topblog Ivoire blogs

15/06/2011

Soutien des Antilles françaises à la Côte d'Ivoire

APPEL AU MEETING DE SOUTIEN AU PEUPLE MARTYR DE COTE D’IVOIRE

Depuis les lendemains du second tour des élections présidentielles du 28 nov. dernier, l’État français, relayé par la quasi totalité de la presse, écrite (agences, quotidiens, hebdomadaires) et audio-visuelle (journaux-radio, JT, magazines…), privée et publique ont travaillé à persuader l’opinion qu’il se déroulait en Côte d’Ivoire, une “crise post-électorale” due à l’ “entêtement” du “dictateur” Laurent Gbagbo soutenu par sa mystique épouse “adepte d’une secte américaine” de reconnaître sa “défaite électorale” et de céder le pouvoir au “président élu et reconnu par la communauté internationale”, le “démocrate” et expert du FMI que serait M. Alassane Ouattara…
Depuis les bombardements de sa résidence et le kidnapping de M. Laurent Gbagbo par les soldats français de la Force Licorne et sa livraison aux armées et milices de MM. Ouattara et Soro le 11 avril, la campagne de désinformation se poursuit sur l’œuvre de “pacification” entreprise par M. Alassane Ouattara, son gouverne-ment et son “armée”.
Que l’État impérialiste français dirigé par M. Sarkozy -dont la réputation d’imposteur dans son propre pays n’est plus à faire comme en témoigne les sondages-, ait travaillé à diaboliser le nationaliste L. Gbagbo et les patriotes ivoiriens qui le soutiennent, pour dérouler sa stratégie de reconquête de l’État post-colonial ivoirien ! nous dirons qu’il est dans son rôle, celui initié par son prédécesseur, M. J. Chirac et son ministre des Affaires étrangères en 2003, M. D. de Villepin.
Mais que la presse française, comme durant le génocide rwandais de 1994 et les mois qui l’ont précédé, ad-hère dans sa quasi unanimité à cette campagne et se fasse, par son silence sur des faits connus, la complice active du projet néocolonial français ne manque pas de soulever des interrogations, dont celle-ci : qu’est-ce que l’État français et singulièrement la presse affidée ont délibérément choisi de dissimuler à propos de la crise de l’État post-colonial ivoirien dans le but de faire croire à l’opinion, la thèse de la « crise post-électorale » ?
À cette question nous proposons, sans exclusive, les réponses suivantes :
• Que tout a commencé au lendemain de la disparition de M. Félix Houphouët-Boigny, le meilleur servi-teur et garant, durant trois décennies, des intérêts stratégiques de la France dans la sous-région de l’Ouest-africain et au-delà dans la Françafrique ;
• Que la sédition des militaires et le coup d’État de 1999 conduit par le général R. Gueï qui écarta du pouvoir néocolonial ivoirien H. Konan Bédié, l’initiateur de la loi sur l’ivoirité, devait installer A. Ouatta-ra, premier ministre (1990-1993) de Félix Houphouët-Boigny, à la tête de l’État ivoirien ;
• Qu’au cours des trois années de gouvernement, A. Ouattara a été le chef d’orchestre de la mise en œuvre du plan d’ajustement structurel (PAS) concocté par le Fonds monétaire international (FMI) avec les coupes sombres dans les budgets de l’éducation nationale, de la santé publique, et surtout la privatisation de la distribution de l’eau, de l’énergie électrique… ; partisan du néo-libéralisme dominant, le créateur de la carte de séjour pour les étrangers en Côte d’Ivoire ne dédaigna pas de réprimer en 1992 les manifestations d’étudiants et d’envoyer en prison, L. Gbagbo, l’opposant reconnu de F. Houphouët-Boigny, et son épouse ;
• Que lorsque le Gal R. Gueï reconduisit la loi sur l’ivoirité dans la nouvelle constitution de 2000, la France n’y trouva rien à redire ; cette constitution, toujours en vigueur écartait A. Ouattara de la can-didature à la présidence de la république ; et c’est le “dictateur” L. Gbagbo qui, à la demande de Thabo Mbéki, alors médiateur dans le conflit ivoirien, accepta en 2006 l’exception que A. Ouattara puisse présenter sa candidature ;
• Que le coup d’État de 2002 visant à renverser L. Gbagbo était conduit par une rébellion approvisionnée par un État voisin, le Burkina Faso, et selon les propos de Ibrahim Coulibaly, chef militaire de la rébel-lion, financé par A. Ouattara ; la diplomatie française se gardera en la circonstance d’appliquer les “accords de défense”… ; au contraire elle impose un cessez le feu qui entérine la partition du pays ;
