peux m'y soustraire. Mon livre de chevet a été pendant de longues années "l'Imitation de Jésus-Christ", ce petit chef d’œuvre de piété du Moyen-Age où justement NS est à l'honneur, le vrai, le droit, le juste, le compatissant, le dévoué, l'ami, le consolateur. Pas celui qui a repris les même initiales et qui ressemble d'avantage à son sosie d’en-bas, sa copie/version dévoyée, celle du mal, de celui qui divise, déchire et qui semble avoir définitivement accroché son âme au vestiaire. Mais il est vrai que Seigneur et Satan commencent aussi par la même lettre...

Shlomit Abel, 22 mars 2016

15/03/2016

La Côte d'Ivoire appelait Ben Laden ; il est venu à Bassam sans tarder !

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Les Ivoiriens auraient-ils la mémoire courte ? Ne se souviennent-ils plus des cris rageurs des rebelles nordistes dans les rues d'Abidjan au cri de El Akhbar en 2000 ? Cris aussitôt relayés en France dans les colonnes du journal La Croix qui clamait la scission entre le Nord musulman et le Sud catholique ? Les Ivoiriens auraient-ils oublié ces rebelles nordistes qui, à l'imitation de Ben Laden et des djihadistes, se laissaient pousser une barbe hirsute ? Les Ivoiriens ont-ils oubliés qu'un des chefs rebelles a choisi de se surnommer Ben Laden en hommage à l'épouvantail que cet homme représentait dans la conscience collective ? Auraient-ils oublié les rebelles portant des T-shirts avec le portrait de Ben Laden ? Les Ivoiriens auraient-ils oublié que ceux qui gouvernent leur pays ont exécuté froidement des milliers d'Ivoiriens non-armés dans tous les coins du pays ?

Quand on appelle Ben Laden, il vient sans tarder. C'est dans les foyers de l'extrémisme musulman qu'a été nourrie la rébellion ivoirienne au Burkina Faso ! C'est là que tous les musulmans djihadistes se sont donné la main pour dépecer la Côte d'Ivoire. C'est au dernier moment que la France leur a conseillé de couper les barbes et d'abandonner les slogans islamistes pour se fabriquer une étiquette républicaine. Elle leur avait même fourni des habits neufs pour leur donner un semblant de respectabilité.

C'est donc sous ce vernis républicain que la horde de voyous de tous les horizons musulmans de l'Afrique de l'ouest se fondit sur la Côte d'Ivoire dans les pas d'une France sûre de tirer un grand profit du triomphe de cette invasion. Les rebelles ont gaiement tué à Bouaké des gendarmes ivoiriens. Il ont exécuté avec le même sang froid les populations de l'ouest avant de s'emparer d'Abidjan. Pour une si belle opération, tous les supplétifs étrangers ne cessent depuis 2011 de demander leur salaire.

L'idéal djihadiste ne dort jamais quand on a pactisé avec lui. Un pouvoir musulman, entièrement musulman, voilà ce que l'on attendait des rebelles qui avaient entonné le El Akhbar de 2000. Les djihadistes de l'Afrique de l'ouest et du reste du monde n'acceptent pas que leurs amis les trahissent en allant forniquer avec les Français. On leur avait promis une république musulmane. Et voilà que les rebelles ivoiriens qui ont été à leur école leur font des infidélités. Il est donc normal que la leçon tombe un jour. Et ce fut Grand-Bassam !

Quel est l'ivoirien qui aurait l'indécence de qualifier l'attaque de l'ancienne capitale d'acte barbare ? Ce qui vient de se passer est très loin d'atteindre les crimes de Bouaké, du Nord, de l'ouest et même ceux qui se déroulent encore aujourd'hui dans les prisons ivoiriennes. Y a-t-il une différence entre mourir assassiné par un djihadiste ivoirien et mourir assassiné par un djihadiste de l'Afrique de l'ouest ? Quand on introduit la violence des armes dans un pays, il faut s'attendre à ce que les conflits se règlent à coup de fusils ou de canons. Les rebelles du gouvernement en place savent très bien que les morts de Grand-Bassam sont si peu de chose au regard de leurs mémorables prouesses dont ils se vantent dans les vidéos qui circulent sur Internet. Ils sont tous risibles en prêtant un visage attristé devant les caméras. Les Ivoiriens devraient avoir la sagesse de ne pas partager leur peine avec les rebelles qui assassinent leurs parents dans les prisons.

La diaspora ivoirienne qui a été prompte a clamer qu'elle est plus ivoirienne que jamais devrait avoir honte de se retrouver à l'unisson avec les bourreaux de leur pays qui le dirigent depuis que la France le leur a offert sur un plateau.

Raphaël ADJOBI