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23/01/2013

Le FPI aurait-il décidé de laisser Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé au bord du chemin ?

(Réponse à Modeste Lago, membre du comité central du F.P.I.)

Le CRI-Panafricain, Le F.P.I. abandonne le comat de Laurent Gbagbo, Modeste Lago, Blé Goudé, Abel NakiNous avions tous écarquillé les yeux d'étonnement quand, il y a quelques jours, le F.P.I. a apporté son soutien à Alassane Ouattara au moment où celui-ci engageait la Côte d'Ivoire dans le combat pour la reconquête du Nord-Mali. En souhaitant « bon vent à Blé Goudé » qui vient d'être emprisonné, - c'est-à dire « bonne route » - et en affirmant que les « militants [...] sont au F.P.I., non pas pour un homme, fut-il Laurent Gbagbo, mais bien plus pour son idéologie et sa vision d'avenir » (Le Nouveau Courrier du mardi 22 janvier 2013), Modeste Lago vient de clamer de manière officielle que le F.P.I. tourne définitivement une page de son histoire qui porte la marque de ces deux hommes. Désormais seule la conquête du pouvoir demeure sa préoccupation.
Avant même d'analyser les prétextes avancés par Modeste Lago pour justifier la nouvelle destinée choisie par son parti, arrêtons-nous un instant sur le sens de l'abandon du soutien à Laurent Gbagbo, à Charles Blé Goudé et par la même occasion à tous les anciens responsables de ce parti aujourd'hui dans les geôles d'Alassane Ouattara.
Quand on part au combat, on n'abandonne pas ses blessés sur le champ de bataille. On leur porte assistance ; même si cette aide doit ralentir notre progression. C'est là le sens de la solidarité que tout vrai combattant porte dans son cœur. On mène un combat pour sauver ceux qui ont besoin de l'être ; aussi bien ceux qui sont en difficulté à nos côtés que ceux qui prient pour nous dans leur foyer parce qu'ils comptent sur notre victoire. Seule la mort vous sépare d'un frère d'arme. Le F.P.I. de Modeste Lago qui abandonne les frères d'arme en difficulté n'est donc plus un parti de combattants mais un parti qui regarde ce qui lui manque dans son assiette.
Ce qui est particulièrement inadmissible dans les propos de Modeste Lago, c'est d'accuser Charles Blé Goudé et Abel Naki d'avoir renié le F.P.I.. Pour lui, ces deux hommes ont commis le crime d'avoir chacun transformé son mouvement - le COJEP et le CRI-Panafricain* - en parti politique. La peur au ventre, il écrit : « le F.P.I, notre parti, devra se résoudre à affronter ces deux partis politiques ». J'ignore ce qu'il en est de la nouvelle orientation du mouvement de Charles Blé Goudé ; mais pour ce qui est du CRI-Panafricain, que Modeste Lago sache qu'il est loin d'être un parti politique avec la vocation de conquérir le pouvoir en Côte d'Ivoire.
Chaque chose en son temps, Monsieur Modeste Lago. Le mouvement créé par Abel Naki qui était au départ un groupe de résistants africains - et non pas une association patriotique des Ivoiriens de France, comme vous le dites - est devenu depuis le 19 janvier 2013, un mouvement politique panafricain. Lisez bien mouvement politique et non pas parti politique. Non seulement ce mouvement n'a pas pour vocation la conquête du pouvoir en Côte d'Ivoire - pas avant qu'il ne devienne un parti politique - mais encore son caractère panafricain n'en fait nullement un concurrent du F.P.I. dans la course au pouvoir en Côte d'Ivoire. Si c'est cela que vous craigniez le plus, vous voilà rassuré.
Puisque vous êtes au F.P.I., « non pas pour un homme, fut-il Gbagbo Laurent, mais bien plus pour son idéologie et sa vision d'avenir » et que par ailleurs vous avez le sens de la realpolitik, nous ne voudrions pas - trop occupés que nous sommes à nous soucier de nos exilés, de nos dépossédés, de nos prisonniers - vous retarder dans la poursuite de votre route vers la conquête du pouvoir. Oui vous avez donné à chacun l'occasion de comprendre que le F.P.I. a décidé de laisser Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé au bord du chemin, sur le champ de bataille, au nom de la realpolitik ! Apparemment, pour vous, cela ne s'appelle pas trahir. Eh bien, bravo !
Pour finir, il serait bon que vous méditiez ceci : Deux Africains - Mohamed V déposé et exilé en Corse par la France ; Nelson Mandela emprisonné en Afrique du Sud - ont bénéficié durant deux ans pour l'un et presque trente ans pour l'autre de l'indéfectible soutien de leurs partisans. Et dans les deux cas, ils ont triomphé de l'adversité. Ailleurs, la realpolitik que vous prônez a permis d'assassiner dans l'indifférence les vrais combattants de la liberté.