• Que les « accords Kléber » dits de Marcoussis de janv. 2003 légitimèrent la rébellion dont les auteurs seront désignés par D. de Villepin sous l’appellation de “Forces nouvelles” dont les différentes com-posantes seront invitées à entrer au gouvernement “d’union nationale” (cette recette très spécieuse qu’on propose systématiquement aux Africains en attendant qu’ils entrent dans l’histoire…) et à fournir des représentants à la Commission Électorale Indépendante (CEI)… toute chose qui explique que celle-ci restera constituée jusqu’aux élections de 2010 à plus des ¾ de ses effectifs, des parti-sans de M. A. Ouattara ;
• Que les accords (Accra II et III, Pretoria, Ouagadougou) qui suivront ceux de Marcoussis retien-dront, tous, le désarmement et le démantèlement des milices, l’unification du territoire national (dont 60% sont occupés par les insurgés) comme deux moments préalables à la tenue des élec-tions…
• Que dès janv. 2007, Michel de Bonnecorse, conseiller-Afrique de J. Chirac, sortant d’un entretien avec B. Compaoré, signifiait, l’éventualité d’une tenue des élections sans le désarmement des insurgés (ne sommes-nous pas en Afrique ?…) ; le rapport n° 158 (mai 2010) de « International Crisis Group » qui inspirera la substitution du “casernement” des rebelles armées au principe de leur désarmement tiendra l’exigence de désarmement (et de restauration de la souveraineté de l’État sur le territoire de la Côte d’Ivoire) pour “maximaliste, difficilement acceptable par l’opposition” et devant “être revue à la baisse”…
• Que devant l’offensive renouvelée de la France, « puissance intéressée », bénéficiant, en la circons-tance du soutien de l’UE, des USA et des laquais de la Françafrique réunis à la CEDEAO et l’UA, le secrétaire de l’ONU a avalé son devoir de faire respecter les termes des accords, notamment de dé-sarmement des insurgés et milices et de rétablissement de la souveraineté de l’État ivoirien sur son territoire avant la tenue de l’élection…
Comme le relève M. Thabo Mbéki, premier émissaire de l’UA pour le règlement pacifique de la crise ivoi-rienne, dans une contribution publiée par Foreign Policy, on sait que dans pareilles conditions, en Côte d’Ivoire comme partout ailleurs, le scrutin ne pouvait offrir aucune garantie de transparence. Mais telle était la volonté de la France, « puissance ô combien intéressée » par le rétablissement de son hégémonie sur la Côte d’Ivoire. Après les hésitations de J. Chirac (2002-2007), N. Sarkozy a retenu que c’est son ami, le sieur A. Ouattara qui doit gouverner la Côte d’Ivoire. Dans la continuité de son prédécesseur, il a su instrumenter la “communauté internationale” pour parvenir à ses fins, avec l bénédiction de ce qu’on continue d’appeler en France la “gauche”. Et la presse l’a suivi. Ne s’agissait-il pas de rétablir et sauvegarder les intérêts de la France…
Peu importe que cette stratégie de reconquête néocoloniale de la Côte d’Ivoire et la méthode choisie annon-cent un génocide inéluctable des populations livrées à la soldatesque et aux milices de G. Soro et A. Ouattara (FRCI). La Force Licorne et les troupes de l’ONUCI quand elles ne semblent pas ouvrir la voie à l’éradication des mauvais Ivoiriens, « partisans de Gbagbo », jouent les « médecins après la mort ».
Ainsi, actuellement, et ce depuis la livraison le 11 avril du nationaliste Gbagbo aux troupes de A. Ouattara et G. Soro, cette campagne de terreur (rackets, vols, viols, arrestations et emprisonnements arbitraires, assassi-nats collectifs sur des bases ethniques…) se poursuit dans l’Ouest et le Sud-ouest (Duékoué, Guiglo, Ga-gnoa…), dans le Sud-Est (Bassam, Bonoua,..) à Abidjan (Yopougon…) dans l’indifférence quasi-totale des mé-dias français. Heureusement, il demeure quelques ONG et sites Web pour nous alerter…
Et dire STOP ! au génocide programmé par l’impérialiste français et ses laquais en Côte d’Ivoire
VENDREDI 17 juin à 18h30 à POINTE A PITRE : Place des Martyrs devant la Mairie

