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28/09/2012

Les manoeuvres de Ouattara autour de la guerre au Mali dévoilées


Voici un article du journal La Croix qui nous dévoile la bataille autour de la constitution de l'armée devant reconquérir le nord du Mali. Lisez-le attentivement pour découvrir que les Maliens ne sont pas dupes des manœuvres d'Alassane Ouattara. Mes réflexions sont en italiques et entre les parenthèses. L'article est de Laurent Larcher.

Ouattara et la guerre au Mali, Les rebelles de Ouattara au Mali Alors que le Nord du Mali est contrôlé depuis six mois par des troupes islamistes, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et le gouvernement malien ont trouvé dimanche (23 septembre) un accord sur les conditions de déploiement d'une force africaine au Mali.

Quelle est la nature de cet accord ?
Début septembre, le président par intérim du Mali, Diacounda Traoré, avait demandé l'aide la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour chasser les islamistes du nord du pays. Mais il s'était montré opposé au déploiement de "forces militaires combattantes" à Bamako, réclamé par la CEDEAO.
(On peut se demander pourquoi c'est à Bamako que doivent se retrouver les forces combattantes africaines et non à la frontière avec l'actuel Azawad. On peut aussi se demander pourquoi le président malien refuse que la force africaine qu'il a sollicitée ne s'assemble pas à Bamako. Cette exigence est suspecte. La suspicion est justifiée plus loin dans l'article).
Finalement, les autorités maliennes ont accepté que le PC militaire, la base logistique de l'opération et un détachement de force policière et d'experts soient installés dans la périphérie de Bamako. Le site sera choisi par une équipe conjointe CEDEAO-Mali.
Ouattara et la guerre au Mali, Les rebelles de Ouattara au Mali L'accord a aussi abordé la question du déploiement des forces combattantes : elles seront engagées auprès de l'armée malienne. Elles ne pourront pas opérer seules sur le terrain. En contrepartie, les autorités maliennes ont obtenu la levée du blocage de leurs armes, dont les blindés, immobilisés à Conakry (Guinée) depuis deux mois.
(Questions : Veut-on nous faire croire que c'est la CEDEAO qui tient à ce qu'aucun de ses soldats ne fasse un pas ou ne tire un coup de fusil sans la présence d'un soldat malien ? Un tel accord est-il applicable sur le champ de batail ? N'est-ce pas le Mali qui a exigé avoir la direction des opérations ? Que faisaient les blindés maliens en Guinée depuis deux mois ? Ces blindés sont-elles de nouvelles acquisitions ? Si oui, pourquoi ces achats passent par Conakry et non par Abidjan, via Dramane Ouattara, le patron de la Cédéao, qui a décidé de voler au secours du Mali ?)

Comment comprendre cet accord ?
Le négociateur envoyé à Bamako par la CEDEAO, l'Ivoirien Paul Koffi Koffi, estime que « le Mali et la CEDEAO sont en phase pour des opérations de troupes sur le territoire malien ». Mais le négociateur malien, le colonel-major Yamoussa Camara, est beaucoup plus prudent. Il a expliqué que le dispositif militaire, en périphérie de la capitale malienne, devra être discret, suffisant pour la coordination des actions entre la CEDEAO et le Mali.
Pour les putschistes qui ont renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 Mars, la présence d'une force militaire étrangère à Bamako menace leur pouvoir dans la capitale malienne. Pour le négociateur malien, il n'est donc pas question que la CEDEAO déploie des unités combattantes dans la capitale. D'autant que la présence de troupes pourrait heurter le sentiment national des Maliens.
(Il est très surprenant de voir que ce sont les Ivoiriens qui n'ont pas été capables de s'entendre pour régler leur conflit qui se sont érigés en négociateurs pour régler le conflit des autres ! Les militaires Maliens auraient-ils peur d'un coup d'état de Ouattara via la CEDEAO pour refuser la présence des forces africaines dans leur capitale ? Si la présence de cette force étrangère heurte le sentiment national des maliens, c'est qu'on la leur impose. Ce n'est sûrement pas ce qu'ils ont souhaité ! On ne peut pas demander de l'aide et dire que l'on ne voudrait pas la voir !) [...]

Qui va intervenir ?
Depuis des mois, la CEDEAO évoque l'envoi d'une force de 3 300 soldats au Mali. Mais peu d'Etats membres ont promis de mobiliser des unités combattantes. Pour l'heure, seuls le Niger et le Burkina Faso ont décidé d'engager des soldats. Lors de son voyage en France en juillet, le président sénégalais Macky Sall avait déclaré ne pas pouvoir engager de soldats au Mali.
"Le pays qui pousse depuis le début de la crise à une intervention militaire de la CEDEAO est la Côte d'Ivoire. Son président, Alassane Ouattara, y voit une bonne occasion pour y engager les soldats les plus turbulents de son camp, qui l'empêchent de conduire sa politique de réconciliation", note Roland Marchal, du Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI).
Parmi les puissances extra-africaines, les Etats-Unis s'engagent à apporter un soutien logistique et en information. La France, depuis le début de la crise malienne, prend le même engagement. Cependant, des forces spéciales françaises sont déjà déployées au Mali. Par ailleurs, la diplomatie française évoque l'idée d'un engagement des soldats tchadiens dans la reconquête du nord du Mali : des militaires qui ont une longue expérience de la guerre dans le désert.

Laurent Larcher (La Croix du mardi 25 septembre 2012)
Commentaires de Raphaël ADJOBI