topblog Ivoire blogs

28/02/2015

La France préfère la guerre à la paix et condamne le voyage de 4 députés en Syrie

Quatre députés français en Syrie, François Hollande contre la paix en Syrie


La France vient de dénoncer publiquement – par la voix du président de la République puis par celle de son premier ministre – le séjour en Syrie de quatre de ses parlementaires. Rappelons qu’en 2010, des parlementaires UMP avaient projeté de se rendre à Abidjan pour tenter de mieux comprendre les parties en conflit suite au verdict des élections contestées par M. Ouattara. Mais leur décision avait été carrément rejetée par Nicolas Sarkozy. Enfin, à l’époque de la guerre contre l’Irak, des parlementaires socialistes avaient tenté la même démarche et récolté la même réprobation.

Ces différents voyages des représentants du peuple français à l’Assemblée nationale témoignent clairement d’une réelle volonté de la population de chercher les moyens de rétablir le dialogue entre les peuples là où il est rompu et sauver la paix là où elle est menacée. Si le peuple français veut réellement travailler à la compréhension des autres peuples du monde afin de vivre en harmonie avec eux, ces voyages pour discuter et pour comprendre la réalité du terrain devraient être encouragés.

Malheureusement, ces entreprises salutaires pour la paix et la coexistence des peuples ne sont pas du goût de tout le monde. Si elles sont bruyamment condamnées par les appareils politiques des Etats occidentaux, c’est parce qu’elles vont à l’encontre des intérêts hautement importants dépassant l’entendement du commun des citoyens. En réalité, ces actions de paix mettent en danger les grands contrats financiers à la fois en matière d’armement et en matière d’appropriation des matières premières des pays devenus des foyers de guerre. Oui, il faut bien vendre des armes, les tester sur des terrains loin des pays qui les produit. Il faut aussi, quand on a décidé d’installer un pouvoir favorable à ses intérêts, aller jusqu’au bout de sa logique afin d’en récolter les fruits. Ce fut le cas, en Irak, en Côte d’Ivoire, en Lybie. Si la paix avait triomphé dans ces différents pays, jamais ceux qui y ont apporté la guerre n’auraient pu y faire prospérer leurs entreprises militaires et financières ; ils n’auraient pas aujourd’hui le monopole de tous les contrats d’exploitation et de construction.

Si les gouvernants français – Sarkozy comme François Hollande – refusent chaque fois toutes les voies diplomatiques pour parvenir à la paix dans les contrées qu’ils ont pu mettre à feu et à sang par leurs intermédiaires locaux ou régionaux, c’est parce la paix est contraire aux intérêts poursuivis. Pour que les entreprises françaises continuent à prospérer à l’étranger, il faut conquérir de nouveaux territoires économiques, briser les alliances qui menacent les intérêts des entreprises françaises et ceux des grands financiers amis de la France. Quand la conquête du nouveau territoire est faite et le pouvoir favorable installé, la France, ses hommes d’affaire et ses financiers – ainsi que les acteurs locaux bénéficiaires de l’intervention étrangère – s’assoient pour discuter du partage du butin. Et dans cette histoire, les grands perdants sont toujours les nouveaux gouvernants locaux qui se retrouvent mains et pieds liés sous la tutelle d’une puissance étrangère.

Assurément les intérêts que poursuivent les Etats européens sont incompatibles avec la paix des peuples de la terre. Celui qui est partisan de la paix ne condamnera jamais ceux qui la cherchent en toutes circonstances, et souvent au prix de leur vie. Si François Hollande était un homme de paix, il encouragerait et féliciterait tous ceux qui tentent de renouer çà et là les fils du dialogue entre les peuples en conflit meurtrier. Tout gouvernant qui refuse qu’un pays sorte de l’état de guerre dans lequel il est plongé est un criminel et donc un ennemi du genre humain. François Hollande, comme Nicolas Sarkozy, n’est donc qu’un soldat des profits financiers et par voie de conséquence un ennemi de la paix des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes.

Raphaël ADJOBI