Association SURVIE, Association Alliance Afrique-Antilles
avec le soutien du LKP et ses Composantes syndicales, politiques et culturelles.

22/04/2011

Les Africains de la diaspora solidaires de Laurent Gbagbo

Les Africains de la diaspora solidaires de Laurent Gbagbo

Le samedi 16 avril, les Africains de Paris se sont rassemblés place de la Bastille pour dénoncer l'implication de la France dans le conflit postélectoral ivoirien et manifester leur solidarité avec le président Laurent Gbagbo. Le même jour, les ouattaristes manifestaient sur une autre place parisienne pour dire merci à la France de les avoir aidés et surtout de leur avoir livré leur ennemi.

Ce qui surprend dans le comportement des partisans d'Alassane Ouattara, c'est leur incapacité à voir la globalité de l'histoire que vit la Côte d'Ivoire et à travers elle l'Afrique tout entière. Quoi, peut-on être sourd et aveugle au point de ne marquer aucune pudeur, aucune retenue quand des films écoeurants sur les tueries et les exactions vous sont montrés ? Peut-on être aussi impliqué dans une spirale de moutonnement d'opinion au point de ne jamais entrer dans le moindre doute malgré tous les films mettant en lumière l'enjeu mondial du conflit ivoirien qui dure depuis dix ans ? Il faut, à vrai dire, être inattentif aux autres, fermer les yeux sur l'histoire de la marche du monde pour crier sa joie en voyant des chars français dans les rues d'Abidjan bombardant allègrement des soldats et des civils au seul motif qu'ils ne sont pas partisans de Ouattara. Oui, il faut être criminel pour s'en réjouir.

D'autre part, dans toute forme de combat, on ne tire pas sur un ennemi désarmé, on ne frappe pas un adversaire à terre ou qui a cessé de combattre. Aussi, voit-on souvent dans les westerns le héros refuser d'achever son ennemi désarmé. On ne rassemble pas les ennemis désarmés dans une pièce pour les humilier, pour s'amuser à montrer qu'on est un bon boxeur ou catcheur comme l'ont fait les partisans d'Alassane Ouattara dans l'hôtel de leur patron. Dans les westerns, ce rôle est dévolu aux bandits. Il faut en effet être d'un esprit grégaire pour manquer totalement de magnanimité, cette élégance du vainqueur qui élève l'âme et inspire l'admiration. Il faut n'être qu’une brute pour agir de la sorte. Quel type de société peuvent nous promettre de tels individus qui s'appliquent à inspirer la peur ?

La démocratie ou la dictature

Conscients que le combat de Laurent Gbagbo ne doit pas s'arrêter avec sa mise à l'écart, les Africains de Paris ont décidé de ne point baisser les bras mais au contraire de mieux se structurer pour poursuivre le combat. Aussi bien dans les propos tenus à Paris ce jour-là que dans les écrits de bon nombre d'Africains sur le net, on lit le même sentiment : « Laurent Gbagbo a fait ce qu'il avait à faire ; c'est aux Africains - et aux Ivoiriens en particulier - de montrer ce qu'ils attendent de l'avenir en ne demeurant pas passifs devant l'iniquité des forces étrangères qui veulent leur imposer leur destin ». Et c'est sur le plan du droit, de la légalité constitutionnelle qu'ils ont décidé de mener ce combat comme semble le leur indiquer Laurent Gbagbo lui-même. En effet, en refusant de signer sa capitulation pour permettre à Alassane Ouattara d'endosser purement et simplement les habits constitutionnels faisant de lui le nouveau président de la République, Laurent Gbagbo fait passer le combat du terrain militaire sur le terrain juridique.

