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07/04/2019

La première d'une série de conférences à l'AFPA : la Côte d'Ivoire ouvre le bal


Afin de diversifier ses rencontres, l'Alliance des Forces Progressistes pour l'Afrique a décidé d'organiser des conférences autour de la vie politique, sociale et économique des différents pays africains. La première a eu lieu le 30 mars 2019 en présence de Mme Odette Lorougnon, vice-présidente du F.P.I (Front populaire ivoirien). Au programme : la Côte d'Ivoire, avec trois sujets développés par trois intervenants : la souveraineté (M. Pierre Kipré, ancien ministre), les droits de l'homme en Côte d'Ivoire (M. Boga Sako, président de la FIDHOP), la réconciliation en Côte d'Ivoire (M. Eric Kahé, ancien ministre).

Cette première rencontre a été un franc succès grâce à la qualité des exposés des Intervenants. Après avoir distingué indépendance et souveraineté, tout en montrant leur lien étroit, M. Pierre Kipré a souligné à quel point les dirigeants africains ignorent les contours et les aspirations de leurs populations, rendant ainsi impossible une véritable souveraineté nationale. La permanence du Franc CFA, la succession des hommes liges au pouvoir et la présence de l'armée française, sont en effet trois éléments constituant un vrai déni de la souveraineté. Quant à M. Boka Sako, il a montré combien d'Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara la ligne de conduite reste la même : privilégier les droits socio-économiques (grands travaux et produits d'exportation) au détriment des droits civiles et politiques. Un choix qui laisse fragiles la démocratie et la cohésion nationale. Enfin, M. Eric Kahé a montré que la figure de Laurent Gbagbo est devenue incontournable pour réaliser la réconciliation nationale. Cette réalité est d'autant plus éclatante que le président actuel n'a jamais su transcender ce que représente son prédécesseur dans la conscience des populations pour réaliser la réconciliation tant attendue pour un nouveau départ de la vie politique et démocratique du pays après le cataclysme de 2011.

Outre quelques questions adressées aux intervenants pour des éclaircissements, l'assistance a surtout formulé des observations qui ont élargi le contenu des exposés. Nous retiendrons le fait que malgré l'intérêt de la conférence, les destinataires des sujets traités posent un réel problème. En effet, force est de reconnaître que ce type de rencontre finit par se limiter à prêcher des convaincus ! La très grande majorité des personnes présentes était des Ivoiriens ou des Français fervents défenseurs du rétablissement de la Côte d'Ivoire dans ses droits fondamentaux aujourd'hui bafoués. Or, puisque entre le pouvoir actuel et l'opposition - qui a fait de l'ancien prisonnier de La Haye son élément catalyseur - il y a un troisième acteur qui est la France, il importe que ce soit le public français qui bénéficie de toutes les connaissances exposées ; et cela afin qu'il comprenne l'entrave que constituent ses dirigeants dans la vie politique de la Côte d'Ivoire. M. Pierre Boutry, représentant du Parti de gauche à l'AFPA, a pris note de cette préoccupation et pense que son parti peut trouver les voies et moyens de rendre réalisable ce souhait. Les participants à cette première conférence se sont tout de même séparés avec la ferme conviction que si les pays africains veulent leur liberté, parce qu'ils estiment qu'ils en sont dignes, ils ne doivent pas attendre qu'on la leur donne ; ils doivent la prendre. Autrement dit, ils doivent être les acteurs de leur propre liberté.

Raphaël ADJOBI

22/10/2013

Déclaration de l'AIRD du 20 octobre 2013 relative à la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire

Depuis le début de ce qu'il est convenu d'appeler la crise postélectorale, l'ouest de la Côte d'Ivoire, profondément meurtri, est devenu le baromètre de la violence et de l'insécurité qui se sont installés dans le pays. Devant la multiplication des accrochages entre les différentes communautés qui occupent cet espace en l'absence des exilés, l'AIRD tire la sonnette d'alarme. Que les pouvoirs publics l'entendent pendant qu'il est encore temps.

