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22/04/2013

"Tu n'as pas dit tu peux ? Peux maintenant !"


Elections du 21 avril 2013 en Côte d'Ivoire, élections régionales et municipales en Côte d'Ivoire, la dictature ouattariste, le président choisi A quoi sert-il d'organiser des élections sous un régime désormais internationalement reconnu comme une dictature ? Cette apparence de démocratie est-elle vraiment nécessaire à la vie politique du pays ? Non ! Semblent clairement avoir dit les électeurs ivoiriens à cette dernière question.

Avec leur gouaille particulière habituelle, les ivoiriens se félicitent pour les résultats de leur refus de participer à la mascarade électorale du 21 avril 2013 : des urnes sèches ! « Hein, il n'a pas dit que nos voix ne comptent pas ? Pourquoi il nous demande d’aller voter ? De toutes les façons les Français vont venir lui communiquer les bons chiffres de ces élections », dit l'un en esquissant un sourire moqueur. Et dans un français typiquement éburnéen, son interlocuteur abonde dans son sens : « Il n'a pas dit il peut ? Il n'a qu'à peut on va voir ! Nous, on le laisse faire. » Et tous deux éclatent d’un rire sonore en se donnant l'accolade.

Oui, parce que la dictature ouattariste a confisqué toutes les manettes permettant de diriger le navire Ivoire, les Ivoiriens semblent avoir décidé depuis longtemps de les lui laisser pour qu'elle produise les fruits promis : beaucoup d'argent pour tout le monde, des universités dans toutes les grandes villes, du bonheur pour toutes les familles... Malheureusement, depuis deux ans, ils ne voient que des arrestations d'opposants, du rattrapage ethnique et des voyages présidentiels pour serrer des mains blanches. De toutes les façons, se disent-ils mi-désabusés mi-ironiques, ce n'est pas nous qui avons mis Ouattara au pouvoir ; il est donc tout à fait normal qu'il cherche à satisfaire les Blancs qui l'ont choisi.

Elections du 21 avril 2013 en Côte d'Ivoire, élections régionales et municipales en Côte d'Ivoire, la dictature ouattariste, le président choisi


Mais alors, pourquoi ces élections ? La réponse est simple : d’abord, il constitue un message adressé au parrain élyséen pour lui montrer que tout va bien en Côte d’Ivoire et que le sauveur qu’il lui a donné est aimé de tous. Ensuite, parce que même sous une dictature, il est nécessaire d'avoir des institutions qu'on appelle dans ce cas des courroies de transmission. Oui, une dictature a aussi besoin de savoir qu'elle fonctionne, qu'elle a la mainmise sur tout, qu'elle a des agents partout. Une élection sert donc à dire aux populations « choisissez votre espion qui viendra me dire les fautes que vous commettrez ».

En laissant donc les seuls « ADOrateurs » de la dictature ouattariste choisir leurs espions, les Ivoiriens confirment leur volonté de refuser le pouvoir qui leur est imposé. Comme la Commission réconciliation qui erre parmi nous dans l'indifférence totale - quand elle ne rencontre pas des huées à Bordeaux et à Londres - toutes les élections entreprises sous Ouattara ne font que confirmer son isolement du peuple ivoirien qu'il aurait dû apprendre à connaître avant d'entreprendre de le diriger. Aussi, nous ne pouvons que joindre nos voix à celles de ceux qui lui lancent, moqueurs : « Tu n'as pas dit tu peux ? Peux maintenant ! »

Raphaël ADJOBI