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14/05/2012

Vacherie sarkozienne


Sarkozy et les enseignants, notation des enseignants C'est vrai que le président Sarkozy est petit par la taille. La nature l'a fait ainsi. On ne peut le lui en vouloir. Malheureusement, l'homme a travaillé à faire prendre à son esprit la petitesse de sa taille. Oui, Nicolas Sarkozy est aussi petit par l'esprit.

Vous ne devinerez jamais ce qu'il vient de faire au moment de quitter sa charge de président. Depuis quelques mois, il avait un projet relatif à la notation des enseignants. Selon ce projet, la carrière de ceux-ci devrait désormais dépendre de la seule appréciation de leur chef d'établissement. Bien sûr, les enseignants étaient opposés à cette mesure qui octroierait à leur supérieur hiérarchique direct le pouvoir de les rétrograder ou de leur faire gagner des échelons. Cela revient à dire que c'est lui qui décide qui doit gagner plus et qui doit gagner moins. C'est la fameuse rémunération au mérite que Nicolas Sarkozy rêvait de mettre en place depuis le début de son quinquennat.

Malheureusement, le sieur président vient d'être battu aux élections. Tout le monde croyait donc l'affaire close. Mais, comme on dit dans le langage populaire, M. Sarkozy ne se dégonfle pas : le 8 mai - c'est-à-dire deux jours après sa défaite et moins de quinze jours avant son départ de l'Elysée - il signe un décret officialisant l'application de cette mesure à partir de la rentrée scolaire prochaine ! (Décret n°2012-702 proposé le 7 mai 2012 par le ministre de l'éducation nationale)

On ne peut pas être plus mesquin ! Plus petit que Nicolas Sarkozy, tu meurs ! Bien sûr, les socialistes ont aussitôt promis d'abroger ce décret. Vincent Peillon, le conseiller éducation de François Hollande et probable prochain ministre de l'éducation nationale l'a assuré lui-même. Les enseignants ne sont donc pas inquiets.

Mais rien que d'imaginer un gouvernement choisir de profiter de ces deux semaines de vide politique pour planter un couteau dans le dos des enseignants, c'est vraiment petit ! N'est-ce pas, en définitive, dans le dos des socialistes qu'il comptait planter ce couteau ? Certainement qu'il espérait-il ainsi créer un mouvement de grogne contre eux dès la rentrée prochaine. En politique comme dans les relations ordinaires, cela s'appelle une vacherie ! Mon Dieu, qu'il est laid, le Sarkozy ! Pendant longtemps, il a fait croire à l'opinion publique que les enseignants refusaient d'être notés. La vérité c'est qu'ils sont déjà notés à la fois par l'inspecteur (60% de la note) et par le chef d'établissement (40%). C'est donc avec raison que les enseignants et leurs syndicats voient dans le pouvoir sortant une équipe coutumière du mépris du dialogue sociale et du passage en force peu compatible avec les usages républicains.

Raphaël ADJOBI