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11/01/2014

Abel Naki et le CRI-Panafricain fiers de rejoindre l'extrême droite française !


Voici la belle annonce qu’Abel Naki, se disant l’un des grands défenseurs de Laurent Gbagbo et de la démocratie en Côte d’Ivoire, nous délivre sur le site Ivorian.net. Pour la circonstance, il a choisi la pause du grand penseur sollicité par « le peuple français » ! Attention à la chute !

Abel Naki et l'extrême droite française, Le CRI-Panafricain d'Abel Naki flirte avec l'extrême droite, la résistance ivoirienne et la droite française


A grand renfort de publicité, Abel Naki affirme fièrement sa complicité avec la droite décomplexée des sarkozystes et l'extrême droite. Il appelle les Ivoiriens et les Africains de la diaspora à manifester avec ses nouveaux amis. C'est comme si, pour libérer la Côte d’Ivoire, Affi N'Guessan appelait à manifester aux côtés des dozos et des FRCI.

Impensable hier, cette union entre un mouvement de la résistance ivoirienne et l'extrême droite française ne peut à première vue s'expliquer que par le désespoir. Oui, on peut croire que, désespérés de ne pas avoir les soutiens nécessaires à gauche, Abel Naki et le CRI-Panafricain ont décidé de vendre leur âme au diable afin de lutter contre Ouattara et obtenir par la même occasion la libération de Laurent Gbagbo.

Mais si on regarde les choses d'un peu plus près, on fait des constats terribles pour Abel Naki.

D'abord, depuis qu'il a échoué dans sa tentative de faire du CRI-Panafricain un mouvement politique – de la quarantaine de membres actifs, il n'en reste plus qu'une petite dizaine – Abel Naki a perdu les cerveaux ou les matières grises de son mouvement et ne fait plus que des bêtises. En un seul mois, c'est la deuxième qu'il commet après la calomnie du jeune Victor Prado qu'il avait accusé d'avoir infiltré la résistance ivoirienne pour le compte des Renseignements généraux français. Accusation très grave !

Ensuite, cette dérive vers les idéaux du Front National de Marine Le Pen s'explique tout simplement par l'ignorance. Tout le monde peut voir que cette deuxième raison découle de la première. En effet, avec le bon sens de l'homme cultivé, Abel Naki aurait vu et lu les marques évidentes de l'orientation politique de tous les mouvements français qui l'ont invité à manifester à leurs côtés.

Si Abel Naki avait une connaissance exacte de la société française et des mouvements associatifs et politiques qui la composent, il aurait remarqué les traces de la droite décomplexée des sarkozystes et de l’extrême droite dans le document qu’il a fait publier ! Pauvre Abel Naki ! Même s'il ne connaît pas tous les mouvements et toutes les associations d'extrême droite, il aurait dû savoir que les collectifs organisateurs de cette manifestation comme « Nationalité-Citoyenneté-Identité », « Les Bonnets Rouges », « Les Bonnets Rouges frontaliers », « collectif Famille Mariage », sont de toute évidence des organisations qui flirtent avec l'extrême droite ou sont de l’extrême droite !

Non content de montrer sa fierté aux côtés des partisans des idéaux de Marine Le Pen, il leur fait de la publicité en nous donnant le lien qui conduit à leur site Internet. Ah, la fierté d'avoir des amis blancs ! Oui, Abel Naki veut montrer à tous les Ivoiriens et à tous les Africains qu'il est désormais l'ami des Blancs ! Oui, lui, les Blancs l'invitent parce que les Blancs le connaissent et le reconnaissent. Comme Alassane Ouattara, il est l'ami des Blancs ! Et il faut, selon lui, que ça se sache !