*Depuis le 19 janvier 2013, Le CRI n’est plus un sigle mais un mot évoquant le CRI d’indignation et de colère des panafricanistes.

Raphaël ADJOBI

12/08/2012

La Caravane de la Liberté du CRI-Panafricain de passage à Paris


le cri-panafricain,manifestation ivoirienne à paris,la caravane de la liberté Le samedi 11 août 2012, La Caravane de la Liberté du CRI-Panafricain a fait escale à Paris. Rassemblés à la Place de la Nation, les manifestants ont rejoint la Place de la Bastille au cri de "Libérez Gbagbo !" Encore un franc succès du mouvement initié par Abel Naki, apparemment rodé à l'action militante.

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Certes, la caravane a été longue à se mettre en marche. Mais le temps du rassemblement avant le départ tardif du cortège a permis aux uns et aux autres de faire connaissance. Aux mouvements des policiers chargés de l'encadrement de la manifestation, tout le monde avait compris que l'occupation de la chaussée devait se faire à un moment précis convenu entre Abel Naki et les autorités de la ville. C'est donc dans une ambiance fraternelle et patriotique que le cortège a parcouru le long trajet Nation-Bastille, permettant ainsi à de nombreux Parisiens d'entendre non seulement l'appel à la libération de Laurent Gbagbo mais aussi la demande du retour à la démocratie en Côte d'Ivoire.

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Les objectifs de La Caravane de la Liberté sont de toute évidence simples : amener les Français à une autre lecture de l'histoire récente de la Côte d'Ivoire, les informer sur la situation des prisonniers politiques du régime actuel et le mauvais traitement des populations de l'ouest ainsi que des exilés dans les pays voisins. Il est en effet nécessaire de rappeler à chacun que tout dirigeant qui maintient ses opposants en prison sur de simples accusations et non pas parce qu'ils ont été jugés coupables - suite à un jugement équitable - est un dictateur. Remplissant cette condition, Alassane Ouattara est un dictateur ! Il est nécessaire que chacun comprenne qu'aucune paix ni aucune réconciliation n'est possible dans un pays qui a connu la guerre si le nouveau pouvoir emprisonne tous les anciens dirigeants et fait fuir à l'étranger les populations de toute une région.

Nombreux sont les intellectuels africains qui ont pris la défense de Laurent Gbagbo contre le soutien de l'ONU et de la France à Alassane Ouattara. Chose exceptionnelle en Afrique ! Cela, le président François Hollande ne peut l'oublier s'il veut améliorer les relations entre la France et les pays francophones d'Afrique. Et les manifestations sont là pour lui rappeler que le mécontentement contre la politique menée par son prédécesseur persiste. François Hollande et tous les Français doivent retenir que Laurent Gbagbo est le père de la démocratie en Côte d'Ivoire. La conquête d'une élection libre dans ce pays est son oeuvre ! François Hollande et les Français doivent savoir que replié sur les institutions à Abidjan, après les élections, Laurent Gbagbo n'a jamais demandé à l'armée nationale dont il était le chef de lancer des opérations contre les rebelles qui étaient alors au nord. Ce sont ces derniers qui sont descendus au sud et se sont exposés à une opposition des soldats loyalistes. Peut-on dans ce cas parler de crime ? Laurent Gbagbo a-t-il été criminel parce qu'il s'est défendu ? Et ceux qui, dans leur descente sur Abidjan ont assassiné les gendarmes de Bouaké, la population de Douékoué puis celle des villages des environs d'Abidjan, sont-ils indignes de la Cour Pénale Internationale ? Il appartient à chaque citoyen de se prononcer en son âme et conscience afin que les dirigeants français comprennent l'urgence d'une autre relation avec la Côte d'Ivoire.

Bravo à tous les militants ivoiriens et africains qui se battent pour ne pas laisser s'éteindre la flamme de la liberté. Nous espérons qu'après Nice et Paris, d'autres villes accueilleront la Caravane de la Liberté pour que la lutte continue. Car il nous faut "faire savoir au monde qu'on ne peut plus tuer les leaders Noirs dans le secret" (Maya Angelou, in Tant que je serai noire).

Raphaël ADJOBI