Déclar. de L'AIRD 0001.jpgLa situation sociopolitique en Côte d'Ivoire est marquée, depuis le 11 avril 2011, par des conflits sanglants et meurtriers entre communautés. Dans la plupart de ces conflits, sont mis en cause des milices armées de «chasseurs traditionnels Dozos» qui opèrent, en conquérants, très loin de leur sphère culturelle et géographique. Ces «Dozos» vont jusqu’à s’attaquer aux FRCI qui en avaient fait, pendant la crise postélectorale, leurs supplétifs.
Les accrochages violents enregistrés ces jours, çà et là, peuvent être regardés comme les prémices de la grande déflagration redoutée par une ONG dans son dernier rapport et ce à l’échelle d’une bonne partie du pays si rien n'est urgemment fait. Les tout derniers affrontements sanglants et meurtriers entre autochtones et assaillants allogènes dans les villages de Bohinou (région de Vavoua) et de Gribouo (région de la Nawa) sont donc à prendre très au sérieux et devraient pousser le gouvernement à l'action.
La destruction sauvage du camp de réfugiés de Nahibly après les massacres du quartier «Carrefour» de mars 2011 et les nombreux crimes qui sont restés impunis - l'état ivoirien ne s'occupant plus de la veuve et de l'orphelin - ont convaincu ceux qui portent effrontément des armes en toutes circonstances, qu'ils sont désormais tout puissants. Un conflit villageois ne se règle plus devant le chef du village, mais par les armes d’allogènes ayant bénéficié de la légendaire hospitalité ivoirienne, source de richesse nationale. Et quand, dans de rares cas, le chef de village est saisi de l’affaire, tout avis défavorable aux milices «Dozos» se trouve sanctionné par des représailles violentes, meurtrières, allant jusqu’à l’incendie de villages entiers.
• L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s’indigne que dans un état où le port d’arme est soumis à règlementation et à autorisation, un groupe de personnes puisse, pour de prétendues raisons culturelles complètement sorties de leur contexte et de leurs objectifs, s’en prendre nuitamment et sans discernement, à d’honnêtes et paisibles paysans sans défense, dont des femmes est des enfants.
• L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s’indigne aussi bien du silence révoltant - indigne de ses responsabilités- du pouvoir, que de sa complicité par laquelle en lieu et place du désarmement des miliciens et anciens rebelles, il leur demande de «garder leurs armes à la maison ». Pour quel usage, s’interroge l’AIRD ?
• L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s’indigne des meurtres à répétition d’innocents citoyens, qui, ajoutés à l’impunité des crimes des seigneurs de guerre donnent de la Côte d'Ivoire une image abjecte et déshonorante pour son peuple.
• L’AIRD lance un appel solennel aux autorités ivoiriennes, au Gouvernement et au Chef de l’Etat, afin que soit mis, sans délai, un terme à cette politique de règlement de tout différend dans le sang, politique encouragée par la reconnaissance officielle du statut de «sauveurs de la République» décerné à des personnes qui continuent de poser des actes répréhensibles.
• Soulignant la pertinence des recommandations de certaines organisations de défense des droits de l’homme, l’AIRD préconise à son tour une action énergique «contre la dépossession des terres suite au conflit postélectoral en Côte d'Ivoire» et rappelle au gouvernement que la bonne cohabitation en Côte d'Ivoire, et particulièrement dans l'ouest, dépendra de la diligence et de la dextérité avec lesquelles le problème de l'occupation des terres sera résolu. L’AIRD réaffirme sa conviction que «Les décisions du gouvernement ivoirien concernant la restitution des terres dans l’ouest du pays contribueront à déterminer si la terre restera une source potentielle de conflit à l’avenir ou deviendra une source de développement local qui apaisera les tensions intercommunautaires. »
• L’AIRD encourage toutes les composantes nationales à la préservation de l’hospitalité ivoirienne et à sa pérennisation.
• L’AIRD invite tous ceux qui, par chauvinisme et par esprit de clan au service de l’oligarchie, seraient tentés de ne pas voir la vérité en face, à se ressaisir, car il est inacceptable de voir s’installer dans la haine et par la force, en parallèle de la république déclarée, un pouvoir de fait.
• IL Y A MIEUX QUE LA HAINE : LA NATION.
Fait le 20 octobre 2013
Eric KAHE, Président en exil de l’AIRD

Le site de l'AIRD