Abel Naki et l'extrême droite française, Le CRI-Panafricain d'Abel Naki flirte avec l'extrême droite, la résistance ivoirienne et la droite française


Aveuglé par sa fierté d'être devenu l'ami des Blancs - mais l'ignorance y est pour beaucoup - il n'a pas pu déceler les marques de l'orientation « Front National » de tous les collectifs aux côtés desquels il manifestera bientôt à Paris. L'image de la Marianne criant sa colère aurait pu l'interpeller ! Tout le monde sait - sauf Abel Naki - que Marianne est la figure emblématique abusivement utilisée par l'extrême droite ! Autre indice : le nom de la manifestation en Bleu (Jour) - Blanc (de) -Rouge (colère) ! Mon Dieu, peut-on être ignorant à ce point ? Cette image de Marianne jointe au contenu du texte qui l'accompagne aurait dû le convaincre du caractère repoussant de l'invitation. Il aurait dû se dire « où est-ce que je mets les pieds ? ». Car dans le texte publicitaire, apparaissent clairement les thèses du programmes de l'extrême droite française pour qui la gauche « affame les paysans, libère les délinquants des prisons, déboussole les enfants, réduit les libertés, assassine notre identité et détruit nos familles ».

Oui, Abel, l’association des termes « Famille » et « identité » aurait dû te renvoyer aux discours véhiculés par l’extrême droite ! Toi l'ami des Blancs, tu es devenu tellement blanc que tu n'es plus gêné de lire cette phrase dans le texte que tu as publié : « Oui, nous sommes en colère. En colère face aux attaques incessantes du gouvernement contre notre identité, notre histoire, notre culture, notre « entre soi » multimillénaire » ! Et dans le document que tu as publié, tu montres clairement que tu vas manifester pour dire « Non au droit de vote des étrangers », pour dire ta colère contre « l'immigration, l'islamisation de la France et le remplacement de population ». Bravo !

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Faire tant de bruit pour une simple invitation à manifester témoigne d’une folle envie de se faire remarquer, d’un ego démesuré. Retiens une chose, cher Abel : quand on veut faire de la politique, il est toujours bon d'avoir un homme de culture avec soi. Le manquement à cette mesure de sagesse a fait de Nicolas Sarkozy le président français le plus inculte pour avoir affirmé – contre l'histoire et les connaissances universelles – que l'Afrique n'est pas assez entrée dans l'histoire !

Raphaël ADJOBI

Lire l'appel sur Civox.net

15/04/2013

Manifestation européenne de soutien à Laurent Gbagbo, 13 avril 2013


La manifestation européenne organisée par les mouvements de résistance africaine le 13 avril 2013 pour commémorer l'enlèvement de Laurent Gbagbo par l'armée française (13 avril 2011) a tenu toutes ses promesses. Un cortège aux multiples drapeaux - et donc forcément très coloré - est parti de la Place de Clichy à 15 h pour terminer sa marche à la Place de Stalingrad.

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Ce fut une grande fête de la fraternité qui a permis à chacun d'exprimer sa volonté de ne plus laisser assassiner ou emprisonner dans le silence et l'indifférence les leaders africains soucieux de la vraie indépendance des états africains. Les nombreux drapeaux étaient le témoignage de cette fraternité et du soutien que les représentants de chaque nation voulaient apporter au président Laurent Gbagbo.

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Le cortège a d'ailleurs suscité beaucoup de curiosité de la part du public parisien qui certainement n'a pas vu de manifestation internationale de soutien à un leader étranger depuis très longtemps. Aussi, les gens photographiaient et interrogeaient les manifestants. Ce fut donc l'occasion de distribuer des tracts pour étancher leur soif tout en scandant le nom de Laurent Gbagbo pour le graver dans leur esprit. Il est certain que les touristes qui photographiaient et filmaient seront les meilleurs ambassadeurs de la cause de Laurent Gbagbo. Plus jamais ils ne pourront croire que l'Afrique approuve l'intervention militaire française en Côte d'Ivoire ; plus jamais ils ne pourront croire que Laurent Gbagbo n'est pas aimé par les Ivoiriens et les Africains.

