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07/12/2014

Notre amie Shlomit Abel à coeur ouvert...

2688946781.jpgNotre amie Shlomit Abel, désormais bien connue des internautes ivoiriens, nous parle à cœur ouvert dans un entretien publié par Cameroonvoice. Si elle apparaît à tous comme la meilleure relayeuse d'informations relatives à la Côte d'Ivoire - personnellement, je consulte son blog plusieurs fois par jour - personne ne reste indifférent aux mots avec lesquels elle exprime son engagement pour le combat des Ivoiriens qu'elle considère juste. Dans cet entretien que je vous conseille, vous la verrez sous un angle beaucoup plus large, parce qu'elle parle de l'Afrique, d'Israël et de la France. Et au-delà de tout cela, c'est son âme qui se découvre à nous. Bonne lecture ! Rejoignez-la ici !

30/11/2014

Quel est le vrai visage de la Francophonie ?

La Francophonie à Dakar, Michaëlle Jean à la tête de la Francophonie, Qui succède à Abdou Diouf ? A quoi ser la Francophonie ?


Le XVe sommet de la Francophonie vient de se tenir à Dakar les 29 et 30 novembre 2014 dans une ambiance de franche fraternité, selon les discours officiels relayés par les médias. Mais quelle est la réalité de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie) qui convoque un sommet tous les deux ans et dont l'intérêt semble se limiter à l'élection de son secrétaire général. La vacuité des reportages des médias - avant et après la désignation de la canadienne Michaëlle Jean pour succéder à Abdou Diouf à ce poste - nous oblige à une brève analyse du visage de l'espace géographique francophone.

A l'image du Commonwealth, la Francophonie est un espace ouvert au-delà de la langue commune dont la défense est le moteur de sa création. Mais alors que le Commonwealth est un organisme établissant un système de libre-échange entre les Etats membres avec des règles précises dans le domaine de l'économie, la Francophonie semble privilégier la promotion de la langue française.

On constate que les deux organismes ont en commun la volonté de recruter leurs membres au-delà des territoires ayant pour langue officielle l'anglais ou le français. Ainsi, l'espace francophone compte 57 pays membres et 20 pays observateurs ; soit 274 millions de locuteurs mais 212 millions d'usagers quotidiens de la langue française. Si le Commonwealth recrute sans cesse de nouveaux pays membres - surtout en Afrique francophone - la Francophonie tente de son côté de séduire les populations anglophones, lusophones et hispanophones.

Mais quand on étudie la politique de l'élargissement de la sphère linguistique de la langue française, on découvre que la Francophonie n'apporte absolument rien de concret à ses membres - mise à part la France - sur le plan économique ou politique. Oui, mis à part le rayonnement de la langue française et le rôle de tuteur des pays africains francophones que cet organisme permet à la France de jouer à l'ONU, la grande majorité de l'espace géographique de la Francophonie n'est qu'une mer de désolation.

Aujourd'hui, à travers le monde, des anciennes colonies anglaises, portugaises et espagnoles sont en passe de devenir des puissances mondiales ou des pays économiquement forts. Par contre, les anciennes colonies françaises occupent toutes les derniers rangs du développement ; c'est-à-dire qu'elles sont la lie de la pauvreté mondiale. La Francophonie n'est donc rien d'autre qu'un champ de misère.

Cet état de fait s'explique aisément. D'abord, en matière de sécurité, la trop grande présence militaire de la France en Afrique - qui compte le plus grand nombre de pays francophones - apparaît constamment comme les sabots d'un géant dans une fourmilière. La Ve république compte déjà en Afrique une cinquantaine d'interventions militaires depuis 1960 ; soit en moyenne une intervention militaire par an. Si la France s'en vante et qualifie ses actions d'humanitaires, qu'elle sache une fois pour toutes le regard que les Africains portent sur elle : un camarade turbulent et gênant parce qu'il empêche toute vie harmonieuse ! En effet, la France ressemble à l'élève qui, dans une cour de récréation, est mêlé à tous les conflits répertoriés dans l'établissement. Elle est à l'image de celui que l'on retrouve dans toutes les querelles ayant lieu entre des élèves de n'importe quel niveau de classe ; elle est l'élément absolument suspect qu'il convient de renvoyer ou de mettre à l'isolement.