Dès lors, chacun peut se poser cette question : devant quelle institution Alassane Ouattara va-t-il prêter serment pour être officiellement reconnu comme président de la Côte d'Ivoire ? Il faut savoir qu'il ne suffit pas d'être reconnu par l'ONU, les Etats-Unis et la France pour diriger un pays. Faute d'assise institutionnelle nationale, tout le monde sera contraint de reconnaître que le pouvoir d'Alassane Ouattara installé par la force n'est rien d'autre qu'une dictature.

Le pouvoir est déclaré vacant par le conseil Constitutionnel. Ce qui semble avoir donné des idées à certains - à ce qu'on dit - qui prétendent avoir autant que le patron du RDR le droit de revendiquer le fauteuil présidentiel. Le président officiel (celui reconnu par la Constitution) n'ayant pas démissionné malgré les pressions de la France, la direction du pays revient au président de l'Assemblée nationale qui devra organiser de nouvelles élections. Voilà le chemin du droit et de la démocratie. Mais, de même qu'il fut un temps où l'on parlait à se tordre de rire de démocratie à l'africaine, aujourd'hui il y a des démocraties style ONU, des démocraties à la Obama et des démocraties à la Sarkozy. C'est sans doute l'une d'entre elles ou un condensé des trois à la fois qui sera servi aux Ivoiriens. Alassane Ouattara se trouve donc dans l'obligation d'assumer le coup d'Etat qui lui donne le pouvoir en s'autoproclamant président ou de battre à nouveau la campagne à la recherche des voix des Ivoiriens pour une assise démocratique.

Sans aucun doute, la vraie question est de savoir si Obama et Sarkozy voudront reculer. Difficile de les imaginer rentrant au bercail « honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, serrant la queue, et portant bas l'oreille ». Tout cet effort pour rien à cause de ce satané Laurent Gbagbo qui s'accroche au droit au lieu de se laisser corrompre pour l'exil doré promis ! Cracher sur un traitement de deux millions d'euros par an durant le restant de ses jours ; il faut s'appeler Laurent Gbagbo pour oser le faire ! Décidément, il tient par ses refus à faire d'Obama et de Sarkozy les parrains d'un dictateur! A ses yeux, ce plaisir-là n'a pas de prix. Ce plaisir-là est celui des âmes nobles.

Terminons en disant qu'à bien regarder les choses de près, il semble que ceux qui livrent aujourd'hui la Côte d'Ivoire aux financiers occidentaux sont les dignes fils de ces nègres qui, aux siècles de la traite atlantique, allaient à travers les villages enlever les populations et les livrer aux navires négriers. On reconnaît aisément ces petits-fils et arrière-petit-fils de chasseurs d'esclaves à leur absence de culture et d'élégance morale, à leur soif de sang. Quelques pacotilles, un peu d'argent, et les voilà transformés en chiens obéissants. C'est cette image de l'homme africain qu'il nous faut changer en travaillant à discréditer leurs maîtres occidentaux qui sous le masque humanitaire financent les brutalités des rabatteurs africains.

C'est pourquoi, les Africains de Paris ont décidé d'axer leur combat sur l'information de l'opinion publique française d'une part, afin qu'elle ne demeure pas trop longtemps dupe des crimes qui sont commis en Côte d'Ivoire au nom de la France sous le couvert de l'Action Humanitaire. D'autre part, ils ont le souci de faire en sorte que la jeunesse africaine s'imprègne de plus en plus de cette volonté de s'accrocher au droit et ne pas abdiquer devant la violence. Car si un jour ce sentiment gagne les hautes sphères des Etats, nous serons épargnés de l'humiliante débandade que les gouvernants africains d'aujourd'hui nous ont montré à la vue du corps de la Côte d'Ivoire donné en pâture. Les déclarations des Congolais, des Malgaches, des Gabonais et des Camerounais ont montré la volonté de l'Afrique d'aller vers la vraie indépendance dont le président Laurent Gbagbo est reconnu être le fer de lance en ce début du XXI è siècle.

Raphaël ADJOBI