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C'est ici de dire encore une fois que le combat pour informer le public de la responsabilité de la France dans la dictature qui sévit en Côte d'Ivoire doit se faire dans la durée. Une manifestation, belle soit-elle, ne suffira pas. Le combat doit donc se poursuivre contre la politique de rattrapage ethnique - c'est-à-dire le pouvoir d'une ethnie contre toutes les autres - choisie par le pouvoir de Ouattara installé par la France. On peut croire que la réussite de la manifestation de ce 13 avril 2013 va participer à la dynamisation des résistants ivoiriens et panafricanistes.

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Raphaël ADJOBI

P.S : Désolé pour la mauvaise qualité de mes photos ; elles ont été prises avec un téléphone mobile.

20/02/2013

La manifestation à La Haye du 19 février 2013 : les panafricanistes fidèles à Laurent Gbagbo


Il suffit de participer, à La Haye, à l'une des nombreuses manifestations de soutien au président Laurent Gbagbo pour se rendre compte de la dimension prise par cet homme dans la conscience populaire de la diaspora africaine. Il était émouvant de voir rassemblés, le 19 février dernier, des Camerounais, des Togolais, des Congolais et d'autres nationalités africaines moins nombreuses certes mais non moins dynamiques autour des Ivoiriens.

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Pour montrer leur attachement au symbole que représente pour eux le président Laurent Gbagbo, de nombreux panafricanistes venus de toute l'Europe n’ont pas voulu manquer l’occasion de crier leur indignation durant l'audience de ce 19 février 2013. Ils se sont d'abord retrouvés dès 8 h dans l'immense parc du centre ville que beaucoup connaissent très bien désormais. A 13 h, pris en charge par la police montée, la police motorisée et celle à vélo, les manifestants ont rejoint, à leur grande joie, au cri de "Freedom Gbagbo" ("Liberté pour Gbagbo"), le siège de la CPI où ils sont demeurés sur la place qui leur a été réservée jusqu'à 17 h.

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La plus grande joie de tous les participants à cette manifestation est d'avoir pu traverser la ville en chantant et en scandant le nom du président Laurent Gbagbo. Sur leur passage, certains Hollandais brandissaient un poing levé ou arboraient un large sourire pour leur témoigner leur solidarité. Certains applaudissaient ou levaient le pouce pour signifier leur approbation. Tous avaient cessé leur activité ou leur promenade pour montrer leur curiosité au passage du cortège.

Assurément, les Hollandais savent qu'en touchant à Laurent Gbagbo, les organisations internationales ont fait quelque chose de nauséabond. Depuis que l'initiateur de la lutte pour la démocratie en Côte d'Ivoire est devenu l'un des locataires de la prison de l'institution qu'abrite La Haye, ils ont le sentiment d'avoir hérité d'un cadeau empoisonné. Les médias français ont beau couvrir le crime de leur pays en Côte d’Ivoire en ne relayant jamais les manifestations de soutien à Laurent Gbagbo – quand ils ne les minimisent pas -, de toute évidence l'histoire ne manquera pas de souligner que le procès de cet homme aura été le premier au cours duquel des Africains se seront levés pour dire NON à l'Europe avant même que le verdict ne soit prononcé ! Aussi, ceux qui font le voyage à La Haye pour soutenir Laurent Gbagbo ont le réel sentiment d'écrire une page de l'Histoire de l'Afrique digne ; celle que les petits Africains de demain liront avec fierté et peut-être avec une larme à l'œil et l'indignation chevillée au cœur.

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Huit cars de soixante places* et quelques dizaines de personnes qui ont fait le déplacement en voiture - au total donc 500 personnes environ - ont permis la réussite de cette belle manifestation qui doit encourager les Ivoiriens et les Panafricains à ne jamais perdre espoir. Laurent Gbagbo a fait ce qu'il devait faire ; ce que nous semblons faire pour lui aujourd’hui, c'est pour nous et pour l'avenir que nous le faisons. Nous agissons pour dire à l'Europe et à ses négriers africains que leurs crimes ne seront plus jamais commis dans le silence des Africains.