Il suffit ensuite de jeter un regard sur la situation économique et sanitaire des pays francophones pour se rendre compte à quel point leur état est déplorable. On tente souvent de cacher leur misère en vantant les chiffres des produits vendus. Mais quand on regarde l'état des vendeurs africains, on se rend bien compte qu'ils sont incapables de se soigner, d'habiter des maisons correctes, de scolariser leurs enfants ; on se rend compte qu'ils ne sont rien d'autres que des esclaves à domicile : condamnés à produire pour le maître français et à consommer ce que ce dernier leur a appris à consommer. Et malheur à ceux qui oseront choisir une autre option de vie ! Un coup d'Etat est vite arrivé dans ces contrées sauvages.

La Francophonie pourrait être un excellent "rendez-vous du donner et du recevoir", à condition qu'il n'y ait ni maître ni élève devant faire allégeance. Une communauté ayant en partage la langue française pourrait être un harmonieux espace de développement si la France ne décidait pas toute seule et si les pays africains n'étaient pas condamnés à obéir. La Francophonie pourrait être un véhicule d'émancipation et d'équilibre entre les Etats si elle était capable, tous les deux ans, de dire les défis relevés. Au Burkina, seulement 650 000 personnes parlent la langue française (5%) sur une population de près de 14 millions ; au Niger, ils sont 1 260 000 sur une population de 14 millions (9%) ; au Mali, en Mauritanie, à Madagascar et dans d'autres pays francophones d'Afrique, de nombreux scores ne dépassent pas les 20%. Il faudra sans doute commencer par la promotion de l'instruction des populations pour qu'elles comprennent les bienfaits qu'elles peuvent tirer du français pour leur liberté sociale, économique et politique. Est-ce cela que l'on veut éviter ?

Une chose est sûre : pendant que les gouvernants font la fête, les peuples africains boudent plus que jamais la France. Partout, ils la regardent comme l'épine douloureuse plantée dans leur pied et qui les oblige à avancer en boitant.

Raphaël ADJOBI

24/11/2014

Les leçons de la mutinerie au sein des FRCI

Quelles leçons les Ivoiriens tirent-ils de la récente mutinerie au sein des FRCI et de la manière dont le remous provoqué a été réglé ? Réfléchissons ensemble : essayons de comprendre ce qui s'est passé et tirons-en les conclusions permettant une lecture claire de la situation politique de la Côte d'Ivoire.

Mutinerie dans les FRCI, Ouattara et le salaire des rebelles, les 5 millions promis aux rebelles ivoiriens


Nous savons tous que depuis la fin de ce qu'il est convenu d'appeler désormais la crise postélectorale, tous les jeunes attirés par le gain que leur ont fait miroiter les seigneurs et les pères de la rébellion, ces jeunes qui ont pris les armes pour Alassane Ouattara n'ont pas été intégrés au sein des FRCI une fois le pouvoir conquis. Nombreux sont ceux qui se sont retrouvés les armes à la main mais condamnés à errer ça et là pour trouver de quoi subsister. Alors partout, sur l'ensemble du territoire, ils ont pris l'habitude d'ériger des barrages, d'improviser des contrôles routiers, de squatter des résidences abandonnées.

Ainsi, à la sortie de Bonoua, presqu'en face du centre Don Orione, des anciens rebelles désœuvrés ont squatté durant des mois – peut-être y sont-ils encore – l’ancien hangar de la SOCABO (société coopérative d'ananas de Bonoua). Ils contrôlaient inopinément les piétons qui osaient s'aventurer sur l'ancien terrain de la SOCABO qu'ils avaient baptisés « camp militaire » même si aucune enseigne ne le signalait. Ces noyaux de désœuvrés en armes sont indubitablement un danger public mais le gouvernement ne s'en soucie guère, trop occupé qu'il est à soigner son image auprès des Européens pour entretenir la confiance que ceux-ci lui accorde.

Et puis voici qu'en ce mois de novembre 2014 éclate cette affaire de "5 millions de francs CFA par tête en cas de renversement du président Gbagbo" promis par Alassane Ouattara à ceux qu'il avait recrutés pour prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire. En clair, non seulement M. Ouattara n'a pas pu garder tous ses rebelles dans son armée officielle dénommée FRCI, mais encore il n'a pas honoré la promesse qu'il a faite à tous, provoquant le mécontentement des désœuvrés et de tous ceux qui n'ont pas été promus dans les hautes sphères de l'armée.

La première leçon a tirer de cette mutinerie et de ses exigences que M. Ouattara s'apprête à satisfaire – dit-il – c’est que les FRCI donnent la preuve officielle qu'ils sont une armée prétorienne, c'est-à-dire une armée au service d'un homme et non de la nation ivoirienne, du peuple ivoirien. Le monde entier peut désormais retenir qu'elle n'est pas une armée soucieuse de l'intégrité nationale mais de la pérennité du pouvoir d'un homme. Ce que réclament les mutins, c'est le « salaire » qui leur est dû pour le service rendu à M. Ouattara. S'ils ont exigé et obtenu de le rencontrer pour lui parler de vive voix, c'est parce qu'ils se sentent floués par lui personnellement et non par l'Etat. Il s'agit bel et bien d'un litige entre un homme et ses employés venus exiger leur butin de guerre. Oui, car c'est exactement de leur butin de guerre pris à l'autre partie de la Côte d'Ivoire qu'il s'agit. Il ne s'agit absolument pas d'un salaire à verser pour la défense de la Côte d'Ivoire menacé par un ennemi extérieur.

La deuxième leçon à tirer de cette mutinerie et de ce qui en résulte est la confirmation de l'injustice qui caractérise le pouvoir de M. Ouattara. En effet, ce qui est scandaleux, c'est que c'est dans les caisses de l'Etat – c’est-à-dire dans les poches des travailleurs ivoiriens – que M. Ouattara va puiser l'argent nécessaire au paiement d'un service qui lui a été rendu personnellement ! Lorsque ces anciens rebelles auront reçu leur dû, ils continueront à jurer fidélité à leur employeur et se tiendront prêts pour d'autres missions similaires. Par ailleurs, les désœuvrés ou les déçus de la rébellion – parce qu'ils n'ont pas pu se faire une place au sein des FRCI – pourraient être encouragés à se manifester par les armes afin d'obliger M. Ouattara à puiser davantage dans les caisses de l'Etat pour honorer ses folles promesses. Il faut donc s'attendre à ce qu'il dépouille les travailleurs ivoiriens pour éponger ses dettes, qu'il les déshabille pour habiller ses chers rebelles d'hier.

Toutefois, les Ivoiriens peuvent se consoler en se disant que cette mutinerie a effrayé le dictateur et déstabilisateur ouest-africain Blaise Compaoré et l'a obligé à quitter Yamoussoukro pour le Maroc. Si cet homme aime le bruit doux des canons, il a horreur des cris des foules. Bon débarras ! Une maigre consolation, dites-vous ? Oui, mais une consolation quand même.

Raphaël ADJOBI

19/11/2014

Les Burkinabè de Côte d'Ivoire ont-ils trahi leurs compatriotes ?

Les Burkinabé de Côte d'Ivoire et la révolution burkinabè, Blaise Compaoré en Côte d'ivoire, Blaise Compaoré peut-il déstabiliser le Burkina depuis la Côte d'Ivoire ,


Comment ont-ils pu accepter que celui que leurs compatriotes ont chassé puisse trouver refuge parmi eux ? Comment les Burkinabè de Côte d'Ivoire ont-ils pu demeurer insensibles au souffle libérateur qui a secoué leur patrie ? Ont-ils choisi de protéger l'homme que leurs parents demeurés au pays indiquent d'un doigt accusateur ? Préfèrent-ils Blaise Compaoré à leurs parents et amis révolutionnaires défenseurs de la constitution nationale ?

Le manque de réaction des Burkinabé de Côte d'Ivoire à l'annonce de l'entrée de Blaise Compaoré en Côte d'ivoire où il a trouvé refuge est tout à fait sidérant. Alors que tous les journaux africains encensent le peuple burkinabé en le déclarant « magnifique » et en couvrant son action de tous les qualificatifs, la frange de cette population basée en Côte d'Ivoire – le pays voisin – le reçoit dans ses bras sans montrer aucune horreur du crime qu'il s'apprêtait à commettre. Pas une manifestation d'indignation ! Pas une manifestation symbolique contre la présence en Côte d'Ivoire de Blaise Compaoré signifiant leur solidarité au mouvement de colère qui a soufflé sur leur pays !