*N.B : Le correspondant de l’AFP - comme tous les jeunes français d’une vingtaine d’années qui ont du mal à compter - parle de 200 à 300 manifestants, malgré la présence de 8 cars. Il lui aurait suffi de s'adresser aux chauffeurs pour être très proche du bon chiffre. Les Français blancs ne sont pas forcément menteurs ; ils sont souvent ignorants.

Raphaël ADJOBI

12/08/2012

La Caravane de la Liberté du CRI-Panafricain de passage à Paris


le cri-panafricain,manifestation ivoirienne à paris,la caravane de la liberté Le samedi 11 août 2012, La Caravane de la Liberté du CRI-Panafricain a fait escale à Paris. Rassemblés à la Place de la Nation, les manifestants ont rejoint la Place de la Bastille au cri de "Libérez Gbagbo !" Encore un franc succès du mouvement initié par Abel Naki, apparemment rodé à l'action militante.

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Certes, la caravane a été longue à se mettre en marche. Mais le temps du rassemblement avant le départ tardif du cortège a permis aux uns et aux autres de faire connaissance. Aux mouvements des policiers chargés de l'encadrement de la manifestation, tout le monde avait compris que l'occupation de la chaussée devait se faire à un moment précis convenu entre Abel Naki et les autorités de la ville. C'est donc dans une ambiance fraternelle et patriotique que le cortège a parcouru le long trajet Nation-Bastille, permettant ainsi à de nombreux Parisiens d'entendre non seulement l'appel à la libération de Laurent Gbagbo mais aussi la demande du retour à la démocratie en Côte d'Ivoire.

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Les objectifs de La Caravane de la Liberté sont de toute évidence simples : amener les Français à une autre lecture de l'histoire récente de la Côte d'Ivoire, les informer sur la situation des prisonniers politiques du régime actuel et le mauvais traitement des populations de l'ouest ainsi que des exilés dans les pays voisins. Il est en effet nécessaire de rappeler à chacun que tout dirigeant qui maintient ses opposants en prison sur de simples accusations et non pas parce qu'ils ont été jugés coupables - suite à un jugement équitable - est un dictateur. Remplissant cette condition, Alassane Ouattara est un dictateur ! Il est nécessaire que chacun comprenne qu'aucune paix ni aucune réconciliation n'est possible dans un pays qui a connu la guerre si le nouveau pouvoir emprisonne tous les anciens dirigeants et fait fuir à l'étranger les populations de toute une région.

Nombreux sont les intellectuels africains qui ont pris la défense de Laurent Gbagbo contre le soutien de l'ONU et de la France à Alassane Ouattara. Chose exceptionnelle en Afrique ! Cela, le président François Hollande ne peut l'oublier s'il veut améliorer les relations entre la France et les pays francophones d'Afrique. Et les manifestations sont là pour lui rappeler que le mécontentement contre la politique menée par son prédécesseur persiste. François Hollande et tous les Français doivent retenir que Laurent Gbagbo est le père de la démocratie en Côte d'Ivoire. La conquête d'une élection libre dans ce pays est son oeuvre ! François Hollande et les Français doivent savoir que replié sur les institutions à Abidjan, après les élections, Laurent Gbagbo n'a jamais demandé à l'armée nationale dont il était le chef de lancer des opérations contre les rebelles qui étaient alors au nord. Ce sont ces derniers qui sont descendus au sud et se sont exposés à une opposition des soldats loyalistes. Peut-on dans ce cas parler de crime ? Laurent Gbagbo a-t-il été criminel parce qu'il s'est défendu ? Et ceux qui, dans leur descente sur Abidjan ont assassiné les gendarmes de Bouaké, la population de Douékoué puis celle des villages des environs d'Abidjan, sont-ils indignes de la Cour Pénale Internationale ? Il appartient à chaque citoyen de se prononcer en son âme et conscience afin que les dirigeants français comprennent l'urgence d'une autre relation avec la Côte d'Ivoire.

Bravo à tous les militants ivoiriens et africains qui se battent pour ne pas laisser s'éteindre la flamme de la liberté. Nous espérons qu'après Nice et Paris, d'autres villes accueilleront la Caravane de la Liberté pour que la lutte continue. Car il nous faut "faire savoir au monde qu'on ne peut plus tuer les leaders Noirs dans le secret" (Maya Angelou, in Tant que je serai noire).