Il faut croire que tous les Burkinabè ne sont pas de la même qualité. Les arrivistes, les « retourneurs de veste », quand ils ont quitté le pays dit des hommes intègres, s'accommodent-ils de tout ? Doit-on croire que pour eux, Thomas Sankara ou Blaise Compaoré c'est la même chose ? Si c'est le cas, leur pays ne peut plus compter sur eux pour défendre leurs institutions. Quelle tristesse ! Peut-être qu'à force de vouloir travestir les institutions ivoiriennes pour se faire une place en Eburnie, ils ont perdu le sens de l'amour du Burkina et n'ont gardé que l'amour de Blaise Compaoré. Ils ne montrent aucune peur de voir Blaise Compaoré retourner sa passion déstabilisatrice contre leur mère patrie ! Espérons qu’ils ne constitueront pas l’arme de la reconquête du pouvoir Burkinabé pour le bourreau de Thoma Sankara, de Jean-Baptiste Boukari Lingani et d’Henri Zongo.

En tout cas, aujourd'hui, la seule chose qui leur reste à faire pour se racheter et ne pas se montrer solidaires, par leur silence, d'un homme que toute une nation regarde comme un criminel et tout un continent comme un déstabilisateur, c'est que tous les Burkinabè résidant en Côte d'Ivoire signent la pétition lancée par Félix Atchadé demandant la poursuite devant les tribunaux burkinabé ou africains de Blaise Compaoré pour répondre des crimes non élucidés sous ses mandatures. Nous ne voudrions pas croire que tous les Burkinabés en Côte d'Ivoire sont des mercenaires déstabilisateurs n'ayant aucun sens de l'amour de la patrie et des institutions nationales. Les patriotes ivoiriens attendent de les voir se comporter en véritables patriotes burkinabé respectueux de leurs droits et ceux des autres.

Pour finir, souhaitons vivement que les Ivoiriens se montrent solidaires des Burkinabè en signant la pétition dont nous mentionnons ici le lien : http://pasdimpunitepourcompaore.blogspot.fr/

Raphaël ADJOBI

13/11/2014

La crise au sein du FPI est bien idéologique !

L'AIRD et le combat de Laurent Gbagbo, Affi N'guessan et la crise au FPI, Gnahoua G. Ambroise A la lecture de l'Article de M. Gnahoua G. Ambroise, représentant du FPI au Sénégal – paru dans Le Nouveau Courrier du mercredi 13 novembre 2014 – la crise au sein du FPI est bien idéologique, comme l'AIRD-France l'indiquait dans son article publié la veille dans le même journal.

M. Gnahoua G. Ambroise reconnaît que pour certains militants du FPI, « la ligne souverainiste a échoué, en même temps que Laurent Gbagbo ». Et selon lui, ceux-là doivent avoir le courage de le dire ouvertement et l'assumer afin qu'un réel débat s'instaure et aboutisse au choix de la ligne idéologique à suivre désormais. Car, note-t-il, « de quelque côté que l'on se situe, la clé de voûte de ce débat demeure Laurent Gbagbo, c'est-à-dire, au-delà de sa personne, l'essentiel de son combat et de ses idées politiques et la trace qu'il veut laisser dans l'histoire ». En d'autres termes, comme l'AIRD-France le disait dans son article du 12 novembre (Le Nouveau courrier) – « Du combat de Laurent Gbagbo et de la crise au sein du FPI » - la vraie question est de savoir si oui ou non l'on veut poursuivre le combat de Laurent Gbagbo qui est l'indépendance politique et économique de la Côte d'Ivoire.

Faut-il continuer à porter comme idéal « la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes » ou s'orienter vers une autre voie ? En sachant bien que choisir une autre voie signifierait rayer du statut du FPI son article 4 stipulant que « le FPI rassemble en une union volontaire les femmes et les hommes épris de justice et de liberté, engagés contre toute forme de domination sur la Côte d'Ivoire et en Côte d'Ivoire ».

L'article de M. Gnahoua G. Ambroise mérite donc d'être lu et relu par les Ivoiriens pour se convaincre que la crise qui secoue le FPI doit obligatoirement aboutir au choix, de manière démocratique, d'une ligne idéologique claire pour tous. Il s'agira donc de confirmer la voie indiquée par Laurent Gbagbo ou d'en proposer une autre. La crise que l'on a voulu considérer comme « une simple lutte de positionnement en vue du contrôle de l'appareil du parti » est donc en réalité plus sérieuse que cela ; et l'AIRD-France l'avait bien perçue. Pour nous, il faut continuer à avoir les yeux fixés sur le chemin indiqué par Laurent Gbagbo. Il s'est sacrifié pour cela. Et aujourd'hui où l'Afrique entière comprend que ce combat est juste et lui devient cher, nous aurions tort de nous en écarter.


Raphaël ADJOBI