Raphaël ADJOBI

07/01/2012

Les surdiplômés "clandestins" et le gouvernement Sarkozy


La presse française vient encore, en ce début du mois de janvier, rappeler que la manifestation des surdiplômés étrangers se poursuit en même temps que l'inquiétude des patrons français qui sont sommés par le gouvernement Sarkozy de ne pas les embaucher. L'intransigeance du gouvernement répond-il simplement à un besoin de protéger le pain des Français ? A lire le billet de Erwan Desplanques, on peut croire que non. La peur de l'étranger et les visées électoralistes semblent apparaître en filigrane sous les actes du gouvernement.

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"Le ministre Claude Guéant vient de créer une nouvelle caste d'indignés : les surdiplômés clandestins. Des cerveaux d'acier venus de toute la planète pour se former à Sciences-Po, la Sorbonne ou HEC et qui, en obtenant leur diplôme, ont surtout gagné le droit de rentrer chez eux. Tant pis si de grandes sociétés françaises leur ont proposé des postes en or... La circulaire du 31 mai cosignée par Claude Guéant et Xavier Bertrand, visant à réduire l'immigration légale de 10%, a demandé aux préfets de durcir la délivrance des permis de travails. Résultat : des centaines de jeunes diplômés étrangers sont devenus sans-papiers, alors qu'on leur offrait un CDI en France ! "Une aberration économique, juge Christophe Girard, adjoint au maire de Paris. Si nos entreprises les ont choisis, ce n'est pas par charité, mais parce qu'elles en ont besoin." Parmi ces "interdits de travail", Nabil, 25 ans, Marocain diplômé de HEC. Ou Maria, 29 ans, Libanaise, titulaire d'un master de création numérique à Paris, qui n'a pas le droit de bosser dans la start-up qui l'a embauchée cet été : "C'est humiliant, cette entreprise a crée le poste pour moi et me juge indispensable pour son développement international. Or, je n'ai toujours pas obtenu de réponse de la sous-préfecture, qui m'a reçue comme une mendiante, comme si je voulais profiter du système".

Depuis trois semaine, l'inquiétude gagne aussi bien les patrons français que la presse étrangère (le New York Times s'est fendu d'un billet sur la circulaire Guéant). François Fillon a voulu rassurer les présidents d'université - faut-il rappeler que 40% des doctorants sont étrangers - , et des situations ont été régularisées, mais au cas par cas, sans convaincre les associations. Etonnant paradoxe : la France s'enorgueillit d'être le troisième pays le plus attractif pour les étudiants étrangers (derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni), mais les dissuade de venir en leur bloquant l'accès à l'emploi. En période de crise (et pour piquer quelques voix au FN), le pays privilégie donc les ressortissants européens : les échanges Erasmus entre les étudiants ou les stagiaires vont même doubler en Europe dès 2014. Encore faut-il que chaque pays membre garde ses frontières ouvertes. Le repli nationaliste gagne à l'intérieur de l'Europe : la Hongrie, par exemple, a déjà prévu d'interdire à ses diplômés de partir travailler à l'étranger. Les étudiants devront en prendre l'engagement par écrit et, en cas de départ, se verront obligés de rembourser à l'Etat le coût total de leur scolarité !"

Remarquons que l'engagement de servir leur pays que devront prendre les diplômés hongrois, n'est pas une pratique nouvelle. Nous dirons même qu'il est propre à tous les pays sous-développés ou en développement. La France l'avait appliqué quand elle avait besoin d'agents dans des secteurs précis comme l'enseignement. Mais on ne peut nier que dans l'Europe actuelle, cette pratique apparaît évidemment comme du protectionnisme. Mais quel gouvernement européen ne parle pas de protéger les emplois de ses citoyens ?

Erwan DESPLANQUES (Télérama n° 3220 du 10 au 16 décembre 2011)